Lancement de la concertation « Ensemble pour une école inclusive » avec un déni de la parole des accompagnants AESH et de leurs attentes

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Le 22 octobre 2018, devant un public nombreux (une trentaine) du CNCPH   (Conseil National Consultatif pour les Personnes Handicapées)  Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, ont lancé la concertation « Ensemble pour une école inclusive »

Cette opération devrait s’effectuer en lien avec l’ensemble des  acteurs concernés: les associations, les parents, les organisations syndicales, les accompagnants et les membres  du CNCPH.

Note UNEAVS

A cette occasion, on notera que seuls 2 collègues AESH du collectif AESH Loi 2005 et AESH loi 2005 Iles de France se sont dévoués pour répondre à l’invitation du Ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, et secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées. Ces derniers ont refusé la prise charge des frais de déplacement de ses 2 collègues AESH du collectif AESH loi 2005 ainsi que ceux d’autres départements (consulter Ici leurs réactions).

En outre, l’association UNEAVS représentant 7500 adhérents AESH à ce jour n’a fait l’objet d’aucune invitation à participation ( !!!!) alors que S.Cluzel n’en saurait ignorer son existence depuis 2008, ni sa présence aux travaux interministériels sur la professionnalisation des AVS de Septembre 2012 à juin 2013. Il s’agit d’un déni manifeste de la parole des 80 000 AESH, de l’éducation nationale par mépris délibéré à leur égard.

J.M Blanquer et S.Cluzel s’assoient visiblement sur les valeurs fondamentales de la participation publique établies par l’AIP2 (association internationale pour la participation publique)

Valeur 4 : Le processus de participation du public doit solliciter et faciliter activement la participation de toutes les personnes susceptibles d’être touchées.

C’est un fait. On ne peut prétendre conduire une concertation sur l’éducation inclusive sans la participation effective de toutes les personnes concernées, à commencer les accompagnants AESH, et en ne lui donnant pas les moyens effectifs d’y participer.

Ainsi cette pseudo-concertation devrait se décliner en 3 axes thématiques. Pour aller à l’essentiel, cela se décompose ainsi

1 -Attendus des familles et des associations pour une scolarisation de qualité des élèves en situation de handicap,

Il s’agit de renouer les échanges avec les associations de handicap représentatives du CNPH en attente d’une prise en compte urgente de leurs préoccupations depuis juin 2017, date de nomination de S.Cluzel comme secrétaire d’Etat aux handicaps. Se rappeler de l’existence du CNPH rattaché à son ministère au bout de 15 mois d’exercice de pouvoir est assurément remarquable.

2 – Un métier d’accompagnant attractif avec des perspectives d’avenir

Groupe de travail 1 : Amélioration des conditions d’exercice des accompagnants

  • Mieux reconnaître et valoriser les spécificités des missions des AESH
  • Poursuivre la montée en compétences des AESH au sein de l’équipe éducative
  • Structurer et animer un véritable réseau métier AESH

Notes UNEAVS

Ce groupe de travail s’effectuera exclusivement avec les représentants d’organisations syndicales représentatives siégeant au comité technique MEN, dans le cadre de l’agenda social fixé par le MEN.

Ces organisations syndicales auront ainsi à exprimer leur seul avis sur l’information institutionnelle à produire aux AESH et sur un ripolinage de la  circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017 Missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Il serait ainsi envisagé par le MEN d’imposer plus de contraintes de services (accompagnement mutualisé par AESH sur plusieurs élèves et/ou plusieurs établissement scolaire institué comme norme prioritaire et obligation d’accompagnement  sur aide aux devoirs à l’école, sorties scolaires avec nuitées). Et c’est tout.

En effet, le MEN n’a aucune intention clairement affichée d’aborder et d’éclaircir les conditions d’emploi (Fonctions et lieux d’exercice : affectation-Temps de travail et quotité de service) et les conditions de rémunération (Grille de rémunération-revalorisation salariale-entretien professionnel…prise en compte des déplacements professionnels…) des salariés AESH en poste.

Or, ceux sont ces 2 points que les 80 000 AESH actuellement en poste considèrent comme prioritaires à traiter, sur tout autre.

En outre, l’agenda social fixé par le MEN en mai 2018 indique que cette concertation « Amélioration des conditions d’exercice des accompagnants »  aura lieu en 2019, soit après les élections professionnelles de décembre 2018 au sein de l’éducation nationale. Ces dernières se traduiront vraisemblablement par une recomposition de la représentation syndicale au sein du comité technique MEN pour une installation et mise en place officielle courant janvier 2019. Le nombre de réunion mensuelle programmé jusqu’au 11 février 2019 pour cette concertation s’en trouvera réduit à …un, au mieux 2.

Groupe de travail 2 : co-construction d’un dispositif second employeur.

  • Compléter le temps de travail des accompagnants sur les temps péri et extra scolaires dans le respect du référentiel métier du DE AES « éducation inclusive et vie ordinaire »

Il est prévu d’y associer un groupe “expert” ayant la charge d’expliquer comment faire traverser la rue à un AESH pour trouver un second emploi » aux participants du groupe de travail 2. Il n’est pas venu l’idée au ministère de l’éducation nationale et au secrétariat aux Handicap d’y associer plutôt un groupe “expert” ayant en charge d’expliquer “comment retenir un agent  rémunéré 600 euros par mois ayant envi de fuir un emploi AESH aux conditions d’exercice exécrable ou ingérable”.

Note UNEAVS

C’est le seul groupe de travail où les accompagnants AESH (dont 2 collègues AESH des collectifs Loi 2005 AESH) peuvent être conviés à exprimer leur avis d’où leur légitime colère (cliquer ICI).

A travers la constitution de ce groupe de travail 2 et du contenu de travail se dévoile toute l’hypocrisie de cette concertation sur l’éducation inclusive.

Ce qu’il faut savoir :

Dès la première réunion en octobre 2012 des travaux interministériels sur la professionnalisation des AVS, les 2 représentants UNEAVS eurent la surprise de faire face à l’animosité de la délégation Fnaseph, conduite alors par la présidente du moment, S.Cluzel, aujourd’hui secrétaire d’état aux handicaps.

