contractuels AESH/AVS dans l’éducation nationale: un rapport de la Cour des Comptes implacable, un MEN et un secrétariat aux handicaps à côté de la plaque !

Fin mars 2018, la cour des comptes publiaient un rapport intitulé “le recours croissant aux personnels contractuels de l’éducation nationale”. A sa lecture sur les passages relatifs au AESH/AVS, on y relève un panorama très peu reluisant de la situation AESH/AVS que nous décryptons ci-après dans un premier temps.
Puis, fin mai 2018, sur audition de la commission finance sénatoriale, des représentants du MEN (Degesco et DGRH) sont invités à exprimer leur avis sur ce rapport de la cour des Comptes. Dans un article du site aeshloi2005, un collègue AESH y décrypte les échanges avec une telle pertinence que nous avons souhaité en faire état dans un second temps. 

Reste qu’il demeure  un sentiment abyssal, que ministère de l’éducation nationale et secrétariat au personnes handicapés se sont engagés, à l’abri des regards,  dans un vaste projet de “déconstruction “ systématique de la professionnalisation des AESH/AVS en établissant comme  norme institutionnelle contrainte, leur précarité socio-économique et professionnelle, sous couvert de nécessité de “performance budgétaire”. Le discours institutionnel et politique au sujet des AESH/AVS en est d’autant plus effrayant qu’il s’appuie sur un langage de proposition d’un  “ailleurs et après” magnifié mais imaginaire dans la plus absolue négation d’une prise en compte de leur  “présent et ici” trop réel car terriblement désespéré.

 

Extrait du rapport de la cour des comptes “Le recours croissant aux personnels contractuels dans l’Éducation nationale” – mars 2018

Une volonté de suppression des emplois EVS “Aide aux directeurs d’école et Vie scolaire” d’ici la rentrée scolaire 2018

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Une volonté de substitution  du personnel AESH par des volontaires du service civique à la rentrée scolaire 2018

“…L’ajout d’une mission auprès des enfants en situation de handicap rapproche encore les volontaires du service civique des assistants d’éducation et des AESH. Bien que les circulaires annuelles du ministère des affaires sociales rappellent que « en aucun cas la mission ne doit se substituer à un emploi [car] il ne s’agit pas de recruter du personnel mais d’offrir des opportunités de misions intéressantes à des jeunes qui ont le projet de s’engager » Le risque de substitution, souligné dans l’insertion consacrée au service civique dans le rapport public annuel de la Cour paru en mars 201859, semble réel lorsque le volontaire n’est pas en binôme avec un AESH dans le cadre de la nouvelle mission d’accompagnement des enfants handicapés… En pratique, il est d’autant plus difficile de s’assurer du respect de ce principe qu’aucun contrôle n’a été diligenté, ni par l’agence du service civique ni par le ministère…

Note de l’UNEAVS

La règle du ministère des affaires sociales, clairement rappelée par le législateur en 2017, ( les missions d’intérêt général des volontaires service civique sont « complémentaires des activités confiées aux salariés ou aux agents publics et ne peuvent se substituer ni à un emploi ni à un stage), se retrouve allègrement piétinée  par le rectorat de l’académie de Toulouse dans sa note interne, adressée à tous les établissements scolaire. Cette note stipule dans son annexe que des volontaires service civique pourront “Contribuer à l’inclusion des élèves en situation de handicap” en binôme avec un AESH, et éventuellement accomplir les tâches qu’un AESH ne peut effectuer, faute de temps de travail accordé et rémunéré pour ce faire. (fiche 11  missions consultable ICI)

Des formations préalables à la prise de poste inexistantes et des formations d’adaptation “inadaptées”

….Les AESH recrutés sur titre disposent d’une formation préalable et ceux qui ont occupé  précédemment un poste d’accompagnant  d’une expérience pratique. Pour ces derniers, l’article 8 du décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 prévoit « une formation d’adaptation à l’emploi incluse dans leur temps de service [et ils] peuvent en outre bénéficier sur leur temps de service effectif de la formation nécessaire à l’obtention du diplôme. » Aucun AESH ne bénéficie d’une formation préalable à la prise de fonction, quelles que soient la nature et la gravité du handicap dont souffre l’élève qu’ils doivent accompagner…

…Une partie importante des contractuels reçoivent cette formation plusieurs mois après avoir pris leurs fonctions, ce qui rend inutile la partie qui présente l’institution scolaire et démobilise les participants. Selon les témoignages recueillis sur le terrain lors de l’enquête de la Cour, la partie la plus appréciée des accompagnants est l’échange de bonnes pratiques. En effet, les formations peuvent être peu appréciées d’un public dont une partie a un niveau scolaire peu élevé et qui recherche surtout des informations pratiques sur leurs élèves. Par ailleurs, l’incitation à y participer est inégale, car les DSDEN acceptent les refus de formation par les intéressés considérant que la proposition vaut décharge de responsabilité pour l’employeur. Enfin, l’organisation pratique (formations sous-traitées aux GRETA, aux associations voire à Pôle Emploi) est très variable.

Note de l’UNEAVS

Dans une Enquête flash récente auprès plusieurs centaines AESH, le Sgen-CFDT a relevé :

  • 50% des personnels AESH n’ont reçu aucune formation depuis les 80 heures obligatoires lorsqu’elles-ils étaient sous contrat AVS-CUI.
  • 25,5% ont eu accès à des formations spécifiques aux AESH.
  • 24,5% ont eu accès à des formations communes avec les personnels AVS.

Lorsque les formations sont proposées, seuls 17,3% des personnels sont remboursés des frais de déplacement! 29,1% ont participé aux formations sur le temps de travail et 21,8% en dehors du temps devant élèves. Les budgets des Rectorats pour rembourser les déplacements suite à des convocations à des formations (trop rares) sont bien en deçà des besoins réels. Des personnels AVS-AESH ne sont donc jamais remboursés ; l’employeur profite de la précarité de certain-e-s qui n’oseront pas réclamer des remboursements de peur de ne pas être renouvellé-e-s.

