Guerre contre le coronavirus : la conception lamentable de la solidarité du recteur Bernard Beignier de l’académie Aix-Marseille à l’égard des AESH et AVS

Alors que l’état d’urgence sanitaire est désormais décrété, les mesures destinées à protéger la santé des Français et notamment celle des plus vulnérables prises par le gouvernement n’en n’ont plus que l’approbation, le soutien de l’UNEAVS. Oui, en échange, il convient de faire preuve de solidarité citoyenne en acceptants les mesures de « confinement strict » permettant aux personnels de santé de faire face à cette crise sanitaire en leur donnant tous les moyens d’agir.

Il apparait que dans l’académie d’Aix- Marseilles, le recteur Monsieur Bernard Beignier dispose quant à lui, visiblement, d’une conception très limitée de la solidarité à l’égard des agents AESH, personnel le plus fragile au niveau financier, économique, matériel dans l’éducation nationale. Les agents AESH en poste dans l’académie pouvaient légitimement s’attendre à ce qu’il active tous les leviers leur permettant d’affronter matériellement et financièrement l’épreuve de cette crise sanitaire. Il en en aura décidé autrement et lamentablement.

En effet, dès le 13 mars 2020, à l’annonce du MEN  de la « fermeture » des établissements scolaires , le recteur Monsieur Bernard Beignier a tout bonnement exigé (via DDEN) auprès des lycées employeurs EPLE qu’il soit confirmé d’office au non -renouvellement des contrats Pec-Cui-Cae des agents AESH en poste, sans se soucier de leur devenir en pleine urgence sanitaire nationale. La justification donnée : des directives nationales !!!! L’art hypocrite de faire porter le chapeau à d’autre sans nommer.

Ci-joint document à l’appui

L’UNEAVS est révoltée par cette posture de mépris, de considération, par cette absence d’énergie à assurer la protection de personnel AESH fragile qui, plus que tout autre, a besoin de réponses sécurisantes pour leur devenir matériel, financier et économique.

L’UNEAVS est en droit d’exiger des explications du Ministre de l’éducation nationale, Monsieur  Blanquer, sur ces directives nationales citées et nous attendons ces explications

L’UNEAVS est en droit d’exiger des explications du recteur d’académie, Monsieur Bernard Beignier, sur sa conception lamentable de la solidarité à l’égard des agents AESH en poste. Et nous attendons ces explications.

Mise à jour en date du 22 mars 2020

De la part du collectif AESH05

Bonjour, dans les hautes alpes, 4 collègues en CUI (mais cela pourrait en concerner une 10aine) n’ont pas été renouvelées dès le mercredi 11 mars. Deux d’entre elles l’ont appris le matin pour la fin de matinée et l’autre pour le lendemain matin. Le collectif aesh05, révolté par cette façon de faire, a mis une pétition en ligne pour dénoncer ces décisions et demander la réintégration de nos collègues. Votre article donne une nouvelle ampleur à ces pratiques (les mêmes dans les Vosges également selon facebook). Pourriez-vous mettre notre pétition à la suite de votre article ?

Je vous remercie
Cordialement

agnès pour le collectif aesh05

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« C’EST LA GUERRE" contre le coronavirus : Collègues AESH, la première ligne du front hôpital a besoin urgent de notre appui

Le chef de l’Etat s’est adressé ce lundi 16 mars aux Français.

« C’est la guerre » et la première ligne du front hôpital a besoin de notre appui.

Alors, faisons notre job d’appui citoyen sans discuter  les directives fixées par le chef de l’Etat.

  • continuer à respecter strictement les consignes sanitaires  (Se laver les mains régulièrement ;Tousser ou éternuer dans son coude , Utiliser des mouchoirs à usage unique,  contacts non rapprochés (plus de 1 m) , se saluer de la tête, s’abstenir de serrer la main, de faire la bise…)
  • Rester strictement  à domicile en s’abstenant de recevoir sa famillle proche, des amis, des connaissances….
  • déplacement strictement nécessaire (courses alimentaires, santé…)
  • adopter un comportement citoyen exemplaire en s’abstenant toute sortie privée non indispensable (réunion privée, grands rassemblements, café, restaurants, cinéma…)
  • Ne contactez le service de santé (15) que si symptômes de difficultés respiratoires, courbatures associées.
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AESH face au coronavirus : le COUP DE GUEULE DE L’UNEAVS

Le chef de l’Etat s’est adressé ce 12 mars aux Français, les appelant à « faire bloc » face à « la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle ». Il a notamment ordonné la fermeture, dès lundi et « jusqu’à nouvel ordre », des crèches, écoles et universités pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. (Allocution Emmanuel Macron – jeudi 12 mars 2020 – en ligne ici)

Sans conteste, l’urgence sanitaire nationale se devait être déclarée afin de prévenir la propagation inconsidérée du virus CoVid-19. Il est désormais reconnu par les experts médicaux que le CoVid-19 se révèle particulièrement inquiétant par sa virulence extrême. Les symptômes du CoVid-19 sont d’autant plus difficiles à repérer qu’ils ressemblent à ceux de la grippe : fièvre, toux et difficultés respiratoires. Les formes les plus sévères d’infection peuvent se traduire également par une détresse respiratoire aiguë, une insuffisance rénale aiguë ou encore une défaillance multi-viscérale potentiellement fatale. (ce qu’il faut savoir sur le coronavirus -en ligne ici )

De fait, depuis janvier 2020, date d’apparition des premiers cas en France, nos collègues AESH (et AED) n’ont eu de cesse de nous signaler leur profonde inquiétude de se trouver en premier ligne dans les établissements scolaires en contact permanent avec des élèves grippés……Et forcément, il nous a été signalé la situation de collègues AESH et AED grippés, ou atteint par le coronavirus , mis en arrêt maladie et totalement désemparés. Avec une rémunération les maintenant en dessous du seuil de pauvreté ne leur permettant d’envisager une complémentaires santé, être malade pour un agent AESH et AED représente une catastrophe économique les fragilisant encore plus financièrement, physiquement et mentalement.

