Rentrée progressive : Respect des gestes barrières et missions des AESH sont-ils compatibles ? par le Sgen-CFDT

Le Sgen-CFDT nous fait parvenir le message suivant sous forme d’un article publié sur son site (consultable en cliquant ICI)

Publié le mercredi 22 avril 2020 par Vincent Gomez

Malgré leur implication pour la réussite de tous les élèves pendant la période de confinement, les AESH sont encore trop souvent les oublié·es des employeurs ! Pour le Sgen-CFDT, il est urgent d’obtenir des directives claires avant une éventuelle reprise.

Le Président de la République a annoncé une reprise progressive des cours à partir du 11 mai c’est à dire dès la date prévue par le gouvernement pour la levée du confinement.

AESH : des missions qui nécessitent une grande proximité avec l’élève

Faut-il comprendre qu’à cette date le respect des gestes barrière ne sera plus de mise ?

Les personnels AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap, sont très souvent oubliés dans les communications ministérielles et académiques malgré leur investissement important depuis du début du confinement. Ces personnels sont en charge de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Ils ont pour la plupart la responsabilité de l’accompagnement d’un ou plusieurs élèves.

Ces handicaps sont très différents. Ils peuvent accompagner des élèves présentant des troubles du spectre autistique, en situation de handicap moteur ou psychique, ayant des troubles du comportement ou des fonctions cognitives. Ils peuvent également accompagner des élèves déficients auditifs, sourds, mal-voyants ou aveugles, scolarisation de la maternelle au lycée.

Ces personnels restent aujourd’hui, et ce malgré la mise en place du CDI et des contrats pluriannuels, des personnels en situation précaire, le temps partiel leur reste imposé. Ils exercent leurs missions quotidiennement et ce dans une promiscuité évidente.

En effet, contrairement aux enseignant·es, ils doivent s’asseoir de façon permanente à côté des élèves qu’ils accompagnent afin de reformuler les consignes à voix basse pour ne pas déranger toute la classe notamment. Ils doivent également quand cela est nécessaire porter les affaires de leurs élèves (sac, matériel, vêtements, etc…) ou encore pousser leur fauteuil.

Ces personnels seront-ils protégés par des gants ou des masques ? Dans ce dernier cas, comment un élève sourd pourra-t-il lire sur les lèvres de son accompagnant ou de son professeur ?

Ces personnels travaillant avec des élèves porteurs de ce type de handicap bénéficieront-ils plutôt d’une visière ou d’une autre protection adaptée ?

Des missions incompatibles avec le respect des gestes barrière

Pour le Sgen-CFDT, les gestes barrières seront impossibles à mettre en place partout. Les AESH devront inéluctablement toucher avoir des contacts ou être à moins d’un mètre de leurs élèves. C’est particulièrement vrai pour celles et ceux dont les missions d’aide sont liées aux actes essentiels de la vie tel que :

  • assurer le lever et le coucher ;
  • aider à l’habillage et au déshabillage ;
  • aider à la toilette (lorsque celle-ci est assimilée à un acte de vie quotidienne et n’a pas fait l’objet de prescription médicale) et aux soins d’hygiène de façon générale ;
  • favoriser la mobilité ;
  • aider à la prise des repas ;
  • veiller, si nécessaire, au respect du régime prescrit, à l’hydratation et à l’élimination ; veiller au respect du rythme biologique

Pour le Sgen-CFDT, une reprise des cours dans ces conditions et une obligation de respect des gestes barrières sont incompatibles avec les missions des AESH pour toutes les raisons citées précédemment.

Quelles seront les protections qui seront fournies en fonction de ces cas concrets ? Le travail à distance sera-t-il toujours proposé aux personnels ?

Toutes les précautions nécessaires doivent être prises afin pour que la reprise soit envisageable sans risque pour les personnels qui doivent être au plus près des élèves. Nous pensons notamment aux AESH mais aussi aux enseignant·es, et plus particulièrement à celles et ceux exerçant dans les écoles maternelles et plus largement aux ATSEM, qui travaillent eux avec des élèves non autonomes.