.L’attractivité d’un emploi AESH prenant un sérieux coup de plomb dans l’aile

(…) les AESH sont recrutés à temps incomplet, pour une durée hebdomadaire
qui varie avec celle de la scolarisation de l’enfant
lorsqu’il s’agit d’une aide individualisée. Il arrive qu’un même contrat couvre une aide individuelle et une aide mutualisée, ce qui permet d’obtenir une quotité de travail plus importante, mais cette possibilité n’est envisageable que si plusieurs enfants en situation de handicap sont scolarisés dans le même établissement ou dans des établissements proches. En milieu rural, elle est pratiquement impossible à mettre en oeuvre.

Chaque rectorat a mis en place un dispositif de repérage des CUI-CAE éligibles à l’intégration dans la catégorie des AESH et de transformation des contrats, en lien avec les DESDEN et l’établissement mutualisateur. Les agents dont le CUI-CAE est terminé ou va s’achever sont contactés et le dossier de ceux qui acceptent la proposition est examiné au niveau départemental, souvent par une commission où siège l’IEN-ASH. Il est difficile de mesurer le taux de perte qui s’explique par deux raisons : d’une part, certaines personnes ne sont pas intéressées par un contrat AESH qui reste précaire, à temps partiel et peu rémunéré ; d’autre part, quelques dossiers sont écartés par la commission au vu des appréciations médiocres  portées par les employeurs précédents. (…)

Un projet dévoilé d’accentuer la dégradation des conditions de travail des AESH

(…)Un mouvement de rapprochement, initié par le ministère chargé de l’Éducation nationale et le secrétariat d’État aux personnes handicapées, débute. La première étape consiste à diligenter une mission d’inspection commune sur la question des modalités d’évaluation des besoins d’accompagnement par les MDPH, et des disparités territoriales constatées dans les notifications. Ces éléments de diagnostics devraient permettre aux ministères en lien avec la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) de créer un cadre méthodologique pour rapprocher les prescripteurs que sont les MDPH et l’éducation nationale responsable de la mise en oeuvre et du financement et des décisions prises.(…)

(…) Le ministère ambitionne de faire en sorte que l’aide mutualisée deviennent la modalité d’accompagnement par défaut tandis que l’aide individuelle serait réservée aux élèves lourdement handicapés. Une autre piste serait, selon le ministère, de mutualiser des moyens d’accompagnement entre établissements et circonscriptions, initiative dont une expérimentation serait en cours dans l’académie d’Aix-Marseille.(…)

Note de l’UNEAVS

En clair, le ministère de l’éducation et le secrétaire d’Etat aux personnes handicapées affichent leur intention  d’inciter les MDPH, prescripteurs d’aide humaine par AESH à un élève,  à ne pas se conformer aux avis des  équipes de suivi de scolarisation d’un élève (famille, équipe enseignant, enseignant référent, professionnel de la santé et du médico-social) privilégiant un accompagnement individualisé  plutôt qu’un accompagnement mutualisé. Il  s’agit bien aussi de nier les besoins  d’un élève en situation de handicap et son droit à disposer d’un accompagnement par AESH favorisant son inclusion ordinaire dans les meilleures conditions possibles.

 

De MAUVAIS usage des contractuels à l’Education nationale !

Publié par aeshloi2005

Crise de recrutement de contractuels AESH-AVS

COMPTES RENDUS DE LA COMMISSION DES FINANCES -Mercredi 30 mai 2018 -Recours aux personnels contractuels dans l’éducation nationale – Audition pour suite à donner à l’enquête de la Cour des comptes  (les Notes AESH Loi 2018 sont effectuées à partir de la version Vidéo)

Gérard longuet, sénateur, rapporteur spécial.
…« Quel est selon le ministère, comment imagine-t-il de gérer ces contractuels, veut-il les rapprocher du statut général ou veut-il considérer que leur singularité doit être maintenue ?
Quelle est l’idée du ministère pour essayer de reprendre la main dans l’accompagnement des élèves handicapés, savoir si on cherche à avoir une norme nationale ou si on accepte l’idée que l’on n’est pas compétent dans ce domaine et que l’on laisse les commissions départementales choisir selon leurs habitudes ?….
…Les contractuels : est-ce un mal nécessaire ou une opportunité qu’il faut organiser ? »….

 M. Édouard Geffray, directeur général des ressources humaines du ministère de l’éducation nationale.

Je suis d’accord avec ce qui a été dit ici au sujet des nombreuses lacunes ou défaillances qui ont été pointées dans ce rapport, et contre lesquelles l’administration essaiera de lutter davantage encore grâce à l’éclairage que vient d’apporter la Cour des comptes….

….«Quand on est une institution qui sait effectivement répondre à 95% du besoin d’accompagnement d’élèves en situation de handicap, cette cause ayant été identifiée comme une priorité nationale pour ce quinquennat, dans le prolongement de priorités qui avaient déjà été affirmées précédemment, je crois que cela fait également partie de l’attractivité du métier que de savoir dire que cette performance-là est une performance qui à bien des égards mérite d’être saluée. »…

Note AESH Loi 2018
Ce n’est pas parce que l’institution prétend couvrir 95% des besoins en accompagnement d’élèves en situation de handicap que cela rend le métier d’AESH attractif.
Cette affirmation est tout à fait erronée dans la mesure où les nombreuses démissions des AESH sont la preuve que l’on ne peut tendre à énoncer un tel pourcentage, et ce, encore moins lorsque l’on connaît les difficultés de recrutement dues au manque d’attractivité socio-économique de cette profession. En avançant ce pourcentage, l’institution, à travers le DRH, démontre sa méconnaissance du terrain, et par conséquent, occulte les conditions de travail des AESH, qui sont loin d’être attractives !