Visiblement pris par surprise par l’annonce du chef de l’état, E.Macron,  de « la fermeture des écoles dès lundi 16 mars », le ministre de l’éducation nationale, Jean Michel Blanquer a tardivement réagi par un communiqué peu à la hauteur des enjeux de l’urgence sanitaire nationale . Quant aux autorités académiques (rectorat, DDEN, service I ASH), les premières instructions transmises au personnel AESH  relèvent tout bonnement soit de la pure inconscience, soit de la perversité administrative de haut niveau.

L’UNEAVS se doit rappeler fermement

aux autorités hiérarchiuqes (Rectorat, DDEN, service IA ASH) assis confortablement derrière leur bureau,

et aux chefs d’établissements scolaires publiques et privés

L’urgence sanitaire nationale contre la propagation du virus CoVid-19 ne consiste pas à une gestion de l’absence/présence du personnel AESH dans des établissements scolaires « fermés » en vue

  • de continuer à les mettre en première ligne au péril de leur santé.
  • Par leur absence en poste, d’une éventuelle extorsion financière sur une rémunération déjà réduite au seuil de pauvreté
  • de l’attribution de tâches administratives par des chefs d’établissements scolaires
  • de suppléance à des postes télétravail en établissement scolaire pour enseignants restés à domicile
  • de mise à disposition aux collectivités territoriales pour des tâches de garde d’enfants de parents en mal de garde
  • de rangement et nettoyage sanitaire de locaux d’établissements scolaires

L’urgence sanitaire nationale contre la propagation du virus CoVid-19 consiste à assurer la prévention impérative de la santé du personnel AESH en

  • assurant le maintien de leur rémunération durant la période de « fermeture » de l’établissement scolaire
  • leur faisant éviter de fréquenter leur établissement scolaire (réunions, ascenseurs, salle commune d’enseignants, CDI, reunion de formation…)
  • les invitant à se tenir à disposition à domicile pour un suivi éventuel par télétravail d’élève en situation de handicap, sous responsabilité de l’équipe pédagogique
  • les invitant de continuer à respecter les consignes sanitaires afin de prévenir l’infection à CoVid-19 et valables pour tous les autres types d’infection respiratoire (Se laver les mains régulièrement ;Tousser ou éternuer dans son coude , Utiliser des mouchoirs à usage unique,  contacts non rapprochés , se saluer de la tête, s’abstenir de serrer la main, de faire la bise…)
  • les invitant d’ adopter un comportement d’agent publique exemplaire en s’abstenant toute sortie privée non indispensable (réunion privée, grands rassemblements, restaurants, cinéma…) ;

A nos collègues AESH,

L’UNEAVS vous invite de continuer adopter un comportement citoyen exemplaire en considération de l’urgence sanitaire nationale, décrétée par le chef de l’état

  • Abstenez-vous de vous présenter par un déplacement inutile en poste de travail dans votre établissement scolaire ‘fermé » ou en participation d’une formation.
  • Par courrier A/R, signalez à votre employeur (rectorat, via service IA ASH) qu’en respect de l’urgence l’urgence sanitaire nationale, décrétée par le chef de l’état, vous restez à sa disposition à domicile aux seuls horaires impartis par votre contrat de travail.

Ajout en date du 15 mars 2020

Suite à des informations aimablement tranmises par le SGEN-CFDT, il nous est apporté les précisions suivantes:

« Ce qui ne change pas dans notre consigne syndicale prioriaire : la priorité nationale est la préservation de la santé de chacune et chacun, ce qui définit les mesures importantes au quotidien. Donc oui, l’Education nationale, l’Enseignement supérieur s’organisent pour maintenir le lien pédagogique mais pas au détriment de pratiques mettant en risque la santé publique. Un document central doit être connu de la part de chacun-e; il s’agit de la FAQ spécifique à l’Education Nationale: voici la dernière version, en date du 14 mars 17h00 (attention, cette FAQ évolue sans cesse, il faut donc prendre le temps d’aller sur le site du Ministère pour rester informé très régulièrement…« 

Présence (ou non) des membres de la communauté éducative dans les écoles dès lundi

….Le passage au stade 3 impose donc une réactualisation totale de la gestion de la crise. La réponse du gouvernement est donc de prioriser le confinement, limitant au strict minimum les déplacements des Français.

Le télétravail est donc clairement indiqué comme le principe de base! Voici un extrait de la FAQ ministérielle qui l’atteste:

(…) Donc pour résumer… à partir du 16 mars les élèves et étudiants ne doivent plus être accueillis dans les écoles et établissement. Il ne s’agit pas d’une fermeture de ces lieux proprement dite où la continuité administrative est de mise. Il s’agit d’abord de continuer à en assurer la sécurité, le nettoyage et l’entretien, l’organisation des réunions dites INDISPENSABLES.

Seules les personnes dont la présence est utile à l’organisation de la continuité pédagogique, à la mise en œuvre de la continuité administrative sont appelées à se rendre dans les établissements. Dès lors, celles dont les fonctions ne sont pas nécessaires à ces missions n’ont pas à se rendre sur place. C’est le cas notamment des AESH.
Comme pour tous les salariés, lorsqu’il est possible, le travail à distance prime. Mais les adultes doivent pouvoir se rendre sur leur lieu habituel de travail si nécessaire ou s’ils le souhaitent. Les mesures de prévention doivent continuer à être mises en œuvre : respect des « gestes barrières » et donc garantie d’accès à des installations sanitaires propres munies de savon, d’essuie main jetable ou de séchoir et de gel hydroalcoolique. Les locaux doivent être aérés et nettoyés complètement

Accueil des enfants des personnels prioritaires

Où seront accueillis les enfants des personnels soignants ?

Les 1ers jours, les élèves doivent être accueillis dans leur école de scolarisation classique. Il est prévu qu’à terme les enfants des personnels soignants âgés de 3 à 16 ans (personnels des unités de soin, du SMUR, du SAMU etc…) dont une liste précise relevant du seul secteur sanitaire seront accueillis dans des écoles à proximité des hôpitaux. Seuls les enfants ayant des parents exerçant des professions dans le secteur sanitaire sont à ce jour concernés.

