Le chantier de la professionnalisation des accompagnants des enfants et adolescents en situation de handicap" vu par George Pau-Langevin et Marie-Arlette Carlotti.

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“George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite éducative, et Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, se sont rendues au lycée professionnel Marcel Deprez (Paris 11e) pour installer le groupe de travail sur la professionnalisation des accompagnants des enfants et adolescents en situation de handicap, mardi 16 octobre 2012. Les ministres ont transmis sa lettre de cadrage à Pénélope Komitès, qui présidera les travaux.”

C’est en ces termes que le site officiel du ministère de l’éducation nationale annonce ce qui correspond à une longue, très longue attente de salariés précaires  EVS-AVS: une prise en compte de leurs préoccupations  professionnelles, sociales.

La représentante de l’UNEAVS, Muriel Michelin, était présente à cette première journée d’installation de travail du groupe de réflexion. Celle ci s’est résumée à un discours des ministres, Georges Pau-Langevin et Marie-Arlette Carlotti en présence de représentants de la presse et des représentants désignés du groupe de travail. Et, puis, c’est tout…chacun s’en est retourné à ses petites affaires, muni d’une prochaine date de RV fin octobre.

Dès lors, pour apporter une première observation sur  cette initiative gouvernementale, il nous reste la lettre de cadrage transmise à Pénépole Komites.

La lettre de cadrage note bien

“Lors de la présentation du rapport sur la refondation de l’école, le 9 octobre, le Président de la République a déclaré : « je considère comme essentielle la valorisation du métier des personnels non-enseignants, qui accompagnent les élèves handicapés, souvent sans reconnaissance et avec des contrats de travail précaires ».

Il s’agit bien là d’une indication ferme de priorité politique accordée au traitement de la précarité professionnelle des salariés accompagnants actuels exerçant dans les écoles.

La lettre de cadrage rajoute cependant

L’accompagnement doit être appréhendé dans sa globalité et dans tous les lieux fréquentés par l’enfant ou l’adolescent en situation de handicap : structure d’accueil de la petite enfance, établissements d’enseignement et de formation, plateaux techniques des stages et de l’alternance, structures d’activités culturelles, sportives, artistiques et de loisirs, transports. Cela ne signifie pas pour autant que l’accompagnant exercera dans tous ces lieux mais indique que l’aide humaine ne se limite pas à l’école.

Nous approuvons  bien évidemment, à travers cette déclaration de la ministre, l’exigence des familles d’enfant handicapé, des acteurs associatifs, institutionnels (médico-social principalement) en lien avec ces familles d’enfant handicapé de considérer que l’inclusion  d’un enfant handicapé dans la société  ne saurait pas se concevoir sans un projet de vie cohérent en tout lieu, tout espace. L’accompagnant n’est bien évidemment qu’un des outils (humains) éventuels pour permettre la construction et la réalisation de ce projet de vie.

Nous voudrions tout simplement noter ici que , dans un contexte économique, social exacerbé (plus de 3 millions de demandeurs d’emploi, fin août), la “raison”  dicte de trouver des réponses lucides, justes, courageuses,  prioritairement, au rouleau compresseur  de la précarité sociale, professionnelle, matérielle, financière de plus 31 000 actuels salariés AVS-I, AVS-M, AVS-Co de l’éducation nationale.

En effet, la misère est d’abord violence. Prendre le risque inconsidéré d’étendre ou aggraver la précarité  des accompagnants AVS-I, AVS-M, AVS-CO, en laissant leurs  conditions actuelles d’exercice de travail  inchangées, à travers tous les lieux de vie d’un enfant handicapé, de structures d’accueil différenciées, c’est prendre le risque d’étendre leur souffrance sociale et professionnelle, d’accentuer le désarroi d’actuels employeurs EPLE, de services IA ASH confrontés, à leur corps défendant, à une puissante vague nationale d’action en justice de salariés EVS et AVS pour manquement à leur obligation de formation vers un emploi durable.

l’image associée à cet article s’intitule « l’attente »

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6 commentaires pour Le chantier de la professionnalisation des accompagnants des enfants et adolescents en situation de handicap" vu par George Pau-Langevin et Marie-Arlette Carlotti.

  1. CAPUCINE GERARD dit :

    Un peu marre d’attendre…une reconnaissance; on fait quoi quand on a été tour à tour aide-éducatrice, assistante d’éducation, AVSco pendant onze ans? On fait quoi après…?
    A bon entendeur…

    • briand0493 dit :

      Nous partageons votre avis. las de promesse sans fin de reconnaissance non aboutie. Lors de ses travaux (une séance aura lieu le 30 octobre 2012 avec le groupe de travail concerné), et bien, cette lassitude sera exprimée avec force. sur ce, Il appartiendra aux autres acteurs institutionnels, syndicaux, associatifs d’ouvrir les yeux sur la précarité financière, matérielle, sociale et professionnelle imposée actuellement au personnel AVS. On ne motive nullement des salariés à les cantonner dans la pauvreté, voire à l’accentuer, tout en exigeant d’eux encore plus de responsabilité, encore plus d’expériences et de compétences à ne plus en finir.Ce sera dit à partir de vos témoignage, c’est tout.

