Lancement de la concertation « Ensemble pour une école inclusive » avec un déni de la parole des accompagnants AESH et de leurs attentes

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Le 22 octobre 2018, devant un public nombreux (une trentaine) du CNCPH   (Conseil National Consultatif pour les Personnes Handicapées)  Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, ont lancé la concertation « Ensemble pour une école inclusive »

Cette opération devrait s’effectuer en lien avec l’ensemble des  acteurs concernés: les associations, les parents, les organisations syndicales, les accompagnants et les membres  du CNCPH.

Note UNEAVS

A cette occasion, on notera que seuls 2 collègues AESH du collectif AESH Loi 2005 et AESH loi 2005 Iles de France se sont dévoués pour répondre à l’invitation du Ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, et secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées. Ces derniers ont refusé la prise charge des frais de déplacement de ses 2 collègues AESH du collectif AESH loi 2005 ainsi que ceux d’autres départements (consulter Ici leurs réactions).

En outre, l’association UNEAVS représentant 7500 adhérents AESH à ce jour n’a fait l’objet d’aucune invitation à participation ( !!!!) alors que S.Cluzel n’en saurait ignorer son existence depuis 2008, ni sa présence aux travaux interministériels sur la professionnalisation des AVS de Septembre 2012 à juin 2013. Il s’agit d’un déni manifeste de la parole des 80 000 AESH, de l’éducation nationale par mépris délibéré à leur égard.

J.M Blanquer et S.Cluzel s’assoient visiblement sur les valeurs fondamentales de la participation publique établies par l’AIP2 (association internationale pour la participation publique)

Valeur 4 : Le processus de participation du public doit solliciter et faciliter activement la participation de toutes les personnes susceptibles d’être touchées.

C’est un fait. On ne peut prétendre conduire une concertation sur l’éducation inclusive sans la participation effective de toutes les personnes concernées, à commencer les accompagnants AESH, et en ne lui donnant pas les moyens effectifs d’y participer.

Ainsi cette pseudo-concertation devrait se décliner en 3 axes thématiques. Pour aller à l’essentiel, cela se décompose ainsi

1 -Attendus des familles et des associations pour une scolarisation de qualité des élèves en situation de handicap,

Il s’agit de renouer les échanges avec les associations de handicap représentatives du CNPH en attente d’une prise en compte urgente de leurs préoccupations depuis juin 2017, date de nomination de S.Cluzel comme secrétaire d’Etat aux handicaps. Se rappeler de l’existence du CNPH rattaché à son ministère au bout de 15 mois d’exercice de pouvoir est assurément remarquable.

2 – Un métier d’accompagnant attractif avec des perspectives d’avenir

Groupe de travail 1 : Amélioration des conditions d’exercice des accompagnants

  • Mieux reconnaître et valoriser les spécificités des missions des AESH
  • Poursuivre la montée en compétences des AESH au sein de l’équipe éducative
  • Structurer et animer un véritable réseau métier AESH

Notes UNEAVS

Ce groupe de travail s’effectuera exclusivement avec les représentants d’organisations syndicales représentatives siégeant au comité technique MEN, dans le cadre de l’agenda social fixé par le MEN.

Ces organisations syndicales auront ainsi à exprimer leur seul avis sur l’information institutionnelle à produire aux AESH et sur un ripolinage de la  circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017 Missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Il serait ainsi envisagé par le MEN d’imposer plus de contraintes de services (accompagnement mutualisé par AESH sur plusieurs élèves et/ou plusieurs établissement scolaire institué comme norme prioritaire et obligation d’accompagnement  sur aide aux devoirs à l’école, sorties scolaires avec nuitées). Et c’est tout.

En effet, le MEN n’a aucune intention clairement affichée d’aborder et d’éclaircir les conditions d’emploi (Fonctions et lieux d’exercice : affectation-Temps de travail et quotité de service) et les conditions de rémunération (Grille de rémunération-revalorisation salariale-entretien professionnel…prise en compte des déplacements professionnels…) des salariés AESH en poste.

Or, ceux sont ces 2 points que les 80 000 AESH actuellement en poste considèrent comme prioritaires à traiter, sur tout autre.

En outre, l’agenda social fixé par le MEN en mai 2018 indique que cette concertation « Amélioration des conditions d’exercice des accompagnants »  aura lieu en 2019, soit après les élections professionnelles de décembre 2018 au sein de l’éducation nationale. Ces dernières se traduiront vraisemblablement par une recomposition de la représentation syndicale au sein du comité technique MEN pour une installation et mise en place officielle courant janvier 2019. Le nombre de réunion mensuelle programmé jusqu’au 11 février 2019 pour cette concertation s’en trouvera réduit à …un, au mieux 2.

