Tohu-bohu autour des salariés AVS-EVS et l’accompagnement scolaire des enfants handicapés en cette rentrée 2012

tohu-bohu

Mardi 9 octobre à 9 heures, à la Sorbonne (Paris), en présence du président de La république, François Hollande, le rapport de la concertation “refondons l’école de la république” sera officiellement remis auprès de Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, et Georges Pau-Langevin. Les 2 représentants de l’UNEAVS, conviés à cette cérémonie officielle clôturant 3 mois de rencontres-débats, seront présents bien entendu, non sans une certaine pointe d’ironie sur les surprises espérées à la lecture de ce rapport car il  fait l’objet d’une pré-diffusion parmi les acteurs de l’Education nationale. (rapport téléchargeable en cliquant ICI).

De ce rapport de 56 pages, nous livrons ci-après  le  passage (page 45) consacré à l’atelier  “réussite scolaire des enfants handicapés” auquel les 2 représentants de l’UNEAVS s’étaient impliqués

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Une annexe à ce rapport devrait préciser plus en profondeur les différentes propositions déclinées de l’atelier “réussite scolaire des enfants handicapés” mais nous pourrons noter déjà un premier tohu-bohu  officiel de la “pensée académique”. Explicitement, le personnel accompagnant est défini par l’auxiliaire de vie scolaire ou les employés de vie scolaire indistinctement et non plus en opposition. Concrètement, sur le terrain, cela se traduit déjà par une volonté politique du MEN exprimée auprès des services académiques que les accompagnants d’enfants handicapés soient dénommés ainsi:

  • AVS-I (quelque soit la nature de leur contrat actuel: assistant éducation ou CUI-CAE) quand l’accompagnement est individualisé selon la notification de la MDPH
  • AVS-M (exit les assistants de scolarisation, contrat assistant d’éducation) quand l’accompagnement est dite “mutualisée” selon la notification de la MDPH
  • AVS-CO (contrat CUI-CAE) accompagnement dans les CLIS, les ULIS.

La dénomination EVS sera réservée  pour le personnel en contrat CUI-CAE effectuant des missions adjoint administratif.

En fin de compte, ne s’agit-il pas là d’une simplicité de la “pensée académique”,   voulue par le président de la république, François Hollande et appliquée par le ministre de l’éducation nationale, se devant considérer le personnel accompagnant des enfants handicapés en référence non plus d’une opposition de salariés disposant de contrat de travail différencié (privé ou public) mais de la mission professionnelle d’accompagnement qu’ils accomplissent ?

Le deuxième tohu-bohu a concerné les responsables UNEAVS, ses adhérents salariés AVS toutes missions, EVS et partenaires associés. Qu’on en juge un courrier adressée par le cabinet de George PAU-LANGEVIN,  Marie-Arlette CARLOTTI, réciproquement, Ministre déléguée à la Réussite Educative Ministre déléguée aux Personnes Handicapées et à la lutte contre les exclusions.

Dans ce courrier récent parvenu au bureau CA de l’UNEAVS, suite à la mise en place d’un groupe de travail sur la professionnalisation de l’aide humaine aux élèves en situation de handicap conformément aux propositions faites au mois de mai dernier, par le Président de la République, François Hollande, un représentant de l’UNEAVS est convié vivement à ces travaux organisés par la ministre George-Pau Langevin et Marie-Arlette Carlotti.

Il faut tout de même avouer qu’entre un gouvernement majoritaire de droite précédent appliquant avec un mépris non dissimulé une fin de non recevoir systématique de participation légitime à un groupe de travail sur la professionnalisation des accompagnants des élèves en situation de handicap et un gouvernement actuel de gauche désireux de notre participation au titre ‘” d’une démarche conjointe et partagée pour parvenir à des préconisations qui fassent consensus” (selon les termes du courrier motivant cette invitation), nous n’avons pas été loin de la “sidération mentale”.

Mais en fin de compte, ne s’agit-il pas là d’une simplicité de la “pensée politique”,  voulue par le président de la république, François Hollande et appliquée par des ministres, se devant considérer la participation citoyenne comme affaire de tous les acteurs concernés par les sujets qui les préoccupent en toute transparence et non de quelques acteurs “privilégiés” débattant  en opacité d’intérêts personnels  inavoués ? 

