Les ministres, Vincent Peillon, Georges Pau Langevin, Marie-Arlette Carlotti: POUR la discrimination professionnelle entre salariés AVS dans l’Education nationale ?

Les 2 représentants de l’UNEAVS, conviés par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, à participer aux travaux de la grande concertation à Paris sont littéralement perplexes.

Passé le délai de “plaisir” d’une reconnaissance officielle de l’association, nous nous sommes plongés dans la lecture des documents transmis à l’ensemble des personnes présentes au groupe de travail n° 2 “les élèves au cœur de la refondation”.  Un thème a bien évidemment retenu notre attention car, au cœur même de nos préoccupations et de celles de nos collègues salariés AVS: un accompagnement efficace pour les élèves en situation de handicap.

En consultant la fiche débat, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir des incohérences, des approximations demandant simplement à être éclaircies, clarifiées pour une tenue saine des débats. Par contre, nous sommes tombés, il faut bien l’avouer, des nues à lecture d’un passage ci-après, à  l’image même d’un article du Figaro (sic)

….Aux côtés de l’enseignant référent, deux catégories de personnels assurent l’essentiel de l’accompagnement des enfants en situation de handicap en milieu scolaire : les auxiliaires de vie scolaire – individuels (AVS-i) ou collectifs (AVS-Co, qui interviennent en CLIS ou ULIS) – et les emplois de vie scolaire (EVS), qui sont des emplois sous contrats aidés qui interviennent en  classe ordinaire.
Depuis 2006, la part des EVS dans les emplois chargés de l’accompagnement des enfants en  situation de handicap a progressé de 160 % ; en 2010, un poste sur deux dédiés à cet accompagnement était occupé par un EVS. 

Etablir entre salariés AVS (bénéficiant d’un statut publique) avec une catégorie de personnel (les EVS de statut droit privé) exerçant des missions adjoints administratifs ou assistants informatique/bibliothèque relève déjà de la méconnaissance du terrain. Rajouter  que les EVS sont des emplois sous  contrats aidés, c’est ‘”introduire” une image “mentale “ pernicieuse qui nous est familière car développée depuis 2006 par la gouvernance de droite précédente: personne en contrat aidé = (au choix) personne analphabète ou psychopathe ou ivrogne ou cas social…. et  dans tous les cas, personne “assistée”, “incapable” d’avoir des compétences professionnelles sérieuses . Sans doute, l’auteur de ces lignes a–t-il “pensé” aussi que, saisis par des salariés EVS , les juges de conseil des prudhommes  confrontés à ce même type d’argument développé par des défendeurs  de l’Education nationale sont décidément des “incapables”, des “incompétents” pour donner tort aux défendeurs et raison, en définitive, aux demandes en réparation des salariés EVS  ayant disposé d’un contrat aidé.

Cette notion sous jacente “d”incompétence”, “d’assisté”  est du reste développée dans la suite du comparatif. 

or, alors que les AVS sont recrutés sous conditions de diplôme (baccalauréat ou équivalent), sur des contrats de droit public de trois ans renouvelables une fois et bénéficient d’une formation obligatoire de 60 heures, les emplois  de vie scolaire (EVS) sont recrutés sur des contrats aidés de droit privé d’une durée très limitée (6 mois à un an) et ne suivent aucune formation particulière. Une situation qui a des conséquences dommageables : une rotation importante des personnels, un manque de suivi dans l’accompagnement des enfants, et une incertitude angoissante pour les familles.

En rajoutant des inexactitudes grossières (voire, nous n’hésitons pas à l’affirmer, des “inepties”) , nous pourrions supposer qu’il s’agit là ni plus ni moins que préparer les esprits des membres présents au groupe de travail  à accepter et valider la  discrimination professionnelle et sociale par des personnes très mal intentionnées à l’égard du personnel EVS bénéficiant d’un contrat aidé.

Ainsi par exemple, ,rappelons qu’un contrat aidé est un CDD de droit privé. Ce qui fait nature de contrat aidé est que la convention associée à ce CDD  fixe, en contrepartie d’une aide financière,  une obligation d’accompagnement et de formation (80h) vers un emploi durable du salarié par l’employeur. Cette obligation se doit être dissociée, et est juridiquement dissociée par les tribunaux prudhommaux, des 60 heures citées par le texte faisant référence à des formations (?) dispensées par les services IA ash au titre de l’adaptation à son poste de l’AVS (et EVS exerçant une mission similaire

On croit rêver quand après la belle démonstration qu’entre AVS et EVS, décidément, ce n’est pas le même monde chapitre de formation, l’auteur de cette fiche déclare un peu plus loin

« ...Car, dans les formations dont bénéficient les AVS-i, une partie du cursus relève souvent davantage de l’information que de la professionnalisation…« 

Fort de son expérience du terrain, les représentants UNEAVS espèraient bien lors de sa participation à ces travaux  “apporter” une image plus “saine”, plus “juste”, plus “appropriée” des salariés AVS et EVS  aux membres du groupe de travail n° 2 “les élèves au cœur de la refondation”.

