Quand le ministère de l’éducation nationale et le médico-social se ridiculisent en matière d’accompagnement des élèves en situation de handicap.

 

image Il existe parfois des communiqués émanant du Ministère de l’éducation nationale qui , derrière les mots, paraitraient dévoiler une reconnaissance implicite  des acteurs de terrain que sont les AESH.  Ces derniers, présents auprès d’élève en situation de handicap dans chaque école, dans chaque collège, dans chaque lycée, il ne viendrait pas effectivement l’idée à aucun membre de la communauté pédagogique (enseignant,  IA ASH, enseignant référent) et éducative (parent) de douter de leur existence indispensable comme  professionnel  du  terrain.

Aussi, en découvrant le communiqué de presse (ci-après) de la ministre Najat-Belkacem, les 71 0000 agents AESH de l’éducation nationale seraient tentés d’abord de s’exclamer “en voilà une belle chose” en parcourant les passages soulignés en rouge.

Signature d’un nouveau partenariat en faveur de la scolarisation des élèves en situation de handicap

Communiqué de presse – Najat Vallaud-Belkacem – 09/03/2016

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR) a signé le 22 janvier 2016 une convention partenariale pluriannuelle (2015-2017) avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et Unifaf (Organisme paritaire collecteur agréé – OPCA – de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale).

Cette convention s’inscrit dans la continuité des travaux conduits par le comité interministériel pour la modernisation de l’action publique (CIMAP) et notamment du rapport La scolarisation des élèves en situation de handicap publié en juillet 2013.

Elle a pour objet de réaliser une action de formation conjointe à destination des professionnels concourant à la scolarisation des élèves en situation de handicap et vise à favoriser les coopérations interprofessionnelles des acteurs d’un même territoire et le partage de références communes.

Ainsi les personnels de l’Éducation nationale, des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), des personnels des établissements et services médico-sociaux (ESMS) et des agences régionales de santé (ARS) se formeront ensemble pour travailler à la personnalisation des parcours de scolarisation des élèves en situation de handicap pour une école toujours plus inclusive.

Le programme de la formation, son contenu pédagogique, les supports de formation et les modalités d’évaluation sont définis conjointement par le MENESR, la CNSA, Unifaf et le CNFPT.

Un consortium, réunissant l’Université Blaise Pascale de Clermont-Ferrand, la fédération des APAJH, l’APF, Trisomie 21 France et l’IRTS Ile-de-France Montrouge-Neuilly-sur-Marne, piloté par l’INSHEA, a été choisi pour animer les formations.

Ces sessions de formation s’organisent à deux niveaux de responsabilité : les encadrants  et les professionnels du terrain. L’accent sera mis sur le développement d’une culture locale de partenariat et de coopération, ainsi que la compréhension du rôle et des missions des différents acteurs afin d’inscrire leur action dans une démarche partenariale et pluri professionnelle.

À la suite de la phase expérimentale qui s’est tenue en 2015 sur trois académies (Lille, Amiens, Clermont-Ferrand), ce dispositif va être déployé sur l’ensemble du territoire jusqu’en 2017. Il est d’ores et déjà programmé dans cinq académies pour le premier semestre 2016 (Caen, Rouen, Orléans-Tours, Nantes, Rennes).

Sauf, qu’en parcourant un passage  (ci-après) de la convention partenariale entre le ministère de l’éducation nationale et des organismes de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale, les acteurs de terrain AESH n’existent visiblement pas.

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Dans  le ridicule et l’ignorance, il ne pouvait pas être mieux fait.

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8 commentaires pour Quand le ministère de l’éducation nationale et le médico-social se ridiculisent en matière d’accompagnement des élèves en situation de handicap.

  1. Hélène, Lyon dit :

    Bonjour,
    Evs auprès d’enfants dans une école primaire publique, on me fait surveiller quelquefois les entrées, dehors au portail de l’école, alors que mes élèves sont en classe, et j’arrive auprès d’eux un quart d’heure en retard . Est-ce normal ? Dans mon contrat, à la rubrique « Descriptif détaillé des missions et tâches confiées », il est noté: « Aide humaine aux élèves en situation de handicap et à titre subsidiaire aide à l’ encadrement des élèves « , c’est tout.
    Merci pour votre aide,

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation,  » Est-ce normal ? »
      la surveillance des élèves (entrées et sorties de l’école) sont du domaine de responsabilité stricte de ou des enseignants de l’école. Elle n’a pas à vous être imposé et vous n’avez pas à l’effectuer car vous ne disposez d’aucune couverture juridique (sauf à titre personnel) en cas d’incident, d’accident ou autres évènements où vous pouvez mis en cause sur la plan pénal et civil.
      Soyez ferme à ce sujet en sachant que vos collègues enseignants ne sont pas forcément conscientes qu’à vous laisser cette tâche de surveillance, cela est susceptible de leur créer de sérieux ennuis professionnels de la part de leur Inspecteur de circonscription.
      Par ailleurs, il faut tout aussi ferme pour rappeler à vos collègues enseignants que vos fonctions sont celles d’AESH, c’est à dire accompagnant d’élève en situation de handicap et non la bonne de service à tout faire ou le meuble à déplacer dans l’établissement pour faire joli.Le respect de ses fonctions d’AESH, parfois, il faut savoir le faire rappeler ouvertement.