D’emblée, cette dernière avait estimé que les 2 représentants UNEAVS avaient tort d’être AVS, porteurs de parole de leurs collègues AVS, n’ayant pas à apprécier ou remettre en cause les points de vue de son association Fnaseph sur sa conception des missions d’un AVS tout temps de vie (scolaire, péri-scolaire et extra-scolaire) . Ne s’en laissant pas conter de ce diktat associatif, les 2 représentants UNEAVS n’en gardèrent pas moins un souvenir pénible des échanges avec la délégation fnaseph, de sa présidente S.Cluzel, lors de ces travaux interministériels entre septembre 2012 et juin 2013 où ne leur furent pas épargnés les négations de leurs témoignages de l’existant, les coupures de prise de paroles, la dénaturation de leurs réflexions et analyses dans les CR de réunion, les quolibets, la mise à l’écart, les odieuses tentatives de déconsidération professionnelle et personnelle… et nous en passons.

La cause de cette posture de mépris à l’égard des 2 représentants UNEAVS : leur volonté de s’opposer à une présentation idyllique et irréaliste d’un accompagnement tout temps de vie (scolaire, péri-scolaire et extra-scolaire) alors déjà défendu par la Fnaseph, par sa présidente S.Cluzel, et niant l’existant vécu des AVS en poste comme de leurs préoccupations prioritaires.liées à leur intenable précarité. (pour en savoir plus, cliquer ICI et ICI)

De fait, pour l’UNEAVS, le Groupe de travail 2 « co-construction d’un dispositif second employeur », annoncé lors de cette concertation sur l’éducation inclusive, aura à débattre une seconde fois de promesses de second emploi imaginaire ailleurs pour des AESH afin de mieux nier la réalité actuelle d’aggravation de leur précarité financière comme de leurs attentes prioritaires du moment. En un mot : une nouvelle fumisterie sociale de grande ampleur à l’égard des AESH !

3 – Mise en œuvre de l’expérimentation des Pôle Inclusifs d’accompagnement localisé (PIAL),

Un nouveau dispositif au contenu et contour flou  pour les enseignants et organisations syndicales invités à le découvrir et, avant même de connaitre leur avis, objet de mise en œuvre sous forme d’expérimentation dans une kyrielle de dispositifs existants en matière de scolarisation des élèves en situation de handicap.

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Suite à une intervention du Sgen-CFDT, le Ministère reconnait enfin que les Assistants d’Éducation et AESH ont droit, comme les fonctionnaires, aux jours de fractionnement !

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Le Sgen-CFDT nous a fait parvenir aimablement l’information suivante: “Grâce à notre intervention, le Ministère reconnait enfin que les Assistants d’Éducation et AESH ont droit, comme les fonctionnaires, aux jours de fractionnement !”

Explication détaillée

Les fonctionnaires et agents contractuels de droit public non enseignants bénéficient de 1 ou 2 jours de congés supplémentaires, appelés journées de fractionnement, lorsqu’une partie des congés payés est posée en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre.

En effet, l’article 1 du décret 84-972 du 26/10/1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l’État stipule : « Un jour de congé supplémentaire est attribué à l’agent dont le nombre de jours de congé pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre est de cinq, six ou sept jours ; il est attribué un deuxième jour de congé supplémentaire lorsque ce nombre est au moins égal à huit jours ».
Jusqu’à maintenant, ce droit n’a jamais été reconnu aux AED et AESH, qui remplissent pourtant bien les conditions pour en bénéficier : avoir un contrat de droit public, être agent non titulaire de l’État et ne pas être enseignant.
Suite à l’ interpellation du Ministère par le Sgen-CFDT pour demander l’application de ce droit aux assistants d’éducation, ce dernier, par un courrier daté du 3 juillet 2018, enjoint aux Recteurs d’accorder aux AED ces jours de fractionnement.
En conséquence, il faut donc diminuer l’horaire annuel de l’équivalent en heures travaillées soient au maximum 14 heures pour 2 jours. Les obligations de service, pour un temps complet, doivent  être obligatoirement calculées sur un volume annuel de 1593 heures au lieu de 1607.
Le
courrier du ministère ne fait référence qu’aux AED mais les AESH sont eux aussi titulaires d’un contrat de droit public, et à ce titre, ont également droit à ces jours de fractionnement. Mais étant donné qu’ils sont majoritairement employés à temps incomplet, la diminution s’effectuera au prorata de leur quotité de service. Ainsi, un AESH à 75% verra son horaire annuel diminuer de 14h x 75% soit 10,5 heures ou 10 heures et 30 minutes.

Impact du fractionnement des jours de congés sur la durée hebdomadaire de service des AESH

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Ces 1593 heures sont à proratiser à la quotité de service de l’AESH : 1433 heures et 42 minutes pour une quotité de 90%, 1274 heures et 24 minutes pour 80%, 1194 heures et 45 minutes à 75%…

Impact sur la rémunération

La bonne nouvelle c’est que la  quotité se devant être calculée sur 1593 heures et non 1607, la rémunération mensuelle devrait augmenter d’un chouia (0,8 %)

Exemple : 20 heures par semaine sur 39 semaines représentent 803 heures. Sur la base de 1607 heures cela représente 50 % alors que sur 1593 heures cela fait 50,4 %. Du coup, la rémunération mensuelle augmente de 0,8% et passe de 603 € à 607 € mensuels.

Que faire pour obtenir l’application de ce droit ?

imageReste sur le terrain à faire appliquer  la circulaire du ministère par les DSDEN…Sur notre demande, le Sgen-CFDT nous a transmis un Modèle type de lettreSGEN-CFDT) afin que chaque collègue AESH puisse réclamer le changement de son emploi du temps en conséquence.

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La duperie de Philippe/Blanquer/Macron: Les précaires AESH de l’éducation nationale mis à contribution pour réduire le déficit budgétaire de l’Etat !!!!!

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Dans l’art de “jouer le Pinocchio servile”, le gouvernement REM Edouard Philippe, sous présidence de son maitre jupitérien Macron, se révèle expert sans pareil.

Acte I de la duperie

En recevant leur première fiche de paie de l’année 2018, nombre AESH en CDD/CDI avaient eu la mauvaise surprise de voir leur rémunération baissée. 