Pourtant, lors d’un interview accordé au nouvel observateur, le 10 juillet 2012, La ministre déléguée chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti déclare

un décret qui définira plus précisément l’aide individuelle et l’aide mutualisée apportées aux élèves handicapés » sera bientôt publié, a indiqué la ministre. Ce décret est « sur la table. Il a déjà été signé par Vincent Peillon et la ministre déléguée à la Réussite éducative George Pau-Langevin et je vais le faire rapidement », a-t-elle ajouté.

Le décret organisera une répartition plus précise des fonctions des AVSi et des assistants de scolarisation (ASCO) à travers le type d’aide dont un enfant handicapé peut bénéficier.

L’aide individuelle répond aux besoins d’élèves qui requièrent une attention soutenue et continue. Elle est assurée par un auxiliaire de vie scolaire. L’aide mutualisée est apportée à plusieurs élèves simultanément au sein d’une école ou d’un établissement du second degré (collège, lycée). Elle est assurée par un assistant de scolarisation….

La fiche débat du groupe de travail n° 2 de la grande concertation énonce

Dans le cadre de la concertation, il conviendra donc de travailler à une définition plus précise des modalités d’accompagnement et de prise en charge des différentes catégories de handicap et à l’amélioration de ces dernières.

Avant même que les travaux du groupe de travail ne se mettent en place le mardi 17 février 2012 à Paris, des modalités d’accompagnement concernant les salariés AVS ont fait l’objet d’une définition précise dans un décret signée par le Ministre Vincent Peillon,  la ministre déléguée à la Réussite éducative George Pau-Langevin et bientôt par La ministre déléguée chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti !!!! incompréhensible attitude. 

Ce décret  a fait l’objet de dénonciation  par les organisations syndicales, et sur ce site, par l’UNEAVS, car, posant les contours très prévisibles d’une discrimination professionnelle à venir entre salariés AVS sur le plan des conditions de travail et de leur formation future.

Oui, décidément, nous sommes très perplexes sur la volonté de ministres de gauche à poser les bases “saines” d’un dialogue social, en concordance de valeurs de justice et de solidarité sociale, avec les organisations syndicales, associatives, les acteurs salariés EVS/AVS regroupés au sein de l’UNEAVS. Il nous faut l’avouer. Nous craignons simplement que les débats autour de l’accompagnement des enfants porteurs de handicap ne deviennent que simplement une mascarade.

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6 commentaires pour Les ministres, Vincent Peillon, Georges Pau Langevin, Marie-Arlette Carlotti: POUR la discrimination professionnelle entre salariés AVS dans l’Education nationale ?

  1. tulipe dit :

    Tout ce que vous dites là est tellement vrai et affligeant de la part de l’Etat et l’E.Nationale! L’E.Nationale est le plus grand pourvoyeur de contrats précaires, le plus gros souteneur aussi!! (puisqu’il profite de nous jusqu’à nous essorer et après dehors sans ménagement!!!) et enfin esclavagiste sans vergogne! Des pions sur un échiquier rien de plus et surtout pendant les entretiens (qui ne servent à rien car ils sont à renouveler tous les ans! avec d’autres poires!!), à la question « quel est le salaire net d’une AVS? » la réponse est toujours « oh ben autour de… ». Ces crétins n e comprennent pas que quand on a un salaire de misère, on est à l’euro près!! Je suis en train de batailler au téléphone depuis 2 jours pour avoir le salaire exact! J’ai appelé le saint des saints le Ministère de l’E.N. et ils ne savent même pas puisqu’ils traitent la crème des crèmes « les professeurs!! » alors toi, pauvre con tu vas « jouer ailleurs »!! La personne qui s’occupe des AVS sur notre circonscription est toujours occupée au téléphone, sur internet pas grand chose! Dans n’importe quelle entreprise on vous donne votre salaire, c’est normal, on ne se pose pas de question! Là, tu travailles et tu as la surprise après!! C’est monstrueux! Que ce soit une dame pipi, un éboueur ou un ministre, on lui doit en compensation de son travail, de lui donner oralement son salaire! et non pas des approximations!!!!!