Groupe de travail 2 : co-construction d’un dispositif second employeur.

  • Compléter le temps de travail des accompagnants sur les temps péri et extra scolaires dans le respect du référentiel métier du DE AES « éducation inclusive et vie ordinaire »

Il est prévu d’y associer un groupe “expert” ayant la charge d’expliquer comment faire traverser la rue à un AESH pour trouver un second emploi » aux participants du groupe de travail 2. Il n’est pas venu l’idée au ministère de l’éducation nationale et au secrétariat aux Handicap d’y associer plutôt un groupe “expert” ayant en charge d’expliquer “comment retenir un agent  rémunéré 600 euros par mois ayant envi de fuir un emploi AESH aux conditions d’exercice exécrable ou ingérable”.

Note UNEAVS

C’est le seul groupe de travail où les accompagnants AESH (dont 2 collègues AESH des collectifs Loi 2005 AESH) peuvent être conviés à exprimer leur avis d’où leur légitime colère (cliquer ICI).

A travers la constitution de ce groupe de travail 2 et du contenu de travail se dévoile toute l’hypocrisie de cette concertation sur l’éducation inclusive.

Ce qu’il faut savoir :

Dès la première réunion en octobre 2012 des travaux interministériels sur la professionnalisation des AVS, les 2 représentants UNEAVS eurent la surprise de faire face à l’animosité de la délégation Fnaseph, conduite alors par la présidente du moment, S.Cluzel, aujourd’hui secrétaire d’état aux handicaps.

D’emblée, cette dernière avait estimé que les 2 représentants UNEAVS avaient tort d’être AVS, porteurs de parole de leurs collègues AVS, n’ayant pas à apprécier ou remettre en cause les points de vue de son association Fnaseph sur sa conception des missions d’un AVS tout temps de vie (scolaire, péri-scolaire et extra-scolaire) . Ne s’en laissant pas conter de ce diktat associatif, les 2 représentants UNEAVS n’en gardèrent pas moins un souvenir pénible des échanges avec la délégation fnaseph, de sa présidente S.Cluzel, lors de ces travaux interministériels entre septembre 2012 et juin 2013 où ne leur furent pas épargnés les négations de leurs témoignages de l’existant, les coupures de prise de paroles, la dénaturation de leurs réflexions et analyses dans les CR de réunion, les quolibets, la mise à l’écart, les odieuses tentatives de déconsidération professionnelle et personnelle… et nous en passons.

La cause de cette posture de mépris à l’égard des 2 représentants UNEAVS : leur volonté de s’opposer à une présentation idyllique et irréaliste d’un accompagnement tout temps de vie (scolaire, péri-scolaire et extra-scolaire) alors déjà défendu par la Fnaseph, par sa présidente S.Cluzel, et niant l’existant vécu des AVS en poste comme de leurs préoccupations prioritaires.liées à leur intenable précarité. (pour en savoir plus, cliquer ICI et ICI)

De fait, pour l’UNEAVS, le Groupe de travail 2 « co-construction d’un dispositif second employeur », annoncé lors de cette concertation sur l’éducation inclusive, aura à débattre une seconde fois de promesses de second emploi imaginaire ailleurs pour des AESH afin de mieux nier la réalité actuelle d’aggravation de leur précarité financière comme de leurs attentes prioritaires du moment. En un mot : une nouvelle fumisterie sociale de grande ampleur à l’égard des AESH !

3 – Mise en œuvre de l’expérimentation des Pôle Inclusifs d’accompagnement localisé (PIAL),

Un nouveau dispositif au contenu et contour flou  pour les enseignants et organisations syndicales invités à le découvrir et, avant même de connaitre leur avis, objet de mise en œuvre sous forme d’expérimentation dans une kyrielle de dispositifs existants en matière de scolarisation des élèves en situation de handicap.

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23 commentaires pour Lancement de la concertation « Ensemble pour une école inclusive » avec un déni de la parole des accompagnants AESH et de leurs attentes

  1. jocelyne dit :

    Jocelyne 85

    Bonjour

    http://www.mission-nationale.fr/

    Je vous joins un lien concernant un rapport émis par le défenseur des Droits et remis le 14 décembre à Mme S. CLUZEL sur l’accès des enfants en situation de handicap aux accueils de loisirs.

    Après avoir analysé la situation actuelle, il propose des solutions afin d’améliorer l’accueil des enfants en situation de handicap.
    Il constate que cela implique un renfort d’encadrement mais que celui-ci doit être pensé bien en amont et que de nombreux facteurs sont à prendre en compte.
    Il apparaît que la solution consistant à recourir aux AESH n’est pas la plus économique (cf tableau p 44) et que cette solution quelque peu « simpliste » ne répond pas aux exigences de qualité que l’accueil de ses enfants nécessite.

