Méthode Coué à usage de salariés EVS-AVS désireux de vivre une année scolaire 2012-2013 dans un climat apaisé et serein.

rienasignaler

Dans son journal du 13 heures à TF1, le 7 septembre, Jean-Claude Pernault n’aura pas oublié de de lancer l’étrange bal médiatique qu’entoure l’arrivée d’un enfant pas ordinaire au sein d’un établissement scolaire à chaque rentrée scolaire. “Faute d’auxiliaire de vie, Soren ne va pas à l’école…” ,tel est le titre du reportage. On pressent dès lors de l’existence d’une affaire haletante à rebondissement multiple avec à la clé: drame familial, enfant malheureux, dénouement espéré heureux. Ce que confirme le site six-four se faisant l’écho  des préoccupations de rentrée de parents d’enfants si particuliers, dans la région PACA, sous le titre “Quelle rentrée pour les enfants handicapés? Toujours la même galère”, Le journal Le Parisien dans son édition du 08 septembre s’empresse en faisant état d’un communiqué du rectorat de Girondes de titrer un article rassurant “Accueil des élèves handicapés en Gironde: difficultés « réglées » (rectorat)” .Dans ce dernier reportage, on commence toutefois à apercevoir les dessous de l’affaire. Ainsi, pouvons-nous lire:

…Selon un collectif girondin de parents d’élèves, d’enseignants et de chefs d’établissements, une vingtaine de contrats EVS/AVS, répartis sur une dizaine d’établissements catholiques du département, n’avaient pas été reconduits à la rentrée pour des raisons budgétaires…

Ah! heureux EVS-AVS, ainsi donc, en cette rentrée scolaire, vous êtes attendus, espérés, accueillis à bras ouvert

Le journal de la république ne fait pas exception à la règle du sujet médiatique phare de la rentrée scolaire 2012 en s’interrogeant “ Handicap : y aura-t-il assez d’AVS à la rentrée … – Le sourire de Lou”. Le fond de l’affaire prend une autre tournure :

…l’expérience a souvent démontré qu’un certain nombre de dossiers pouvaient rester en souffrance pendant plusieurs semaines, faute de postulants. Il est vrai que le travail d’Auxiliaire de vie scolaire n’est pas reconnu à sa juste valeur, bien qu’il suppose une forte motivation, une capacité d’adaptation et de réelles compétences.
Outre la précarité du statut, les syndicats de l’enseignement pointent du doigt le faible niveau de rémunération (au Smic horaire) qui n’excède pas 600!€ par mois (net) pour un temps scolaire complet. Sans parler des problèmes posés par la mobilité géographique et les frais liés aux déplacements…..

Sur le site “info châlons” en Saône et Loire, l’information se fait carrément plus qu’alarmante  

« De nombreux postes d’AVS restent à saisir à Pôle Emploi »
…  Il est impératif que chaque élève soit suivi même si certains profils ne nécessitent pas un encadrement à plein temps. Nous demandons également une meilleure formation pour ces personnes et surtout que leurs contrats soient pérennisés, ces emplois sont vraiment trop précaires ! ». Ce qui explique peut-être le nombre encore important d’annonces pour des postes d’AVS dans les agences Pôle Emploi de Saône-et-Loire alors que, dans le même temps, la MDPH est parfaitement incapable de chiffrer précisément les besoins des établissements scolaires du département…

Ah! heureux EVS-AVS, ainsi donc, en cette rentrée scolaire, il est songé à vos conditions misérables de travail.

Sur le site “bellaciao”, un article titré ainsi “Fin de contrat ordinaire”, nous pouvons découvrir ce passage au sujet d’une salarié EVS-AVS: Irène

…Voilà deux ans qu’elle écrivait les mots dans les cahiers de liaison, et qu’elle y collait les « sortie à la bibliothèque », « spectacle au cirque », « visite du médecin », etc. Voilà deux ans qu’elle aidait les maîtresses pendant les ateliers, qu’elle soignait les petits bobos, qu’elle enfilait les bonnets, qu’elle surveillait la récréation : « J’aime beaucoup ce travail, m’occuper des petits : j’en ai quatre à la maison ! » Irène se levait à 5 h 30. Prenait le bus à 7 h 05. Arrivait dans le quartier vers 8 heures. Et tout ça pour un mi-temps, un demi-SMIC.
Mais cette vie de Mère Courage lui plaisait plutôt. Au bout de deux ans, c’est fini : son CAE, Contrat d’Accompagnement vers l’Emploi, ne sera pas renouvelé…

Sur le même site ‘bellaciao, nous découvrons le témoignage de madame Sp..

« Normalement, j’étais embauchée pour trois ans comme secrétaire à l’école primaire. Ça m’avait fait un bien fou, psychologiquement : je me sentais utile, comme une délivrance après six mois à chercher du boulot, chercher, chercher. Et puis, d’un coup, le gouvernement a décidé d’arrêter tous ces contrats, on était trois à Vincensini. Je n’ai été prévenue qu’un mois avant… La directrice a alors fait des pieds et des mains pour me garder, les parents d’élèves ont campé dans le bureau de l’Inspection académique, mais ça n’a rien changé. On vous dit : “Vous êtes dans la merde, on vous aide”, mais on vous relâche dans la merde – et sans vous avoir offert la moindre formation, le moindre concours. »

 Ah! heureux EVS-AVS, ainsi donc, en cette rentrée scolaire, vous voilà prêt à vous engager dans une mission avec toute la considération respectueuse des parents, des enseignants et…. de votre employeur éducation nationale.