« Je voulais commencer par ces éléments car je repars toujours de ce constat, ayant rejoint le ministère assez récemment, que à titre personnel depuis que j’y suis et que je vois ce qui s’y fait de manière très opérationnelle et sur le terrain et en central et pour partager quotidiennement la vie de ceux qui y travaillent c’est un ministère qui est capable de faire des performances assez remarquables. »…

Note AESH Loi 2018
Oh, le joli Ministère dans lequel ne se font que des « performances assez remarquables » ! :

  • Employer des personnes depuis plus de dix ans en les ballotant de contrats aidés en contrat de droit public, en leur faisant l’aumône d’un contrat à durée indéterminée au terme de six, voire huit années de période d’essai, à un salaire en-dessous du Smic.
  • Créer un diplôme de qualification de niveau V, alors qu’avant 2016 les AESH étaient recruté(e) au niveau Bac !
  • Ecarter les AESH de toutes les formations auxquelles ont accès les enseignants, et ce, depuis la création de ce diplôme niveau V
  • Ne pas appliquer l’évolution de la grille indiciaire ;
  • Ne pas mettre en place les entretiens professionnels, ni assurer leurs suivis quand ils ont lieu (quelques fois)

Ah pour être remarquables, les performances de l’Education nationale le sont !

…Concernant les AESH, il y a un travail qui a été entamé avec le ministère des affaires sociales et qui sera ensuite élargi aux conseils généraux pour travailler sur cet aspect d’accompagnement individuel versus accompagnement collectif »…

…« C’est-à-dire que l’on voit bien que l’accompagnement individuel, y compris en terme de vie de classe n’est pas toujours l’instrument le plus opportun, il peut l’être parfois pour des handicaps très lourds, mais il ne l’est pas de manière systématique, loin de là, et donc il y a tout un travail qui va être mené là-dessus, pas tant dans une logique de réduction à tout prix du nombre de personnes que de stabilisation d’un dispositif qui croît à grande vitesse et puis surtout d’efficacité d’accompagnement des enfants et d’adaptation à une ressource qui doit être, qui pour être qualifiée ne doit pas trop non plus excessivement abondante »…

Note AESH Loi 2018
Non seulement, les AESH seront géré(e)s par le ministère des affaires sociales, mais elles/ils seront également à la merci des Conseils régionaux. Attractivité, où es-tu ?

Il ne faudrait surtout pas que les AESH soient une ressource « excessivement abondante ». « Performance remarquable », si l’en est, qui amorce la disparition programmée de notre métier !
Lorsque l’on sait d’une part, que nous ne sommes pas toujours « l’instrument le plus opportun » en classe, et que d’autre part, nous faisons « écran entre l’enseignant et l’élève », comme aime à le clamer la secrétaire chargée du handicap, depuis son retour de sa tournée européenne, il est logique que le discours institutionnel ne porte plus que sur la formation des enseignants !

Philippe Thurat, Sous-directeur de la gestion des programmes budgétaires à la direction générale de l’enseignement scolaire
…« La DGESCO  partage le constat de la Cour des Comptes sur l’augmentation extrêmement forte de la prescription d’accompagnement. En 2008, on enregistrait 42 000 élèves bénéficiant d’une prescription d’accompagnement par les MDPH ; fin mars 2018, on en enregistrait 172 000. Je ne vais pas revenir sur la performance quotidienne des services académiques qui à tout moment de l’année scolaire et en tout point du territoire font en sorte de couvrir 95% des demandes de prescriptions. »…

Note AESH Loi 2018

Non n’y revenez pas. Cessez simplement de proclamer des fausses vérités !

…« Si le ministère a pu faire face jusqu’à présent budgétairement à cette augmentation que l’on ne retrouve dans nul autre domaine, puisqu’aujourd’hui, le programme 230, sans entrer dans les débats sur les schémas d’emploi, le programme 230 rend compte assez précisément des effectifs mobilisés, au mois de mars 2018 on mobilisait 33000 ETP d’AESH auxquels il fallait ajouter 43 000 CUI. Voilà les chiffres bruts de la situation d’accompagnement aujourd’hui. »…

Note AESH Loi 2018

Pourquoi une telle inquiétude ? on constate que sur 172 000 prescriptions : 57% d’entre elles sont des prescriptions d’aides individuelles »
Cessez d’incriminer la MDPH qui prend des décisions pesées en fonction des dossiers qui lui sont soumis. Les dossiers sont étudiés par des équipes pluridisciplinaires dont les compétences sont reconnues.
Cessez d’œuvrer au détriment de l’intérêt de l’élève, et par ricochet, au détriment de notre société présente et future.
L’absence de moyens humains et financiers nécessaires à la réalisation de l’inclusion scolaire va à l’encontre du projet de société inclusive dont le gouvernement prétend être l’artisan

…« Au-delà de la question budgétaire, elles posent la question de la ressource humaine en AESH parce qu’on raisonne budgétairement en emploi d’AESH mais qu’est-ce que c’est un emploi d’AESH, c’est 2-3 recrutements d’AESH, c’est des services qui sont à hauteur de maximum, de huit, neuf heures, de douze heures.D’ailleurs, on voit dans les académies, les académies ont à faire face en termes de dialogue social, à des difficultés, la précarité de ces AESH qui ont des services très restreints. Je crois que la moyenne de rémunération d’un AESH compte-tenu de ce découpage des prescriptions, c’est je crois 600 euros »…

Note AESH Loi 2018

Et voici que le sous-directeur de la gestion des programmes budgétaires à la direction générale de l’enseignement scolaire qui non seulement est dans l’incapacité de définir ce qu’est un AESH, mais en plus confond ici, semble-t-il, les heures d’accompagnement des élèves qui nécessitent une aide mutualisée avec les quotités horaires des contrats proposés aux AESH.. Aurait-on oublié d’informer les AESH que pour 12 heures de services, leur salaire était de 600 euros  L’institution serait-elle devant la Commission des Finances en train de réaliser une « performance remarquable » !En effet, si 12h = 600 €, 24h = 1200 € .