Nous ne pouvons pas ignorer non plus les personnels vulnérables qui ne pourront pas reprendre sans risque d’être exposés au COVID-19. Il faudra  impérativement leur laisser la possibilité d’effectuer leurs missions en travail à distance ou de bénéficier d’une Autorisation spéciale d’absence comme c’est le cas depuis le début de la crise sanitaire.

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Billet d’humeur d’une AESH : les oublié·es du confinement et de l’après…

Je lis énormément d’articles sur les difficultés de la continuité pédagogique pour les enseignants et les familles mais les AESH, on en parle ?

Nous sommes des actrices et acteurs indispensables de cette continuité et nous sommes aussi parents pour beaucoup d’entre nous.

Nombreuses et nombreux AESH travaillent en autonomie et à distance avec les élèves qu’elles/ils accompagnent durant cette période de confinement.

Outre l’aspect chronophage, il faut appréhender les difficultés que cela occasionne :

  • gérer seul·e la mise en place de ce suivi pour ensuite être à nouveau seul·e face à l’élève,
  • utiliser ses propres moyens matériels personnels pour avoir accès à une connexion, un PC une imprimante…
  • récupérer cours et devoirs sur les ENT (en sachant que les ENT qui sont quasi-absents dans les écoles)
  • s’approprier les cours afin de guider efficacement l’élève dans ses apprentissages
  • gérer les émotions provoquées par le confinement, émotions des élèves mais aussi des familles sans aucune formation et la demande accrue d’une écoute devant apporter des réponses
  • continuer à relayer voire expliquer l’ensemble des informations entre enseignants et élèves-familles pour la réussite scolaire et limiter le décrochage

Autre très forte interrogation : nos conditions de travail à partir du 11 mai ! Puisque je ne peux occulter l’après et penser à l’avenir : comment parler de distanciation physique ? En effet, nous sommes dans une proximité « au coude à coude » avec nos élèves, plusieurs heures par jour ?
Les apprentissages de certains élèves ne sont possibles que si et seulement si l’AESH reste à proximité physique directe mais aussi par la voix.

De plus, dans les écoles et particulièrement les maternelles, nous savons pertinemment que nous devrons, avec les ATSEM, effectuer des actes ordinaires du quotidien comme les gestes barrières (lavage des mains, moucher…).

Serons-nous équipé·es et protégé·es ? Qui va s’y engager ?

Quel accompagnement pour les élèves dont l’AESH ne pourra être présent·e à leurs côtés (santé fragile, garde de ses enfants) ? Quels impacts dans la nouvelle relation à construire entre les élèves et leurs AESH ? Quels impacts et quel accueil pour les enseignants qui s’appuient au quotidien sur les AESH ?

Sans réponses à nos interrogations, je reste (comme des milliers d’AESH) inquiète des conditions de reprise au sein de mon établissement.

Pauline

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27 commentaires pour Rentrée progressive : Respect des gestes barrières et missions des AESH sont-ils compatibles ? par le Sgen-CFDT

  1. Chanel dit :

    Bonjour
    Aesh su 57
    L ecole élémentaire où je me trouve n ouvrirait que le 25 mai, pour, d’après le sondage , 9 enfants!
    Le personnel de l’ecole y serait présent, mail de la directrice le 18 et 19.. D’une part, les Aesh doivent elles etre présentes le 18 et 19 mai, alors qu’aucun enfant est présent, d’autre part, sur les 9 enfants présents le 25, aucuns des enfants que j’accompagne n’est présent. La DSDEN nous envoie par contre un courrier stipulant, que les AESH doivent être présents comme les enseignants, que les accompagnats restent mobilisables pour participer à la continuité pédagogique sous l’égide et selon les modalités définies par les enseignants…je soupçonne un jeu de mots pour interpréter quelques formes afin de dévier les missions réelles que doivent réaliser l’Aesh..
    Doit on suivre cette note de service au pied de la lettre, et être présent le 25 sans enfants notifiés, sachant que nous serions beaucoup d’adultes pour si peu d’élèves.
    Merci pour votre réponse