  2. didiervi dit :

    Bonjour à toutes et tous,
    Mais si on y est ….. dans le « etc »🙂
    Car juste avant ce magnifique mot, il y a le mot AMP, et notre future formation va avoir un tronc commun avec les AMP, donc, on peut faire valoir qu’il sera difficile de nous exclure si les AMP sont concernées, non ?
    Amicalement
    Didier du 46 (qui cherche toujours le petit détail)

    • briand0493 dit :

      Bonjour Didier,
      Toujours fidèle au poste
      pour répondre à ton interrogation, « faire valoir qu’il sera difficile de nous exclure si les AMP sont concernées, non ? »
      Oui sauf que l’équipe UNEAVS dans sa majorité des membres est convaincue que les signataires MEN et médico-social de cette convention de partenariat ont délibérément zappé la présence de personnel AESH. Motif: C’est bien trop dérangeant et déstabilisant un personnel de terrain AESH capable de mettre à mal bien des inepties de formateurs médico-sociaux sur l’inclusion des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires.

  3. val 84 dit :

    Bonjour!
    Va t-on expliquer aux petits et petites jeunes qui s’inscriront à cette super nouvelle formation de fin de 3ème qu’ils seront des travailleurs pauvres à temps partiel sans avenir, corvéables à merci, méprisés de leur hiérarchie, sans aucun droit élémentaire, ce qu’aucun patron du secteur privé n’oserait même envisager pour aucun de ses salariés ! Et ben c’est nous !!! et en plus on reste ! quel masochisme ! Ben oui, on les aime ces enfants qui sont aussi malmenés que nous, avec qui on partage tout, même la grippe saisonnière…

    Un scoop: on y est dans le texte, vous ne l’avez pas vu? Allez, je suis gentille: OUTILS, nous sommes des OUTILS: pas besoin de formation, niveau V et la suite…CQFD
    Val du 84

  4. jocelyne dit :

    Jocelyne

    Bonjour,

    Pas étonnée !!! Suite logique au niveau de reconnaissance accordé en plus de tous les droits dont nous sommes exclus (indemnités de transport, vague de titularisation, formation, temps complet …) .
    Cordialement

  5. 35 – Hélas ,oui ! les AESH ( et AVS /EVS) disparaissent comme par magie !! mais pour eux , pas de magie , mais une vie professionnelle bien difficile ! sans parler d’un CDI qu’il est bien difficile de visualiser !
    A ce propos , j’ai une question :j’ai 57 ans depuis le 24 février 2016 ; j’ai été recruté le 27 février 2012 sous CAE/CUI ( « causes » : RSA , reconnaissance MDPH , plus de 50 ans : toutes les qualités requises en somme !! ) ( et quelques « défauts » : un BAC . ; une reconversion professionnelle en 2010/2011 aboutissant au DEAMP obtenu! ) .
    Mon CAE/CUI a été reconduit et se termine le 31 Août 2016 !! il me manque donc 5 mois et 24 jours pour bénéficier d’une reconduction et ainsi continuer à exercer jusqu’à l’âge de la retraite : j’ai eu le malheur d’être recrutée en Février , « j’étais utile  » à ce moment( pour 4mois) , mais une reconduction de 6 mois n’est pas possible et je serai donc dans le nombres des séniors au chômage en septembre 2016 ! ( les informations que je vous livrent m’ont été communiquées par l’inspection d’académie)
    Que puis-je faire ? Y-a-t-il un recours possible ?

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      En réponse à votre interrogation, « Que puis-je faire ? » et suivante  » Y-a-t-il un recours possible ? »
      Il existe une possibilité de recours mais restant toutefois hasardeuse.
      Depuis le 19 août 2015, il a été introduit 2 modifications dans le code du travail relatif au CUI-CAE.
      S’agissant la convention préalable au contrat de travail
      Article L5134-23-1 du code du travail
      « Il peut être dérogé, selon des modalités fixées par voie réglementaire, à la durée maximale pour laquelle est attribuée une aide à l’insertion professionnelle, soit lorsque celle-ci concerne un salarié âgé de cinquante ans et plus rencontrant des difficultés particulières qui font obstacle à son insertion durable dans l’emploi ou une personne reconnue travailleur handicapé, soit pour permettre d’achever une action de formation professionnelle en cours de réalisation et prévue au titre de l’aide attribuée. La durée de cette prolongation ne peut excéder le terme de l’action concernée. »

      Article L5134-25-1 du code du travail
      « Le contrat de travail, associé à l’attribution d’une aide à l’insertion professionnelle au titre d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi, conclu pour une durée déterminée, peut être prolongé dans la limite d’une durée totale de vingt-quatre mois, ou de cinq ans pour les salariés âgés de cinquante ans et plus rencontrant des difficultés particulières qui font obstacle à leur insertion durable dans l’emploi, ainsi que pour les personnes reconnues travailleurs handicapés.
      A titre dérogatoire, ce contrat de travail peut être prolongé au-delà de la durée maximale prévue, en vue de permettre d’achever une action de formation professionnelle en cours de réalisation à l’échéance du contrat et prévue au titre de l’aide attribuée, sans que cette prolongation puisse excéder le terme de l’action concernée ou, pour les salariés âgés de cinquante-huit ans ou plus, jusqu’à la date à laquelle ils sont autorisés à faire valoir leurs droits à la retraite. »

      Pour permettre de disposer de cette dérogation à la limite maximum de renouvellement de CUI-CAE (malgré que vous n’ayez atteint 57 ans), il serait pertinent d’exercer un recours auprès du préfet et/ou de Pôle emploi pour cette demande de renouvellement de contrat CUI-CAE du fait que malgré que vous êtes seulement pour 6 mois pour bénéficier de la dérogation à la limite d’âge des 58 ans pour faire valoir vos droits à la retraite, vous êtes de surcroît reconnu RQTH rendant encore plus difficile la recherche d’un emploi jusqu’à l’âge de départ à la retraite.
      Il serait utile que vous preveniez votre employeur EPLE et IA de votre démarche auprès du préfet et/ou pôle emploi pour obtenir cette dérogation de renouvellement de contrat CUI-CAE jusqu’à l’âge de départ à la retraite.

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