Le troisième tohu-bohu nous est venu d’une association: la Fnaseph et de sa présidente attitrée, Mme  Sophie Cluzel. Le 20 septembre 2012, dans un communiqué à l’AFP, Mme Sophie Sophie Cluzel déclarait “  Chaque année, c’est entre 5.000 et 6.000 enfants qui se retrouvent privés du droit à aller à l’école, à cause de leur handicap et du manque d’anticipation de leurs besoins…” et s’ensuivit dans la foulée de ses propos alarmistes à souhait un impressionnant battage médiatique (Le figaro, le parisien, le nouvel observateur, France Info…..). On comprend bien au su de ce  battage médiatique que le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon  le gouvernement Ayrault et le président de la république, François Hollande ont largement failli à leur mission d’assurer une rentrée 2012 paisible pour les enfants handicapés.

Nous partagerions volontiers le courroux de l’association Fnaseph et de sa présidente Sophie Cluzel …si nous n’avions pas en mémoire que cette situation hautement dénoncée (5 000 à 6 000 enfants handicapés non accompagnés à la rentrée scolaire) est pré-existante, reconnue par le gouvernement précédent de droite depuis 2009, puis 2010, puis 2011 et dans un rapport du sénat datant de juillet 2012 comme le rappelle  avec justesse madame la ministre Carlotti dans une intervention récente.

Ce vaste courroux nous paraît d’autant plus déplacé que dans le département des Hauts-Seine (92) où demeure le siège de la Fnaseph, Madame Sophie Cluzel n’est pas sans savoir ainsi qu’un service d’accompagnement AVS assuré par l’association ligue 92 se distingue particulièrement en cette rentrée 2012 et mériterait de sa part un courroux particulier, bien plus justifié. Nous le disons : crier au scandale national de l’accompagnement scolaire des enfants handicapé non assuré dans des départements sans se préoccuper de celui se déroulant dans son propre département relève d’une vision associative particulièrement et singulièrement rétrécie.

Ainsi, alerté par des salariés AVS eux-même, bénéficiaire d’un contrat CUI-CAE, particulièrement inquiet des retards de salaire en juin, juillet, nous apprenons ainsi que, mise en cessation de paiement, la ligue 92 a procédé à leur non reconduction de leur contrat  entre fin juin et septembre 2012. Conséquence directe: à la rentrée 2012, des familles découvrent que l’accompagnement de leur enfant handicapé se devant être assuré par la ligue 92 n’est pas pris en charge. Poussant un peu plus loin nos investigations, au sujet  de ce qui pouvait avoir amener la ligue 92 à sursoir son service d’accompagnement AVS pour les familles,   nous découvrons  les éléments suivants  dans la convention liant la ligue 92 avec les services académiques 92.

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  Nous sommes stupéfait par l’énormité des charges fixes et variables de ce service d’accompagnement ligue 92. Et c’est le moindre que l’on puisse dire car les salaires d’une vingtaine de salariés AVS étant pris en charge en totalité par le conseil général des Hautes-Seine!!!!, le service accompagnement AVS ligue 92 (existant depuis 2006)  ne comprend qu’une chargée de coordination AVS exerçant à mi-temps !!!!, ce,  en collaboration avec le service ASH académique et quant à la formation AVS de 60 heures d’adaptation à l’emploi, comme les salariés AVS nous l’ont assuré, elle a été assumée exclusivement par le service IA ASH 92.!!!!!!

Pour dire vrai, nous sommes pas loin de penser que pour l’existence de ce service départemental d’accompagnement AVS ligue 92, le beurre, l’argent du beurre, le lait, la vache, la prairie, et la crémière ont été réclamés pour au final, laisser salariés AVS, familles enfants handicapés, enfants eux-mêmes et équipes  de suivi de scolarisation sur la …terre débarassée de sa paille.

Mais en fin de compte, ne s’agit-il pas là d’une pollution de pensée associative comme le soulignerait l’IGEAR dans son Rapport – n° 2011-085 juillet 2011 page 15 “les associations reçoivent une subvention à laquelle elles estiment avoir droit, qu’elles utilisent ensuite en totale autonomie pour gérer les actions qu’elles ont choisies unilatéralement…Bien que les associations concernées s’en défendent, ce dispositif peut apparaitre comme une « rente de situation » ?