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Doit on suivre cette note de service au pied de la lettre, et être présent le 25 sans enfants notifiés, sachant que nous serions beaucoup d’adultes pour si peu d’élèves.? »
      Tout d’abord, l’UNEAVS partage bien ce sentiment que l’exigence de présence des AESH en poste d’affectation « masque » dans bien des cas une volonté douteuse de leur faire endosser des tâches qui ne sont pas de leur responsablité (nettoyage locaux, surveillance élèves en récréation, toilettes, cantines) et de surcroit les plus exposées au risque de contamination par le coronavirus…..
      En conséquence, le fait qu’on vous amènerait à endosser ce type de tâches auorès d’élèves ne doit pas vous faire oublier que, par Contrat de travail, vos missions sont exclusivement réservées pour des élèves en situation de handicap, notifiées MDPH. Ceci implique que toutes tâches qui ne sont pas de votre responsabilité dans l’école et qui seraient exigées au mépris de la protection de vsécurité et de votre santé constituent autant de motifs de droit à retrait immédiat.
      Nous vous invitons à bien lire l’article consacré à « Les motifs pour droit au retrait immédiat des AESH lors de la réouverture des écoles le 11 mai ou le 18 mai » en cliquant ICI et la page consacrée à « Fiche élèves en situation de handicap pour AESH à compter du 11 mai 2020 » en cliquant ICI
      Pour la réouverture de l’école le 11 mai, une DSDEN peut « chanter » que les AESH doivent être présents comme les enseignants, que les accompagnats restent mobilisables pour participer à la continuité pédagogique sous l’égide et selon les modalités définies par les enseignants, ce sera toujours le protocle sanitaire qui dictera si votre champ d’action est envisageable ou non et la fiche élèves en situation de handicap pour AESH qui délimitera strictement votre mission.

  2. sim dit :

    bonjour,
    il semblerait que grâce au pial, une aesh de collège ( en zone rouge: collège fermé sans date de réouverture ) peut être appelée à partir du 11 mai et déployée sur une école à besoin : Dans une école qui ne la connait pas , une aesh qui ne connait pas l’élève et inversement, et tout ça avec des mesures barrières… Comment dire … aberrant.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre commentaire, « il semblerait que grâce au pial, une aesh de collège ( en zone rouge: collège fermé sans date de réouverture ) peut être appelée à partir du 11 mai et déployée sur une école à besoin :… »
      Un coordonnateur PIAL ne saurait imposé à des AESH des affectations en établissement scolaire qui n’appartiendrait pas au PIAL.
      Si cette contrainte était approuvée par l’autorité hiérarchique académique (DSDEN) et mis en place par l’autorité fonctionnelle d’un pial (coordonnateur PIAL),, il s’agirait là d’une posture irresponsable et hautement malveillante à l’égard des agents AESH et des élèves en situation de handicap.
      Les AESH mis dans cette situation contrainte ont toute légitimité à exercer leur droit de retrait immédiat pour ordre de mission illégale compromettant gravement l’intérêt public (mise en danger de l’agent AESH et de l’élève).

  3. AESH78 dit :

    Bonjour,

    Les enfants des écoles élémentaires n’auront pas de masque mais les adultes en auront.
    Donc je résume : on protège les enfants mais pas les adultes ! (le masque chirurgical ne protège pas celui qui le porte mais ceux en face…)
    Hypothèse : les adultes auront donc un masque ffp2 ? (ou bien le personnel peut crever sans que personne ni voit d’objection ?).

    Mon droit de retrait est-il valable si on ne me fournit pas de masque ffp2 pour travailler à moins d’un mètre d’un enfant sans masque?

    Merci

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Mon droit de retrait est-il valable si on ne me fournit pas de masque ffp2 pour travailler à moins d’un mètre d’un enfant sans masque? »
      Il nous faut attendre d’ici le 4 mai la sortie des instructions officielles du protocole sanitaire académique à appliquer lors de l’ouverture d’un établissement scolaire le 11 mai ou le 18 mai. A partir de ce protocole officiel et ce qui sera réellement mis en place, pour un AESH, nous pouvons déjà vous annoncer qu’il y aura de quoi exercer légalement on droit de retrait.
      Nous pérparons un article sur le sujet pour la semaine prochaine.

