La rentrée de rêve ! ou pas …pour les AESH.

L’article L.351-3 du code de l’éducation, en vigueur   depuis le 1er janvier 2014, a clairement supprimé la dénomination Assistant de vie scolaire (AVS) pour la remplacer par Accompagnant des élèves en situation de Handicap (AESH). Il en résulte que tous les 80 000 agents AESH de l’éducation nationale, qu’il soit en CDD/CDI (droit publique) ou en CUI-CAE (droit privé), exercent les mêmes activités, les mêmes missions fixées par une circulaire en date du 3 mai 2017. Aussi, il est difficile d’imaginer que, pour ce personnel AESH, la rentrée 2017 serait bouclée comme l’affirme imprudemment  la  Secrétaire d’Etat aux personnes en situation de handicap.

Référence citée:  Article du site  handicap.fr   Sophie Cluzel : AVS, pour la rentrée, tout est bouclé

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés à © Handicap.fr. l’article a été rédigé par Emmanuelle Dal’Secco, journaliste Handicap.fr »

L’UNEAVS reste dubitative quant aux propos tenus par la Secrétaire d’Etat aux personnes en situation de handicap. En effet , comment prétendre que tout est bouclé quand des notifications MDPH fixant un accompagnement d’un élève en situation de handicap par AESH parviennent  tous les 15 jours aux Inspections Académiques, au moins jusqu’au mois d’octobre ?   Il s’agit là d’une surprenante révélation, destinée certainement à rassurer les familles inquiètes du devenir de leurs enfants en situation de handicap. L’UNEAVS préfèrera retenir la dernière phrase de la secrétaire d’Etat aux personnes en situation de handicap.: « l’accompagnant  ne sera pas la le jour J mais il sera là dans les semaines qui suivent ».  Çeci correspond bien à la réalité du terrain, bien loin de l’affirmation apportée le 7 juin 2017 au conseil des ministres : “le gouvernement met tout en œuvre pour apporter des solutions garantissant une rentrée scolaire fluide pour les enfants concernés en septembre 2017”

La Secrétaire d’Etat aux personnes en situation de handicap. semble reconnaitre du bout des lèvres “Il y a des problèmes de recrutement , c’est indéniable «  … Et pour cause ! Les candidats à un emploi AESH ne se bousculent pas. D’autres mêmes qui sont en poste ne rêvent que d’abandonner leur emploi. Il faut les comprendre. Un AESH est rémunéré au SMIC en fonction d’une  quotité de service à accomplir calquée sur le nombre d’heures d’accompagnement fixé par notification MDPH : 6h, 9h, 12H, 18H, 24 H….et on s’arrête là car c’est une règle de la précarité bien instaurée dans l’Education Nationale que de retrouver une très grande majorité d’agent AESH disposant ainsi d’une rémunération  autour de 650 euros net. Quant aux heures supplémentaires accomplies lors de réunion  de travail dans l’établissement scolaire, de sorties scolaires avec/sans nuitées , de déplacement professionnel entre établissement d’affectation….pas de rémunération, pas de récupération, d’heures, pas de prime hors service d’accompagnement.  Ces avantages sont  réservés à des profils différents: les enseignants. C’est certain, C’est indéniable, dirons nous, la répartition des budgets de l’éducation nationale dont celui consacré au personnel AESH est à revoir quand il s’agit qu’il dispose de conditions de travail et rémunération digne d’une meilleure justice sociale et humaine manquant cruellement à leur  statut.

La secrétaire d’état aux personnes handicapés annoncent “50 000 contrats aidés d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) « sanctuarisés » pour l’accompagnement des enfants handicapés, auxquels s’ajoutent 30 000 contrats d’AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap)”.

La discrimination dure et perdure !.  Sous forme de lapsus révélateur, l’accompagnant en contrat aidé est nommé comme AVS  et non AESH comme il se doit. Doté d’un contrats de travail type CUI-CAE (droit privé), ils ont le tort d’avoir été éligible à ce type de contrat par pôle emploi . La secrétaire aux personnes handicapé estime en effet que ce statut n’était « pas satisfaisant (…) Ce n’est pas pérenne, pas professionnel”   Et ça recommence … La division réapparaît.  L’AVS en contrat aidé et l’AESH en CDD/CDI : le mauvais d’un côté, le bon de l’autre.