A partir du lundi 16 mars, ces personnels pourront alors déposer leur enfant dans leur école habituelle où ils devront être accueillis. Les parents devront alors produire un justificatif de leur situation professionnelle (carte professionnelle, bulletin de salaire). ATTENTION: seuls les enfants qui n’ont AUCUNE possibilité de garde seront accueillis (si la-le conjoint-e peut garder l’enfant, vous n’avez pas à accueillir les enfants).

Se porter volontaire pour l’accueil des enfants prioritaires

Les membres des équipes éducatives (PE, AESH, ATSEM…) qui souhaitent se porter volontaires pour participer à l’accueil des enfants dans certaines établissements scolaires peuvent se signaler auprès de leur chef d’établissement scolaire (collège, lycée) de la DDEN (école maternelle et premier degr. Cela n’engage pas à être présent-e tous les jours mais au moins de participer aux efforts collectifs.

Cet acceuil se doit être effectué dans les règles d’hygiène indispensables. Vous restez en droit de réclamer tout ce qui est indispensable pour cette sécurité d’accueil.

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Conférence nationale du handicap 2020 : le pipeau s’est fait entendre

Lors de la conférence nationale sur le handicap le 11 février 2020, le président de la république, Emmanuel Macron, a prononcé un discours. Un passage était consacré aux accompagnants AESH

« …Je déteste les acronymes, comme le savent ceux qui travaillent avec moi, on appelle ça des AESH. Ce sont des accompagnants, ce sont des femmes et des hommes qui permettent aux enfants d’aller à l’école. Former, recruter. Alors le vrai sujet, c’est qu’on en manque, c’est qu’il n’y en avait pas assez, qu’il n’y en a toujours pas d’ailleurs assez, et qu’on a encore trop d’enfants qui sont en situation de ne pas avoir de solution à la rentrée ou dans l’année. En 2017, il y avait 55 000 accompagnants. Il y en aura 66 000 à la fin de l’année. Donc il y a eu un effort extrêmement important, sans équivalent sur une période de temps aussi courte. On en a recréé 11 000. En même temps qu’est-ce qu’on a fait ? On a mieux formé, on les a sécurisés dans leur statut avec de vrais contrats passés avec l’Éducation nationale, parce que souvent c’était des contrats très précaires et trop courts, pour que ce soit plus durable. Est-ce qu’on a gagné cette bataille ? Non. Pourquoi ? Premièrement, parce qu’on a encore sur trop de territoires des accompagnants qui ont des contrats à temps partiel. Ça veut dire que, je les croise à chaque fois ils me disent « j’ai 22h15 de temps de travail ». Payé au SMIC, à 22h15, ça ne marche pas. Donc nous devons — État, collectivités locales — faire des vraies plateformes d’emplois pour offrir des contrats dignes à ces personnes qui accompagnent. C’est le seul moyen de continuer à les recruter et les stabiliser dans l’emploi. Sinon en cours d’année, c’est tellement dur, ils disent « 22h15, je suis payé au SMIC à 22h15 » donc ça veut dire qu’ils ont 700-800 euros par mois. Ils abandonnent ! Et donc ce sont des enfants qui se retrouvent au mois de décembre-janvier sans contrat. Donc nous on peut dire : « on a tout bien fait dans les chiffres, en vrai ».  Non, pas en vrai. Donc nous devons travailler à la stabilisation de ces personnes, c’est-à-dire à des contrats plus durables dans l’Éducation nationale et un travail avec tous les autres employeurs pour qu’on leur donne au moins 35 heures de travail… »

Réaction de l’UNEAVS

Pffff……les inepties ont encore de beaux jours à venir. Quant à nos collègues AESH, nous leur donnerons pas tort de se mobiliser surtout pour ne pas avoir à supporter aux élections municipales à venir. l’élite LREM et leus moutons serviles apparentés. Ils feraient  oeuvre utile de les dégager au plus vite.

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La rupture conventionnelle ou quitter son job AESH avec panache

Les motifs les plus courants conduisant un AESH en CDI à envisager de quitter son emploi sont bien connus: Entre des conditions de travail exécrables, source de maux physiques/psychologiques et des rémunérations indignes,fixées en dessous du seuil de pauvreté, en passant par des missions  devenues ingérables, maints AESH n’ont pas d’autre choix que d’envisager tôt ou tard une réorientation personnelle ou professionnelle. Pour ces AESH, un constat s’impose : « l’inclusion scolaire » telle qu’elle est conçue dans l’éducation nationale produit inexorablement son propre échec. Ils  n’y croient plus et ce faisant, préfèrent s’en exclure. Inexistante jusqu’à présent (hormis la démission), quitter son job avec panache pour les AESH en CDI (exclusivement) reste désormais une possiblité fixée par Décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique

Une page consacrée à cette question est désomais disponible sur le site (pour en savoir plus, cliquer ICI).

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Voeux UNEAVS 2020

Le sapin est en bois flotté, réalisé par Gaëlle qui nous a aimablement transmis la photo.

Comme elle le dit si bien : « AESH toujours pauvre en budget mais toujours riche en idées »

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L’UNEAVS invite les collègues AESH à participer massivement au mouvement Intersyndical du 20 novembre 2019

Nous avons tous un droit et un devoir : celui de crier haut et fort

NON à la violence et la maltraitance du gouvernement LREM contre les AESH

AGENDA DES MOBILISATIONS AESH du 20 NOVEMBRE en FRANCE

« >Cliquer ICI

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Violences et maltraitances au quotidien des accompagnants d’élèves handicapés (AESH)

Profitant des vacances scolaires de Toussaint, l’équipe UNEAVS a souhaité prendre ce temps de recul nécessaire dans l’établissement d’un premier bilan de la rentrée scolaire 2019 des AESH. A partir de constats du terrain, il a été établi l’analyse d’une situation dégradée de leurs conditions de travail, consécutive de la mise en application d’une nouvelle circulaire. Nous n’hésitons plus désormais à évoquer l’apparition d’un vaste mouvement d’extorsion par la contrainte, de chantage à l’emploi, de maltraitances et violences à l’encontre des AESH en poste.