La faute à une mesure décidée de longue date par Emmanuel Macron : la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG), un impôt prélevé sur tous les revenus et qui sert à financer la protection sociale. Son taux est passé de 5,1 à 6,8% depuis le 1er janvier 2018.  Le gouvernement Edouard Philippe les avaient déjà mis au régime sec dès l’automne 2017 : gel du point d’indice en 2018  et retour du jour de carence en cas d’arrêt maladie.  Sous les protestations, afin de ne pas les léser encore trop, le gouvernement avait mis en place un montage de mécanismes pour compenser la hausse de la CSG. Il a supprimé la contribution exceptionnelle de solidarité (CES, 1% des revenus) et créé une nouvelle indemnité, l’indemnité compensatrice », qui se devait, disait’’-il  “combler au centime près le manque-à-gagner”.

Le centime près s’est traduit en réalité en moyenne à 2 euros en moins pour des AESH en CDD/CDI majoritairement à temps incomplet (60%).  2 euros en moins ?  une pacotille pourrait-on penser mais quand il est perçu une rémunération mensuelle de 650 euros (net), ce n’est pas anodin de perdre 2 euros.

Acte II de la duperie

En recevant leur fiche de paie de rentrée scolaire 2018, nombre AESH en CDD/CDI découvrent une nouvelle  fois que  leur rémunération mensuelle a baissé, mais cette fois-ci, elle tourne autour de 25 euros  en moyenne (certains perdent 35 euros !!!!). Entre une rémunération  dont la hausse du smic en janvier 2018 a été limité à 1,24% (18euros en plus pour un temps complet), annulé par la hausse de la CSG (1, 7 % et compensé à hauteur de 1,2 %) et une inflation bondissant à 2,3 % fin août 2018, cette nouvelle baisse surprise de leur rémunération mensuelle provoque l’ire légitime des précaires AESH en poste dans les établissements scolaires. La baisse de leur  pouvoir d’achat prend l’allure d’un TGV sans escale.

Et on découvre l’incroyable explication de cette baisse de rémunération….

Dans la Circulaire du 15 janvier 2018 relative aux modalités de mise en œuvre de l’indemnité compensatrice de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les agents titulaires et non titulaire, on y lit ces 2  petites phrases :

L’indemnité compensatrice est obligatoirement versée à chaque agent public bénéficiaire, conformément aux dispositions de l’article 113 de la loi de finances pour 2018. L’indemnité est due à l’agent bénéficiaire dès le premier jour travaillé et cesse d’être versée à l’occasion de la fin de la relation de travail, dans les mêmes conditions que les autres éléments de rémunération de l’intéressé.

….

Les agents publics recrutés ou réintégrés à compter du 1er janvier 2018 ne bénéficient pas de l’indemnité compensatrice lorsqu’ils sont affiliés au régime général de la sécurité sociale au titre des prestations en espèces de l’assurance maladie

Concrètement, s’appuyant sur ces 2 instructions, lors des recrutements ou renouvellements d’agent en CDD AESH ou transformation de CDD AESH en CDI AESH courant juillet-août 2018,, il a été décidé par le ministère de de l’éducation nationale qu’il n’y aurait pas continuité de versement de l’indemnité compensatrice CSG sur la rémunération mensuelle à venir des agents AESH en poste dès la rentrée scolaire 2018-2019.

Pour le ministre de l’éducation nationale, Jean Michel Blanquer, cela se traduit par une économie annuelle budgétaire autour de 15 000 000 euros (!!!!) sur le dos des 50 000 agents AESH actuellement en poste. Il peut se vanter de contribuer efficacement aux directives Macron/Philippe en matière de réduction de dépenses budgétaires de l’Etat.

Chapeau bas pour les artistes de la duperie sociale !

mise à jour en date du 02/10/2018

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Ouverture du site UNEAVS pour l’année 2018-2019

ourverture2018 du site UNEAVS

Nous savons beaucoup de nos collègues AESH impatients de l’ouverture du site pour formuler leurs questions, signaler un problème, des faits, partager leurs expériences de rentrée scolaire 2018-2019.

L’équipe UNEAVS est au grand complet pour ce faire.

Pour une fois, nous n’osons pas vous souhaiter une bonne rentrée scolaire 2018-2019, compte tenu des lourdes incertitudes à venir pesant sur les conditions de travail des AESH dans les établissements scolaires. Nous nous en cachons pas. Nous ne sommes nullement optimistes pour les mois à venir sur une quelconque amélioration de ces conditions de travail (rémunération, temps de travail,… Nous pensons même que le discours de la dominance politique actuelle  conduit plutôt vers une accentuation de la maltraitance socio-économique des AESH.

Dans sa lettre à l’occasion de la rentrée 2018-2019, le ministre de l’éducation nationale,Jean-Michel Blanquer, indique en toute honnêteté: “…En cette rentrée, pour répondre à l’exigence d’équité à l’égard des enfants en situation de handicap et approfondir encore le principe d’inclusion, l’éducation nationale crée 3 584 emplois d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH)….”.

Nous sommes bien loin de l’effet d’annonce triomphale du mercredi 18 juillet 2018 où il était mensongèrement énoncé la création de 10 900 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap pour la rentrée 2018 (attribués avant l’été pour faciliter le recrutement).

Dire les choses comme elles le sont et non comme elles sont rêvées, c’est déjà un tout petit pas pour établir  une saine relation à l’égard du  personnel AESH.

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Lecture de vacances d’été 2018 pour AESH “vigilant

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Par ce temps de canicule d’été, nous proposons  à nos collègues AESH  la lecture des documents suivants:

Note de lecture UNEAVS

Ce rapport établit en première partie un état des lieux, des analyses s’y rapportant et des propositions d’amélioration du système actuel de l’inclusion scolaires. En seconde partie, il est exploré les conditions de réussite de l’inclusion scolaire qui permettraient de surmonter ces limites

En fait, ce rapport IGEN/IGAS/IGAENR synthétise tout ce que depuis 2014, l’UNEAVS signale, dénonce, avertit, propose….mais réalisé par des Inspecteurs IGEN/IGAS/IGAENR, c’est plus classe… Il y manque simplement le plus important : une analyse des conditions de travail imposées aux AESH (rémunération, temps de travail, etc…)  et des propositions d’amélioration de ces conditions de travail. Cet oubli est nettement  moins classe.

Note de lecture UNEAVS

Ce bilan déroule

“1 an d’action pour l’école inclusive “, en forme de catalogue de mesurettes sans concertation avec les acteurs de terrain entre juin 2017 et juin 2018.
Il n’est pas oublié d’être pompeux (exemple: le Benchmark des pratiques inclusives : Canada, Danemark, Espagne, Italie, Suède), d’être mensonger (exemple:  Création de 10 900 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap pour la rentrée 2018 en lieu et place de 4500 postes !), d’être imbu de son autorité (exemple: Instruction aux Agences régionales de santé (ARS), relayée auprès des autorités académiques, de conditionner le développement de services médico-sociaux à la coopération avec l’école …..