    Il me semble que cette proposition de solution est une solution  » miroir » à ce qui s’est fait sur le plan scolaire.
    En effet, une fois de plus, l’AESH vient là sans vraiment faire partie d’une équipe, est nommée selon le besoin renforçant ainsi sa précarité puis est remerciée quand l’enfant n’est plus là. De plus, cela traduit l’absence de reconnaissance de notre spécificité qu’est l’accompagnement scolaire.

    Finalement j’ai l’impression que nos décideurs ne connaissent rien à notre métier, qu’ils ont une vision réductrice de nos fonctions, de notre rôle. J’ai l’impression qu’ils nous voient comme des simples accompagnateurs de toilettes, d’habillage alors que cela occupe une très très très faible partie de notre temps de travail.
    Ils ne nous connaissent pas ou pire, ne veulent pas nous connaître et c’est bien là, me semble t-il, la source de cette absence de considération.
    En espérant que cela change et qu’enfin, grâce à cette concertation s’ouvre de nouvelles perspectives qui seront profitables à tout le monde, enfants, familles et professionnels.

    En attendant avez-vous quelques nouvelles ?
    Merci
    Cordialement.

    • briand0493 dit :

      Bonjour Jocelyne,
      Nous vous remercions de l’envoi de ce lien sur le rapport de la Mission Nationale Accueils de Loisirs & Handicap. vous vous n’êtes pas trompé sur cette l’importance à accorder à ce rapport de cette mission. En effet, le secrétariat aux handicaps et le MEn comptent bien dans le cadre de la concertation école inclusive pour démontrer en Février 2019 que des possibilités d’emplois dans le péri-scolaire et extra-scolaire existent pour compléter l’emploi des AESH.
      Elle a été lancée sur impulsion du secrétariat d’état aux handicaps en janvier 2018 avec un objectif « démontrer que les besoins d’accompagnement d’enfants en situation de handicap pour le péri-scolaire et extra-scolaire existent « . Au bout de 3 mois de travaux !! la mission avait pratiquement déjà établi ces conclusions telles que nous les retrouvons dans le rapport présenté le 14 décembre, sous la houlette paternaliste du défenseur des droits, Jacques Toubon.
      La mission notait déjà au mois de mars 2018 que les besoins d’accompagnement d’enfants handicapés en péri-scolaire et extra-scolaire (donc des emplois spécifiques) restaient marginaux. Elle aura passé le reste de son temps jusqu’en décembre 2018 pour établir une démonstration que cela ne pourrait pas être marginal à l’avenir si les structures d’accueils et de loisirs disposaient des subventions supplémentaires.
      Vous avez pointé avec justesse que pour eux un renfort d’encadrement de l’existant (avec les subventions ad hoc évidemment) était prioritaire sur la solution consistant à recourir aux AESH, pas la plus économique, quelque peu « simpliste » car ne répondant pas aux exigences de qualité que l’accueil des enfants handicapés nécessite.
      Nous avons pointé autre passage très instructif  » c’est le statut même des animateurs, leur turnover, la précarité de leurs contrats et leur manque de qualification qui fragilisent les équipes. Une récente étude réalisée par la Maison de l’emploi du Chinonais, dans l’Indre-et-Loire, montre à la fois la précarité du statut des équipes d’animation (56% d’emplois précaires) et d’importantes difficultés de recrutement et d’attractivité de ces emplois, pour la moitié des accueils de loisirs du territoire….. Il existe un fort turnover d’une année sur l’autre, les équipes se renouvellent généralement à la rentrée car ce sont des contrats de 7/8h hebdomadaires en CDI, dès qu’il trouve mieux, les salariés partent. »
      Au final de ce rapport Nous avons
      – des besoins d’emploi d’accompagnement d’enfants handicapés inexistants dans des structures d’accueil et loisirs mais des voyants experts déclarent d’après leur boule de cristal numérique qu’ils voient les besoins se profiler dans la brume du matin
      – des emplois d’animateurs existants plus que précaires sur le péri-scolaire et extra-scolaire mais pas de proposition d’amélioration de leur condition de trvail
      – une demande de subventions (30 000 000 Euros/an) pour les associations d’accueil et de loisirs pour accomplir les miracles attendus « lève toi et marche »
      – des responsables de la Mission nationale plutôt préoccupés à ce jour par se maintenir en poste confortablement rémunéré que par les préoccupations actuelles des AESH.

