Métier et reconnaissance professionnelle des AESH, c’est tout de suite ! (Déclaration commune intersyndicale AESH en date du 23/01/2019)

Il nous est fait parvenir la déclaration commune intersyndicale AESH en date du 23/01/201 ci-après :

AESH-Intersyndicale-20190123

Nous invitons tous nos collègues AESH et AVS à télécharger cette déclaration commune   intersyndicale pour diffusion et affichage sur leurs lieux de travail ou tous autres lieux qu’ils estiment nécessaire (cliquer ICI pour télécharger).

Note de l’UNEAVS

Le couple ministériel (J.M. Blanquer, ministre de l’éducation nationale et S.Cluzel, secrétaire d’état aux personnes handicapées) auront réussi l’exploit inégalé de mettre d’accord 10 organisations syndicales représentatives de l’éducation nationale pour une déclaration commune dénonçant une pseudo-concertation “éducation inclusive” faisant fi, avec mépris, des attentes prioritaires de + de 80 000 salariés AESH en situation de précarité.

Lors d’un grand débat sur LCI, mercredi 23 janvier, Sophie Cluzel avait déclaré “ Le gouvernement est là pour améliorer la quotidien des citoyens français…”. Nous osons penser que c’était soit  un gag, soit une posture navrante de déni de la réalité.

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10 commentaires pour Métier et reconnaissance professionnelle des AESH, c’est tout de suite ! (Déclaration commune intersyndicale AESH en date du 23/01/2019)

  1. Sophie dit :

    Bonjour,
    J’ai eu un arrêt maladie 4 jours avant les vacances scolaires. Zone B. Donc mon arrêt a été fait jusqu’à la fin des cours mais pas pendant les vacances, puisque je peux me reposer et aller faire les examens médicaux sans aller au travail.
    Hier après-midi, j’ai reçu un coup de téléphone de la responsable de la coordination AESH-AVS, de mon département et me demande si je vais être en arrêt maladie à la rentrée des vacances. Je lui ai dit que je ne savais pas.
    Est-ce normal que mon employeur me pose la question ?
    Merci pour votre réponse.
    Cordialement,
    Sophie xxxxx

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Est-ce normal que mon employeur me pose la question ? »
      Nullement. A la question « indiscrète » et « déplacée » de cette coordinatrice sur votre état de santé et de l’éventualité que vous soyez en arrêt maladie à la rentrée (et ce durant les congés de février), vous avez eu la présence d’esprit de répondre que vous ne savez pas. C’est la réponse « occupez vous de vos oignons et non des miens » qu’il fallait fournir aimablement à une malpolie.
      Attention toutefois
      si votre Congé maladie s’est terminé juste avant les vacances scolaires et qu’à la rentrée de celles-ci un nouveau Congé maladie est prononcé par votre médecin avec la mention « prolongation », la durée des vacances sera alors intégrée dans le décompte annuel des Congé maladies.

  2. jocelyne dit :

    Jocelyne 85
    https://actu.orange.fr/politique/videos/budget-2019-le-statut-des-aesh-a-nouveau-en-debat-VID0000002IpcW.html#plmAnchor

    Bonjour,

    A voir
    Intéressant et instructif mais mal parti pour nous !!!