Une nouvelle forme organisationnelle pervertie

La nouvelle forme organisationnelle (PIAL) dont l’objectif reste d’encadrer l’activité des agents AESH est largement associée à ce mouvement hostile. Dans cet environnement, la relation des équipes éducatives avec les agents AESH est affectée et se dégrade inexorablement. Contraints à une plus forte insécurité du travail, les agents AESH en deviennent moins résistants à la pression de leur employeur (rectorat via IA ASH) et moins capables de se défendre face aux traitements injustes et agressifs d’un nouveau type de manager : les pilotes PIAL et coordonnateurs enseignants PIAL.

Deux postures institutionnelles cohabitent pour donner corps à ce mouvement de dégradation des conditions de travail des agents AESH

Il y a la posture autoritaire incluant des « relations dominant-dominé » développée par les pilotes PIAL (chefs d’établissements scolaires ou inspecteur académique désigné) et enseignant coordonnateur PIAL se revendiquant d’autorité fonctionnelle pour mieux en abuser. (Tiquick dit :« Je suis aesh en cdi. 24h semaine mais avec le pial, j’ai déjà 4 élèves en suivi et notre responsable joue avec nous et nos emplois du temps comme avec un tetris. Et lorsqu’on tente de faire remonter des incohérences de suivi, la réponse est : je suis chef c’est moi qui décide. »)

Il y a la posture laissez-faire institutionnelle et l’inaction des ministères (MEN et secrétariat aux handicaps), des autorités académiques (rectorat, DDEN, IA ASH), des chefs d’établissement scolaire et des équipes éducatives contribuant à ce climat de violences et maltraitances généralisées à l’égard des AESH en poste car perçu comme un message d’incitation et d’acceptation par les pilotes PIAL et enseignant coordonnateur PIAL (Vademecum PIAL : « Le PIAL est une organisation collective de la gestion des besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap dans un territoire défini par l’IA-DASEN…Certaines modalités de fonctionnement sont mises en avant…., mais la plus grande souplesse est de mise pour définir l’organisation la plus adaptée et garantir l’atteinte des objectifs au plan académique. »)

De ces acteurs institutionnels se distinguent tout particulièrement ceux que nous n’hésitons pas à qualifier de pervers narcissique (d’après Hirigoyen, 1998).  Chez eux, c’est une aubaine. Les deux postures trouvent leur équilibre car leur permettant de déverser leur haine des « pauvres », de décharger sur l’agent AESH les douleurs qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. Ils « ne font pas exprès » de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils sont eux-mêmes blessés, par le passé ou par le présent dans des agissements imaginaires autres qu’ils estiment injustes (collègues de travail, organisations institutionnelles, organisations politiques, organisations syndicales, associations handicap, citoyens autres…). Exercer et se maintenir socialement au plus haut du pouvoir institutionnel ou politique reste vital pour eux. A transférer leur propre douleur leur permet tout simplement de réaliser leur objectif de vie :  se valoriser aux dépens d’autrui, de préférence les « pauvres », les AESH et en retirer l’admiration, la reconnaissance auprès de leur propre corps professionnel ou politique de référence et de leur monde social, celui des privilégiés.

Les faits de violences et maltraitances au quotidien des AESH

La mise en application de la nouvelle circulaire n° 2019-090 du 5-6-2019 relative au cadre de gestion des personnels AESH à la rentrée scolaire 2019 aura été le détonateur d’un climat généralisé de violences et de maltraitances. Majoritairement, les agents AESH disposent de contrats de travail à temps incomplet, rémunérés sur une base équivalente au SMIC. 90% de 140 000 agents AESH disposent ainsi d’une rémunération mensuelle moyenne de base de 850 € brut (740 € net)

L’extorsion érigée en système de gestion

Elle aura débuté dans chaque académie par une nouvelle vaste entreprise d’extorsion de signature d’avenant au contrat de travail ayant pour finalité de justifier aux employeurs (rectorat via IA DASEN) la suppression de l’indemnité compensatrice CSG accordée aux agents AESH en poste avant le 1er janvier 2018.  Ce serait ainsi près de 30 000 000 € annuel extorqués illégalement sur le dos des agents AESH et pour ces derniers (en moyenne 25 €/mois subtilisés illégalement de leur rémunération).

 L’extorsion sur la rémunération s’est poursuivie à travers les contrats de travail dans l’élaboration de planning temps de travail hebdomadaire :

    • Des temps de service obligatoires consacrés à l’accompagnement de 2,3,4,5…élèvess mais rémunérés moindres (exemple : 20h pour 19h30 fixées par contrat de travail)
    • Des heures supplémentaires de service consacrées à l’accompagnement d’élève lors de sorties scolaires non rémunérées et encore moins de récupération.
    • L’annualisation temps de travail implique que les agents AESH effectuent leur temps de service sur périodes scolaires (36 semaines). Il est imposé désormais que les heures de travail consacrées à des activités préparatoires ou de bilan d’accompagnement d’élèves, réunions et formations s’effectuent sur temps hors scolaire et période non scolaire. Les plannings hebdomadaires temps de travail deviennent variables, objet de modifications incessantes au gré des exigences des chefs d’établissement scolaire, pilotes PIAL, enseignant-coordonnateur PIAL Toute activité complémentaire d’un agent AESH à temps incomplet désireux d’améliorer son quotidien financier et matériel devient impossible.