Kleenex

 

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3 commentaires pour Méthode Coué à usage de salariés EVS-AVS désireux de vivre une année scolaire 2012-2013 dans un climat apaisé et serein.

  1. Dominique dit :

    Comme beaucoup j’ai suivi les « progrès » de l’affaire. Début juin on me disait que mon contrat serait reconduit, fin juin : sans doute pas. Le 29 juin, la conférence de presse du ministre de l’Education Nationale m’avait remonté le moral. Mon contrat se terminait officiellement mi juillet après 6 mois de bons et loyaux services. Fin août nouvelle conférence de presse et confirmation, mais je n’ai eu aucun contact pour signer les documents, aucune date bien que le directeur de l’école dont je dépend ait confirmé le renouvellement. J’attends comme une pauvresse, assise près du téléphone…. cela devient insupportable. D’autant que si cela se passe comme pour mon contrat initial, il y a de fortes chances que le premier salaire ne soit payé qu’avec le suivant. Ben oui, des sommes pareilles (un demi-smic) ça peut pas donner lieu à une avance hein ? Et puis, ça fait si peu de sous que ça ne peut pas manquer ! Bref, je commence à être vraiment en rage. Je suis aide administrative au directeur, je considère mon emploi comme indispensable au regard de la somme de travail qui est demandée au directeur en terme administratif en plus de la classe et de tout le reste. Mon directeur semble satisfait de mon travail et il attend aussi avec impatience mon retour. (La paperasse s’accumule durant ce temps car il ne peut venir à bout de tout !) Je suis dégoûtée par le peu de reconnaissance de l’Education Nationale envers ces contrats « à pas cher », nous sommes exploités puis jetés quand nos contrats ne sont plus renouvelables. Nous n’avons aucune formation complémentaire et seule l’expérience que nous a apporté le poste ajoute une ligne et quelques compétences à notre CV. En aucun cas on ne peut considérer que cet intermède entre deux périodes de chômage nous aura apporté une « Insertion » (CUI) ou un accompagnement vers l’emploi (CAE). J’adore ce boulot, je me sens utile, j’ai des contacts très agréables avec les enfants, les parents et tout le personnel de l’école, qu’il soit enseignant et de service. J’ai conscience de ne pas être irremplaçable mais le poste, lui, au moins devrait être pérennisé : le directeur en a besoin, les enseignants aussi et cela apporte un certain confort aux parents d’élèves également. J’ai eu la très grande chance d’être vite intégrée dans l’école où je travaille et que mon boulot soit reconnu par le directeur, c’est très gratifiant fort heureusement. J’y suis bien je m’y sens à ma place .
    La question est : pourquoi lorsqu’une personne fait bien son travail, donne sans compter (même pour un très petit salaire) du temps, de l’énergie, de la bonne volonté, se forme seule en dehors de ses heures de travail, l’Education Nationale n’estime pas être redevable envers elle d’un minimum de correction : c’est-à-dire la tenir au courant des suites données à son contrat ? Pourquoi ne pas lui proposer un poste en CDI -même au même salaire- pour qu’elle puisse poursuivre dans la continuité son travail au sein de l’école. ?(Ceci est encore plus vrai du travail auprès des enfants en situation de handicap qui s’accommodent mal de changer d’AVS plusieurs fois par an).Histoire de gros sous il paraît ! Mais refonder l’école ne passerait-il pas par là : commencer par avoir du respect pour les personnels, donner de la stabilité aux emplois pour que l’investissement ait plus de chance d’être total parce que l’emploi n’est plus précaire ?
    Je précise aussi que je ne suis pas indemnisée par le Pôle Emploi car je n’ai pas renvoyé mes papiers de fin de contrat. En effet, après discussion avec Pôle Emploi, j’ai appris que mon contrat ne pouvait être que prolongé et pas renouvelé, j’ai donc décidé d’attendre pour ne pas risquer de mettre en péril mon renouvellement mais depuis mi juillet, je n’ai pas de ressources….. Qu’ajouter de plus ?
    Merci pour cette tribune, ça soulage vraiment !

  2. Sébastien dit :

    Malheureusement, le problème est national. J’ai moi-même été recruté comme AVS dans une école primaire dans l’Eure. Le 30 aout, on m’annonce le gel de mon contrat. Malgré une intervention et une relance de mon député, tjrs rien ce-jour. Un handicapé de plus reconnu MDPH sans AVS, quelle honte!!

  3. Anne-Marie dit :

    Bonjour,
    Moi, je retiens une chose dans cette rentrée, ce sont les engagements écrits pris par Monsieur Vincent Peillon dans son dossier de rentrée scolaire 2012, communiqué à la presse lors de sa conférence du 29 août, à lire sur http://www.education.gouv.fr/cid61272/annee-scolaire-2012-2013-dossier-de-rentree.html#La_reconduction des contrats aidés
    Sauf à avoir de graves problèmes de compréhension, il semble bien que Monsieur Peillon affirme que les 12 000 contrats venant à expiration en juin ou en septembre seront reconduits.
    J’attends donc, mais si rien ne vient, dans les prochains jours, je prendrai ma plus belle plume pour rappeler à ma circonscription, à mon académie, à mon rectorat, les engagements pris par leur Ministre de tutelle.
    Cordialement

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