Le désordre désordonné de la reconduction des salariés précaires EVS-AVS pour la rentrée scolaire 2012

désordre

La consultation du site par nos collègues EVS-AVS confrontés à l’incertitude de reconduction de leur contrat pour la rentrée 2012 ne désemplit pas. Selon les informations nous étant parvenues, depuis le 30 juin 2012,  la sortie tardive d’une circulaire a entrainé d’évidence des situations “rocambolesques” entre Préfectures, rectorats, Dirrectes, pôles emploi. Nous arrivons même à imaginer que chacun des hauts responsables des services éducation nationale puise d’une certaine “jubilation” à laisser écouler le désordre en l’état d’ici la rentrée.

Nous trouverions cela très risible si ce n’est qu’il s’agissait de traiter une “urgence sociale”, celle du devenir de dizaine milliers de salariés EVS-AVS oscillant entre espoir et désespoir, avec la clé, une rentrée souhaitée “apaisée” pour les enfants et le personnel par le ministère de l’Education nationale  risquant fort de tourner au “désastre du désordre” tout court sur le chapitre de l’accompagnement scolaire des enfants porteurs de handicap.

Pour exemple qu’il en est de cette situation de rentrée prévisible, nous livrons ci-après le commentaire “édifiant” d’une responsable syndicale de la région Nord-Pas de Calais confrontée aux attentes de collègues salariés EVS-AVS depuis le 30 juin 2012.

message du 17/07/2012 (académie Nord-Pas de Calais) transmis par le sgen-CFDT 59-62

Objet : nouvelles du Conseil Régional de l’emploi et circulaire contrats aidés

J »ai eu des nouvelles du Conseil Régional de l’emploi par Pascal Catto, notre secrétaire régional CFDT, ce soir.

l’Education nationale n’était pas représentée !! !!!

Pascal Catto CFDT à pris la parole d abord en s’ indignant sur la baisse du nombre du contrats et aussi sur le fait que le traitement de notre région n’est pas à la hauteur de la situation de l emploi, en forte période de chômage il faut des mesures pour l’ emploi en réponse, et le contrat aidé en est une.
La CFDT appuie par contre le fait que les employeurs doivent impérativement envoyer leurs salariés en formation .
Par contre, la CFDT a une nouvelle fois tiré la sonnette d alarme sur la façon dont sont traités les salariés en contrat aidé au niveau de l éducation nationale, une nouvelle fois ils sortent d’ une période avec une rupture de la continuité pour le renouvellement et n’ont aucune lisibilité sur la rentrée.
La CFDT  a, une nouvelle fois, demandé des dérogations pour ceux qui sont en rupture sans avoir eu de renouvellement.
La CFDT à donné une liste de + 80 salariés en attente, auprès du Préfet.
Réponse du Préfet: il y aura dérogation, mais tous les contrats ne pourront être renouvelés au vue de la baisse. Le Préfet mandate Pôle emploi et la Direccte pour rencontrer l éducation nationale (absente au CRE)
Pole emploi va suivre cela mais a dit les difficultés pour avancer avec l’éducation nationale dans cette période de vacances. ( no comment !!! ).
Donc, une bonne nouvelle: le principe de la dérogation est acté.Une moins bonne nouvelle mais nous en étions avertis: la diminution du nombre de contrats aidés, mais il est difficile de savoir à quelle hauteur et je vous rappelle que les 300 embauches d’ASCOL devraient permettre de transformer 300 contrats ASEH en 300 contrats AADE.

Ce qui est sûr, c’est que cette diminution obligera à une nouvelle proposition des IA au rectorat pour l’attribution des postes aux écoles et cela ne va pas faire gagner du temps à la rentrée !! Et certaines écoles ( combien ? difficile d’évaluer pour le moment ) et donc certains AADE n’auront pas de contrat !Heureusement, la dématérialisation accélère un peu les navettes mais !!

Claudie JOUVENOT (secrétaire régionale Sgen-CFDT)

Education nationale non présente à une réunion de conseil Régional de l’emploi, + de 80 salariés en attente d’une réponse sur un liste fournie par la CFDT à un préfet, un pôle emploi faisant le constat “heu, les responsables éducation nationale sont partis en vacance », que voilà, assurément du désordre désordonné en toute quiétude depuis le 30 juin 2012.