      • avs95 dit :

        pour répondre à AESH78, d’après ce que j’ai compris, ce sera difficile d’exercer son retrait si la mairie fournit en plus des masques, des visières et du gel… parce que là, on sera protégé! on ne pourra pas faire de distanciation c’est sûr, mais avec la visière, pas besoin. je me trompe?

        • briand0493 dit :

          Bonjour,
          En réponse à l’interrogation, « je me trompe ? »
          C’est un peu plus subtil. Dans le contexte du coronavirus, lors de l’ouverture, tout établissement scolaire sera tenu de mettre en oeuvre un protocole sanitaire strict tel que par exemple pour le personnel : maintien de distanciation sociale stricte de 1 m —>espace établi en fonction de cette règle, gestes barrière (lavage des mains —>fourniture savon, gel, port obligatoire de masque FFP1—–>mise à disposition de ses agents à raison de deux masques par jour de présence dans les écoles et établissements.
          L’agent pourra exercer son droit immédiat de retrait tant que toutes les recommandations fixées par le protocole sanitaire ne sont pas remplies.
          Vous serez sans doute amené à connaitre une injonction paradoxale en tant qu’AESH: il vous sera exigé d’avoir une attention particulière pour l’élève en situation de handicap mais ..vous aurez à vous conforter strictement à la distanciation sociale de 1m, en vertu du principe de protection de votre santé et de celle…de votre élève.

        • AESH78 dit :

          Le masque chirurgical ou masque UNS1 ne protège absolument pas le porteur mais protège les autres . (C’est une protection de l’intérieur du masque vers l’extérieur à hauteur de 95% pour le chirurgical ou 90% pour le masque grand publique UNS1).
          Une visière en plus ne change absolument rien au niveau sanitaire car la visière n’a aucune protection respiratoire connu…
          Les seuls masques qui protègent ceux qui les porte sont les FFP2 à hauteur d’une filtration extérieure vers intérieure à 94% ou FFP3 à hauteur de 99% ( les FFP1 80% mais sont obsolètes pour le coronavirus).

          Donc vous pourrez bien avoir un masque chirurgical ou un masque grand publique et une visière en plus ça change rien, vous n’etes pas protégé contre le covid19.

          Il est important que tout le monde soit au clair sur les masques car c’est visiblement pas le cas…. attention de ne pas vous faire endormir !

          SI rien n’est inscrit sur votre masque c’est qu’il n’est pas FFP2, il doit y avoir la norme FFP2 et la date de validité sur chaque masque sinon ce n’est pas un ffp2.

          Je vous souhaite une bonne reprise dans de bonnes conditions mais ça semble compromis….Donc ça sera droit de retrait si pas de ffp2 pour moi .

  4. avs dit :

    bonjour, je suis AESH au CP et en CM2. Apparemment, tout le personnel aura un masque et une visière de protection pour le 11 mai. On me dit que je ne pourrai pas exercer mon droit de retrait vu le matériel fourni, est-ce vrai? merci

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « On me dit que je ne pourrai pas exercer mon droit de retrait vu le matériel fourni, est-ce vrai? « 
      Non. Pour votre exercice du droit de retrait, il conviendra aussi de surveiller les autres mesures prises (ex : limitation des effectifs des classes, respect distanciation sociale, fourniture de gels hydroalcoolique, nettoyage des locaux assurés….). A partir du moment ces autres mpesures prises ne sont pas respectées et qu’elles sont susceptible de vous faire courir un risque grave pour votre santé, votre droit à retrait est légalement possible.

      • avsdomi dit :

        Merci pour votre réponse. Que se passe-t-il si 1 des enfants dont j’ai la charge ne retourne pas à l’école ? Suis je obligée de faire mes heures à l’école? Cette question vaut aussi sans le contexte épidémique.

        • briand0493 dit :

          Bonjour,
          En réponse à votre interrogation, « que se passe-t-il si 1 des enfants dont j’ai la charge ne retourne pas à l’école ? » et suivante « Suis je obligée de faire mes heures à l’école? »
          En l’absence de l’élève, vous restez toujours à dispostion du chef d’établissement scolaire pour accomplir vos heures de service fixées par contrat de travail. Ce sera au chef d’établissement scolaire de déterminer les tâches à accomplir au sein de l’éétablissement scolaire ou par télétravail au domicile.