Il se poursuit par une glorification idyllique de “La transformation profonde et pérenne de notre système éducatif et médico-social, entreprise depuis un an, préfigurant l’école inclusive telle qu’elle sera en fin de quinquennat”,  par un  diagnostic malingre  des problèmes de l’existant et pour les résoudre, se rappelant sans doute vaguement de l’existence du mot, une grande concertation nationale en forme de rondelles de saucisson auprès des acteurs de terrain.

L’UNEAVS a noté le passage suivant dans ce bilan “1 an d’action pour l’école inclusive “,

En appui de la concertation, un groupe expert sera chargé d’étudier les conditions permettant aux accompagnants qui le souhaitent, d’accompagner les élèves dans leurs activités périscolaires ou extrascolaires en application de leur référentiel d’activité (Cf.diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social).

Ignorer que l’Arrêté du 9 février 2007 fixant les titres et diplômes permettant d’exercer les fonctions d’animation et de direction dans des centres de loisirs  développant des activités péri-scolaires n’a pas retenu le DEAVS Spécialité Accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire, c’est ballot.

AVANT le 28/07/2018

 Article 2

Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont recrutés parmi les candidats titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne. Sont dispensés de la condition de diplôme les candidats qui justifient d’une expérience professionnelle de deux années dans le domaine de l’aide à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap ou de l’accompagnement des étudiants en situation de handicap accomplies, notamment dans le cadre d’un contrat conclu sur le fondement de l’article L. 5134-19-1 du code du travail susvisé.

Article 8

Les accompagnants des élèves en situation de handicap qui ne sont pas titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne suivent une formation d’adaptation à l’emploi incluse dans leur temps de service effectif. Ils peuvent en outre bénéficier, sur leur temps de service effectif, de la formation nécessaire à l’obtention du diplôme.

APRES le 28/07/2018

Article 2 

Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont recrutés parmi :

1° les candidats titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne ;

2° les candidats justifiant d’une expérience professionnelle d’au moins neuf mois dans les domaines de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, des élèves en situation de handicap ou des étudiants en situation de handicap accomplis, notamment dans le cadre d’un contrat conclu sur le fondement de l’article L. 5134-19-1 du code du travail susvisé ;

3° les candidats justifiant d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau IV, ou d’une qualification reconnue au moins équivalente à l’un de ces titres ou diplôme.

Article 8 

Les accompagnants des élèves en situation de handicap qui ne sont pas titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne suivent une formation d’adaptation à l’emploi d’une durée d’au moins soixante heures incluse dans leur temps de service effectif. Ils peuvent en outre bénéficier, sur leur temps de service effectif, de la formation nécessaire à l’obtention du diplôme.

Note de l’UNEAVS

L’UNEAVS s’était déjà prononcée au sujet de ces modifications (lire ici), il constatera en prime que ministère de l’éducation nationale et secrétariat aux handicapées ont l’art de zapper un constat émergent ci-après établi dans Le rapport IGEN/IGAS/IGAENR (juin 2018) 

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En effet, faire croire  à des jeunes candidats fraichement munis d’un titre ou diplôme classé au moins BAC ou  équivalent qu’en 60 heures de formation d’adaptation à l’emploi AESH, ils seront apte à exercer le métier AESH relève du ridicule et…. de la perversité sociale.

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Fermeture du site UNEAVS du 08 juillet au 30 août 2018

vacancesUNEAVS2018

Le site sera fermé aux demandes de renseignements. Une veille en vigilance des mesures prises en catimini durant l’été par le ministère de l’éducation nationale/le secrétariat aux personnes handicapées pour application à la rentrée, et concernant directement les AESH/AVS,  reste assurée.

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contractuels AESH/AVS dans l’éducation nationale: un rapport de la Cour des Comptes implacable, un MEN et un secrétariat aux handicaps à côté de la plaque !

Fin mars 2018, la cour des comptes publiaient un rapport intitulé “le recours croissant aux personnels contractuels de l’éducation nationale”. A sa lecture sur les passages relatifs au AESH/AVS, on y relève un panorama très peu reluisant de la situation AESH/AVS que nous décryptons ci-après dans un premier temps.
Puis, fin mai 2018, sur audition de la commission finance sénatoriale, des représentants du MEN (Degesco et DGRH) sont invités à exprimer leur avis sur ce rapport de la cour des Comptes. Dans un article du site aeshloi2005, un collègue AESH y décrypte les échanges avec une telle pertinence que nous avons souhaité en faire état dans un second temps. 

Reste qu’il demeure  un sentiment abyssal, que ministère de l’éducation nationale et secrétariat au personnes handicapés se sont engagés, à l’abri des regards,  dans un vaste projet de “déconstruction “ systématique de la professionnalisation des AESH/AVS en établissant comme  norme institutionnelle contrainte, leur précarité socio-économique et professionnelle, sous couvert de nécessité de “performance budgétaire”. Le discours institutionnel et politique au sujet des AESH/AVS en est d’autant plus effrayant qu’il s’appuie sur un langage de proposition d’un  “ailleurs et après” magnifié mais imaginaire dans la plus absolue négation d’une prise en compte de leur  “présent et ici” trop réel car terriblement désespéré.