…« Au-delà de la cédéisation, notre problème immédiat (rires) c’est d’arriver à remettre l’accompagnement collectif et mutualisé en priorité. »…

Note AESH Loi 2018:    Il est vrai que la précarité est un sujet qui porte à rire !

« Aujourd’hui, l’accompagnement mutualisé stagne depuis plusieurs années à la hauteur de 43% et c’est un mutualisé qui est encore assez peu mutualisé d’une certaine manière . (…) Le ministre a sollicité en décembre dernier une enquête et un audit de l’IGAENR et de l’IGAS sur une révision du chemin de prescription, une identification des modalités dans cette chaine de prescription, comment revoir cette chaine de prescription, d’ailleurs le ministre souhaite recentrer l’accompagnement du handicap autour de l’établissement »

Note AESH Loi 2018

En conséquence, l’AESH qui, jusqu’à présent, du moins officiellement, devait au maximum accompagner trois élèves se verra imposer d’en accompagner plus de trois. Pourra-t-on continuer de qualifier « d’accompagnement » l’apparition perlée, dans l’emploi du temps de l’élève, de la personne accompagnante ? Il est vrai que le budgétaire budgétarise !Quid de l’intérêt de l’élève !
Les établissements scolaires deviendraient-ils l’employeur exclusif des AESH ? L’officialisation de la quotité horaire des contrats systématiquement imposée en fonction des seules quotités horaires des élèves notifiées par la MDPH pour une année donnée ! Attractivité où es-tu ?

…« Que la référence ne soit plus la prescription individuelle mais la réponse organisée en priorité par l’établissement, une réponse qui serait une réponse plutôt collective et mutualisée, et à défaut à l’égard des handicaps les plus lourds ou qui posent plus de difficultés d’avoir une réponse individuelle, mais d’inverser notre réponse qui est aujourd’hui majoritairement individuelle, elle nous pose des problèmes budgétaires, la programmation budgétaire, la Cour des Comptes, le relève, on a stabilisé finalement, on a stabilisé je crois que le terme est assez juste. On a stabilisé parce que budgétairement, on va être en situation progressivement avec les transformations de contrats aidé en emploi d’AESH, aidé par une modification du recrutement des AESH, on va abaisser les exigences en termes de temps passé en contrat aidé, on va ouvrir au diplôme du bac général.

Ce qui va nous permettre de tenir le plan de transformation des 11 200 CUI par an en 6 400 AESH et avec dans la programmation budgétaire actuelle, sous réserve de l’examen du projet de la loi de finances 2019, la programmation de 4 500 ETP supplémentaires hors titre 2[5]d’AESH par an. »

Note AESH Loi 2018

Après avoir décrété un diplôme professionnel de qualification de niveau V (DEAES) en janvier 2016 pour prétendre exercer le métier d’AESH, retour à un diplôme général  niveau IV ! .. Serait-ce l’amorce de la déconstruction de ce qui commençait à être élaboré depuis la mise en place du diplôme DEAES, à savoir la reconnaissance d’un métier, la constitution d’un corps de métier et sa professionnalisation ?

Une confirmation ? : les établissements seront les uniques employeurs !

…« Compte-tenu de cette programmation, on n’est pas sûr, quand on observe les tendances, pour vous donner un chiffre, on est sur une tendance d’augmentation par an de l’ordre de 20 000 élèves de plus bénéficiaires d’une prescription, c’est la tendance que l’on enregistre en mars 2018, ce qui implique la mobilisation de 6 000 ETP pour accompagner ces élèves bénéficiaires de prescriptions supplémentaires par an. On a un sujet budgétaire et on a un sujet Ressources Humaines. Donc ce qui a été demandé aux IGAENR et aux IGAS, c’est de proposer une révision du mode de prescription. Ce travail est bien engagé, on a eu une première réunion interministérielle parce que c’est un sujet interministériel également. Au développement de l’inclusion, la réponse ne peut pas être la mobilisation et l’affectation seulement d’AESH….

Note AESH Loi 2018

Renforcement du discours de Cluzel, secrétaire d’état aux personnes handicapées:
L’intervention du médico-social dans l’Ecole au détriment de la présence d’AESH en son sein !

….« C’est aussi la mobilisation d’équipes techniques comme il en existe dans le médico-social parce qu’il y a un phénomène de société, il y a une demande d’accompagnement du handicap, il y a une extension du périmètre du handicap et il y a aussi à faire face aux difficultés que connaît le médico-social pour faire face aux demandes de scolarisation dans les établissements médico-sociaux, donc là il y a un travail qui est mené avec le secrétariat d’état aux personnes handicapées pour réaliser une opération appelée l’adossement des équipes du médico-social à l’inclusion scolaire, où là il y a une forte demande, on est dans un travail interministériel pour que les écoles, les collèges puissent bénéficier de l’adossement et de l’appui des équipes techniques du médico-social pour mener à bien l’inclusion telle qu’aujourd’hui elle nous est demandée. »

Note AESH Loi 2018

Une CONFIRMATION
Après des décennies d’exploitation et de mépris, EXIT LES AESH ! place aux équipes du médico-social s’incrustant  dans les  établissements scolaires, en lieu et place des AESH en poste.

La future « performance remarquable » programmée de l’Education nationale ?

En exclusivité

Accompagnant jeunes handicapés

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11 commentaires pour contractuels AESH/AVS dans l’éducation nationale: un rapport de la Cour des Comptes implacable, un MEN et un secrétariat aux handicaps à côté de la plaque !