  5. okapi5962 dit :

    Bonjour, mon épouse est AESH et je suis également inquiet. D’ores et déjà, elle élabore des stratégies afin de pouvoir l’aider sans être trop en contact. La question que je me pose est comment les récréations pourront-elles avoir lieu ? Car, enfin, les enfants ont besoin du contact, c’est essentiel pour eux. Comment peut-on envisager de le leur interdire sans créer chez eux une frustration qui peut les affecter grandement sur le plan psychique.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à l’interrogation, « comment les récréations pourront-elles avoir lieu ? » et suivante « Comment peut-on envisager de le leur interdire sans créer chez eux une frustration qui peut les affecter grandement sur le plan psychique.? »
      Il n’y a pas de réponse apportée actuellement par les autorités ministérielles et académiques à des questions posées au ras des pâquerettes par les futurs premiers de corvée que seront les AESH en cette rentrée programmée le 11 mai.

      Dans l’immédiat, le conseil scientifique corid19 dans un note en date du 23 avril indique bien au sujet des contacts directs et par extension,les brassages en tre éléves et .. des récréations (voir ici page consacrée aux recommndations conseil scientifique)
      « La règle de distanciation sociale dont le principe est le respect des distances minimales (1 mètre au moins de chaque côté notamment pour les tables) permet d’éviter les contacts directs une contamination respiratoire et par gouttelettes. Elle devra être respectée dans tout l’établissement scolaire (salle de classe, couloir, escalier, réfectoire ….). Le Conseil scientifique encourage la communauté éducative à faire respecter cette règle pour l’ensemble des niveaux, mais est conscient de la difficulté que cela représente, notamment pour les classes de maternelle. »
      « ….5. Stratégie visant à réduire le brassage des élèves dans les établissements scolaires
      Cette stratégie vise à limiter la fermeture de tout un établissement en cas de découverte d’un cas positif :  Les établissements scolaires devront réfléchir avant leur réouverture et en fonction de la taille de l’établissement à l’organisation de la journée et des activités scolaires (entrée en classe, sortie des classes, déplacements dans l’établissement dans les couloirs, récréation…) afin qu’au mieux, les élèves d’une classe ne croisent pas les élèves d’une autre classe ou que les élèves d’un même niveau ne croisent pas les élèves d’un autre niveau.
      « …Les temps de récréation devront être adaptés à cette stratégie de non brassage des élèves. »

      Nous partageons votre avis : Avec de telles recommandations, cela relèvera du délire une rentrée le 11 mai pour des maternelles grandes section. !!!
      Bon courage à votre épouse et collègue AESH.

  6. Fée Clochette dit :

    Bonjour,

    J’ai trouvé sur le site du journal Midi Libre le compte rendu des réponses apportées par MMe la Rectrice de l’Occitanie et dont voici le lien :

    https://www.midilibre.fr/2020/04/15/coronavirus-et-reprise-des-cours-la-rectrice-doccitanie-repond-a-vos-questions-des-11-h,8847519.php

    Enfin on parle de nous !!!!
    Voici la question et la réponse :

    « Isabelle (Hérault) – Je suis AESH et nous sommes plus de 4 000 dans l’académie. J’accompagne des enfants en situation de handicap et mon travail ne peut passer que par la proximité et le contact. Avez-vous en tête notre situation ?

    Sophie Béjean, rectrice – Bien sûr, l’accueil des élèves en situation de handicap est aussi notre priorité. Les personnels d’accompagnement que sont les AESH sont très mobilisés, à distance. J’ai discuté avec certains d’entre eux et leur témoignage traduit un engagement remarquable : ils et elles appellent souvent quotidiennement les enfants et les familles pour les aider dans cette période de confinement. La reprise progressive des activités et l’accueil de tous les élèves, y compris l’accueil des élèves en situation de handicap lorsqu’il sera possible, se fera dans le strict respect des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale. Les enseignants référents pourront être sollicités pour adapter les situations de scolarisation selon la nature de l’accompagnement et nous comptons bien sûr sur l’engagement des personnels AESH.  »