    Cordialement
    Fée Clochette

  3. bonjour, fée Clochette!
    tu décris parfaitement le milieu et l’ambiance dans laquelle nous naviguons à vue en permanence. Pour ma 4e année, je suis passée du Sud de la France à la Haute-Savoie, avec le « privilège » de l’appellation AESH; 10 changements de planning; des collègues qui doivent gérer jusqu’à 6 élèves, au lieu de 3 dans les P.O.; et j’ai réussi à survivre à cette rentrée riche en bouleversements.
    Aujourd’hui, lorsque j’accueille de nouvelles (nouveaux, plus rares) parachutées, je les aide à se repérer; je leur conseille d’être d’abord en observation, le temps de se poser dans la vie des enfants qui nous sont confiés, ainsi que dans celle des professeurs. Ensuite, je leur suggère de dédramatiser car sans un minimum d’humour, de souplesse de caractère… c’est mission impossible! oui, car nous sommes de fabuleux contorsionnistes dans notre « profession » mais surtout, ce qu’il nous faut perdre de vue: c’est que notre objectif, c’est L’INCLUSION.
    Bien sûr, il nous faudra trouver des ressources, créer des outils, se former pour comprendre mieux les divers troubles que nous allons rencontrer mais c’est comme cela que nous devenons de vrai(e)s professionnel(le)s. Et surtout se convaincre que nous faisons bien PARTIE INTEGRANTE de cette équipe éducative: que nous devons nous tenir informés de tout ce qui concerne les enfants que nous accompagnons et qui peut les aider à avancer dans la vie, scolaire notamment. Il faut connaître l’enseignant référent du secteur et notre coordinatrice(teur) et tous les intervenants qui agissent au près des élèves.
    Nous ne pourrons sortir de notre précarité qu’en devenant des collaborateur(trice)s incontournables, compétents dans notre domaine. Tout cela pour vous dire: vous n’êtes pas seul(e)s, ne baissez pas les bras, sachez vous entourer de collègues et posez leur les questions nécessaires: tous élèves, enseignants, parents, ILS ONT BESOIN DE NOUS!! courage et bonne chance! Cathy de Lucinges

  4. jocelyne dit :

    Jocelyne 85

    http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2019/02/02/37069088.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=dupuiselise

    Je vous joins copie d’un excellent article ainsi que le lien du site « Au bonheur d’Elise » dans lequel il est publié.
    Il décrit parfaitement ce que des dizaines de milliers d’AESH vivent au quotidien.
    EN plus d’être très bien écrit, il dénonce les dérives redoutées, conséquences des nouvelles dispositions entrevues dans le futur projet de loi.

    Bosser trois heures en plus pour pas un rond. C’est ce à quoi ont droit les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) depuis la rentrée, en Isère. Une décision grotesque qui a entraîné une mobilisation inédite de cette profession méconnue. Rassemblements locaux et nationaux, polémique à l’assemblée nationale suite au « coup de gueule » du député François Ruffin : on a un peu entendu parler des conditions de travail pitoyables des accompagnants d’enfants handicapés dans les écoles et les collèges. Mais en quoi consiste ce métier ? Une AESH de la cuvette grenobloise nous livre un témoignage sensible et éclairant.

    Ma rentrée commence un 5 décembre, plus d’un mois après le départ de ma prédécesseure. À trois semaines des vacances de Noël, je suis nouvelle en classe de 5e avec Fabio, Elena et Fatou ; en classe de 4e avec Talal et Nordine ; et en classe de 3e avec Felipe, Yana, Ousmane et Moussa. L’histoire dit que c’est la faute de pôle emploi qui aurait tardé à faire les papiers du premier contrat aidé, il y a neuf ans. Depuis c’est l’éternel retard. Renouvelée pour six puis douze mois, je suis condamnée à monter puis à descendre du train en route.