      En attendant la réponse à votre interrogation sur la concertation éducation inclusive « avez-vous quelques nouvelles ?
      Nous savons que dans le cadre de cette concertation,
      -lE SGEN-CFDT a été reçu en bilatérale(SGEN-CFDT / INTERLOCUTRICES ET INTERLOCUTEURS DE DIFFÉRENTS SERVICES MINISTÉRIELS), le vendredi 14 décembre 2018 avec un focus prioritaire le métier d’accompagnement d’enfant en situation de handicap AESH (CR en cliquant ICI)
      -le Collectif AESH En action! fait état de sa participation à une réunion focus « accompagnement temps peri et extrascolaire » le 19 décembre 2018 (CR en cliquant ICI)
      Sur ce dernier point, nous estimons au sein de l’UNEAVS que 2 conseillers de ministère ( Patrice Fondin du secrétaire d’état aux handicaps et Isabelle Bryon, délégué à l’inclusion scolaire auprès du MEN) ne doivent pas être très bien de la tête pour imposer !!!! à des représentants AESH le maintien de l’étude de la question des compléments d’activités sur les temps péri et extra-scolaire alors que cette question est rejetée unanimement par ces représentants.

      Point sur les mesures suite annonce Macron ‘100 euros pour les personnes au SMIC)
      – augmentation de 1,5% des rémunérations des collègues AESH à compter du 1er janvier 2019 (soit entre 10 et 15 euros brut). Seuls les AESH en CDD/CDI situés à indice plancher sont concernés par cette augmentation de 1,5% sur rémunération de janvier
      -les quelques AESH bénéficiant de la prime d’activité versés par la CAF ont eu la désagréable surprise que l’augmentation de 20 euros promis en octobre 2018 puis confirmé en partie par Macron fin novembre, s’est transformé fin en décembre 2018 en 15 euros.

      L’adage « chassez le naturel (mépris et condescendance), il revient au galop » semble en bonne voie à nouveau s’appliquer pour la gouvernance actuelle dès les fêtes de fin d’année écoulées.

  2. jocelyne dit :

    Jocelyne 85

    Bonjour,

    https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/795081-le-monde-en-face.html

    Je mets le lien permettant de voir le débat qui a suivi la diffusion du très beau documentaire Extra-ordinaire dans l’émission « Le Monde d’en face » de France 5 du mardi 20/11/2018.

    Vers la minute 27 est abordé le thème de l’école inclusive et les propositions présentées par Mme CLUZEL.
    On y apprend que le temps d’accompagnement scolaire ne peut offrir 35h d’où la proposition du travail en centre de loisirs au nom de l’accompagnement sur tous les temps de vie. Je doute fort de cette proposition qui, tant sur sa mise en place que sur sa pertinence, me semble inadaptée à la situation des enfants et des AESH.
    En effet les enfants ont souvent des prises en charge le mercredi (SESSAD, CMP, Ergo…) et d’instaurer double, voire triple employeurs pour les AESH, risque de compliquer sérieusement leur situation professionnelle.

    A la minute 35 :
    La journaliste Elizabeth Tchoungui, maman d’un garçon autiste Asperger dit sa confiance en son enfant et dit « Il a tellement progressé depuis qu’il a une AVS ». D’ailleurs dans le reportage il est aussi démontré l’importance de l’AVS pour Éloïse. La famille et les enfants voient donc le bénéfice d’un tel dispositif qui, à terme, va permettre aux enfants de devenir des adultes autonomes.

    A la minute 38 :
    La problématique de l’emploi accompagné est discutée. Mme CLUZEL affirme
    « ce maître mot c’est L’ ACCOMPAGNEMENT »
    et elle conclut à la minute 39,36
    « On est autonome parce qu’on est bien ACCOMPAGNÉ ».

    En résumé, tout le monde, y compris Mme CLUZEL, s’accorde sur l’importance de l’accompagnement, de son rôle préventif, de son rôle économique et, le plus important, de son rôle humain et social.
    Alors si un tel mot revêt autant de qualités, d’enjeux, pourquoi mépriser les personnes dont c’est le métier ?

    J’avoue que le discours, qui par ailleurs comporte des idées intéressantes, notamment sur l’emploi accompagné, ne semble pas être en conformité avec les actes. J’espère que les annonces de février prochain me contrediront.