Mais, est-ce bien du rôle et de la fonction d’une secrétaire d’état aux personnes handicapées que de porter un jugement de valeur à l’égard du personnel AESH éligible à un contrat de travail type CUI-CAE (droit privé) ou à un CDD/CDI (droit publique) et recruté par les services académiques sur une base commune de critères professionnels de compétence et de savoir faire ?  C’est bien en connaissance de cause que le Rectorat recrute des accompagnants AESH par le biais de pôle emploi ou par le biais de candidature spontanée parvenue à leur service.  La secrétaire d’Etat devrait se renseigner auprès de son collègue ministre de l’éducation nationale. Les services académiques départementaux en charge de la gestion du personnel AESH ont appris, depuis quelques années maintenant, à ne plus faire de distinction entre les deux profils. Les recrutements et accueils sont identiques , les jours de pré-rentrée sont les mêmes, les formations sont communes. La stabilité reste visible et sans nul doute,  il n’en saurait être plus autrement.pour  les communautés éducatives et pédagogiques, les familles dans leur majorité, les chefs d’établissement scolaires, les enseignants, les services d’inspection académique départementaux, les organisations syndicales et l’UNEAVS. 

Par ailleurs , nous ne pouvons pas nous empêcher d’apporter une légère précision sur la rémunération des nos collègues AESH en contrat type CUI-CAE.  La Secrétaire d’Etat aux personnes handicapées annonce que cette rémunération  est basée sur 24 heures/ hebdomadaire ; Sauf erreur de notre part ,  Cette rémunération (au Smic) est toujours calculée sur la base de 20 heures/hebdomadaire et modulation temps de travail oblige, les temps de service s’établit sur une base de 24h/ hebdomadaire en période scolaire.  La  confusion  est classique. C’est ce que nous  appelons « l’erreur du débutant » ou peut -être qu’ un conseiller de la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées aurait  glissé une fiche qui n’était pas à jour !  S’il n’y avait que cela …

En dernier lieu , la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées annonce pour le mois d’octobre une concertation.  “ il faudrait se mettre autour de la table avec le ministre de l’Éducation nationale et la ministre de l’Enseignement supérieur pour remettre à plat ce statut des accompagnants ». « On a un chantier magnifique de professionnalisation pour créer des emplois pérennes, de 35 heures par semaine, qui peuvent aller sur le temps scolaire, sur le temps hors scolaire, dans les centres de loisirs, les stages et dans l’insertion professionnelle »,

Un « magnifique chantier »  précise t-elle ! Le tout est est de savoir ce que l’on entend par magnifique ?.La langue française prévoit comme définition de ce joli mot : superbe, admirable, sublime, splendide, beau, remarquable, somptueux, épatant, majestueux..et de  mémoire de la Présidente UNEAVS et du trésorier , les derniers travaux interministériels de professionnalisation des ex AVS en 2012-2014 auquel la secrétaire d’Etat aux personnes handicapés participait au titre de présidente de la Fnaseph , étaient tout …sauf magnifiques.

S’il est vrai , que l’UNEAVS avait été en attente très forte de ce chantier tant espéré (2012/2013), il a été sans nul doute une période la plus tumultueuse et controversée qu’elle est connue et traversée. Malgré cela , les représentants attitrés de l’UNEAVS s’estiment  fiers  d’avoir pu  mener ce combat éperdument difficile et éprouvant de faire entendre la parole  des collègues AESH au nom de ces 6800 membres et d’une profession naissante à l’époque.