    Sortie du bureau de la principale, j’erre dans l’établissement à la recherche de la salle de classe. N’ayant pas le temps de m’expliquer concrètement mon rôle, elle m’invite à envisager ce premier jour comme un temps de rencontre avec les élèves. La première sonnerie retentit, la cohue des couloirs étourdit mon orientation et ralentit ma progression. Salle 202. Je me glisse in extremis avant que la porte ne se referme. La pièce est plongée dans la pénombre. Je me présente à la professeure de français dont la méfiance me pousse à justifier tant bien que mal ma présence dans la classe. Ne maîtrisant pas encore les tenants et aboutissants de ma mission auprès d’élèves dont je connais à peine le nom et encore moins les besoins, je contracte tous les symptômes de l’imposture : transpiration, empourprement, confusion. Elle m’informe qu’ils regardent un film tout en plissant des yeux pour repérer les élèves dont je lui parle. « Elena et Fatou sont devant. Là-bas, contre le mur c’est Fabio. » Elle m’indique l’avant-dernière rangée à droite. « Vous pouvez vous mettre à côté de lui. Matthéo ! Va à côté d’Eva, pour laisser ta place à l’AVS [Auxiliaire de vie scolaire] de Fabio ! » Branle-bas de combat. « Mais Madame !… » On entend le gémissement des chaises traînées au sol, le bruit sourd des sacs qui chutent. Je m’approche timidement de Fabio. « Bonjour, je m’appelle Amélie. Je suis la nouvelle AVS… pour t’aider en classe. » Je distingue mal son visage mais son corps exhale une raideur contagieuse. Impassible, son regard ne se détourne pas un seul instant du tableau. Les cinquante centimètres qui nous séparent sont un fossé. Je me sens aussi négligeable et encombrante qu’un cheveu sur la soupe. Qu’est ce que je fous là ? Le film recommence à notre plus grand soulagement à tous les deux… seul instant de complicité de ces présentations ratées.

    Ce que j’ignorais alors c’est que le parachutage du premier jour deviendrait quotidien et qu’au fil du temps la jeune imposture se muerait en vieille impuissance. Que j’apprendrai à connaître les enfants, à comprendre leurs besoins, à travailler cette matière récalcitrante qu’est le système scolaire, en tâtonnant. Que sans aucune formation solide sur les handicaps, avec l’interdiction d’échanger avec les familles et d’accéder aux dossiers des élèves, isolée dans la prise de poste et l’accomplissement de mes missions, ce serait à mon investissement personnel que je devrai mon professionnalisme. Ça la fout mal.

    Au collège, dans la tête de mes collègues, sur mon casier, dans les documents officiels de présentation de l’équipe, je suis Amélie la CUI. Mon travail est donc considéré comme un type de contrat – le Contrat unique d’insertion, financé à 70% par l’État – plutôt qu’une fonction éducative – celle d’auxiliaire de vie scolaire auprès d’élèves aux besoins spécifiques liés à un handicap ou, dans mon cas, à une maîtrise du français fragile. En classe, je reformule les consignes, j’explique du vocabulaire, je prépare des supports plus visuels sur le contenu des cours, je propose aux profs des exercices adaptés au niveau des élèves, notamment en allégeant l’écrit, et les informe des difficultés dont je suis témoin. Après deux ans d’expérience en tant que CUI, j’ai enfin pu prétendre à une existence professionnelle au sein de l’Éducation nationale. Je suis devenue AESH. Le Graal de la reconnaissance s’arrête là, aux majuscules de ce nouveau sigle qui pérennise la précarité.

    En effet, depuis six ans, chaque année c’est la même rengaine. Être formée sur les handicaps et troubles de nos élèves, entre autres, et sans exhaustivité, la dyslexie, la dyspraxie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dysphasie, les troubles du spectre de l’autisme, les troubles envahissant du développement, les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité ? Curiosité somme toute honorable mais pas nécessaire. Avoir accès aux dossiers de suivi des élèves ? Attention la curiosité devient vite un vilain défaut. Communiquer avec les parents ? Vous outrepassez vos fonctions. Participer aux réunions de suivi de la scolarité ? Contentez-vous d’être présente (en silence) pour montrer à la famille le visage rassurant de l’inclusion. Travailler sur l’adaptation de supports pédagogiques ? Pour qui vous prenez-vous ? Proposer du soutien aux élèves l’espace d’une petite heure pour reprendre enfin, à leur rythme, les apprentissages difficiles ? Aberration !

    Mais cette rentrée pourrait bien être ma dernière. On m’a imposé un nouveau poste que j’exècre et pour lequel je suis tout à fait novice : mercenaire de l’inclusion scolaire.