    J’espère que le lien fonctionne.
    Merci
    Cordialement

    • briand0493 dit :

      Bonsoir Jocelyne,
      Nous faisons passer votre lien et votre analyse du documentaire.
      S’agissant votre observation sur la posture de Cluzel, nous noterons qu’elle revendique avant tout par son discours théorique, sa prééminence sur les AESH ancrés dans la pratique au titre de savoirs conceptuels de l’accompagnement qui ne sont pas forcément incohérents ou qui peuvent se révéler pertinents. Sauf qu’à ignorer sans cesse la réalité du terrain des AESH s’enrichissant avant tout de leurs savoirs pratiques, ce discours en devient surréaliste, dangereux surtout s’il s’accompagne de proposition d’actes déconnectée du terrain, aggravant la situation de précarité socio-économique des AESH.
      La posture de S. Cluzel dans cet entretien n’est pas différente de la posture de sa gouvernance politique majoritaire face aux manifestations de gilets jaunes, c’est à dire incapable de concevoir, de comprendre, d’imaginer les souffrances de millions de personnes en situation de précarité qui survivent avec moins de 1000 euros/mois.

    • GG(21) dit :

      Bonjour, la norme est souvent de 20h30 (ou moins bien sûr!), cependant je rappelle que le temps de travail est de 24, 26 ou 32 heures selon le lieu d’exercice(école, collège ou lycée), que les emplois du temps dans le secondaire ne permettent que très rarement un emploi complémentaire(cours le mercredi). Enfin, les mairies sont-elles financièrement solides pour créer encore des emplois alors que les emplois aidés ne sont plus financés…
      Bon courage à vous

      « Le hasard n’a jamais encore satisfait les espoirs d’un peuple qui souffre » Marcus Garvey

  3. jocelyne dit :

    Jocelyne 85

    Et de deux !! Deuxième fois que l’on parle de nous à L’Assemblée Nationale avec, en plus, une information intéressante et désarmante : la baisse du budget concernant la formation des AESH.
    Si cela s’avère exacte il ne doit pas rester grand chose car excepté les 60 heures dispensées en début de mon contrat en 2007 je n’ai reçu, en 11 ans, aucune autre formation.
    Peut être suis-je une exception mais à lire les différents forums, accéder à la formation est une demande forte et constante des AESH prouvant ainsi l’absence de ces formations.
    Comme précédemment on élude le sujet et on politise la réponse.
    Avez-vous des informations concernant ce point ou d’autres points comme le statut, le salaire, les temps partiels ?

    Je mets le lien qui permet de voir les échanges entre les députés et M le Ministre. J.M. BLANQUER.
    http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/budget-2019-le-statut-des-aesh-nouveau-en-debat

    Merci
    Cordialement

    • briand0493 dit :

      Bonjour Jocelyne,

      Nous avons pris connaissance du lien fourni…Notre réaction au sein de l’UNEAVS aura été spontanément la suivante : Pppfffff.
      cela veut tout dire du degré de confiance que nous accordons aux déclarations tonitruantes d’un gouvernance politique (couple Blanquer/Cluzel) en annonce de progrès et d’améliorations à venir pour les AESH que les actes et les faits démentent chaque jour.

      En réponse à votre interrogation, « Avez-vous des informations concernant ce point ou d’autres points comme le statut, le salaire, les temps partiels ? »
      Nous sommes en vigilance pour le suivi du projet de loi de finances 2019 qui fixera les orientations budgétaires sur le dossier AESH. De ses orientations budgétaires, nous serons fixés sur les intentions réelles de la gouvernance quant à promouvoir une amélioration de la situations des AESH dans l’éducation nationale. L’intervention pertinente du député à l’AN pointant l’anomalie des crédits de formation en baisse allouées en 2019 pour les AESH et la réponse hors sujet du ministre Blanquer démontrent simplement que ce dernier s’enferre inextricablement dans une diffluence de la pensée dès qu’il est abordé le sujet de la situation des AESH. Cela ne relève rien de bon une diffluence de la pensée à ce niveau là.

      • christine dit :

        Christine du 28
        Bonjour,
        Je suis AESH depuis 12 ans, je n’ai eu également que les 60 heures de formation la première année, et encore, je dirais que c’était plutôt un survol du domaine du handicap.
        Cela fait un moment que je pense que nos instances dirigeantes ont l’idée de faire disparaitre purement et simplement les AESH. Mais tout cela n’est pas assumé,bien sûr, si cela se trouve nous entendrons que malgré les « améliorations du statut des AESH » , « plus personne ne veut travailler dans ce domaine », à charge aux enseignants de prendre la relève.

    • Coco dit :

      Bonjour,
      Non Jocelyn vous n’êtes pas une exception, j’ai également été recrutée en 2007 et n’ai pas bénéficié d’autre formation que les 60 heures d’accueil (qui s’apparente plutôt à une information très généraliste qu’à de la formation proprement dite), et cela malgré ma demande réitérée chaque année d’être formée aux gestes de premiers secours, la base me semble t-il quand on travaille en ULIS auprès d’élèves porteurs de handicaps moteurs.
      L’EN a aussi « oublié » de s’occuper de l’évolution de ma carrière, puisqu’après 11 ans de bons et loyaux services, et en CDI depuis 2014, je suis toujours à l’échelon Zéro, indice Plancher ! Un vrai bonheur…

  4. Monia dit :

    Bonjour
    J aurais souhaité savoir à combien s élève le salaire brut et net d un salarie aesh à temps plein en cdi et celui d un salarié aesh à mi temps .
    Merci par avance.