Cinq années sont passées.  Le diplôme DEAES est créé, la pérennisation se met en place, lentement , certes, mais surement. Cela commence à prendre une tournure  plus cohérente.  Cela commence à être intégré dans les pratiques des collègues enseignants, les directeurs d’écoles ou les chefs d’établissements. Les CDD (tout statut juridique confondu) basculent progressivement vers les CDI. Alors la question est bien légitime . Pourquoi reprendre des travaux de professionnalisation ? Que se cache t-il derrière cette insistance incroyable à refondre les acquis, cette idée de créer des emplois pérennes, de 35 heures par semaine, allant sur le temps scolaire, sur le temps hors scolaire ? Une terrible illusion en marche quand on sait que les collectivités territoriales, revenant à la semaine scolaire de 4 jours abandonnent l’organisation des activités péri-scolaires (trop coûteuses) et que maints pans de secteur associatif  sont simplement menacés dans leur existence par la suppression des emplois en contrat aidé.

A l’UNEAVS , nous ne sommes pas dupes ! La situation des collègues AESH commençait à se stabiliser cahin-caha , mais il y a des points lors des précédents travaux que certaines et certains n’ont pas encore  digéré. L’amertume a la dent dure ! Le DEAES option Accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire, fixé au niveau V par exemple, “pas assez haut”, disent-ils ou  “les AESH ne peuvent pas intervenir  au domicile de l’élève sur demande de la famille  en dehors du temps scolaire” protestent-ils……

Nous savons d’avance ce que seront ces futurs travaux . Remettre sur la table toutes ces choses qui n’ont pas été actés à l’époque: créer un service départemental associatif (sous forme GIP) des gestion des AESH, financé conjointé par l’éducation nationale et les collectivités territoriales. Ce projet fut très vite écarté par le rapport Komites car trop de contraintes financières, trop d’incertitudes dans sa faisabilité et son fonctionnement.  La secrétaire d’Etat aux personnes handicapés devrait le savoir. Quand une gouvernance politique auquel elle appartient, exigent des collectivités territoriales de “réduire” considérablement leur budget social et culturel par abaissement des subventions d’Etat accordées, il ne peut leur être exiger par la suite de subventionner des emplois pérennes AESH, de 35 heures par semaine, allant sur le temps scolaire, sur le temps hors scolaire, dans les centres de loisirs, les stages et dans l’insertion professionnelle” .

Alors , pour ce magnifique chantier, prévu en octobre, il va de soi qu’il faudra  compter sur la participation active de l’UNEAVS comme cela a été le cas en 2012/2013 sous la présidence de Pénélope Komites.

Un  des points que nous estimons à débattre prioritairement sera  de  revoir, consolider les conditions de travail et système de rémunération des AESH afin qu’elles et qu’ils ne vivent plus comme des pauvres éhontés. Et cela , nous l’affirmons serait un ordre du jour plus que largement mérité.

Ministre Jean Marie Blanquer dans l’émission « on n’est pas couché » chez Laurent Ruquier  en date du 2 septembre 2017 a exprimé :  » Dans l’école de la république, il y a des principes simples, et particulièrement la confiance…. Notre société française fonctionne avec de la défiance…  Alors pour faire progresser l’école de la société, on doit enclencher des cercles vertueux de la confiance… »

Et bien , Monsieur le Ministre , l’UNEAVS vous suivra sur ce principe simple. A nous inviter comme il se doit au nouveau chantier de professionnalisation  des AESH, dès le mois d’octobre, ce serait déjà enclencher un premier cercle vertueux de la confiance envers 80 000 AESH de l’éducation nationale, attachée à se faire entendre.

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Un commentaire pour La rentrée de rêve ! ou pas …pour les AESH.

  1. Bonjour,

    voici le lien de la pétition que nous adressons au Président de la République

    https://www.petitions24.net/stop_a_la_maltraitance_socio-economique_des_avs

    et notre page Facebook

    https://www.facebook.com/AESHLoi2005/

    Merci de la soutenir en la signant et la diffusant

    Merci de votre aide
    Cordialement,
    Virginie Cassand
    académie de Paris

    Note administrateur: nous attirons l’attention de nos collègues AESH que cette pétition est encadrée par à une organisation syndicale n’ayant pas souhaité se faire connaitre en toute transparence.

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