    J’ai travaillé comme assistante d’éducation de 2005 à 2008 dans une école primaire où je faisais beaucoup de choses, j’aidais les élèves en classe, je gérais la bibliothèque…. en 35h pendant 3 ans! Ca a été exceptionnel et surement le dernier contrat de ce type en date, car maintenant les AD sont simples surveillants!! Puis chômage oblige et en octobre 2012, re contrat mais là en CUI (comme les petits oiseaux!) dans un collège en 4 fs 6 mois, si t’es sage!! Je n’ai eu que 1 an et demi et hop tu dégages, problème de trésorerie, y’a plus de fric!!!!! Alors là le pompon! Je m’occupais d’un gamin en classe, certains profs n’aimaient pas trop l’idée « d’un oeil » dans la classe, le mien, et je me suis heurtée à des cons et ça a été assez dur! Une prof de français psycho rigide ou dingue (oui il y en a beaucoup!), m’a pris à part un jour dans la rangée d’élèves qui attendaient d’entrer et m’a dit « au fait, en classe, vous devez vous asseoir en même temps que les élèves quand je leur dis « asseyez vous »!! C’était une horreur,elle a pleuré auprès du Princ.Adj… et bien sûr le pot de terre contre le pot de fer! Ta parole ne vaut rien mais la parole d’un « érudit » n’a pas de prix!! Il y a aussi un gros clivage entre les profs d’un côté et le reste de l’autre, càd les torchons!! C’est de la faute à l’Etat qui ne professionalise pas les AVS, qui ne leur donne pas de formation adéquate pour s’occuper parfois de cas difficiles, qui les considère enfin comme quantité négligeable mais qui au moindre faux pas, par méconnaissance du terrain ou autre, à leur faire des rapports! Voilà, si quelqu’un lit mon message un peu long certes mais émanant de quelqu’un qui connait bien toutes leurs magouilles et qui en est dégoutée, il comprendra ma/notre colère à tous!!!
    En fait un AVS doit s’investir mais pas trop, s’intégrer mais pas trop enfin bref être transparent et la boucler!
    Jeudi soir à 18h à la Bourse du travail à République, il y a une réunion sur les « précaires de l’E.Nationale ». Ce sera ma toute lère réunion « syndicale », j’ai 53 ans et tout arrive dans la vie!! lol… J’en ai marre que l’Etat ne fasse rien et nous prenne pour des poires pour ne pas dire autre chose! Nouveau gouvernement, nouvelle donne?? Je n’y crois pas trop! On fait beaucoup pour les emplois jeunes ! pour les postes d’enseignant! et les autres alors, ceux qui arrivent « en bout de course », les seniors comme on les appelle! Ils sont bien contents de nous trouver mais on nous oublie parce qu’on ne sert plus à rien! enfin si, pour les postes d’AVS! mais attention dans l’E.Nationale on n’a pas le droit de travailler plus de 6 ans en tant qu’encadrant!! Connaissez vous une société où on vous fixe une date limite à ne pas dépasser pour y travailler? C’est quoi ces conneries!! A bientôt…

  2. Anne-Marie dit :

    Bonjour,
    Et bien non, je connais des EVS (et bien entendu des AVS), disposant de compétences, connaissances et avec un certain niveau d’études. Pour ma part, je suis Bac + 2, j’ai un BTS Secrétariat de Direction… mais j’ai 45 ans, 3 enfants relativement jeunes et un arrêt professionnel de 4 pour élever ma dernière fille. Alors évidemment, sur le marché du travail, je dois être aidée car je ne rentre plus dans les bonnes cases pour trouver facilement du travail (en plus, j’ose demander du temps partiel).
    Je suis sûrement sur-diplômée par rapport au travail d’EVS, et alors… Mais pendant ces 6 mois (avant que mon contrat ne soit pas renouvelé début juillet), quel plaisir j’ai eu à faire ce travail et quelles compétences j’ai pu mettre au service de mon école. Si ce contrat pouvait être pérenne (et un peu mieux payé), je signerais tout de suite et jusqu’à ma retraite. J’ai choisi d’être EVS et j’en suis fière. Et n’en déplaise à nos Ministres de Tutelle, je suis -au moins- aussi compétente que certaines secrétaires d’académie dont j’ai pu apprécier le travail durant mon contrat.
    Quant au niveau bac pour être AVS… c’est du grand n’importe quoi. J’ai postulé également pour être AVS mais n’ai obtenu une éligibilité que pour le secondaire (collège, lycée). J’aurais préféré le primaire mais il semblerait que mon niveau d’étude y soit un frein. Quelle utilité de demander des candidats avec le bac, notamment pour des enfants de maternelle ? Ne faudrait-il pas mieux offrir ces postes à des personnes motivées, compétentes, connaissant les enfants, souhaitant travailler à temps partiel (je pense notamment à certaines mères de famille, disponibles et disposant de tous les atouts pour être de bonnes AVS, mais qui ne sont pas recrutables car n’ayant pas le bac).
    Cordialement