Cette extorsion trouve son paroxysme dans

    • Des temps de déplacement entre 2, 3, établissements scolaires d’affectation en cours de journée non pris en compte et non rémunérés
    • L’usage contraint pour les déplacements professionnels aux risques et périls de l’agent AESH de leur véhicule personnel (refus de prise en charge de surcoût de la couverture assurance, refus de remboursement des frais de déplacement)

(Boussard dit« Je viens d’être prévenue d’une formation qui a lieu demain de 14h à 16h. J’ai 2 heures de route A/R et ils ne parlent pas de prise en charge financière. Ils ont d’abord présenté ces 2 heures comme une invitation puis ont renvoyé un mail aux directeurs/directrices en leur disant que si nous n’étions pas présents il fallait un justificatif. Ma voiture n’est pas toute jeune, et va me lâcher d’un moment à l’autre. Et si c’est le cas je n’ai pas les moyens d’en racheter une. Est-ce un motif valable pour ne pas y aller ? De plus je n’ai pas eu mon salaire complet, et l’acompte est tombé tard sur mon compte. Je suis ric rac niveau budget ce mois-ci… »

Pour parfaire ce système d’extorsion, il n’est pas hésité à expérimenter le contrôle par pointage des entrées et sorties des agents AESH d’un établissement scolaire (Marie dit « Je suis en poste dans un collège en tant qu’AESH depuis près de 4 ans. La direction a mis en place un système de pointage juste pour nous les AESH …Donc nous devons pointer lorsque nous passons la grille du collège (matin, midi et soir). La direction m’a indiqué que c’était pour savoir où nous sommes à telle heure… »

De même, la rétention illégale ou versement en retard de la rémunération des agents AESH est devenue pratique courante par les employeurs académiques (rectorats via DDEN). Il en résulte pour les agents AESH des difficultés financières auprès de leur banque

 Ce vaste mouvement d’extorsion trouve son corollaire dans le chantage à l’emploi

« Magzamo dit: je tiens à signaler que lorsque j’ai dû aller signer « en urgence » ce contrat j’ai expliqué à la secrétaire de l’établissement pilote PIAL pourquoi je refusais de signe .et parlerai sur les réseaux des conditions de cet avenant et de la pratique employée de l’Education Nationale à nous obliger de signer en urgence, pour nous éviter de réfléchir… (ça c’était mardi 15/10 au soir). Jeudi 16 ma directrice reçoit un mail du directeur du PIAL lui informant que j’avais été désagréable avec la secrétaire et qu’il s’était renseigné en promettant un licenciement si je ne signais pas. »

« Magali dit : AESH CDI depuis 3 ans, dans le 62, on me promet un licenciement si je ne signe pas l’avenant du contrat PIAL. J’ai refusé de signer un contrat peu explicite, concernant les activités connexes et complémentaires. »

 Plus insidieuses, les violences survenant dans le cadre du travail prennent des visages multiples

    • Le harcèlement moral, les agressions verbales, les brimades, les intimidations des agents AESH par des responsables hiérarchiques, des chefs d’établissement scolaire, des collègues de travail (des enseignants !!!!) sont devenues pratiques courantes.
    • Les insultes, les menaces, les agressions psychologiques, les attitudes méprisantes, les transgressions des règles fixées par décret et circulaires se retrouvent parmi des acteurs académiques (rectorat, DDEN, IA ASH, chefs d’établissement scolaires, pilote PIAL, coordonnateur enseignant PIAL, enseignants…), tout particulièrement des personnes au profil pervers narcissique fréquentant les services ou les établissements scolaires.

Comment réagissent les agents AESH ?

Sur la base des témoignages reçues par l’équipe UNEAVS, les agents AESH répondent aux violences et maltraitances d’une manière passive ou active.

La stratégie passive s’illustre essentiellement par « ne rien faire ». C’est une absence de réaction de l’agent AESH s’expliquant par le fait qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive, il n’ose pas parler de la situation ou si peu car il ne sait pas comment expliquer les causes de son mal-être, il pense que le comportement de violences et de maltraitances va s’arrêter et vit dans cet espoir d’un avenir meilleur, il a peur d’en parler à son entourage de travail par crainte de représailles, de perdre son emploi…. Cette stratégie passive engendre une perte de confiance et d’estime de soi de l’agent AESH. Il se sent seul et ira peu à peu se mettre à l’écart.

La seconde stratégie est celle de l’action (la réponse active). L’objectif est de s’opposer ouvertement à la personne instigatrice de violences et de maltraitance, d’en informer au besoin l’employeur et de chercher de l’aide auprès des collègues de travail, des organisations syndicales, des collectifs AESH ou des associations comme l’UNEAVS, par exemple. …

Il arrive que l’agent AESH estimant qu’il n’est pas possible d’avoir de l’aide ou que le soutien apporté n’a pas l’effet escompté, il prend la décision de démissionner pour se protéger.

On assiste alors à un 2ème acte de maltraitance : le persécuteur ne voulant pas que sa victime s’échappe de son emprise. En effet, une volonté de démissionner d’un agent AESH entraîne un processus violent en réaction de son employeur (rectorat, via DDEN, via IA ASH) qui n’hésitera à la « punir » en multipliant des actes de maltraitance (absence de réponse, pression verbale, rétention de documents obligatoire fin de travail). L’objectif reste de dissuader l’agent AESH dans sa décision de « démissionner » en lui faisant peur

Comment réagissent les acteurs institutionnels ?

Les acteurs institutionnels répondent aux violences et maltraitances des agents AESH par des stratégies actives et passives.

L’action est une réponse active. Les organisations syndicales, les collectifs ou  associations AESH, des courageux enseignants tentent bien d’alerter, d’interpeler les autorités académiques et ministérielles, recherchent de l’information, développent la communication et proposent des pistes de résistance aux agents AESH…..

Elles se retrouvent face à l’inaction des acteurs ministériels (MEN, secrétariat aux personnes handicapées) et acteurs académiques (rectorat, DDEN, IA ASH) qui ignorent les interpellations, la plainte de l’agent AESH, n’attachent pas d’importance à cette plainte. Leur intervention est inexistante, la sanction est nulle.