    Tous les jours, je vois l’écart se creuser entre les promesses de l’accompagnement scolaire et les conditions dans lesquelles je dois les honorer. De ma noble mission d’inclusion, il ne reste que l’arrière goût d’une intention. L’accompagnement s’alourdit pour les AESH en nombre d’élèves suivis et s’allège pour les élèves en nombre d’heures. Depuis septembre, je m’épuise à chercher des moyens d’accompagner correctement mes élèves, en vain. Effritée puis saupoudrée, je ne trouve plus qu’absurdité comptable à ma présence. Plus question d’adapter le cadre scolaire aux enfants, ni même d’aider les enfants à s’y adapter. Il faut sauver les apparences, maquiller les échecs plutôt que de favoriser les réussites.

    Dans le meilleur des cas, je constate avec frustration les difficultés de mes élèves, sans avoir le temps et la disponibilité d’y faire face avec eux. Dans le pire, ma présence permet leur absence de la classe. Je ne compte plus les heures passées en face à face, dans le couloir. Lui, moi et son émotion à fleur de peau. Déconcertée de ne savoir comment prévenir et apaiser le malaise qui le retranche dans la violence. Ignorée, ce ne sont pas les « débordements » des élèves que l’on me demande de contenir, mais le système qui se saborde. Aujourd’hui, l’inclusion est réduite à un couloir, une zone grise, un statu quo bâtard imposé aux enfants et aux familles. Accompagner, pour ne pas dire couvrir de notre cape d’invisibilité les élèves et, de notre chape de plomb les échecs d’une inclusion au rabais. Car dans le milieu on dit qu’il vaut mieux faire profil bas. Il y a tout un enchevêtrement hiérarchique d’enseignants référents, de directeurs d’établissement, d’inspecteurs académiques qui veillent au grain. L’une de leurs spécialités, c’est la modification de nos conditions de travail : du jour au lendemain, notre emploi du temps et parfois nos lieux de travail sont changés. Une opération de sabotage redoutable et redoutée. Déracinées de nos établissements, on saccage ce que le temps et l’investissement construisent : un accompagnement sur mesure issu de notre relation avec les élèves, les collègues et les familles.

    Pourtant le sens du métier m’a toujours sauté aux yeux et, après quelques années d’expérience, son potentiel aussi. Mais comment créer une relation d’équipe avec les élèves, face à leurs difficultés, si on ne dispose pas de temps de préparation de l’accompagnement en classe, de temps de soutien hors classe en cas de nécessité, de formation adéquate sur les handicaps ? Nous occupons une place privilégiée auprès des élèves que nous voyons tous les jours. Pourquoi ne nous permet-on pas de consolider le lien et la collaboration entre les collègues (enseignants, intervenants médicaux et sociaux) et la famille ?

    Merci d’avance pour sa publication
    Cordialement

    Fée Clochette

  5. Rouressol dit :

    J’aimerai bien pouvoir donner des réflexions et
    des pistes pour l’evolution future de mon travail .Mais ne pense pas que le gouvernement qui a refusé un débat a l’assemblée nationale soit près à entendre la voix des gens de terrain.
    La politique actuelle est bien trop libérale et ses individus non aucune considération pour leur citoyens.
    La précarité est voulu par ce système injuste et inhumain.
    S’il faut en témoigner je me tiens à votre disposition, car depuis la rentrée 2018 mais condition de travail se sont vraiment dégradées.
    Cordialement , un avs très en colère

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      Nous vous remercions pour votre message et nous ne manquerons pas de faire appel à votre témoignage si l’action en cours le nécessite
      cordialement vôtre,

  6. Mv dit :

    Bonjour, Où en sommes nous avec les modifications du Décret n°2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des AESH ??? Validé ou toujours en attente ?

    Par avance merci pour votre réponse.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « les modifications du Décret n°2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des AESH ??? » et suivante « Validé ou toujours en attente ? »
      Les modifications de ce décret ont été apportées en catimini durant fin juillet 2018 (28/07/2018).
      Pour en savoir plus, cliquer ICI sur l’article d’été l’évoquant.

  7. Martin dit :

    Bravo pour l article

Les commentaires sont fermés.