  1. Ping : Lecture de vacances d’été 2018 pour AESH “vigilant | Humeur et fureur des précaires "AESH" et "EVS"

  2. baba dit :

    bonjour,
    voici quelques remarques, fruit de mes 16 ans d’observations .
    je me presente :j’ai ete emploi jeune 2002 en tant qu’avs, puis en cdd dasen pendant 6 ans en tant que qu’avsi ( « i » mais qui suivait 3 eleves a la fois)puis en cdi . j’ai eu la chance suite a un evenement familiale grave de voir mon contrat temps partiel devenir temps plein en devenant aesh co en college ulis dys .
    je connais la maternelle, l’élémentaire et desormais le college.
    aujourd hui mon dasen applique la regle :il ne recrute plus avec le bac … il faut diplome inferieur aide a la personne etc …
    en cette fin d’annee, mes eleves ulis partent et se sont orientés vers les services à la personne, la petite enfance ( les choix sont maigres pour eux pour integrer une ulis apres le college)…
    et je me dis que cette jeune fille qui a du mal a s’exprimer, fragile affectivement, dyslexique et cette autre jeune fille qui ne lit pas malgré les apparences, pourraient finalement etre une futur aesh …
    l’enseignante spécialisée avec qui je travaille est restée bouche bée quand je lui ai annoncé les modalités de recrutement et qu’un jour nos eleves pourraient etre aesh …

    je rage aussi de voir aucun intervenant aesh etre formateur lors des formations données aux nouvelles recrues ou pour le deaes. resultat : aucune reponse pratique , de la langue de bois et de la redite… et des repetitions d’erreurs aupres des eleves…

    je rage de voir que apres 16 ans , je n’ai toujours pas d’explication sur le fonctionnement de la dasen …

    devrai je dire que je suis considérée tour à tour soit comme rien ou soit comme personne-ressource ?

    allez c’est la fin de l’année… je suis blasée… merci d’être là .

    • briand0493 dit :

      Bonjour Baba,
      Votre témoignage de pionnière AVS a ému toute l’équipe UNEAVS. 16 ans !, c’est d’une persévérance rare en poste et de richesses en savoir faire/compétences professionnelles incontestable tout à votre honneur)Les membres de l’équipe UNEAVS ne peuvent se prévaloir que d’une expérience en poste entre 13 ans et 8 ans mais, à bien égard, nous partageons votre ressenti.
      Vous souhaitant des vacances d’été sereines et joyeuses
      Bien cordialement

  3. philippe croce dit :

    philippe 47 (villeneuve-sur-lot)

    « Ne vous méprenez pas sur la position de l’UNNEAVS. Elle a toujours bien considéré que la fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH ou AVS) relevait bien de l’exercice d’un métier. Quand il est évoqué la mission, cela se rapporte à un résultat attendu… ».
    – Aucune méprise de ma part, je respecte votre travail et les nombreux conseils que vous nous apportez au quotidien. Je m’adressais bien sûr à l’éducation nationale et à ses ministres.

    « La création de la mission AVS (et non métier) dans l’éducation nationale remonte à 2003. Les personnes pour exercer cette mission AVS étaient recrutées sous contrat Assistant éducation (AED) nécessitant à minima l’obtention d’un baccalauréat (ce qui n’empêchait pas de recruter à BAC++++++) ».
    – Je ne remets pas en cause vos renseignements, cependant l’AESH avec laquelle je me suis entretenu fait partie des « pionniers » de la profession comme vous dites. Elle m’a assuré qu’un BAC +2 était demandé à minima et que des réunions/bilans étaient organisées chaque mois. C’est une collègue de travail qui a toute ma confiance, mais peut-être que les règles étaient différentes selon les académies ? Dans tous les cas force est de constater qu’aucunes formations complémentaires n’est à l’ordre du jour, et que rien n’est fait pour permettre aux AVS/AESH d’obtenir enfin un statut qualifiant. Les premiers pénalisés sont les enfants ! Il n’est absolument pas intéressant pour un AESH expérimenté de s’inscrire à un DEAES, l’obligeant ainsi à arrêter son contrat et à perdre le fruit de son ancienneté… ainsi que son salaire ! Pourquoi ne pas nous exonérer des nombreuses heures de stage puisque nous avons acquis une expérience de terrain ??? Tout ce que met en place le gouvernement est très mal pensé, ne tenant pas compte de ceux qui sont déjà en mission AESH depuis plusieurs années.

    « Il y a bien été « pensé vaguement » pour ce rôle de tuteur à l’AESH présent dans l’établissement mais c’est considéré comme incongru de lui libérer du temps pour son rôle de tuteur et de le rémunérer en conséquence. ».
    – C’est profondément scandaleux, comme si un professeur était mieux placé qu’un AESH pour faire du tutorat dans le cadre d’un DEAES ?! Depuis quand les professeurs possèdent-ils des compétences requises pour exercer des activités visant à accompagner des enfants en situation de handicap ??? De plus ce ne sont pas les enseignants qui ont le plus besoin d’améliorer leurs revenus quand les AVS/AESH plafonnent à 500/700 euros/mois ! Ce qui est véritablement incongru c’est bien le mépris dont fait preuve le monde de l’éducation envers les aidants « non professionnels » qu’on entend jamais. Tous les professeurs ne sont pas « enseignants spécialisés » (certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive) et ne peuvent donc pas être désignés « tuteurs » à l’encontre de toute logique.