Ces stratégies s’expliquent par le fait que les acteurs ministériels (MEN, secrétariat aux personnes handicapées sont dans une posture de déni absurde (type « pourquoi devraient-ils se plaindre ? les AESH ont désormais un statut reconnu avec des CDD de 3 ans » !!!!). Quant aux acteurs académiques (rectorat, DDEN, IA ASH), fort du déni ministériel, les violences et la maltraitance à l’égard des agents AESH sont estimées comme acceptables voire normales ; la plainte apparaît comme sans fondement (type « ce n’est pas sérieux »,  « c’est juste pour s’amuser », « encore des AESH qui sont parano ».…), la situation est évaluée comme un conflit personnel entre 2 personnes (type « c’est d’ordre privé», « cela arrive que 2 personnes ne s’entendent pas») ou comme une chance (type « Si l’AESH n’est  pas content de son sort, qu’il aille se faire assisté en pointant au chomage« ).

Les conséquences des violences et maltraitances parmi les agents AESH

Trois types de conséquences négatives apparaissent pour les agents AESH.

La première est une détérioration de la santé physique et mentale :

  • Troubles émotionnels constatés : nervosité, sensibilité accrue, crises de larmes, de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être.
  • Troubles Intellectuels constatés : trouble de la concentration, oublis, erreurs, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions.
  • Troubles Physiques constatés : douleurs musculaires ou articulaires, trouble du sommeil, coliques, maux de tête, de dos, perturbation de l’appétit, sensation d’essoufflement, d’oppression.

Le second effet est l’émergence de conséquences économiques pour l’agent AESH.  90% de 140 000 agents AESH disposent ainsi d’une rémunération mensuelle moyenne de base de 850 € brut (740 € net). Du fait de multiples affectations en établissement scolaire, un accroissement des frais de déplacement (non remboursés) constitue une perte conséquente de revenu. Certains agents AESH n’envisagent pas un arrêt travail justifié pour cause de maladie (burn out) parce que l’absence génère une baisse de revenu. La perte de confiance liée au violences et maltraitances fait que certaines agents AESH ne sont plus capables de faire face à des responsables hiérarchiques, des chefs d’établissement scolaire, des collègues de travail (enseignants). Leur destruction psychologique est telle qu’ils vont au travail « la boule au ventre », qu’ils n’osent plus parler, ni faire valoir leurs expériences et leurs compétences.

La troisième conséquence est liée à la famille et à la vie sociale de l’agent AESH. Outre une rémunération fixée en dessous du seuil de pauvreté, la nouvelle circulaire n° 2019-090 du 5-6-2019 relative au cadre de gestion des personnels AESH a instauré le planning temps de travail hebdomadaire à géométrie variable. L’exposition à des horaires de travail hebdomadaire incertains affectent la sphère privée de l’agent AESH comme ses relations avec sa famille et ses amis, ses loisirs, ses obligations familiales.

L’UNEAVS n’a que ce CRI

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Rentrée scolaire 2019-2020 des AESH : ce sera galère

soisAESHettaistoi

Le site “humeur et précaires des AESH” vient de procéder à une mise à jour importante des ces pages suite à la parution de la circulaire n° 2019-090 du 5-6-2019 relative au cadre de gestion des personnels AESH.

Parmi les pages mises à jour, vous trouverez des modifications introduites dans :

la rémunération du personnel AESH CDD/CDI : cliquer ICI pour en savoir plus

condition d’emploi (Fonctions et lieux d’exercice) : cliquer ICI pour en savoir plus

condition d’emploi ( Temps de travail et planning horaire de travail) : cliquer ICI pour en savoir plus

conditions d’emploi (missions et activités) : cliquer ICI pour en savoir plus.

condition d’emploi (Appréciation de la valeur professionnelle) : cliquer ICI pour en savoir plus

condition d’emploi (Formation) : cliquer ICI pour en savoir plus

Il a été rajouté 2 pages supplémentaires

Déplacement par nécessité de service : L’ordre de mission obligatoire : Cliquer ICI pour en savoir plus

– Le pôle inclusif d’accompagnement localisé (Pial) : cliquer ICI pour en savoir plus

Le décryptage en image du pôle inclusif d’accompagnement localisé (PIAL)  résume bien les intentions “cachées”  ministérielles (éducation nationale et secrétariat aux handicaps) pour la rentrée scolaire 2019-2020:   faire de l’AESH un simple exécutant, précarisé à outrance, malléable et corvéable à merci, dénué de tout droit à la parole. 

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Une circulaire pour améliorer la situation des AESH n’ améliorant rien du tout

Après une pseudo-concertation ministérielle  annonçant le projet de loi Blanquer sur l’école inclusive, le ministère propose une nouvelle circulaire sur le cadre de gestion des AESH : la circulaire  n° 2019-090 du 5-6-2019.

Fidèle à son habitude, l’équipe UNEAVS a pris le temps de l’examiner avec soin, de recueillir vos commentaires . De tous ces échanges, il en est résulté un constat: Il s’agit d’une circulaire où le flou le plus artistique domine, oscillant entre la farce et mépris, condescendance envers les AESH. Dans les lignes qui suivent, nous vous laissons le soin  d’apprécier cette circulaire, censée améliorer votre situation mais qui n’améliore rien.

1-Ce qui reste inchangé

Détermination de la rémunération et Réexamen de la rémunération

2-Ce qui relève de la nouveauté

Durée du contrat à durée déterminée et renouvellement

“À compter de la publication de la présente circulaire, tout renouvellement ou tout nouveau contrat donne lieu à un contrat d’une durée de trois ans”.

Analyse de UNEAVS : Un CDD d’une durée de 3 ans sans modification des conditions de rémunération actuelle implique que la précarité financière des AESH en demeure figée sur 3 ans.