 

Extrait du rapport de la cour des comptes “Le recours croissant aux personnels contractuels dans l’Éducation nationale” – mars 2018

Une volonté de suppression des emplois EVS “Aide aux directeurs d’école et Vie scolaire” d’ici la rentrée scolaire 2018

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Une volonté de substitution  du personnel AESH par des volontaires du service civique à la rentrée scolaire 2018

“…L’ajout d’une mission auprès des enfants en situation de handicap rapproche encore les volontaires du service civique des assistants d’éducation et des AESH. Bien que les circulaires annuelles du ministère des affaires sociales rappellent que « en aucun cas la mission ne doit se substituer à un emploi [car] il ne s’agit pas de recruter du personnel mais d’offrir des opportunités de misions intéressantes à des jeunes qui ont le projet de s’engager » Le risque de substitution, souligné dans l’insertion consacrée au service civique dans le rapport public annuel de la Cour paru en mars 201859, semble réel lorsque le volontaire n’est pas en binôme avec un AESH dans le cadre de la nouvelle mission d’accompagnement des enfants handicapés… En pratique, il est d’autant plus difficile de s’assurer du respect de ce principe qu’aucun contrôle n’a été diligenté, ni par l’agence du service civique ni par le ministère…

Note de l’UNEAVS

La règle du ministère des affaires sociales, clairement rappelée par le législateur en 2017, ( les missions d’intérêt général des volontaires service civique sont « complémentaires des activités confiées aux salariés ou aux agents publics et ne peuvent se substituer ni à un emploi ni à un stage), se retrouve allègrement piétinée  par le rectorat de l’académie de Toulouse dans sa note interne, adressée à tous les établissements scolaire. Cette note stipule dans son annexe que des volontaires service civique pourront “Contribuer à l’inclusion des élèves en situation de handicap” en binôme avec un AESH, et éventuellement accomplir les tâches qu’un AESH ne peut effectuer, faute de temps de travail accordé et rémunéré pour ce faire. (fiche 11  missions consultable ICI)

Des formations préalables à la prise de poste inexistantes et des formations d’adaptation “inadaptées”

….Les AESH recrutés sur titre disposent d’une formation préalable et ceux qui ont occupé  précédemment un poste d’accompagnant  d’une expérience pratique. Pour ces derniers, l’article 8 du décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 prévoit « une formation d’adaptation à l’emploi incluse dans leur temps de service [et ils] peuvent en outre bénéficier sur leur temps de service effectif de la formation nécessaire à l’obtention du diplôme. » Aucun AESH ne bénéficie d’une formation préalable à la prise de fonction, quelles que soient la nature et la gravité du handicap dont souffre l’élève qu’ils doivent accompagner…

…Une partie importante des contractuels reçoivent cette formation plusieurs mois après avoir pris leurs fonctions, ce qui rend inutile la partie qui présente l’institution scolaire et démobilise les participants. Selon les témoignages recueillis sur le terrain lors de l’enquête de la Cour, la partie la plus appréciée des accompagnants est l’échange de bonnes pratiques. En effet, les formations peuvent être peu appréciées d’un public dont une partie a un niveau scolaire peu élevé et qui recherche surtout des informations pratiques sur leurs élèves. Par ailleurs, l’incitation à y participer est inégale, car les DSDEN acceptent les refus de formation par les intéressés considérant que la proposition vaut décharge de responsabilité pour l’employeur. Enfin, l’organisation pratique (formations sous-traitées aux GRETA, aux associations voire à Pôle Emploi) est très variable.

Note de l’UNEAVS

Dans une Enquête flash récente auprès plusieurs centaines AESH, le Sgen-CFDT a relevé :

  • 50% des personnels AESH n’ont reçu aucune formation depuis les 80 heures obligatoires lorsqu’elles-ils étaient sous contrat AVS-CUI.
  • 25,5% ont eu accès à des formations spécifiques aux AESH.
  • 24,5% ont eu accès à des formations communes avec les personnels AVS.

Lorsque les formations sont proposées, seuls 17,3% des personnels sont remboursés des frais de déplacement! 29,1% ont participé aux formations sur le temps de travail et 21,8% en dehors du temps devant élèves. Les budgets des Rectorats pour rembourser les déplacements suite à des convocations à des formations (trop rares) sont bien en deçà des besoins réels. Des personnels AVS-AESH ne sont donc jamais remboursés ; l’employeur profite de la précarité de certain-e-s qui n’oseront pas réclamer des remboursements de peur de ne pas être renouvellé-e-s.

.L’attractivité d’un emploi AESH prenant un sérieux coup de plomb dans l’aile

(…) les AESH sont recrutés à temps incomplet, pour une durée hebdomadaire
qui varie avec celle de la scolarisation de l’enfant
lorsqu’il s’agit d’une aide individualisée. Il arrive qu’un même contrat couvre une aide individuelle et une aide mutualisée, ce qui permet d’obtenir une quotité de travail plus importante, mais cette possibilité n’est envisageable que si plusieurs enfants en situation de handicap sont scolarisés dans le même établissement ou dans des établissements proches. En milieu rural, elle est pratiquement impossible à mettre en oeuvre.

Chaque rectorat a mis en place un dispositif de repérage des CUI-CAE éligibles à l’intégration dans la catégorie des AESH et de transformation des contrats, en lien avec les DESDEN et l’établissement mutualisateur. Les agents dont le CUI-CAE est terminé ou va s’achever sont contactés et le dossier de ceux qui acceptent la proposition est examiné au niveau départemental, souvent par une commission où siège l’IEN-ASH. Il est difficile de mesurer le taux de perte qui s’explique par deux raisons : d’une part, certaines personnes ne sont pas intéressées par un contrat AESH qui reste précaire, à temps partiel et peu rémunéré ; d’autre part, quelques dossiers sont écartés par la commission au vu des appréciations médiocres  portées par les employeurs précédents. (…)

Un projet dévoilé d’accentuer la dégradation des conditions de travail des AESH

(…)Un mouvement de rapprochement, initié par le ministère chargé de l’Éducation nationale et le secrétariat d’État aux personnes handicapées, débute. La première étape consiste à diligenter une mission d’inspection commune sur la question des modalités d’évaluation des besoins d’accompagnement par les MDPH, et des disparités territoriales constatées dans les notifications. Ces éléments de diagnostics devraient permettre aux ministères en lien avec la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) de créer un cadre méthodologique pour rapprocher les prescripteurs que sont les MDPH et l’éducation nationale responsable de la mise en oeuvre et du financement et des décisions prises.(…)

(…) Le ministère ambitionne de faire en sorte que l’aide mutualisée deviennent la modalité d’accompagnement par défaut tandis que l’aide individuelle serait réservée aux élèves lourdement handicapés. Une autre piste serait, selon le ministère, de mutualiser des moyens d’accompagnement entre établissements et circonscriptions, initiative dont une expérimentation serait en cours dans l’académie d’Aix-Marseille.(…)

Note de l’UNEAVS

En clair, le ministère de l’éducation et le secrétaire d’Etat aux personnes handicapées affichent leur intention  d’inciter les MDPH, prescripteurs d’aide humaine par AESH à un élève,  à ne pas se conformer aux avis des  équipes de suivi de scolarisation d’un élève (famille, équipe enseignant, enseignant référent, professionnel de la santé et du médico-social) privilégiant un accompagnement individualisé  plutôt qu’un accompagnement mutualisé. Il  s’agit bien aussi de nier les besoins  d’un élève en situation de handicap et son droit à disposer d’un accompagnement par AESH favorisant son inclusion ordinaire dans les meilleures conditions possibles.

