“Quant les critères d’accès aux contrats aidés changent, ce sont les bénéficiaires qui trinquent” par Michel Abhervé.

Nous publions dans son intégralité un article de notre ami, Michel Abhervé. Il résume, à lui seul, la situation résultant de l’application de la circulaire DGEFP n°2012-10 du 28 juin 2012 relative à la programmation des contrats aidés au 2ème semestre par les préfets de région et départementaux. Assurément, le chemin pour des acteurs institutionnels devant mettre en application la circulaire dans une optique pratique du simple bon sens humain relève de la mission impossible. A appliquer bêtement une circulaire depuis sa parution le 28 juin, les  fonctionnaires (préfets, responsable Dirrecte, Pôle emploi…) ont slalomé entre   la stupidité et la perversion  mentale.

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Xavier Bertrand avait en début d’année 2012 assoupli les critères exigés pour pouvoir bénéficier des contrats aidés, et ne particulier des CUI CAE : il fallait bien en augmenter le nombre pour limiter la hausse du chômage comptabilisée avant les échéances électorales (voir Contrats aidés : le dopage pré électoral a cessé de produire ses effets)
Michel Sapin, fort logiquement, en revient à des critères plus restrictifs d’autant plus que comme nous l’avons vu avec les derniers chiffres publiés (voir En juillet, comme attendu, l’inscription à Pôle emploi continue à monter en juillet : 52 100 inscrits supplémentaires) le chômage de longue durée continue à augmenter fortement.

Cette évolution induit que des personnes qui s’étaient vu proposer en début d’année un contrat aidé se trouvent donc six mois plus tard hors des nouveaux critères et se voient donc refuser le renouvellement de leur contrat, au nom de ce seul critère. Ouest France nous en donne un exemple édifiant. Un contrat au centre hospitalier de Quimperne sera pas renouvelé dans quelques jours car la personne qui l’occupait, et était en plein cœur de la cible de réduction des chiffres du chômage, n’était au moment de la signature de son contrat inscrite à Pôle emploi que depuis dix mois, et qu’il est maintenant demandé douze mois d’inscription !

Peu importe qu’elle soit reconnue en tant que travailleur handicapé, l’arrêté du préfet de région du 6 juillet n’ayant pas prévu de spécificité pour ceux-ci. Et Pôle emploi applique sans état d’âme en affirmant «La raison de ce refus est liée à l’évolution du texte. À partir du moment où l’on met en place des mesures pour un certain public, on en exclut un autre. Ce ciblage a été réalisé à la vue du grand nombre de chômeurs de longue durée » et en poursuivant  par la phrase fatale «il n’y a pas de souplesse sur les critères. Nous avons un texte et nous devons l’appliquer»

Comment ne pas comprendre la réaction de cette personne quand elle affirme « Je suis révoltée parce que Pôle emploi est là pour aider les gens et pas pour appliquer bêtement une circulaire».La question posée sur le rôle de Pôle emploi est bonne, mais il n’est pas sur que la réponse qui lui est donnée, inspirée par le bon sens, corresponde à la réalité de ce qui demeure avant tout  un pilotage national par voie de circulaire et non une capacité à élaborer les réponses les plus adaptées à la situation de chaque demandeur. On pourrait penser qu’une telle conception, où le métier n’est que d’exécuter des ordres venus d’en haut, permettrait de limiter le nombre de cadres : à propos où en est le retour vers les agences et l’accompagnement des demandeurs d’emploi des 2 000 cadres sur numéraires, promise depuis des mois ?

Michel Abhervé, le 28 août 2012

Pour lire l’article dans son contexte, cliquer ICI

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3 commentaires pour “Quant les critères d’accès aux contrats aidés changent, ce sont les bénéficiaires qui trinquent” par Michel Abhervé.

  1. sophie dit :

    est ce que vous en avez un peu plus sur le renouvellement dans le bas-rhin??

    • briand0493 dit :

      bonsoir,

      Pour l’académie de Strasbourg, vous l’aurez constaté sur l’article , le nombre de postes EVS non reconduits sur un total au 30 juin de 655 aura été de 159.La répartition des salariés EVS non reconduits sur le seul département du Bas Rhin n’est pas connue à ce jour. C’est probablement les salariés EVS ayant effectués des missions autres qu’AVS qui ont été touchés. Le ministère de l’éducation nationale ne parait pas vouloir à ce sujet revenir sur ces décisions de retour forcé vers la case pôle emploi de ces salariés. Depuis la prise de fonction de responsable de gauche au ministère de l’Education nationale, les EVS n’intéressent absolument personne au ministère et nous ne sommes pas certain qu’ils savent que ce personnel précaire existe. Depuis que la Concertation est ouverte, l’UNEAVS qui y participe le constate: à part elle, dans ses rares interventions et quelques rares organisations syndicales quand elles y pensent sont les seuls à évoquer la situation des EVS au même titre que les AVS. C’est navrant à dire: nous avons franchement l’impression alors d’être des martiens parlant d’une réalité inconnue et pourtant, existante depuis 2005.

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