AESH référent

  • Indication de la circulaire pour la mission
    -”la mission consiste à apporter un appui méthodologique aux AESH du territoire”
    -”accompagnement auprès des AESH nouvellement recrutés”
  • Indication de la circulaire sur le Temps de service :
    Ce dernier pourra être augmenté si nécessaire afin de prendre en considération les nouvelles missions assurées. À défaut, si le temps de service de l’AESH référent est inchangé, l’avenant précisera la nouvelle répartition du temps de travail, et notamment le nombre d’heures consacrées aux missions de référent.
  • Indication retranscrite à partir du Vademecum PIAL (Les missions dans le cadre du pial) – Accompagne les AESH nouvellement nommés, hors présence de l’élève ou pendant le temps de classe, en présence de l’élève et de l’enseignant. -Mutualise ses outils et sa pratique professionnelle avec ses pairs débutant dans la fonction

Analyse de L’UNEAVS

L’UNEAVS est trop bien placée depuis 2008 pour savoir que les AESH, isolés dans leur établissement scolaire,  sont fortement demandeurs d’interlocuteur AESH connaisseur du terrain, expérimenté susceptible de les éclairer sur leurs droits et devoirs professionnels ou de partager des pratiques et savoirs faire en réciprocité, de conseils et d’avis en pertinence sur des positionnements professionnels…

Aussi, nous avions presque eu envi de saluer cette initiative de création de cette mission AESH référent contribuant à une cohésion pertinente des interventions des AESH dans un ou des établissements scolaires.

Puis patratas.

Pour cette mission, une simple décharge horaire !!!  pas d’indemnité spécifique (ce qui en dit déjà long sur la valeur accordée par l’institution sur l’expertise accumulée au fil des années par ces AESH), Pas un seul mot sur leur cadre spécifique de travail (frais de mission, déplacement, moyens d’intervention….)

Puis, second patratas.

Au détour d’une lecture du vademecum consacré au PIAl,; nous découvrons ceci

« le coordonnateur du PIAL

Directeur d’école + 1/4 de décharge, choisi par l’IEN CCPD ou personnel expérimenté dans le second degré (enseignant, CPE…) ● Gère, coordonne et module les emplois du temps des AESH en partenariat avec les enseignants, sous la responsabilité du directeur ou du chef d’établissement ● Fait évoluer les emplois du temps en fonction de l’évolution des besoins des élèves en situation de handicap ● Informe et forme les équipes pédagogiques et AESH des PIAL en tant que personnel ressource « 

(…) et cette petite phrase  “le coordonnateur du PIAL peut solliciter l’aide de l’AESH référent autant que de besoin.

En clair, un coordonnateur de PIAL, facteur de division pour des AESH pourra utiliser  les services d’un AESH-référent, facteur de cohésion des AESH.comme caution pour faire passer la pilule des emplois du temps modifiables en cours d’année, tout comme le contenu des contrats (quotité, lieu d’exercice) par simple avenant.

.Une sacrée hypocrisie en perspective.

3-Ce qui relève de la contradiction absurde

la Détermination de la rémunération et son réexamen

“Lors de son premier engagement en CDD en tant qu’AESH, l’indice de rémunération correspond à l’indice plancher “ 

…“Le réexamen de l’indice de rémunération de l’AESH doit intervenir au moins tous les trois ans, en lien avec la conduite préalable d’un entretien professionnel.”

Mais…

« Pour déterminer le niveau de rémunération, tout nouveau contrat tient compte de l’expérience professionnelle acquise par l’agent en tant qu’AESH. Il revient alors à l’agent de rapporter la preuve d’une telle expérience, en fournissant notamment un exemplaire de ses contrats de travail.”

Analyse  de L’UNEAVS : Nous ne savons pas ce qui s’est passé dans la tête des auteurs DGH du MEN pour pondre dans cette circulaire l’absurdité qu’un entretien professionnel au moins tous les 3 ans par l’employeur devra conduire un AESH à prouver par des certificats de travail qu’il dispose bien d’une expérience professionnelle de 3 ans.

Les conditions d’exercices de travail dans la communauté éducative

“Membres de la communauté éducative, les AESH participent au collectif de travail des écoles et établissements. Les AESH sont des membres à part entière de la communauté éducative au sein des écoles et établissements.”
(…)

Mais

“L’AESH doit avoir la possibilité de participer aux échanges entre l’enseignant en charge de la classe et la famille de l’élève bénéficiant de l’accompagnement. Ils sont invités et peuvent participer, notamment, aux réunions des équipes pédagogiques et des équipes de suivi de scolarisation”

Analyse  de l’UNEAVS : Nous passerons sur la redondance incantatoire “les AESH sont membres de la communauté éducative” pour noter qu’il est imposé ensuite d’appliquer tout simplement aux AESH un principe shadok : « Pomper ensemble tout en sachant pomper seul sans pompe »

L’exercice des fonctions AESH au sein d’un Pial

« La zone d’intervention de l’AESH correspond aux différents établissements ou écoles compris dans le Pial. (…)L’emploi du temps (AESH) prend en compte les temps de déplacement d’un établissement ou d’une école à un autre établissement ou école au sein desquels l’AESH est affecté.”

Analyse de l’UNEAVSOn se dit que c’est la moindre des choses: le temps de déplacement professionnel entre établissement d’affectation participe du temps de travail à prendre en compte dans un emploi du temps.

L’exercice des fonctions en dehors d’un Pial

Le contrat de l’AESH précise le ou les établissement(s) et/ou école(s) au sein duquel, de laquelle ou desquel(le)s l’AESH peut être amené à exercer ses fonctions. (…)Les choix d’affectation tiennent compte des contraintes géographiques locales ainsi que des contraintes de déplacement et familiales de l’agent. (…)Les périmètres d’intervention sont définis dans des limites raisonnables tenant compte de l’accessibilité des écoles et établissements concernés au regard du domicile de l’AESH.

Analyse de l’UNEAVS : On découvre que finalement le temps de déplacement professionnel d’un AESH entre multiples établissements scolaires  d’affectation n’a guère d’importance pour le MEN.

4-ce qui relèvera de l’aggravation certaine des conditions de travail

Temps de travail et quotité de service

Les missions des AESH s’exercent dans le cadre de la durée annuelle de travail fixée en référence à la durée légale, soit 1 607 heures pour un temps complet. Les AESH peuvent être engagés à temps complet ou à temps incomplet.

Le temps de service est calculé en multipliant la durée de service d’accompagnement hebdomadaire attendue de l’AESH par 41 semaines. Ce temps de service inclut l’ensemble des activités réalisées par l’AESH au titre du plein exercice de ses missions :

  • l’accompagnement du ou des élèves ;
  • les activités préparatoires connexes pendant ou hors la période scolaire
  •  les réunions et formations suivies pendant et  hors temps scolaire.