    « Le projet serait que centres de loisirs, des associations de handicap, des associations service à domicile désireuses de les recruter se devraient évidemment disposer de subventions plus conséquentes de la part de la CAF, des collectivités territoriales, ….ce dont, aux dernières nouvelles, les collectivités territoriales seraient nullement enchantées d’accomplir. ».
    – C’est bien pratique de rejeter la responsabilité aux associations, aux collectivités territoriales etc. ?! Pourtant nos gouvernements successifs ont très bien su voter des lois afin d’imposer au plus grand nombre des mesures totalement impopulaires (l’article l’article 49.3 pour faire passer la loi travail par exemple). Partant de cette logique il serait tout à fait possible d’imposer des nouveaux financements en faveur des enfants non ? Si on doit espérer le « bon vouloir » des collectivités territoriales on risque d’attendre longtemps… La politique de monsieur Macron s’inscrit totalement dans la continuité de François Hollande, elle manque totalement de courage !

    Dernière chose: C’est quand qu’on parle de nous dans les médias ?

    Encore merci pour votre travail.

    • Nico54 dit :

      Bonjour, Je suis totalement d’accord sur le fait que notre statut et salaire sont très insuffisants et que malgré la possibilité de CDI, cela n’incite guère à faire carrière. Un gros travail est à faire sur l’attractivité de notre profession. D’ailleurs, ses questions sont systématiquement occultés par les politiques qui se vantent de tant d’emplois créés à chaque rentrée mais ne doivent pas réellement connaître le salaire réel de ceux qui travaillent et qui montrent un tel dévouement pour un salaire en dessous du seuil de pauvreté. Bafouillant même la simple principe d’ égalité avec leurs salariés. A quand des primes pour ceux qui travaillent en REP ? On est donc en droit d’attendre que le gouvernement nous accorde autant de considération, que nous AESH, déployons auprès de nos élèves.C’est vrai qu’il existe une véritable différence entre ceux que l’on entend jamais et les autres.

  4. philippe croce dit :

    Philippe 47 (Villeneuve-sur-Lot)

    Merci pour vos réponses, le site de l’UNEAVS est une mine d’informations très utile.

    Vous dites: « La création de la mission AVS (et non métier) dans l’éducation nationale remonte à 2003″… On peut toujours jouer sur les mots « métier/mission » (la chienlit administrative habituelle du gouvernement) mais au fond c’est bien un métier que nous exerçons sur le terrain. Personnellement je m’occupe d’une enfant sur fauteuil roulant atteint d’une maladie incurable (Le secret professionnel m’interdit à ce stade d’en dire plus à son sujet). J’ai été appelé pour m’occuper de lui car j’ai une formation aux gestes de premiers secours (PSC1/PSC2) ayant travaillé dans les ambulances par le passé. Je l’aide dans ses déplacements, le soulage de ses douleurs en l’aidant à bouger ses avants-bras souvent victimes d’engourdissement, je l’aide à faire ses besoins en le verticalisant ou à l’aide d’un pistolet urinal, je le soutient psychologiquement quand il a des baisses de moral ou quand il est victime de la méchanceté de ses camarades, je l’aide à organiser ses affaires scolaires, je l’aide à la relecture et à la compréhension d’exercices de maths ou de français quand ses professeurs ne sont pas disponibles (vive les classes de trente !), je participe aux repas en veillant à ce qu’il ne manque de rien, et enfin je suis un support du lien entre les parents et l’école tout en essayant de conserver une certaine distance… Facile à dire quand les inquiétudes sont quotidiennes, et les parents seuls face à eux-mêmes. Nous sommes souvent leurs uniques interlocuteurs ! Possédant un BAFA et travaillant dans l’animation je me charge également de divertir agréablement le gamin (discussions diverses, activités à la médiathèque, sorties externes etc.) afin qu’il garde confiance dans l’avenir.

    Pour ainsi dire je suis à ma façon « aide médico-psychologique », « assistante sociale », « animateur pour enfants », « soutient scolaire » et « éducateur spécialisé »… Tout ça pour 700 euros /mois !!! Je pourrais rajouter que je parle parfaitement l’espagnol et maîtrise très bien l’anglais (la nationalité de ma compagne) ce qui est une valeur ajoutée pour l’enfant avec lequel je travaille. J’ai eu mon BAC du premier coup et je pense être plus qu’un « chargé de mission » ! L’éducation nationale se paye des éducateurs spécialisés au rabais au travers des AVS/AESH, alors après on peut toujours jouer sur les mots ! Nous sommes nombreux à posséder des diplômes et un niveau de connaissances général plus que confortable. Le problème de la France c’est de ne s’intéresser qu’aux personnes ayant un parcours « lisible » et sans bavure, mais ça c’est encore un autre problème.

    Tout travail mérite salaire, et il n’y a pas de raison pour continuer à accepter une forme dissimulée d’esclave moderne ! Que feraient les enfants sans nous, qui s’occuperaient d’eux ? Je connais des gens dans le privé qui effectuent des « missions » comme vous dites pour 4000 euros par mois. Ce sont de simples acheteurs, rien d’extraordinaire pourtant, et que dire de nos ministres qui touchent 7000 euros/mois (+ avantages diverses) pour dormir une fois sur deux pendant les réunions ?!

    Rien ne justifie la lutte des classes permanente et les injustices de plus en plus grossières qu’elle génère. S’occuper des enfants est le plus grand métier du monde, non ?

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre commentaire « Vous dites: « La création de la mission AVS (et non métier) dans l’éducation nationale remonte à 2003″… On peut toujours jouer sur les mots « métier/mission » (…) mais au fond c’est bien un métier que nous exerçons sur le terrain. »
      Ne vous méprenez pas sur la position de l’UNNEAVS. Elle a toujours bien considéré que la fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH ou AVS) relevait bien de l’exercice d’un métier. Quand il est évoqué la mission, cela se rapporte à un résultat attendu, tandis qu’un métier se rapporte à un capital de savoirs/compétences spécifique s’appuyant sur un référentiel que met en oeuvre une personne dans l’exercice de ses activités ou dans la réalisation d’une ou des missions.
      En l’occurrence, l’UNEAVS constate simplement que ce capital de savoirs/compétences spécifiques qu’un AESH met en oeuvre dans l’exercice de ses activités ou dans la réalisation d’une ou des missions n’est toujours pas reconnu.
      Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir la Circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017 relatives aux missions et activités des personnels AESH.
      Il déroule l’ensemble des activités qu’un AESH est amené à faire ou doit faire, mais nullement n’invite l’AESH à à mesurer par lui même le pourquoi (nécessités/pertinences ?) et le comment (procédures à engager? ) de mise en oeuvre de ces activités.