Entre tohu-bohu pour éclairer et tohu-bohu pour embrouiller, nous choisissons le premier …par simplicité d’esprit.

note informative: l’image publiée dans cet article  est de  Sophie Istria:  artiste peintre à Marseille (France)

Cela a été dit !

 » Le système éducatif doit être accueillant aussi pour les élèves en situation de handicap. Là aussi je mesure les avancées, elles sont significatives, mais aussi combien le chemin est encore long pour que l’école soit véritablement inclusive. La formation des enseignants intègrera cette dimension. Je considère également comme essentielle la valorisation du métier des personnels, non enseignants, qui accompagnent les élèves handicapés, souvent sans reconnaissance et avec des contrats de travail précaires. »

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11 commentaires pour Tohu-bohu autour des salariés AVS-EVS et l’accompagnement scolaire des enfants handicapés en cette rentrée 2012

  1. Marie dit :

    Je suis AVS depuis le 9 octobre (j’y étais deja l’année derniere mais fin de contrat le 30 juin) … je suis dans une école privée.. et à ce jour je n’ai encore eu ni contrat de travail.. ni salaire.. je commence vraiment a être énervée…. je pense meme faire grêve dès lundi… voilà ou en est notre statut.. rien n’est défini.. c’est bosse et tais toi !!!

    • magali dit :

      ben voui ! 🙂
      te laisse pas faire Marie !!! et n’oublie pas les conditions d’embauche dans le private:) , voire commentaires divers sur ce blog sur les « dérives » des temps de travail hebdos ? 20 – 24 – 26 h …payées 20H ! c’est INTERDIT dans le privé sur contrat < à 12 mois…
      va les voir ! appelle l'IA de référence, le service ASH du secteur, le coordonnateur ASH, l'enseignant référent ASH secteur !! si tu es en charge d'enfants handicap ? plus appelle l'ELPE de référence si tu es en emploi précaire style CUI – CAE et j'en passe !!!
      Mr Briand saura également te renseigner efficacement ! :):)
      @ +
      magali 🙂

  2. tulipe dit :

    Bonjour

    Je vous soumets à tous cette annonce que je viens de trouver sur Pôle emploi et qui montre combien rien ne changera jamais dans ce pays en ce qui concerne l’aide aux enfants handicapés….. J’ai enlevé volontairement salaire et autre fadaise qui ne servent à rien à la compréhension vu que ça restera toujours au SMIC!

    Numéro d’offre 281031M

    Offre actualisée le 26/10/12

    Auxiliaire d’Intégration Scolaire -AIS-
    Métier du ROME K1301 – Accompagnement médicosocial

    ACCOMPAGNEMENT D’UN COLLEGIEN EN 6EME, SOUFFRANT DE TROUBLES IMPORTANTS DU COMPORTEMENT. VOUS DEVEZ IMPERATIVEMENT AVOIR UNE EXPERIENCE DANS CE DOMAINE. UNE PARFAITE MAITRISE DE SOI ET UNE BONNE RESISTANCE NERVEUSE SONT DES QUALITES INDISPENSABLES POUR CE POSTE. CDD RENOUVELABLE

    Lieu de travail
    91 – SAINTE-GENEVIEVE-DES-BOIS

    Type de contrat

    CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 6 MOIS

    Nature d’offre

    CUI – CAE
    Bac ou équivalent Educateur spécialisé Souhaité

    Durée hebdomadaire de travail
    20H HEBDO
    ENSEIGNT SECONDAIRE GENERAL

    Voilà, pourquoi est-ce encore un CUI CAE!!??? En plus je note « bonne résistance nerveuse »!!, c’est que ce boulot ne doit pas être facile et qu’ils cherchent encore un « couillon » pour faire ce boulot, qui, sans aucune formation ni préparation, va se retrouver confronter à cet élève difficile à gérer apparemment et ce, pour une durée de 6 mois?? Si je ne m’abuse, ces troubles ne vont pas cesser au bout de 6 mois, malheureusement pour lui, mais on embauche quelqu’un en CUI ENCORE!! C’est pour ça que malheureusement je reste au chômage depuis fin avril, et qu’aux infos, on va encore servir au bon peuple, des chiffres truqués parce qu’habilement manipulés au travers de ces contrats de pacotille! Je suis dégoûtée car en plus c’est dans ma ville!!! Oui la crise, oui ceci oui cela! Embauchez les gens sérieusement ! C’est malheureux mais plein de gens comme moi restent chez eux p arce qu’ils n’ont pas envie de se déplacer 20h/mois pour être payé des clous, considéré par le corps enseignant comme un caillou dans la chaussure et de se retrouver à la case départ avec des indemnités revues à la baisse car que peut-on récolter au chômage sachant qu’on a touché 579 € nets pour 20h/semaine sur 6 mois!!!!!??
    Voilà pour le coup de gueule du jour!
    J’attends avec impatience que ça bouge mais je ne crois pas aux miracles!?