  5. jocelyne dit :

    Jocelyne 85
    Bonjour,

    http://videos.assemblee-nationale.fr/video.6923282_5be590cf864e7.2eme-seance–loi-de-finances-pour-2019-seconde-partie-suite-9-novembre-2018

    Ce lien permet de voir les échanges sur la situation des AVS/ AESH qui ont eu lieu aujourd’hui à l’Assemblée Nationale vers 15h30 entre différents députés.
    .
    On y voit M. Maillard, député LREM répondre à différentes interpellations ou remarques émises par 3 députés à propos de l’amendement 1062 présenté par M. RUFFIN.

    Par ailleurs, l’échange qui a débuté vers 15h00 porte aussi sur d’autres professions, auxiliaires de vie sociale, animateur péri scolaire, ATSEM et les réponses apportées par la rapporteuse ou par Mme la Ministre aux députés qui les interpellent, semblent quelque peu condescendantes pour ne pas dire méprisantes ou hors sujet.

    J’espère que la direction annoncée par M; le Député MAILLARD est réelle et que toutes ces professions sont autrement plus considérées par nos dirigeants que ce que l’on a pu voir ou entendre lors de cette séance.
    Maîtrisant moyennement l’outil informatique j’espère que ce lien fonctionne. Si tel n’est pas le cas j’espère que vous pourrez rendre visible et audible ces échanges qui sont par ailleurs intéressants car on s’aperçoit que certains représentants de la Nation connaissent notre situation et sont conscients de notre précarité.
    Merci
    Cordialement

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre commentaire : le lien que fournissez fonctionne bien
      Après visionnage des débats à l’AN, on découvre 2 aspects intéressants dans les échanges
      D’une part, les interpellations pertinentes du député Ruffin sur la situation de précarité des emplois auxiliaires de vie sociale, animateur péri scolaire, ATSEM …démontrent dans les échanges en découlant avec la gouvernance politique (rapporteur député LREM et ministre du travail) que cette dernière table uniquement sur les collectivités territoriales et les associations pour y répondre. Ce à quoi, un député signale que ces mêmes collectivités territoriales (et par extension par le biais des subventions aux associations) ne disposent pas les moyens financiers pour pérenniser des emplois précaires auxiliaires de vie sociale, animateur péri scolaire, ATSEM et du fait de dotation d’état en baisse en sont même contraints à les supprimer. On constate bien que, face à cette 2ème interpellation en pertinence, la gouvernance politique (rapporteur député LREM et ministre du travail) fait l’autruche.

      D’autre part, quand le député Ruffin évoque encore une fois la situation de précarité des AESH, la gouvernance politique (rapporteur député LREM et ministre du travail) a cette ahurissante argumentation que nous connaissons bien : l’accès au CDI AESH après 6 années passées en CDD AESH permet de résoudre leur précarité !!!!

      Et il en découle de ces échanges à l’AN, une autre absurdité résultant du lancement de la concertation éducation inclusive par la gouvernance politique Blanquer/Cluzel) : chercher à résoudre la problème de la précarité du personnel AESH en leur proposant la possibilité de cumuler avec….(sic) des emplois précaires auxiliaires de vie sociale, animateur péri scolaire, ATSEM…
      Autrement dit, le député Ruffin (et député intervenant) ne font que mettre le doigt sur une réelle imposture mentale de la gouvernance politique Penicaud/Blanquer/Cluzel : tenter de résoudre un problème d’emploi précaire…par un problème autre d’emploi reconnu précaire. Un problème autre devient la solution ????!!!!! cela relève simplement d’une structure mentale délirante.

  6. Nico dit :

    Je fais déjà de l’aide aux devoirs après la classe. Qu’est ce que vient faire cette histoire de periscolaire, mon métier c’est pas animateur. Vous pensez que les mairies payeront ? moi j’y crois pas une minute. Pourquoi on devrait travailler avec les élèves plus que les enseignants ? On va encore être bien loin d’un vrai statut de titulaire de la fonction publique (cat.B), d’une véritable formation,d’un salaire décent.