  5. croce dit :

    philippe du 47 (Villeneuve-sur-Lot)
    Il faut voir les choses en face: nous ne sommes qu’une manne financière pour l’éducation nationale et le gouvernement, une simple variable d’ajustement permettant de falsifier les chiffres du chômage ! En tant qu’homme je suis AESH depuis 4 ans, et malgré les difficultés, je continue à aimer ce métier et à me battre pour qu’il soit reconnu. Je suis également animateur BAFA et j’essaye de joindre les deux bouts pour m’en sortir. En effet Isabelle, ce fameux DEAES est un miroir aux alouettes car aucun tuteur de terrain en charge du stagiaire n’est prévu dans le cadre d’une « inclusion scolaire ». J’ai d’ailleurs discuté avec une dame qui est en train de passer le DEAES afin de travailler en milieu scolaire et qui au final a du se rabattre sur l’aide à domicile en désespoir de cause (dans le 47). C’est tout simplement surréaliste !!! Pourquoi ne pas autoriser les actuels AESH à accueillir les stagiaires et ainsi compléter le nombre d’heures travaillée dans l’année ? Ne serions nous pas les mieux placés ?! J’ai écris récemment une lettre à Macron pour lui exprimer mes interrogations, mais je sais que c’est c’est peine perdue. Le métier d’AVS qui existe depuis une quinzaine d’années exigeait à ses débuts de posséder un BAC+2 minimum pour pouvoir l’exercer. De plus les AVS organisaient des bilans de compétences tous les mois en présence de pedopsys et de responsables de la MDPH (au dire d’une collègue qui a connu cette époque). A l’heure actuelle c’est le vide absolu, aucunes formations ni réunions d’information prévues, aucunes perspectives d’évolution. Je tiens à rappeler que Monsieur Macron et sa compagne ont promis de lutter contre la précarité des aidants et de combattre l’échec scolaire. Il s’agirait d’ici les mois de novembre/janvier prochains de proposer aux AVS/AESH des missions extra-scolaires d’accompagnement (culturelles, associatives, sportives etc.) afin d’améliorer la quotité horaire d’intervention des AVS et de favoriser l’inclusion des jeunes handicapés (lu sur « La Dépêche »). Mais qu’en est-il exactement, l’UNEAVS peut-elle nous donner des précisions ? Bref le bilan est peu élogieux, et le collectif « CGT AESH-AVS » ne semble pas pouvoir faire grand chose pour améliorer nos conditions de travail. Nous sommes pourtant indispensables ! Il est honteux de la part de l’état / des régions de payer des aidants niveau BAC (et souvent plus) en dessous du seuil de pauvreté. Il faut déclencher le débat par l’intermédiaire des médias et alerter les français sur cette forme d’esclavage moderne passée sous silence. Pourquoi personne ne parle jamais de nous ? Ni à la télé ? Ni à la radio ? Nous sommes chargés d’accompagner les enfants dans l’organisation de leur travail et de les soutenir psychologiquement, c’est loin d’être facile ! AESH ce n’est pas simplement un métier pour personnes en fin de droits, et nous sommes nombreux/nombreuses à l’effectuer avec honneur et passion. Merci.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, «  Pourquoi ne pas autoriser les actuels AESH à accueillir les stagiaires et ainsi compléter le nombre d’heures travaillée dans l’année ? Ne serions nous pas les mieux placés ?! « 
      Dans un article du site consacré à « Accueil du stagiaire au DE AES dans l’éducation nationale: to be or not to be ? » (consultable ICI), l’UNEAVS notait
      « (…)« Qui prendra sous son « aile l’AESH qui vient apprendre son futur métier ? » Une réponse toute légitime lui vient à l’esprit : « Et pourquoi pas les personnels AESH expérimentés en poste ? » Cela coule de source si l’on songe que les futurs professeurs des écoles se préparant au master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) dans les ESPE, lors de leurs stages en établissement scolaires sont pris en charge par le corpus enseignant. Nos collègues enseignants en reçoivent même une rémunération pour ce travail de tuteur de terrain. »(…)
      Par la suite, nous avons constaté que pour quelques rares établissements scolaires ayant accepté d’accueillir des stagiaires au DEAES sur demande d’organisme de formation. leur tuteur de stage se trouvait être systématiquement un enseignant volontaire rémunéré pour ce faire. Il y a bien été « pensé vaguement » pour ce rôle de tuteur à l’AESH présent dans l’établissement mais c’est considéré comme incongru de lui libérer du temps pour son rôle de tuteur et de le rémunérer en conséquence.