      • magali dit :

        merci beaucoup Mr Briand ! Y A URGENCE !
        et de leur rappeler ceci :
        « De l’interdiction de moduler le temps de travail d’un contrat aidé. Dans un arrêt rendu le 25 janvier 2012, la Cour de cassation rappelle qu’aucune variation de la durée hebdomadaire du travail ne peut être mise en oeuvre pour ce type de contrat. »
        ET CECI :
        « En effet, l’article L 5134-26 du code du travail n’autorise pas les employeurs de droit privé ayant conclu un contrat aidé à moduler son temps de travail » … EPLE privé comme public à ma connaissance…
        ET CECI :
         » Les directives données dans la plupart des inspections académiques rappellent seulement que l’AVS n’a pas vocation à surveiller une récréation en lieu et place des enseignants. Les récréations sont placées sous la responsabilité et sous la surveillance des enseignants (et AED dans le second degré) , y compris pour les enfants handicapés. » … sachant par ailleurs que dans le 1er degré , les enseignants et le directeur sont responsables de la surveillance de cour, dans le second degré , les assistants d’éducation ou les surveillants d’externat ou les « pions » sont affectés à ce rôle … et avec tous les « risques couverts  » en prime ?? ben voyons !

        enfin, je vous cite :
        « On ne motive nullement des salariés à les cantonner dans la pauvreté, voire à l’accentuer, tout en exigeant d’eux encore plus de responsabilité, encore plus d’expériences et de compétences à ne plus en finir »
        c’est on ne peut plus EXACT !
        pour ceux, celles qui sont en poste là maintenant, pouvez vous envisager TOUS ENSEMBLE une grève nationale ? c’est un Droit , n’est ce pas ?
        à suivre donc !… 🙂
        magali

        • briand0493 dit :

          Bonjour Magali,

          Il faut tout de même rappeler aux collègues AVS et EVS (en contrat CUI-CAE d’une duréee inférieure à 1an) que si la modulation de temps de travail n’est pas autorisée dans l’enseignement privé, elle demeure possible d’application dans l’enseignement public. Donc, cher-e collègue AVS et EVS en poste dans l’enseignement public, ne vous précipitez pas auprès de votre employeur collège ou lycée avec l’arrêt de la cour de cassation. Je ne pourrais pas faire autre chose de donner raison à votre employeur (excusez moi l’expression triviale) de vous « envoyer sur les roses ». Il n’empêche que ce n’est pas normal cette discrimination de traitement entre collègues EVS et AVS exercant dans des écoles, collèges, lycées de statut différent.

          Pour une grève nationale des collègues EVS et AVS ? C’est un droit citoyen qui nous appartient auss. sauf que je suis dubitatif sur son succès pour la simple raison que, pauvre, avec un salaire de 642, 60 euros net par mois, pas drôle pour le budget de se retrouver avec même une seule journée de salaire en moins. A mon sens, s’engager dans une action collective prudhommale contre son employeur, avec le soutien d’une organisation syndicale ou non, peut se révéler aujourd’hui très redoutable. faites un calcul: vous êtes 39 000 salariés AVS et EVS (en contrat CUI-CAE). Les indemnités réparatrices obtenues par des salariés ayant engagé une action prudhommale avec succès sont en moyenne : 12 000 euros. Cela ferait au total une facture de 468 000 000 euros à devoir aux salariés par les employeurs, uniquement de l’enseignement public. A méditer…..
          amicalement,

          • magali dit :

            certes ! je cite : « action collective prudhommale contre son employeur, avec le soutien d’une organisation syndicale ou non »… est plus adaptée.
            et c’est d’autant plus justifié, car on oublie souvent de dire ceci :
            CUI = près de 90 ou 95% de prise en charge du contrat par l’état, exonérations des charges en plus !! ce qui revient à dire : contrat CUI-CAE = à peine 125 € à charge de l’employeur … désolée, mais c’est INADMISSIBLE en ce cas précis de laisser à l’employeur la possibilité d’exploiter encore plus le « salarié » … car preuve en est à écouter ou à lire tous les messages sur les AVS qui ne sont pas même pris au sérieux dans leurs fonctions, combien de fois ai je entendu :  » ce contrat sert à vous sortir provisoirement des chiffres du chômage, c’est un contrat de M…. » et de la bouche même de certains enseignants et pire encore de la bouche de proches indifférents, mais pleurant lorsque vous n’êtes plus présents au poste car renvoyé au pôle emploi …
            et puis à terme en fin de droits…
            tant d’injustice et de mépris…
            comment en est on arrivé là ? alors, que ces postes sont émérites en tant de champ d’interventions : assistante administrative, Aseh, EVS, AVS , AED …
            Merci Mr Briand de relayer les commentaires et informations de nos constats tant positifs que tristes … car il existe de belles expériences aussi, faut le rappeler 🙂
            magali

          • briand0493 dit :

            C’est un point sur lequel je suis entièrement d’accord. Malgré la pauvreté scandaleuse des collègues AVS et EVS, il demeure qu’il existe des fabuleuses réussites professionnelles dans le travail, notamment dans l’accompagnement des enfants « différents ». Un autre point aussi sur lequel je reste admiratif: cette formidable volonté citoyenne de collègues EVS et AVS n’existant pas à oser lever la tête pour saisir la justice prudhommale en vue d’obtenir réparation pour des droits bafoués. Quand on refuse de « ne pas courber l’échine », quand on dépasse ses craintes d’oser réclamer une application juste de ses droits,alors la démocratie prend tout son sens.

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