  7. stella spotlight dit :

    Bonjour,

    Je ne sais si vous avez visionné l’émission « C’est à vous » du 30/10 sur la 5 où un des invités était Sophie Cluzel. Celle-ci a évoqué sa fille trisomique mais a surtout évoqué les AESH en affirmant avoir été un peu beaucoup à l’origine de la création de cette fonction. Comme il a été question de l’intervention de François Ruffin qu’elle a passablement démonté parce qu’elle considère qu’il ne s’agit là que d’un coup de pub, elle évoque à la 27eme minute le temps partiel des AESH en réaffirmant que de toutes façons ne pourront être proposés que des temps partiels. Ce boulot est un boulot à temps partiel et il va bien falloir se mettre ça dans le crâne, il n’y a pas de perspective dans cette fonction. Parce que l’école est à temps partiel. Il ne sera pas question pour les personnels de voir leur temps de travail augmenter au sein de l’éducation nationale, il sera question, en revanche, d’intervenir dans d’autres cadres (l’animation socio-culturelle est grandement évoquée avec les « plans mercredi »).
    Pour ceux qui ont des temps incomplets, nous ne faisons pas partie de la concertation et ils devront accepter, pour avoir un temps plein de faire de l’animation. Youpi !!! Merci Macron.
    https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-10/762809-c-a-vous.html

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre commentaire,
      Après avoir visionné cet entretien à TV5, nous constatons que la stratégie de communication de S.Cluzel reste invariable. Elle résulte d’un procédé manipulatoire bien connu: victime-persécuteur-sauveteur.
      étape 1: disposer de statut commode de victime à plaindre
      -mettre en avant complaisamment ses souffrances de vie personnelle en tant que parent d’un enfant aux difficultés particulières.

      Etape 2: être persécuteur en désignant des persécuteurs
      nier les attentes et préoccupations des AESH en poste confrontés à des conditions de travail exécrable ou ingérable et de conditions de rémunération indécentes.Au besoin soit les discréditer, soit décréter qu’à tenter de faire état de leurs préoccupations, les AESH ou tout autre personne ne peuvent qu’être des dangereux manipulateurs ou soucieux de se faire de la pub sur le dos des enfants handicapés.

      Etape 3 : endosser un rôle de sauveteur
      Pour faire « oublier » le rôle de persécuteur, déplacer les problèmes ailleurs et en un avenir lointain pour ne pas avoir à les traiter ici et maintenant. Cette tactique a d’autant plus de chance de réussir que personne n’osera mettre en doute la fiabilité du déplacement de problèmes par une victime devenu sauveteur. Tout le monde trouvera cela admirable. C’est tout le but caché recherché de ce processus manipulatoire: susciter l’admiration inconditionnelle.

      C’est du très grand art manipulatoire que les 2 représentants UNEAVS avaient découvert lors des travaux interministériels sur la professionnalisation des AVS en 2012-2013 quand il se sont trouvés confrontés dans les échanges face à S.Cluzel, alors présidente de la Fnaseph. Hier ou aujourd’hui, Cela reste le même type de fonctionnement… pénible et lassant.

      • Jocelyne dit :

        Jocelyne 85

        Bonjour

        Tout à fait d’accord avec votre analyse concernant Mme CLUZEL qui sait très bien utiliser les différents supports médiatiques (presse écrite, TV…) et a mis en place un plan de communication assez redoutable.
        En effet pour ceux et celles qui ne voient ce sujet que de l’extérieur, cette personne apparait comme légitime (étant mère d’une enfant en situation de handicap), experte (ancienne présidente d’associations) et bien placée (secrétaire d’ETAT) pour faire « avancer » les choses.

        Aujourd’hui on s’aperçoit que l’on se retrouve vraiment seules ; pas d’appui au niveau du gouvernement, pouvoir limité au niveau des syndicats, il ne reste que les familles et nous.

        Alors pourquoi ne pas utiliser les mêmes moyens qu’elle : les médias, les réseaux sociaux etc ..
        M; RUFFIN a mis en avant notre situation mais les comptes rendu de son intervention se sont surtout focalisés sur la fin de son discours et non pas la partie dans laquelle il indiquait nos conditions de travail, notre salaire notamment. L’information n’est donc pas passée dans sa totalité et son appartenance à un parti politique a pu rendre inaudible son message pour une partie de la population.
        Par ailleurs Samuel LE BIHAN à travers la promotion de son livre ( Journal de 20 h de France 2, émission « On n’est pas couché » du 03/11/2018) aborde notre existence mais sans entrer dans le détail de notre situation professionnelle.

        Il faudrait donc trouver un juste milieu, un moyen d’informer de manière objective, percutante et efficace afin de mettre une pression dans les débats. Nous avons un point fort c’est le nombre :
        – nombre de personnes qui exercent ce métier (environ 80 000 personnes si je ne me trompe pas)
        – le nombre d’enfants accompagnés ( autour de 180 000 me semble t-il) qui recoupent donc 180 000 familles

        Je sais que le lien est assez lointain mais à l’heure des futures élections européennes cela représente un certain nombre d’électeurs et donc un moyen de pression supplémentaire.