    Un nouvel acteur a qui on refile « la patate chaude » et qui entre dans la danse : l’enseignant référent.
    Que dire, que penser ? Je ne sais pas, je ne sais plus …

    Par ailleurs j’ai lu dans le journal Le Monde dont voici le lien https://www.lemonde.fr/education/article/2020/04/23/education-cette-rentree-se-fera-sur-la-base-du-volontariat-des-parents_6037562_1473685.html que le droit de retrait ne pourra être demandé par les enseignants sauf cas particuliers :

    « Le ministre de l’éducation nationale a précisé, mardi, devant les députés de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, qu’aucun droit de retrait ne saurait être demandé par les enseignants. Seuls ceux qui souffrent d’une pathologie ou sont en « fragilité » pourront rester en télétravail, a-t-il ajouté. Nous n’en savons pas plus à ce stade. »

    – Avez-vous des nouvelles concernant ce dernier ?
    – Qu’en est -il pour les autorisations spéciales d’absences (ASA) ?
    – En effet comme le retour à l’école est basée sur le volontariat peut-on en bénéficier si l’élève que l’on suit ne souhaite pas revenir ?
    – Bien qu’étant à disposition du chef d’établissement en cas d’absence de l’élève, celui -ci peut t-il nous imposer de rester alors que l’élève que l’on accompagne est absent ?
    – Vivre avec une personne à risque (maladie, âge ..) peut-il être un critère d’obtention de droit de retrait ou d’ASA ?

    Concernant la contagiosité des adolescents on s’aperçoit qu’elle est proche de celle des adultes. Alors exercer en collège ou lycée sans protection digne de ce nom devient problématique.

    Encore merci
    Cordialement

    Fée Clochette

    • briand0493 dit :

      Bonjour fée clochette,
      Sur l’interrogation, « Un nouvel acteur a qui on refile « la patate chaude » et qui entre dans la danse : l’enseignant référent. Que dire, que penser ? »
      Vous avez parfaitement saisi la situation « un mouvel acteur à qui on refile « la patate chaude ». Depuis l’annonce par le président MACRON de l’ouverture des écoles à compter du 11 mai, devant la mutiplicité des problèmes pour les AESH que cela suscite, on assiste bien à un relayage de la patate chaude du 1er ministre au ministre de l’éducation nationale (qui pour les AESH a tenté de la refiler à la secrétaire d’état aux handicaps subitement aux abonnées absentes) tient à refiler la patate chaude au rectorat (et au passage aux collectivités territoriales) qui s’empresse (à l’image de la rectrice occitanie) de la refiler à l’enseignante référente ….C’est que demander à des AESH d’aller au suicide cela ne se fait pas, mais comme le souligne la rectrice avec toute la classe de l’hypocrise  » nous comptons bien sûr sur l’engagement des personnels AESH.»

      En réponse à l’interrogation sur droit au retrait et cas particuliers , « – Avez-vous des nouvelles concernant ce dernier ? » et suivante – Qu’en est -il pour les autorisations spéciales d’absences (ASA) ? » et suivantes……
      Le ministre de l’éduation nationale a beaucoup « communiqué » le 21 avril, sauf qu’il n’a pas beaucoup écouté les acteurs de terrain concerné comme on le découvre à travers Le groupe de travail « enseignement scolaire »mis en place à l’initiative du bureau de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat et ayant rendu ses travaux le 23 avril.
      Donc, le ministre peut décréter que le droit au retrait du personnel de l’éducation nationale ne pourra pas s’exercer parce il en a décidé ainsi, il lui faudra admettre que si le droit au retrait des AESH s’exercera de facto, c’est que les conditions assurant la sécurité et la protection de leur santé durant leur mission ne seront et ne pourront pas être assuré, comme tout acteur sur le terrain normalement constitué et sain d’esprit peut déjà faire le constat.

    • davcind dit :

      Bonjour,
      AESH en Essonne, les écoles (primaire et maternelle)ouvrent le 4 juin. Ma directrice me dit que mes enfants seront repris car ils sont prioritaire donc apparemment 4 jours par semaine, moi je n’ai pas trop envie de les remettre mais suis-je obligé ? de plus le collège de mon aîné est fermé car zone rouge. Suis je obligé de retourner au travail ou peut-on faire une ASA?