 

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Des AESH outrés par une note administrative “crapuleuse” émanant de la DSDEN du Gard

 

tempstravailfexibleAESHLa DSDEN du Gard a visiblement décidé d’emprunter le chemin de la  considération en imbécilité des AESH en CDD/CDI pour la rentrée scolaire 2018-2019. En effet, il faut une sacrée dose de mépris à leur égard pour ne pas penser qu’un salarié précaire AESH est un salarié incapable de détecter toutes anomalies concernant ses papiers administratifs, surtout quand il s’agit de leur faire signer un nouveau torchon de contrat de travail. Et dans le cas présent, les constats des manœuvres crapuleuses de la DSDEN du Gard transparaissent dans l’application des contrats de travail et, ce, à travers une note administrative interne

1er constat:

Dans des contrats de travail AESH (CDD ou CDI), Il est relevé des contrats de travail AESH (CDD ou CDI) imposant que la quotité temps de travail attribué soit répartie sur 52 semaines au lieu de 39 semaines. Ceci impliquait que l’AESH se devait être à disposition de son employeur pendant toute la durée de son contrat (!!!!), droits à congés légaux tout simplement supprimés (!!!!). 

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Or, le Décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l’Etat  titre III Congé annuel indique dans son article 10: L’agent non titulaire en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectué, à un congé annuel dont la durée et les conditions d’attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires (…).” et l’article 5 du décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l’État dispose que : « Le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l’année suivante, sauf autorisation exceptionnelle donnée par le chef de service […]».

Pour les  les AESH eux-mêmes, ceci leur apparaissait visiblement comme une absurdité dans la rédaction du contrat de travail.   Face à une perspective de saisine malcontreuse de tribunal administratif par un AESH pointilleux sur ces droits, il semblait bien que la DSDEN du Gard aurait eu à exprimer son soulagement que  les AESH  se soient satisfaits de sa réponse de retenir comme base de répartition temps de travail 39 semaines et non 52 semaines pour l’application de leur planning temps de travail  hebdomadaire. En effet, pour les salariés AESH, les textes règlementaires étant respectés, il n’y avait rien à redire. Ils se trompaient sur la posture réelle de la DSDEN du Gard.

2ème constat:

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Cette note interne de la DSDEN du Gard, en date du 31 janvier 2018, se révèle, à sa lecture, pour un modèle-type savoureux d’analyses d’instructions illégales d’une administration pour un étudiant eu 1ère année de droit publique, pas du tout risible pour un AESH en CDD/CDI, tant la mauvaise foi de surcroit y transparait. Qu’on en juge dans son analyse détaillée !

cette note fait suite à un contrôle comptable interne qui fait apparaitre un écart entre les heures effectuées et les heures rémunérées”.

Un temps de travail attribué  à un AESH par contrat de travail sur une année scolaire implique obligatoirement une répartition de son temps de travail hebdomadaire à effectuer sur un nombre de 39 semaines à minima. Ce même temps de travail attribué sert de base de calcul pour sa rémunération mensuelle, lissée sur toute la durée de son contrat, soit 52 semaines rémunérées, Dès lors, affirmer l’existence d’ un écart entre les heures effectuées et les heures rémunérées en cours de réalisation de contrat relève soit d’une lapalissade idiote, soit d’une volonté de positionner les AESH comme coupable de tenter de se soustraire à leurs obligations de service. La DSDEN du Gard en passe d’’imposer  la contrôleuse-poinçonneuse  temps de travail pour les AESH dans les établissements scolaires ?

“Ce temps de travail hebdomadaire est réparti entre un temps d’exercice auprès d’élèves bénéficiant d’une notification MDPH et un volant d’heures disponibles destiné en priorité  à assurer des missions de suppléances auprès d’élèves en situation de handicap. En l’absence de missions confiées par le service handiscol sur ce temps (auprès des élèves en situation de handicap), les heures disponibles annualisables restent à disposition de l’établissement ou de l’école dans le cadre de l’année scolaire en cours.

Autrement dit, la DSDEN du Gard considère exclusivement le temps de travail effectif  d’un AESH comme relevant exclusivement du temps en présence de l’élève en situation de handicap. En l’absence de ce dernier, il ne s’agit pas du temps de travail effectif (sic), l’AESH se devant rester tout de même à la disposition du chef d’établissement scolaire. Ben, voyons ! C’est tout juste si la DSDEN du Gard a fourni un très très grand effort pour ne pas indiquer qu’un AESH, ainsi disponible, se doit  être capable de cirer les pompes du chef d’établissement, du personnel administratif et enseignant, sur leur demande.

Par exemple, dans le cas des personnels effectuant une quotité de service à 62%, le nombre d’heures annuelles rémunérées est de 996 heures, ce qui correspond à un temps de travail de 27 heures 30 minutes réparties sur 36 semaines. Si les heures effectuées auprès des élèves en situation de handicap est de 24 heures, le volant d’heures disponibles est de 3 heures 30 minutes hebdomadaires.”

Dans cet exemple, il est retrouvé l’art de cumuler les illégalités de droit en pagaille en prenant les AESH visiblement pour des crétins analphabètes.

Illégalité 1: imposer un planning horaire hebdomadaire sur 36 semaines

le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des accompagnants d’élèves en situation de handicap pose un principe très général d’organisation du temps de travail dans son article 7: «

« Le travail des accompagnants des élèves en situation de handicap se répartit, dans le respect de la durée annuelle de référence prévue à l’article premier du décret du 25 août 2000 susvisé, sur une période d’une durée de 39 à 45 semaines. »

la circulaire n°2014-083 du  08/07/2014 relative aux conditions d’emploi des AESH précise bien .

« (…) La durée annuelle de travail des AESH est fixée en référence à la durée légale, soit 1 607 heures pour un temps complet. Comme les AED-AVS, les AESH accomplissent leur service sur la base d’un nombre de semaines compris entre 39 et 45 par an. Les AESH peuvent être engagés à temps complet ou à temps incomplet.

