AUDIENCE À LA DGESCO LE 20 AVRIL 2018 : PROJET DE DÉCRET AESH par le Sgen-CFDT.

Le Sgen-CFDT a souhaité nous faire parvenir les informations suivantes

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AUDIENCE À LA DGESCO LE 20 AVRIL 2018 : PROJET DE DÉCRET AESH

PUBLIÉ LE 26 AVRIL 2018PAR CHRISTOPHE HUGUEL

ELARGISSEMENT DU VIVIER DE RECRUTEMENT DES AESH : POURQUOI FAIRE ?

Le Ministère a soumis aux organisations syndicales un projet de décret pour modifier celui qui permet le recrutement des AESH (réunion multilatérale Ministère-syndicats le vendredi 20 avril 2018).

Qu’est ce qui est modifié ?

La modification porte sur la durée nécessaire d’exercice des fonctions en CUI (et PEC à présent) ou d’accompagnant d’une personne ou d’un étudiant.e handicapé.e qui est réduite à 9 mois et sur la possibilité de recruter toute personne titulaire d’un baccalauréat sans condition de durée de services dans d’autres fonctions relevant de l’inclusion. Jusqu’à présent, la durée nécessaire pour être éligible à un contrat AESH en CDD était de 24 mois pour les AVS sous contrat CUI.

Pourquoi une telle modification ?

Le Ministère n’a pas caché ses intentions. Il s’agit bien d’élargir le vivier de recrutement pour faire face aux besoins réclamés par les MDPH de tous les départements de France. Depuis la loi de 2005 instituant le droit à l’inclusion, plus de 300 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés chaque année.

Cette modification en annonce-t-elle d’autres ?

Le Ministère n’a pas non plus caché que la modification proposée constituait une première étape, que les fonctions d’accompagnant constituaient un chantier suivi en direct par le cabinet du Ministre, et que d’autres modifications seraient proposées au cours de la prochaine année scolaire (ou des prochains mois). Nous n’avons par contre pas eu de détails sur le contenu des futures hypothétiques modifications…

Ce que pense le Sgen-CFDT de cette modification « cosmétique »

La concertation a été l’occasion pour le Sgen-CFDT de rappeler ses revendications sur le sujet :

La professionnalisation des acteurs est nécessaire et urgente. Elle passe notamment par :

  • Une formation à l’entrée dans le métier
  • Une formation continue tout au long de la carrière, y compris pour les personnels en CDI
  • Une revalorisation salariale (actuellement seulement 50 points d’indice en 30 ans soient 180 € nets !) plus importante au regard des compétences acquises
  • Un statut qui permette de prendre en compte la pérennité des missions et de sécuriser les agents.
  • Un temps de travail à temps plein (actuellement 85% des AESH exercent à temps incomplet) avec une réflexion à mener sur l’accompagnement des élèves y compris sur les temps périscolaires
  • Un temps de travail calculé sur 39 semaines dans le respect total du décret (et pas sur 36 semaines comme l’imposent certains employeurs IA-DSDEN ou établissements ce qui diminue encore davantage une rémunération déjà très peu « attractive »…) :

Exemple de rémunération du temps de travail sur 36 ou 39 semaines :

  • Contrat de 24h/hebdo sur 39 semaines ==> rémunération nette pour l’agent AESH = 710 €
  • Contrat de 24h/hebdo sur 36 semaines ==> rémunération nette pour l’agent AESH = 655 €

Le Sgen-CFDT a également rappelé qu’il est urgent de modifier les textes concernant le reclassement des personnels qui deviendraient enseignants. En effet, depuis 2014, les services en AESH ne font plus partie des textes fixant le reclassement ce qui signifie que les services effectués pourraient ne pas être pris en compte par les IA-DSDEN ou les Rectorats.

La création du diplôme DEAES en 2016 a constitué une première étape qu’il est important de poursuivre avec des diplômes de niveau 4 (baccalauréat) et 3 (Bac+2) justement dans l’objectif de reconnaissance des compétences et de professionnalisation.

Tant que les personnels seront recrutés sur des contrats à temps incomplet avec une formation à la va-vite (quand elle existe), sans perspective que le CDI et avec 20 € d’augmentation tous les 3 ans, les AESH ne seront pas considérés à la hauteur de leurs missions alors que ces personnels sont indispensables !

Nous vous tiendrons au courant des suites de ce dossier et de la situation des personnels AVS-AESH qui reste une priorité du Sgen-CFDT !

Nous vous invitons à répondre dès à présent à notre enquête nationale, « AESH, votre avis nous intéresse » : https://www.sgen-cfdt.fr/actu/aesh-avis-interesse

Avis de l’UNEAVS

Ce projet de décret aura cette particularité d’annuler tout progrès dans la reconnaissance du métier AESH et par là, la professionnalisation nécessaire à venir des agents AESH s’en trouvera gravement compromise.

Ainsi, en décidant dans ce projet de décret d’accorder aux DSDEN la possibilité de recruter toute personne titulaire d’un baccalauréat sans condition de durée de services dans d’autres fonctions relevant de l’inclusion, le ministère de l’éducation nationale et le secrétariat aux handicaps  acteraient simplement l’idée traditionnaliste qu’une tête bien remplie en connaissance générale niveau BAC ou plus suffit pour exercer des missions AESH. Assurément très loin de la notion d’exercice d’un  métier supposant des compétences techniques et savoirs faire/être  s’appuyant sur un référentiel (le DEAES)  et se nourrissant d’un minimum d’expériences professionnelles acquises.
Ainsi, l’intention bassement managériale du ministère  d’élargir le vivier de recrutement pour faire face aux besoins réclamés par les MDPH de tous les départements de France se double d’une considération implicite de mépris social à l’égard d’un personnel AESH et AVS en poste ayant le tort de ne pas posséder un BAC et par là, à les estimer comme des citoyens de second zone par des premiers de cordées auto proclamés.

 

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