      Merci beaucoup

      • briand0493 dit :

        Bonjour,
        En réponse à votre interrogation, «  suis-je obligé ? »
        Tout d’abord, il est inadmissible que votre directrice d’école affirment que vos enfants font partie du public prioritaire à accueillir parce que vous êtes un agent AESH. La Circulaire relative à la réouverture des écoles et établissements et aux conditions de poursuite des apprentissages du 5 mai 2020 n’en fait nullement mention (seuls les enfants des enseignants peuvent être concernés).

        Dans la FAQ MEN (qui a valeur de circulaire) Mise à jour le 22/05/2020 à 18h00, on peut lire
        « Les parents ou responsables légaux peuvent-ils choisir de ne pas renvoyer à l’école leurs enfants ?
        Oui, la scolarisation des élèves en présentiel repose sur le libre choix des responsables légaux du ou des enfants.
        L’instruction est toutefois obligatoire pour tous les enfants à partir de 3 ans. Un élève ne suivant par les cours en présentiel doit rester en lien avec son école et suivre l’enseignement à distance.

        Concrétement, si en temps que parent, vous décidez de ne pas mettre vos enfants à l’école, c’est une décision qui vous appartiennt en propre et n’a pas à être remise en cause par des prétextes fallacieux.

        En réponse à votre interrogation,  » Suis je obligé de retourner au travail ou peut-on faire une ASA? »
        C’est là que cela se corse et montre toutes les ambiguités de la réouverture des écoles, collèges et lycées fixées à compter du 2 juin
        A compter du 2 juin, vous pouvez bien signaler à votre établissement scolaire d’affectation (et votre employeur) votre impossiblité de reprendre votre poste d’affectation du fait de votre obligation de garder vos enfants à domicile. Suite au signalement, vous aurez à solliciter obligatoirment une ASA auprès de votre employeur et à présenter le justificatif exigé ( une attestation délivrée par l’établissement scolaire de vos enfants attestant leur impossibilité d’accueil ou un accueil limité en semaine).

  7. famillefranchiniaolcom dit :

    Monica06
    Je suis EASH dans un lycée en Ulis et j accompagne un élève autiste. Je suis très angoissée par cette reprise car cet enfant n à aucune hygiène (ne se lave qu’ occasionnellement, ses habits sont sales, il éternue et baille sans se protéger, il a toujours les mains sales) malgré l implication d une éducatrice du SESSAD. Les parents le mettent à l école qu’ ils considèrent aussi comme une garderie et même malade avec de la fièvre, l enfant doit être présent au lycée. Je n en peux plus et depuis 11 ans que je fais cette activité je n avance plus, 11 ans de transparence, 11 ans de mépris, 11 ans d’accompagnement pour un salaire de misère et aujourd’hui on nous met en 1ère ligne pour mourir. Et bien, ce sera sans moi! je décroche.
    Ne prenons aucun risque, notre vie est précieuse ainsi que celles de nos familles.
    Bon courage à toutes et à tous.

  8. lolo dit :

    Lolo57
    Bonsoir,
    Moi je l ai eu je peux dire que j ai evité la catastrophe j ai d abord eu maux de gorge etat febril et fievre puis au bout de 6 jours j avais mal aux poumons plus d air mon mari a appelé le 15 c etait horrible !!! Y a deux possibilites soit on passe le cap soit ça empire j ai eu de la chance mais je suis toujours fatiguée l enfant dont je m occupe en maternelle me crache dessus me tape pour moi c est encore tres dur j en fait encore des cauchemars ma famille a ete un peu infectee ouf mais pour moi c est grave de r ouvrir en mai n y allez pas pensez à vous c ce que je vais faire une fois mort c est terminé

  9. Clement dit :

    Bonjour
    Doit on rentrer en classe le 11 mai habitant le grand est.?

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Doit on rentrer en classe le 11 mai habitant le grand est.? »
      Monsieur Blanquer, ministre de l’éducation a bien évoqué lundi 21 avril une rentrée progressive avec des dates et quelques principes pour cette rentrée…suite de quoi, …..plus rien à ce jour. donc, c’est toujours brouillard pour ce qu’il en est des agents AESH.