      En réponse à votre commentaire  » Le métier d’AVS qui existe depuis une quinzaine d’années exigeait à ses débuts de posséder un BAC+2 minimum pour pouvoir l’exercer. De plus les AVS organisaient des bilans de compétences tous les mois en présence de pedopsys et de responsables de la MDPH (au dire d’une collègue qui a connu cette époque). »
      La création de la mission AVS (et non métier) dans l’éducation nationale remonte à 2003. Les personnes pour exercer cette mission AVS étaient recrutées sou contrat Assistant éducation (AED) nécessitant à minima l’obtention d’un baccalauréat (ce qui n’empêchait pas de recruter à BAC++++++)
      De 2003 à 2005, ces pionniers AED-AVS étaient très peu nombreux et il faut compter à partir de la loi 2005 sur le handicap (date de création des MDPH) pour noter une nombre croissant de recrutement AED-AVS dans l’éducation nationale. Il faut reconnaître à des pionniers AED-AVS entre 2003 et 2007 le mérite d’avoir posé avec le soutien d’association de parents d’élève en situation de handicap (dont la plus connue la Fnaseph) les bases de réflexion, d’analyse de ce que pourrait être un métier AVS.
      De 2007 à ce jour, malgré l’existence du DEAES, malgré la création du statut AESH se substituant au statut AED-AVS, l’accompagnement des élèves en situation de handicap reste toujours considéré comme une mission dans l’éducation nationale.
      Pour l’UNEAVS, le récent projet de décret d’accorder aux DSDEN la possibilité de recruter toute personne titulaire du seul baccalauréat sans condition de durée de services dans d’autres fonctions relevant de l’inclusion< demeure très loin de la notion d’exercice d’un métier supposant des compétences techniques et savoirs faire/être s’appuyant sur un référentiel (le DEAES) et se nourrissant d’un minimum d’expériences professionnelles acquises.

      En réponse à votre interrogation sur « l’annonce de la secrétaire d’état aux handicapés de proposer aux AVS/AESH des missions extra-scolaires d’accompagnement (culturelles, associatives, sportives etc.) afin d’améliorer la quotité horaire d’intervention des AVS et de favoriser l’inclusion des jeunes handicapés (lu sur « La Dépêche »). qu’en est-il exactement, l’UNEAVS peut-elle nous donner des précisions ? « 
      Oui. Les précisions suivantes peuvent être apportées.
      La secrétaire d’état aux personnes handicapés s’est persuadée d’une solution miracle pour que les AESH en poste puisse améliorer leur quotidien. Il suffirait d’après elle de leur accorder ce qu’un AESH en mal de joindre les 2 bouts pratique déjà depuis belle lurette, la possibilité de cumuler avec un emploi autre sous CDD hors éducation nationale comme par exemple dans des centres de loisirs, des associations de handicap, des associations service à domicile. Sinon, pour créer des emplois autres soit disant réservés aux AESH, le projet serait que centres de loisirs, des associations de handicap, des associations service à domicile désireuses de les recruter se devraient évidemment disposer de subventions plus conséquentes de la part de la CAF, des collectivités territoriales, ….ce dont, aux dernières nouvelles, les collectivités territoriales seraient nullement enchantées d’accomplir.

  6. Bonjour
    c’est affligeant de lire ces articles et de constater le peu respect que nous porte ce gouvernement mais force de constater que cela fait quelque temps déjà que les AVS ou AESH disparaîtront petit à petit.
    Aesh depuis 10 ans et en cdi dans l’Essonne j’ai dû démissionné suite à un déménagement en Vendee l’été dernier.
    J’ai postulé à l’Académie de Nantes ainsi qu’au coordinateur de ma région persuadée qu ‘on aurait besoin de mes compétences et de ma motivation a aider les enfants.Quelle n’en fut pas ma déception transformée en incomprehension quand après le 5eme ‘envoi de mon Cv et de lettres d’appreciation faites par les enseignants et la directrice avec qui je travaillais ainsi que de mon inspecteur de circo on a finit par me repondre qu-on se passerait de mes services et qu’on ne rembauchait pas les aesh en cdi!! Non respect de la circulaire Ayrault!
    Je ne comprenais pas bien puisque je connaissais différentes écoles qui avaient besoin d’avs.
    Au fur et à mesure de l’année plusieurs avs de ma connaissance ont vu leur contrat s’arrêter et d’autres ne pas etre reprises pour la rentrée 2018 alors qu’elles devaient passer en cdi.
    Les enfants n’ont ils plus besoin de nous de nos compétences de notre savoir acquis sur le terrain et me concernant a la faculté ??
    Ce president et son gouvernement me mettent dans une colère noire (pour rester polie) car ils n’ont aucun respect ni pour notre statut et nos choix de nous investir dans ce metier ni pour les enfants et leurs parents.
    Vous remerciant d-avoir lu mon très Long message

    • Tara dit :

      Bonjour Isabelle,
      Je comprends votre désarroi en espérant que vous ayez trouvé un nouvel emploi en Vendée mais malheureusement nous ne sommes pas fonctionnaires donc pas droit à la mutation et ne seront jamais considérés comme tel. Moi-même cela fait dix ans que je suis AESH passée en CDI depuis plus de 3 ans, je jette l’éponge. Il n’y a rien qui avance, j’ai passé le DEAES spécialité inclusion scolaire par le biais de la VAE dès que le diplôme a été créé. J’ai passé un an à préparer cette VAE et tout cela pour quoi ? Rien, j’ai envoyé un message à la DSDEN pour leur dire que j’avais eu ce diplôme et je n’ai obtenu aucune réponse. Aujourd’hui j’ai trouvé un autre emploi qui n’a rien à voir avec ce que je fais comme AESH, et pourtant ce n’est pas la panacée puisque c’est un contrat de 24h /semaine dans le privé mais je vais bénéficier d’une nouvelle expérience professionnelle et des compétences acquises qui seront transférables si je cherche un autre emploi, ce qui n’est actuellement pas le cas venant de l’éducation nationale. On est enfermé dans un système et pour s’en sortir et trouver un autre emploi même en rapport avec ce qu’on fait comme AESH c’est pratiquement impossible. Je conseille d’ailleurs aux collègues AESH en CDD de ne surtout pas signer de CDI s’ils sont à temps partiel comme c’était le cas pour moi car avec un salaire de misère j’étais toujours obligée de faire des petits boulots à côté pendant les vacances ou le WE. C’est d’ailleurs bien la seule chose que je regretterais dans le fond, les vacances scolaires. A bon entendeur …

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