        Ma réflexion reste encore vague car je ne saurai encore dire comment, avec qui etc …
        Peut -être y a t-il parmi vos lecteurs, votre équipe, vos connaissances des personnes qui auraient des compétences liées à la communication et qui pourraient nous aider ?

        En tout cas ce que je remarque c’est que lorsque des pétitions sont lancées, lorsque les réseaux sociaux s’emparent d’un sujet, les médias ne tardent pas à réagir.
        Voilà ce ne sont que quelques réflexions qui peuvent peut -être en appeler d’autres;

        Merci
        Cordialement
        Jocelyne

        • briand0493 dit :

          Bonjour,
          En réponse à votre interrogation, « Peut -être y a t-il parmi vos lecteurs, votre équipe, vos connaissances des personnes qui auraient des compétences liées à la communication et qui pourraient nous aider ? »
          . L’UNEAVS demeure depuis 2008 une association exclusivement composée d’adhérents AESH ou AVS, au moyen limite (le budget de l’association est très précaire, sans subvention…)ce qui limite considérablement ses possibilités d’intervention directe.
          Mais elle a bien étoffé son réseau de communication (médias, réseaux sociaux,…) avec des organisations syndicales, des associations handicap, socio-médicales,des élus politiques et des citoyens… et l’active systématiquement quand l’actualité le rend nécessaire. Son site en lui-même traduit par sa fréquentation (40 000 visiteurs par mois en moyenne, 500 000 visiteurs) un facteur non négligeable qui lui permet de se faire entendre à travers le réseau de communication. Nous savons que les organisations syndicales, les associations handicap, socio-médicales, des élus politiques et des citoyens sont attentives à la publication des post sur le site et de la réaction de l’Uneavs sur telles mesures prévues ou engagées. Ils savent inter-agir avec efficacité en conséquence.

          Vous soulignez qu’ à l’heure des futures élections européennes cela représente un certain nombre d’électeurs et donc un moyen de pression supplémentaire sur le pouvoir politique. Nous en sommes plus que conscient. Par la politique menée par le MEN et le secrétariat aux handicaps à l’égard des AESH, pur reflet d’une conception technocratique de la démocratie confisquée par une élite aisée, l’UNEAVS ne considère pas que la gouvernance majoritaire actuellement au pouvoir (Edouard Philippe), le mouvement En Marche et la présidence Macron comme un rempart efficient contre la montée populiste de droite s’opérant à l’échelle Européenne.

    • GG(21) dit :

      Bonjour, l’école ne peut proposer que des temps partiels soit 24 heures… cette phrase est moitié fausse, moitié vraie: premièrement, un collégien travaille au minimum 26 heures et un lycéen 32 heures minimum et deuxièmement la majorité voire la norme des contrats AESH est plutôt de 20h30…
      Travailler le mercredi… super, encore moitié vrai moitié faux… Les collégiens et les lycéens travaillent le mercredi…et les communes sont économiquement faibles!
      Comme dit un proverbe grec: la demi ignorance est pire que l’ignorance!
      merci et bon courage à vous

  8. C ‘ est tout simplement odieux ! Cette année, je m occupe de deux élèves hautement handicapés. Un est autiste et l’autre a le syndrome Gilles de la Tourette. 30 heures hebdo en lycée pro. J ‘ avoue que c’est très lourd. Énergivore et épuisant. Digne d’une infirmière en psychiatrie. Et tout ça avec le sourire et 700 euros pour vivre « indecemment »
    Une honte !

  9. jaky dit :

    Excellent:, »Il est prévu d’y associer un groupe “expert” ayant la charge d’expliquer comment faire traverser la rue à un AESH pour trouver ……de fuir un emploi AESH aux conditions d’exercice exécrable ou ingérable”.
    j’ai rigolé ! et on peut aussi rajouter que les AESH pourront aussi s’acheter un costard (en référence à la réflexion de M.Macron à un gréviste en tee-shirt qui, en travaillant plus pourrait s’acheter un costard en mai 2016) On voit que les priorités politiques c’est faire travailler plus les petits pour couter – à l’état, sur le dos des personnes en situation de handicap.
    Et surtout si on râle, c’est pas parce que c’est justifié. NON mais parce qu’on n’a pas compris, c’est la phrase four-tout, des politiques. Il faut expliquer aux débiles de français, ils ont pas compris!!!

  10. aeshloi2005 dit :

    Tout à fait d’accord avec cet article !

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