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7 commentaires pour Le désordre désordonné de la reconduction des salariés précaires EVS-AVS pour la rentrée scolaire 2012

  1. (re)sel dit :

    flute , problème de syntaxe binaire , je remet les éléments manquants :
    …pour définir « un vrai métier d ‘accompagnant  »
    Elle a précisé qu’ il faut « définir un niveau requis préalable (de recrutement) ,donner une véritable formation et fixer un statut qui doit être pérenniser  »

    en attendant; le statut précaire est durable, merci !

    • briand0493 dit :

      Bonjour Sel,

      Toujours la belle (im)pertinente analyse. Il y a de quoi effectivement être perplexe face aux déclarations des ministres Peillon, Touraine et Carlotti, sans compter quelques élus de gauche (sénat et/ou assemblée nationale) au sujet de la professionnalisation des AVS-EVS. C’est un discours plutôt rassurant en direction des grandes associations de handicap qui ne se distingue pas en effet de ce qui a été entendu jusqu’à présent avec des acteurs précédents de droite . Au mieux, Les acteurs actuels gouvernementaux et élus de gauche nous donnent l’impression d’afficher une réelle volonté de faire avancer les lignes…mais pour la volonté d’entendre, d’écouter réellement les acteurs principaux (à savoir les salariés AVS-EVS), jusqu’ici méprisés, bannis de toute expression par un MEN, un ministère de la famille, c’est interrogation tout court. Le geste du MEN de convier aux travaux de la grande concertation à Paris des représentants salariés AVS-EVS de l’association UNEAVS va bien dans ce sens d’une volonté de dialogue « rénové » apaisé. Mais…ces représentants UNEAVS à découvrir les fiches de base de travail du groupe en charge d’explorer des pistes rénovés de l’accompagnement des enfants porteurs de handicap sont restés très songeurs. Ces fiches de base de travail théoriquement conçus par des représentants politiques de gauche reprennent des orientations de politique de droite que nous avons fortement dénoncés depuis 2006, statut précaire durable du salarié inclus !!!!!! pas très saine cette idée entretenue actuellement auprès des salariés EVS-AVS qu’une rénovation de l’approche de l’accompagnement des enfants porteurs de handicap serait en marche sur de telle bases de travail.
      Donnons acte simplement que le dialogue social « rénové » débute depuis peu et qu’il est susceptible d’évoluer à la rentrée dans un sens plus soucieux de solidarité et de justice sociale à l’égard des salariés AVS-EVS.

      • sel dit :

        re Yves,

        Vu de loin (maintenant) , ça donne vraiment l’ impression que le projet de professionalisation est plié depuis longtemps dans ses grandes lignes, et qu’ il n’ en manque plus qu’ une , c’est la ligne budgetaire .
        Il semble évident aussi qu ‘ en cette période de serrage de ceinture (oups, d’effort juste !) la solution économique d’ assurer l’ accompagnement par des chômeurs (toujours plus nombreux) ait de beaux jours devant elle .
        Il n’ en demeure pas moins crucial de continuer à représenter les précaires et leurs revendications .
        bon courage !

        • briand0493 dit :

          Bonjour Sel,

          Compte tenu de la manière dont le ministère de l’Education nationale (et ce, sans tenir compte des avertissements de l’UNEAVS depuis janvier 2012) a géré la reconduction des contrats des salariés EVS-AVS en cette fin d’année scolaire, je dirais franchement que la seule voie alternative offerte aux collègues EVS-AVS désormais est de multiplier les procédures prudhommales à l’encontre de leur employeur Education Nationale. Je regrette de le dire mais le MEN, le ministère de la Famille, le ministère en charge du handicap, ont trop multiplié des indicateurs politiques, sociaux « négatifs » ayant entrainé, entrainant trop de souffrances morales et physiques auprès de collègues salariés EVS-AVS depuis fin juin 2012 pour que la voie d’action juridique ne soit pas privilégiée.
          La seule lecture de la fiche de travail du groupe de travail N° 2 de la grande concertation du MEN, et consacrée à l’accompagnement des enfants handicapés, démontre à elle seule que le mépris, la discrimination entre salariés EVS et AVS effectuant des missions strictement similaires restent une voie politique maintenue. Le souci économique, la contrainte budgétaire ne restera toujours qu’un alibi destiné à masquer une dominante socio-idéologique au sein de la gauche, hélas,(une personne en contrat aidé reste une personne d’avance « incapable », « incompétente », « cas social »…).
          Oser lever la tête pour tous les salariés EVS-AVS en exigeant « respect » et « dignité » devant le tribunal des prudhommmes reste que plus d’actualité.