  10. Vivie59 dit :

    Bonjour de Vivie59 AESH département 85 (accompagnement en classe et cantine), pdt confinement en télétravail.
    Tout est dit dans le message de Pauline et d’autres AESH qui considèrent qu’on nous envoie au « casse pipe »!
    Et oui, nous sommes les gdes oubliées. On compte peut être sur notre sensibilité face aux élèves que nous accompagnons avec beaucoup de professionnalisme.
    Perso, je ne fais pas où plus confiance sur ce que j’entends ou lis des politiques ; début mars j’ai développé des symptômes de virus sans fièvre après contact rapproché avec élèves revenant de clusters, pour médecin SAMU et médecin de ville c’est virus (pas testée, car on ne teste pas m’a dit médecin SAMU). En arrêt, confinée (pas de sortie, pas de visite) pdt 15 jours sous ventoline . Il m’a fallu environ 20 jours pour me sentir mieux. Mais je ne sais pas vraiment si c’était virus. J’ai fait savoir à mon employeur que je souhaitais être testée. Mais….
    Beaucoup d’enseignants (tes), AESH, ASEM ou ATSEM, AED….. ont la trouille (c’est humain), se posent des questions. On ne peut faire qu’attendre de voir ce que l’on nous propose comme protections, et après, chacun chacune prendra ses responsabilités, fera ses choix de retourner ou non à l’école.
    En attendant, merci aux divers syndicats et autres de nous soutenir, de nous défendre,…..
    DE NE PAS NOUS OUBLIER !!
    Prenez soin de vous et de votre famille.

  11. Franchini dit :

    Je suis en effet très inquiète pour cette reprise pour laquelle personne ne s » inquiète vraiment. J accompagne un élève en 2nde en Ulis qui est autiste et qui n a pas ou peu d hygiène malgré l’intervention de son éducatrice (il ne sait pas se protéger en eternuant, il ne se lave pas tous les jours, ses dents ne sont pas brossees, ses mains sont souvent sales et ses vêtements ne sont pas propres). C était déjà une situation compliquée avant le confinement mais aujourd’hui celle ci me semble ingérable.
    Comment vais je pouvoir faire face à cet élève qui, je le sais, n appliquera pas les gestes barrières.
    Suis je obligée d accepter cette reprise auquel cas je serais obligée de démissionner (je suis en CDI etAESH depuis 11 ans dans les Alpes Maritimes)
    Merci pour votre aide.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Comment vais je pouvoir faire face à cet élève qui, je le sais, n appliquera pas les gestes barrières.? »
      C’est bien toute la question des agents AESH considérés avec les ATSEM jusqu’à présent avec mépris comme des premier de corvée par les premiers de cordée. Le silence, l’absence de réponses de ces derniers en disent long sur leur conception de la solidarité sociale vis à vis des citoyens précaires, pauvres dans cette crise sanitaire.

      En réponse à votre interrogation, « Suis je obligée d accepter cette reprise auquel cas je serais obligée de démissionner ? »
      Il vous sera affirmé par les premiers de cordée la main sur le coeur que non mais comme l’adage « chasser le naturel, il reviendra au galop » c’est toujours vérifier à leur niveau, la contrainte d’accepter la reprise au date de rentrée risque probablement d’être en pratique.
      Donc, comme maints de vos collègues AESH, entre laisser sa santé pour l’inclusion scolaire et préserver sa santé, celle des ses proches, la seconde solution nous parait nettement plus pertinente. Il serait particulièrement abject de la part de votre employeur que parce que vous avez opté pour la seconde solution, il serait exigé votre démission ou bien que vous soyez poussé à la démission.

  12. Agnès dit :

    Bonjour, comme beaucoup de mes collègues je suis inquiète par rapport à cette reprise. Après avoir passé 2 mois en confinement, nous allons reprendre notre travail sans pouvoir respecter toutes les précautions nécessaires à notre protection et à celle de nos élèves et de notre/leur entourage. A quoi auront donc servi ces 2 mois de confinement ? Comment se protéger et protéger les autres ? Comme d’habitude nous manquons cruellement d’informations de la part des dirigeants et décisionnaires.

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