Dès lors que l’AESH est amené à suivre des formations longues en dehors de la période scolaire, il est préconisé que l’employeur prévoit dans le contrat, pour la période concernée, un nombre de semaines supérieur à 41, dans la limite de 45 semaines.

Les semaines en sus des 36 semaines de temps scolaire permettent de tenir compte des missions que l’AESH effectue en lien avec l’exercice de ses fonctions en dehors du temps scolaire. Le temps d’accompagnement de ou des élèves ne peut être lissé sur la période de référence des 41 semaines.

Dès lors, le temps de service hebdomadaire d’accompagnement du ou des élèves sert de référence pour la détermination du temps de service.

Analyse de l’UNEAVS

L’instauration d’un planning hebdomadaire sur 36 semaines mettant en péril le cumul d’activité

Il est désormais donné quitus aux chefs d’établissement scolaire, sous autorité de la DSDEN, d’établir pour les AESH un planning hebdomadaire de travail “modulable” sur les 36 semaines de la période scolaire se décomposant ainsi :

  • un temps de service “fixe “correspondant au temps d’accompagnement de l’élève ou des élèves conforme à la notification MDPH
  • un temps de service “variable” correspondant au temps d’activités/formations réalisé pendant ou hors la période scolaire et pendant et  hors temps scolaire:  Autrement dit, sur temps correspondant aux apprentissages scolaires (temps scolaire), immédiatement avant ou après l’école,  (temps péri-scolaire); le mercredi lorsqu’il n’y a pas classe, en fin de semaine et pendant les vacances des élèves (temps extra-scolaire).
Avec ce temps de service « variable » ainsi défini, il peut être dit sans conteste que l’AESH est invité entre début septembre et fin juin de se tenir à disposition du chef d’établissement scolaire sans tenir compte de sa vie privée, personnelle et familiale.

Le temps de service “variable” s’établit sur la base minimale d’un quota d’heures de 5 x le temps hebdomadaire d’accompagnement de ou des élèves à répartir en totalité ou en partie sur 36 semaines de la période scolaire. (exception faite pour des temps de formation longue suivis par l’AESH). Aucune indication n’est fournie sur sa répartition en cas d’affectation sur plusieurs établissements scolaires.

De surcroît, s’agissant les AESH-co exerçant en ULIS, le mode de calcul retenu reste …inapplicable.

En outre, cette seule instauration d’un temps de service “variable” à disposition de l’employeur/chef d’établissement met en péril l’exercice d’une activité complémentaire pour les AESH en disposant.

Des conditions de rémunération susceptibles d’aggraver la précarité financière

Des projections établies par L’UNEAVS démontrent que le nouveau mode de calcul du planning de travail “modulable” peut déboucher pour les agents AESH actuellement en poste sur

  • ou un CDD/CDI avec un niveau de rémunération revu à la baisse
  • ou un CDD/CDI avec un niveau de rémunération revu à la hausse (entre 1% et 5%)
  • ou un CDD/CDI avec un niveau de rémunération inchangée.

exemple :

Un CDD/CDI AESH actuel à 58% d’un temps complet équivaut à 936h temps de travail rémunéré ( autour de 710 euros net) avec un planning temps de travail à accomplir de 24h sur 39 semaines.

Le nouveau mode de calcul introduit par la circulaire conduira aux situations suivantes

  • Situation 1 : un CDD/CDI AESH revu à la hausse soit à 61% d’un temps complet équivalent à (24 x 41=984h) temps de travail rémunéré (autour de 740 euros net) avec un planning temps de travail modulable  (fixe sur 36 semaines période scolaire : 24h temps d’accompagnement élève et  variable :  (24h x 5=120h) disponible au chef d’établissement pour temps de travail hors/pendant période scolaire et non scolaire.)
  • Situation 2 : un CDD/CDI AESH inchangé à 58 % d’un temps complet équivalent à (936h) temps de travail rémunéré (autour de 710 euros net) mais avec un planning temps de travail modulable  (fixe sur 36 semaines période scolaire : 22h 45 temps d’accompagnement élève) et  variable :  (22h45  x 5=114h) disponible au chef d’établissement pour temps de travail hors/pendant période scolaire et non scolaire)
  • Situation 3 un CDD/CDI AESH avec un niveau de rémunération revu à la baisse du fait qu’il ne peut être dans la situation 1 ou 2.

Compte tenu de l’état actuel de défiance des AESH à l’égard des autorités académiques, la seule pratique de révision des CDD/CDI AESH avec un niveau de rémunération revu à la baisse  ne pourra qu’engendrer un renforcement de défiance généralisée à leur égard dès la rentrée scolaire 2019-2020

Un temps de service “variable” fourre-tout, illisible, source d’illégalités futures

Il ne peut être évoqué de reconnaissance du temps de travail “invisible” compte tenu que, sur ce temps de service “variable” aucune indication de répartition en % (ou heures) par rapport au temps de service fixe (accompagnement de l’élève ou des élèves) n’est fournie de ce qui relève obligatoirement des activités préparatoires connexes pendant ou hors la période scolaire  de celles des réunions et formations suivies pendant et hors temps scolaire. Cette confusion délibérément servant à « masquer » des temps de travail imposés sur le péri-scolaire et l’extra-scolaire ne sera que constitutive de conflits permanents entre chef d’établissement/employeur et AESH.

Parce que le contrat de travail se caractérise par un état de subordination, et parce qu’il permet à l’employeur d’exercer, sur l’AESH, un pouvoir de direction et de contrôle , l’instauration  de ce  planning hebdomadaire de travail “modulable” reste  susceptible d’engendrer  dangereusement  des pratiques illicites (par exemple sur le temps de déplacement entre établissements d’affectation ou sur les lieux de formation, sur les heures supplémentaires réalisées au titre de sorties scolaire sans/avec nuitées, sur des heures variables  non prises en compte sur des temps d’absence justifié de l’AESH (maladie, autres…) au détriment de leur droit à disposer d’une vie personnelle, familiale stable et sereine.

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