        • sel dit :

          Tu as raison de rappeler que la politique c’est justement refuser le (faux) principe de fatalité .
          Il faudrait d’ailleurs soumettre ces décideurs à leur propre contradiction, car si tout est écrit d’avance et qu’ il n’ y a pas d’alternative (aux contraintes économiques etc) , on se demande bien pourquoi ils sont si nombreux, un ministère de la résignation suffirait!

        • briand0493 dit :

          Il y a le discours et les actes.
          Nous savons par expérience depuis 2006, que c’est les actes sur le terrain qui font la réalité du moment.
          Ainsi, nous pouvons nous satisfaire que 2 représentants de l’association de l’UNEAVS soit invités officiellement à la concertation « refondons l’école » (discours positif). Mais nous ne pouvons pas nous satisfaire que le discours de ces représentants salariés EVS-AVS d’association déclarée soit par la suite interprété comme étant celui émanant d’un simple collectif au contour flou (acte négatif).
          Pour exemple récent: l’association UNEAVS est déclarée officiellement sur site ministère consacré à la refondation de l’école comme « collectif EVS-AVS ».Ceci traduit bien une impossibilité « mentale » d’une institution et d’une pensée politique actuelle de responsables à considérer les salariés précaires EVS-AVS comme des citoyens ordinaires, pouvant créer,exercer, pratiquer par eux-mêmes des liens sociaux et citoyens dans un cadre associatif régulièrement déclaré, avec des partenaires associés.
          Dans l’immédiat, nous pensons que cette traduction de la représentation de citoyens salariés EVS-AVS, clairement identifiée dans leur rôle et fonction associative est indécente, irrespectueuse, dangereuse pour la démocratie sociale dans ce qu’elle implique comme connotation péjorative d »incompétence sociale » citoyenne appliquée à 40 000 salariés EVS-AVS,de 24 000 contractuels éducation nationale et par extension, de 205 000 citoyens salariés en contrat aidé ou de 4,5 millions de demandeurs d’emploi actuels.
          Sur ce,
          Nous ne pouvons pas non plus négliger que le discours politique dominant du ministère Education nationale actuel ou autres ministères pourrait se heurter à des pratiques institutionnelles réticentes à intégrer la notion de respect, de dignité de ‘l’humain » dans toute sa dimension professionnelle, sociale et politique après de longues années de considération du personnel EVS-AVS, contractuels et assistant éducation de l’éducation nationale comme une simple variable d’ajustement budgétaire.
          Nous ne pouvons pas non plus négliger que ce même discours politique dominant du ministère de l’éducation nationale, de la famille ou au handicap pourrait se heurter également à des pratiques ou des idéologies de grandes associations réticentes aux possibilités légitimes d’expression citoyenne de personnel EVS-AVS à travers l’association UNEAVS par crainte ou déni tout simplement des apports contributifs qu’elle a su développer et initier depuis 2009 (agenda 22, référentiel actif de compétences et de savoirs faire EVS-AVS,e-formation des enseignants/EVS/AVS, apport à une directive européenne,expertises juridiques droit privé contrat aidé, expertise droit des parents enfants handicapes….).

          Assurément, la démocratie politique représentative dans sa forme actuelle a du mal à « se raccommoder » avec d’une démocratie sociale représentative, et quand elle souhaite s’engager dans cette voie, les tenants dominants d’une démocratie sociale représentative ont du mal à s’accommoder de l’autonomie de pensée, d’action, d’expertises de simples citoyens soucieux de concilier démocratie sociale représentative avec démocratie sociale participative.

  2. (re)sel dit :

    salut Charlie,
    je suis tombé par hasard sur un article relatant cette annonce de la ministre qu’ « à la rentrée elle fera des propositions pour définir <> . Elle a précisé qu’ il faut <> . (le lien social du 19 juillet )

    Bref, rien que du changement….dans la continuité des belles promesses entretenues depuis un bail .
    Rappelons quand même que le rapport du sénateur Blanc préconisait que la formation ait lieu avant la prise de fonction (ça parait plus sérieux en effet ) et concluons donc (prématurément ?) qu’ il s’agit encore une fois de calmer les esprits par des effets d’annonces .

    Il semble que ce métier souvent promis soit voué à être toujours au stade de l’ élaboration , une sorte de tapisserie Pénélopienne … comme dans la légende , l’ important c’est d’y croire !

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