Dans l’exemple pré-cité, le temps de travail hebdomadaire de l’agent AESH à 62% d’un temps complet se doit être obligatoirement  fixée à (996h/39=) 25h30 et non 27h 30 comme laisse supposer la note interne.

Illégalité 2 : imposer d’avance la responsabilité d’heures de travail non effectuées du fait du salarié

S’’il appartient bien au seul employeur DSDEN (via chef d’établissement scolaire) de fixer les tâches à accomplir d’un agent AESH, il ne peut se prévaloir  de l’inexistence de tâches accomplies en périodes non scolaire pour en exiger la récupération en temps de travail à répartir sur périodes scolaires, alors que l’agent AESH  reste à disposition du chef d’établissement scolaire ou école (à défaut auprès de son employeur DSDEN) durant 39 semaines conformément aux attendus de son contrat de travail.  Dans le cas présent, la DSDEN du Gard  fait tout simplement  litière de ses obligations contractuelles en se dédouanant  de sa  responsabilité  de ne pas attribuer délibérément à l’AESH des tâches ou des activités pendant 3 semaines de périodes non scolaires. Tiens donc !, le temps de formation obligatoire pour un AESH n’existe pas pour la DSDEN du Gard.

Illégalité 3 (la meilleure): imposer une répartition temps de travail hebdomadaire sur 36 semaines contraire aux obligations contractuelles la fixant sur 52 semaines.

Les CDD/CDI des agents AESH du Gard disposent que leur quotité temps de travail attribué soit répartie sur 52 semaines et non 36. Par obligation contractuelle, l’employeur est donc tenu à l’application de ce qu’il a lui même fixée par clause de contrat de travail et l’agent AESH est fondé à exiger l’application pure et simple des conditions fixées par votre contrat de travail + l’application de vos droits à congé légaux conformément aux textes règlementaires. C’est ballot pour la DSDEN du Gard.

Dans le cas d’une utilisation globalisée d’une partie ou de la totalités  des heures (disponibles de l’agent AESH) il conviendra d’informer l’AESH au plus tôt et si possible dès le début de l’année scolaire.”

Infraction au droit des fonctionnaires:  incitation aux chef d’établissement scolaire et écoles de se rendre complice d’abus d’autorité hiérarchique qu’ils ne disposent pas pour imposer des ordres illégaux aux agents AESH

L’article 28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires  pose pour principe que : « Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. ».

Il résulte de ces dispositions que la subordination hiérarchique impose bien au chef d’établissement (collège et lycée) et directeur d’école  de se soumettre à la note interne de la DSDEN du Gard, de faire preuve de loyauté dans l’exercice de ses fonctions  mais aussi… de respecter les lois et règlements de toute nature. Il ne peut donc être ordonné au chef d’établissement (collège et lycée) et directeur d’école du Gard d’accomplir des actes à l’égard des agents AESH qui sont contraires aux lois (…)  En revanche, si chef d’établissement (collège et lycée) et directeur d’école du Gard n’ont pas  de doute sur la violation sérieuse des lois qu’ils risquent de compromettre en obéissant à la note interne de la DSDEN du Gard, ils commettront une faute disciplinaire en l’exécutant.

Pour conclure

A considérer en définitive les AESH comme des imbéciles, des analphabètes, des sherpas minables de l’éducation inclusive, des meubles à déplacer ici ou là et à afficher dans cette note interne tout son mépris à vomir envers les AESH considérés comme des salariés de « basse de gamme »,  il y aurait de quoi douter de la posture de la DSDEN du Gard de contribuer à instaurer un climat de confiance et de sérénité dans la coopération entre les AESH et le personnel d’un établissement scolaire (chef d’établissement scolaire, personnel administratif  et enseignants). 

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AUDIENCE À LA DGESCO LE 20 AVRIL 2018 : PROJET DE DÉCRET AESH par le Sgen-CFDT.

Le Sgen-CFDT a souhaité nous faire parvenir les informations suivantes

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AUDIENCE À LA DGESCO LE 20 AVRIL 2018 : PROJET DE DÉCRET AESH

PUBLIÉ LE 26 AVRIL 2018PAR CHRISTOPHE HUGUEL

ELARGISSEMENT DU VIVIER DE RECRUTEMENT DES AESH : POURQUOI FAIRE ?

Le Ministère a soumis aux organisations syndicales un projet de décret pour modifier celui qui permet le recrutement des AESH (réunion multilatérale Ministère-syndicats le vendredi 20 avril 2018).

Qu’est ce qui est modifié ?

La modification porte sur la durée nécessaire d’exercice des fonctions en CUI (et PEC à présent) ou d’accompagnant d’une personne ou d’un étudiant.e handicapé.e qui est réduite à 9 mois et sur la possibilité de recruter toute personne titulaire d’un baccalauréat sans condition de durée de services dans d’autres fonctions relevant de l’inclusion. Jusqu’à présent, la durée nécessaire pour être éligible à un contrat AESH en CDD était de 24 mois pour les AVS sous contrat CUI.

Pourquoi une telle modification ?

Le Ministère n’a pas caché ses intentions. Il s’agit bien d’élargir le vivier de recrutement pour faire face aux besoins réclamés par les MDPH de tous les départements de France. Depuis la loi de 2005 instituant le droit à l’inclusion, plus de 300 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés chaque année.

Cette modification en annonce-t-elle d’autres ?

Le Ministère n’a pas non plus caché que la modification proposée constituait une première étape, que les fonctions d’accompagnant constituaient un chantier suivi en direct par le cabinet du Ministre, et que d’autres modifications seraient proposées au cours de la prochaine année scolaire (ou des prochains mois). Nous n’avons par contre pas eu de détails sur le contenu des futures hypothétiques modifications…

Ce que pense le Sgen-CFDT de cette modification « cosmétique »

La concertation a été l’occasion pour le Sgen-CFDT de rappeler ses revendications sur le sujet :

La professionnalisation des acteurs est nécessaire et urgente. Elle passe notamment par :