    • briand0493 dit :

      Bonjour,
      Il faut effectivement s’accrocher pour ne pas se laisser emporter contre un tel « délire institutionnel » en arrivant à considérer « normal » d’exiger d’un salarié des compétences relevant de l’éducation spécialisée tout en le rémunérant à 687,07 net par mois pour 24h/hebdo.

      Je ne crois pas non plus au miracle, mais par contre, je crois que « un bon coup de pied » répété dans les délires institutionnels à l’encontre des salariés AVS, cela soulage d’abord, ensuite, on voit les effets sur le comportements, quitte à répéter les coups de pied pour obtenir les modifications même minimes souhaités.

      amicalement,

      • magali dit :

        bonjour Tulipe,
        pas mieux 🙂 tout est dit dans un langage clair et précis …
        l’annonce pôle emploi aussi est claire et précise… en apparence !
        les 20 h sont elles 20 heures hebdos ou bien « comme dab » : 24 ou 25 h EFFECTIVES ? sur 4 ou 5 jours ? amplitude horaire envisagée ? histoire d’être MOBILISEE près de 30 ou 32 h hebdos , payées 20 H SOIT 579 € nets / MOIS pour 20h/semaine…
        un éduc spé pour le même temps horaire, soit 20H EFFECTIVES est payé 1200 € MINI selon des sources sur evs-avs 35…
        Courage …fuyons ! 🙂

        • briand0493 dit :

          Yes…fuyons ce délire d’offre d’emploi. Il ne faut franchement pas être bien dans sa tête pour pondre une telle offre emploi et de la publier au pôle emploi.

  3. Cassin dit :

    étant moi même AVSI, je trouve qu’il serait grand temps que l’on reconnaisse nos missions, que l’on nous donne enfin un vrai statut qui nous permette de pérenniser nos emplois dans l’intérêt des enfants, de l’école et de nous même.

    • magali dit :

      et que le contrat de travail soit également CLAIR au niveau des fonctions précises et « protégées » , enfin des horaires hebdos ! avez vous des infos bientôt à nous communiquer sur les « dérives » des temps de travail hebdos ? 20 – 24 – 26 h …payées 20H ! pour « annualisation » et je me répète , « annualisation » ? de quoi ?
      merci 🙂

      • briand0493 dit :

        Bonsoir Magali,
        QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE ANNUALISATION ET MODULATION ?

        L’annualisation permet de faire travailler de manière générale les salariés 35 heures par semaine ou plus, mais elle ne permet pas de planifier des périodes temps de travail effectif ou non effectif (comme dans l’éducation nationale, période scolaire=temps de travail effectif, période de vacaaces scolaires =temps de travail non effectif) Les heures supplémentaires sont celles qui excèdent le seuil annuel normal de 1610 heures.

        Depuis le 1er janvier 2010, La modulation temps de travail des salariés en CUI-CAE (les EVS) permet de faire varier la durée hebdomadaire de 20h à 26 h heures (maximum, au delà c’est compté heures supplémentaires), c’est à dire de programmer des périodes de suractivité (les temps scolaires) et des périodes de sous-activité les vacances scolaires), qui ont vocation ainsi à se compenser. Pour cela, cela doit être pérvu dans la convention (feuillet jaune) rattachée au contrat de travail, ensuite, un calendrier de 15 jours des périodes travaillés faisant apparaitre cette modulation de temps de travail doit être validé par avenant sur proposition de l’employeur (et non le directeur de l’école premier degré), signé et daté par le salarié et l’employeur.

        Sur ce, le tableau 2012-2013 permettant de calculer si le salarié EVS n’est pas lésé dans ses horaires de travail va paraître prochainement avec les explications d’usage. Il faut excuser le retard de parution, l’actualité est très intense ces derniers jours et ne permet pas toujours de répondre aux attentes aussi vite que l’on souhaiterait soi-même.

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