Entre sens de l’urgence sociale, annonce tonitruante et sens du dialogue social

Il est normal et sain que 14 000 salariés précaires EVS/AVS puissent exprimer leur profonde angoisse face à l’incertitude leur situation d’emploi à compter du 6 juillet 2012. Nous ne reviendrons pas sur notre étonnement (et disons-le aussi franchement, notre profonde irritation) à ce que nos signaux d’alertes exprimés depuis début janvier 2012 et relayés par les organisations syndicales, des acteurs citoyens, des membres de la communauté éducative aient été occultés par une intense période d’élection.

Elections passées, l’urgence sociale pour le nouveau ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, est bien là, réelle, avec une date butoir.

La volonté d’un changement salutaire de pratique de décisions politiques par le gouvernement, s’appuyant au préalable sur la concertation avec les corps représentatifs de la société sur le sujet les concernant ne saurait que trop nous réjouir. Après avoir connu une période de rafales d’annonces tonitruantes de mesures YO-YO par un président de la république précédent entre 2005 et 2012, imbu de son omnipotence, la lassitude de mesurer l’impact calamiteux des mesures sur le terrain découlant de ces annonces sans concertation préalable était grande.

Dans le ministère de l’Education nationale, le conseil technique ministériel (CTM) permet de faire appliquer la pratique de concertation.

En parcourant ci-après la déclaration préalable de l’organisation syndicale Sgen-CFDT à un CTM s’étant déroulé le 20 juin, il est possible ainsi d’imaginer que l’efficacité d’un dialogue social ne saurait se complaire d’annonces tonitruantes qui, tel une baguette magique, seraient censées résoudre un problème sans en traiter la cause, modifier la cause sans en imaginer les conséquences auprès de tous les acteurs concernés.


CTM du 20 juin 2012 Déclaration préalable

Le Sgen-CFDT se félicite de la présence des nouveaux ministres à l’ouverture de ce comité technique. Cette présence marque la volonté de construire un dialogue social avec les représentants des personnels de notre ministère.

Alors qu’une vaste concertation s’annonce avec tous les partenaires de l’Ecole pour une nouvelle politique éducative, dans le cadre du Conseil Supérieur de l’Education notamment, la mise en oeuvre de cette nouvelle politique ne pourra se faire que dans le respect de l’ensemble des personnels. Leur place est fondamentale dans la transformation du système éducatif. Il est urgent de rétablir la confiance, de permettre à chacun de redonner du sens dans son métier, de prendre le virage d’une éducation attentive au parcours de chacun, fondée sur la coopération entre tous les acteurs.

Pour ce faire, il faut écouter ce que disent les personnels et les organisations syndicales qui les représentent, faire fonctionner le dialogue social à tous les niveaux du ministère, ici, dans les académies, dans les départements et dans les établissements.

Nous voulons qu’à l’avenir soit respecté le temps de la consultation des instances. Il faudra éviter les annonces, avant même que les instances se soient réunies et aient pu s’exprimer.

Au delà, un dialogue social de qualité doit prendre le temps de la réflexion, pour arriver à un diagnostic partagé et mener des négociations, avec clarté et transparence.

Des mesures urgentes sont nécessaires, et doivent être prises pour atténuer les difficultés de la rentrée prochaine et redonner dès maintenant des signes forts aux personnels.

A plus long terme, c’est la mise en place d’un agenda social pour un dialogue social de qualité que nous revendiquons.

Un des sujets qu’il va falloir aborder rapidement est celui du métier enseignant, de l’organisation des services et la revalorisation des enseignants.

La question des Greta et plus généralement de la formation tout au long de la vie doit aussi faire l’objet de discussions, nous y reviendrons plus tard.

Enfin, nous ne pouvons terminer cette intervention, sans aborder la situation des EVS et AVS. Recrutés en contrats aidés comme une simple variable d’ajustement des chiffres du chômage et pour faire face, dans notre ministère, à des missions indispensables d’aide à la direction d’école et à l’accompagnement des enfants handicapés, près de 15000 d’entre eux vont, si rien n’est fait, être sans emploi, dans les jours qui viennent.

Qu’ils soient chargés de l’aide à la direction d’école ou de l’intégration scolaire des enfants handicapés, les EVS et les AVS-I sont indispensables au bon fonctionnement des écoles. Ils y exercent des vrais métiers dont l’école a besoin. Nous avons dénoncé les conditions de ces recrutements au statut précaire et au salaire indécent, l’absence d’accompagnement et de formation pour un véritable retour dans l’emploi. Ces licenciements programmés par le gouvernement sortant sont inacceptables.

Dans le contexte économique et social actuel, le ministère de l’Éducation, en tant qu’employeur, doit prendre des mesures d’urgence par une prolongation de leur contrat au delà de juin 2012.

Au delà, il est nécessaire d’ouvrir des discussions , avec tous les partenaires concernés, d’une part sur l’insertion professionnelle des salariés les plus éloignés de l’emploi, sur le recrutement, l’accompagnement, la formation des salariés en contrat aidés de notre ministère, pour que se mettent en place des pratiques respectueuses des salariés et du droit du travail et d’autre part sur les métiers d’accompagnement des enfants handicapés.

Sur tous ces points, nous attendons des réponses précises et positives.

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