  • Une formation à l’entrée dans le métier
  • Une formation continue tout au long de la carrière, y compris pour les personnels en CDI
  • Une revalorisation salariale (actuellement seulement 50 points d’indice en 30 ans soient 180 € nets !) plus importante au regard des compétences acquises
  • Un statut qui permette de prendre en compte la pérennité des missions et de sécuriser les agents.
  • Un temps de travail à temps plein (actuellement 85% des AESH exercent à temps incomplet) avec une réflexion à mener sur l’accompagnement des élèves y compris sur les temps périscolaires
  • Un temps de travail calculé sur 39 semaines dans le respect total du décret (et pas sur 36 semaines comme l’imposent certains employeurs IA-DSDEN ou établissements ce qui diminue encore davantage une rémunération déjà très peu « attractive »…) :

Exemple de rémunération du temps de travail sur 36 ou 39 semaines :

  • Contrat de 24h/hebdo sur 39 semaines ==> rémunération nette pour l’agent AESH = 710 €
  • Contrat de 24h/hebdo sur 36 semaines ==> rémunération nette pour l’agent AESH = 655 €

Le Sgen-CFDT a également rappelé qu’il est urgent de modifier les textes concernant le reclassement des personnels qui deviendraient enseignants. En effet, depuis 2014, les services en AESH ne font plus partie des textes fixant le reclassement ce qui signifie que les services effectués pourraient ne pas être pris en compte par les IA-DSDEN ou les Rectorats.

La création du diplôme DEAES en 2016 a constitué une première étape qu’il est important de poursuivre avec des diplômes de niveau 4 (baccalauréat) et 3 (Bac+2) justement dans l’objectif de reconnaissance des compétences et de professionnalisation.

Tant que les personnels seront recrutés sur des contrats à temps incomplet avec une formation à la va-vite (quand elle existe), sans perspective que le CDI et avec 20 € d’augmentation tous les 3 ans, les AESH ne seront pas considérés à la hauteur de leurs missions alors que ces personnels sont indispensables !

Nous vous tiendrons au courant des suites de ce dossier et de la situation des personnels AVS-AESH qui reste une priorité du Sgen-CFDT !

Nous vous invitons à répondre dès à présent à notre enquête nationale, « AESH, votre avis nous intéresse » : https://www.sgen-cfdt.fr/actu/aesh-avis-interesse

Avis de l’UNEAVS

Ce projet de décret aura cette particularité d’annuler tout progrès dans la reconnaissance du métier AESH et par là, la professionnalisation nécessaire à venir des agents AESH s’en trouvera gravement compromise.

Ainsi, en décidant dans ce projet de décret d’accorder aux DSDEN la possibilité de recruter toute personne titulaire d’un baccalauréat sans condition de durée de services dans d’autres fonctions relevant de l’inclusion, le ministère de l’éducation nationale et le secrétariat aux handicaps  acteraient simplement l’idée traditionnaliste qu’une tête bien remplie en connaissance générale niveau BAC ou plus suffit pour exercer des missions AESH. Assurément très loin de la notion d’exercice d’un  métier supposant des compétences techniques et savoirs faire/être  s’appuyant sur un référentiel (le DEAES)  et se nourrissant d’un minimum d’expériences professionnelles acquises.
Ainsi, l’intention bassement managériale du ministère  d’élargir le vivier de recrutement pour faire face aux besoins réclamés par les MDPH de tous les départements de France se double d’une considération implicite de mépris social à l’égard d’un personnel AESH et AVS en poste ayant le tort de ne pas posséder un BAC et par là, à les estimer comme des citoyens de second zone par des premiers de cordées auto proclamés.

 

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Accompagnement des élèves handicapés à l’école par AESH pour la rentrée scolaire 2018-2019 sur les rails mais direct dans un mur ?

droitdanslemur

En cette période d’année, l’UNEAVS reste toujours très vigilante sur la mise en application par les services académiques des opérations de renouvellement des emplois d’agents AESH dont le contrats de travail (Cui-Cae)  arrivent à terme entre avril et fin août 2018. Aucuns services académiques (via employeurs EPLE), dignes de ce nom,   ne sauraient  s’engager dans les procédures précédentes sans, au préalable, prendre connaissance des décisions prises pour l’année civile en cours par le ministère du travail.

C’est ainsi qu’ils découvrent que, par CIRCULAIRE N° DGEFP/SDPAE/MIP/MPP/2018/11 du 11 janvier 2018 relative aux parcours emploi compétences, la ministre du travail (Mureil Penicaud) déclame bien haut et fort que le dispositif des contrats aidés devait être recentré sur une seule ambition, à savoir l’insertion professionnelle durable des personnes rencontrant des difficultés particulières et persistantes d’accès au marché du travail.

Louable intention, certes, mais dont la traduction en terme d’application pratique sur le terrain s’apparente fort à la mise en oeuvre d’un modèle shadock  « pomper sans pomper tout en pompant sans pompe » pour les pilotes concernées. (pour en savoir plus, cliquer ICI)

Dans un  Rapport – n° 2014-016 _ Avril 2014 « L’accueil, la gestion et la formation des personnels contractuels en EPLE »–IGEN/IGAENR), Les établissements EPLE  soulignaient que les procédures exigent beaucoup de temps et d’énergie pour un résultat parfois décevant. En effet, le schéma de recrutement/renouvellement ne compte pas moins de 29 étapes, impliquant un temps quasi incompressible de près de deux mois pour opérer un recrutement/renouvellement, contradictoire avec les exigences de rapidité et de résultat fréquemment formulées.

D’évidence, dans l’élaboration de la circulaire  du 11 janvier 2018 relative aux parcours emploi compétences, la ministre du travail (Muriel Pénicaud)  n’a pas souhaité tenir  compte de cette complexité de recrutement/renouvellement  d’agents AESH  en Cui-Cae. Allègrement, il est rajouté 3 étapes impératives. (pour en savoir plus, cliquer ICI)  et (ICI)

Dans sa  réponse  à la cour de comptes, le ministre de l’éducation nationale, Jean Michel Blanquer, indique “(…) D’importantes mesures ont été prises pour, à la fois, améliorer la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap, le professionnaliser et rendre moins précaire ces emplois (…)” et de décliner ces mesures.  dénoncées par les organisations syndicales comme trompeuses.  

Pour une fois, l’UNEAVS aura cette amabilité de penser qu’il n’est pas interdit au ministre de l’éducation comme à la secrétaire d’état aux handicaps d’estimer que l’ accompagnement des élèves handicapés à l’école par AESH pour la rentrée scolaire 2018-2019 est bien  sur les rails et si leur souhait reste d’ aller droit dans un mur, ce n’est pas interdit pas non plus.

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