  3. Sonia dit :

    Incroyable! Non content d’être jetés comme des malpropres de nouveau à Pôle emploi, mais c’est pour s’entendre dire que les contrats aidés (notamment les evs) sont quasi des « cas sociaux » au sens le plus vil bien sûr!! Pourtant, on ne demandait que ça, d’avoir un « vrai » contrat. Cela va sans dire que les mesures envisagées font fi des « autres » evs… Ceux d’aide à la direction qui, eux aussi, ont sans doute un niveau lamentable…Pourtant les notes et courriers officiels (entre autres) ne sont-ils pas fait par des evs illétré(e)s ??? Je suis ecoeurée…

  4. laurent dit :

    Dans un des deux établissements où je travaille, il n’y a plus d’EVS (contrat non renouvelé). En revanche nous sommes pas moins de six AVS I. Toutes en contrats aidés CUI/CAE, 24 heures hebdomadaires payées au SMIC à hauteur de 20 heures pour compenser les vacances.scolaires.

    Personnellement je n’ai bénéficié d’aucune formation sur mon premier contrat de 12 mois, (du 07/04/2011au 06/04/2012), exception faite d’une demi-journée, (3 heures) un mercredi matin (donc hors temps de travail), principalement consacrée à des informations sur le contrat, (durée, renouvellement, arrêts maladie, droit de grève …. ) Aucune formation ne semble prévue durant mon second contrat qui expire le 06/04/2013 et bien que j’aie 58 ans, ne sera de toute évidence pas reconduit selon l’Inspection Académique.

    A la lecture des différents articles il ressort que le gouvernement non seulement ne connait ABSOLUMENT pas la question., mais donne des informations totalement erronées. Le mot ineptie est faible !

    La seule chose qui soit exacte c’est que les candidats à un emploi d’AVS doivent être titulaires du baccalauréat. Et encore ! Une des mes collègues qui travaille en CLIS n’a pas le diplôme. Uniquement le niveau.

    Et c’est là où le bât blesse parce qu’un bachelier ne correspond pas vraiment aux critères relatifs au recrutement sous contrat aidé. Ce type de contrat est SELON LES TEXTES OFFICIELS réservé à des personnes en grande situation de précarité, (niveau scolaire faible, pas de qualification …..). J’ai personnellement un Bac + 2, un BTS d’assistanat de direction bilingue anglais et une expérience de plus de 20 ans dans le privé en tant que secrétaire de Direction. J’ai postulé pour être AVS parce que j’avais envie de m’occuper d’enfants handicapés. J’étais persuadée de ne pas être recrutée du fait que « je prenais la place de quelqu’un en situation plus précaire ». Et bien je l’ai été !

    Comme quoi l’insertion et la formation des « précaires » c’est du bla bla caractérisé ! Des mensonges ! Les contrats aidés au final permettent aux employeurs de bénéficier à bon marché, de personnel qualifié et quand il revient trop cher, c’est à dire que les aides gouvernementales et exonérations patronales baissent, d’en changer en ne renouvelant pas le contrat.

    Je le sais. Parce que non seulement je le vis actuellement mais je l’ai déjà vécu en 2000 du temps des CES (les mêmes que les CUI/CAE mais en différent, du moins en dénomination). Si ça ne donnait pas tellement envie de pleureur, il faudrait en rire !

    • briand0493 dit :

      Les 2 représentants de l’UNEAVS, eux mêmes ex-EVS, puis assistant education AVS seront présents aux travaux de la grande concertation.Votre témoignage est très éclairant et traduit bien leurs sentiments et ceux d’autres collègues (tout statut confondu). Ils espèrent bien exprimer leur forte désapprobation à cet égard face à des a-priori relevant de la discrimination professionnelle et sociale délibérée envers les avs ET LES evs; ils se contenteront de témoigner, ils feront des propositions en phase de la réalité du terrain. Encore faut-il que le ministère, le groupe de travail n°2 de la grande concertation acceptent avec sincérité et transparence d’écouter, d’entendre des salariés EVS/AVS.

  5. REYMOND V dit :

    Désespérant ! Le boulot d’AVSi se définit alors par « Accompagnement Voie Sans Issue » !
    Le gouvernement actuel fera-t’il la différence ? On dirait bien que les fonctions redéfinies vont rester précaires…
    A quand le CDI ? le temps-plein ? le salaire correct ?
    Pas pour demain !
    A….ALLEZ V…..VERS S……SORTIE

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