Le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon et les AVS

Dans un Interview  à RTL le 22 mai 2012, sur le recrutement d’enseignants pour la rentrée 2012 et la concertation engagée sur le rythme scolaire, M. Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale est amené à évoquer “la situation particulière du personnel auxiliaires de vie scolaire qui accompagnent les enfants handicapés”.

Cette sollicitude à l’égard de ce personnel ne nous a pas échappé. Ainsi, précise-t-il à Jean Michel Aphatie lors de l’interview “…..Il y a d’ailleurs globalement, et c’est une réflexion pour nous tous, vous parlez du gâchis de l’argent public, aujourd’hui, ceux qui s’occupent des enfants handicapés, c’est trois ans plus trois ans, six ans, après, ils vont dehors. Donc on a formé des gens pendant six ans, et ce sont des situations individuelles et collectives qui sont compliquées, et après, on les met à la rue. Là aussi, quand on fait ça, on gâche de l’argent public. Et parfois, la résorption de la précarité, ça peut être de l’argent bien géré, c’est aussi un des sujets qu’on a devant nous…..”

Le cadre de l’interview ne permettait pas sans aucun doute de développer cette analyse de la problématique de la précarité d’un personnel auxiliaire de vie scolaire. Mais, nous ne pouvons pas nous empêcher de considérer cette première analyse comme singulièrement  “réductrice”, peu en phase de la réalité du personnel auxiliaire de vie scolaires et des statuts qui leur sont rattachés.

Salariés précaires EVS-AVS,

Au bout de 5 ans de lutte et de combat du peuple de l’ombre, salariés précaires EVS-AVS , ce n’est pas peu dire que notre vigilance est absolue.

Aussi, nous le réaffirmons avec fermeté:

Dans les mois à venir, les  salariés précaires EVS-AVS ne voudraient certainement pas  “envisager” la possibilité qu’un ministère  de l’Education nationale de gauche, se revendiquant de fidélité à des valeurs de solidarité et de justice sociale, s’engagerait dans une continuité de réflexion, de pensée confusionnelle délibérée et discriminatoire de droite/extrème droite bien connue depuis 2006   en évoquant le personnel  auxiliaires  de vie scolaire comme uniquement celui disposant d’un contrat assistant éducation (durée 3 ans renouvelable 1 fois).

Nous regrettons, monsieur le ministre de l’Education nationale, de vous le rappeler sur ce site, à défaut de ne point vous le dire de haute voix: le personnel auxiliaires de vie scolaire est également majoritairement composé d’Employés de Vie scolaire. 

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11 commentaires pour Le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon et les AVS

  1. schliersmair sylviane dit :

    Bonjour ,
    oui , il faut se battre ! j’ai obtenu devant le Tribunal des Prudhommes d’Angoulême contre l’Education Nationale pour absence de formation alors que nous signons des contrats avec ‘formation obligatoire ‘ dans le cadre des contrats Avenir ‘ et quel Avenir ! un contrat CDI et des indemmités compensatrices . Déposez un dossier devant les Tribunaux des Prudhommes pour absences de formation . J’étais evs/avs auprès d’élèves handicapés durant 5 ans dans un collège .Indignez-vous ! et Agissez !

  2. Mariebrune dit :

    Autre chose : Même si nos contrats s’arrêtent, notre expérience ne sera jamais nulle. Tout ce que nous aurons appris peut nous servir pour une Validation des Acquis Professionnels en complétant avec d’autres expériences. Cela peut nous faire franchement un plus. Les conditions pour une VAE ont l’air de varier d’une région à une autre, il faut nous renseigner…

  3. Mariebrune dit :

    Attention ! Juste une précision : On a tous signé ces contrats (Pôle emploi : CUI ou avec l’éducation Nationale : AVS), en toute connaissance de cause. Personne ne nous y a obligé. Ne nous positionnons pas trop vite en « victime ». Par contre, c’est aujourd’hui qu’il faut se batte pour que notre fonction soit un métier. Car il faut le dire bien fort : Oui ce n’est pas encore un métier, il n’est pas répertorié en tant que tel et nous ne pouvons pas avoir de CDI. Appelons donc un chat, un chat, notre objectif est que notre expérience soit bien mise au profit des enfants que nous suivons et non pas simplement mise à la poubelle à la fin de notre mission.

    Je suis moi-même AVS depuis plusieurs années. Nous avons créé un collectif AVS Sud-Isère avec une collègue, cela a bien fonctionné pendant 2 ans. Nous avons organisé des réunions, nous avons même parfois invité notre hiérarchie pour faire avancer les choses et obtenir quelques formations. Alors, je n’ai qu’un mot à dire : Bougez-vous… et c’est comme cela que nous y arriverons.

    • briand0493 dit :

      Bonjour,

      C’est exact: se complaire dans un rôle de victime ou à bien à attendre un coup de baguette magique pour que les conditions de précarité personnelle ou professionnelle se modifient du jour au lendemain est illusoire. Il doit y avoir en tous les collègues AVS et EVS cette recherche de son désir d’être considéré comme une personne digne de respect en développant soi-même les initiatives pour ce faire.

      « Les murs renversés deviennent des ponts » Angela DAVIS. Ces ponts peuvent être de simples passerelles fragiles mais aussi des ouvrages magnifiques, peu importe ! Ils sont là et permettent d’avancer.

  4. CECILIA dit :

    Bonjour
    Je suis AVSI depuis le 01.09.2012 dans une école primaire. J étais CUI.CAE l année dernière mais je suis sous contrat avec l éducation nationale car l ‘enfant dont je m occupe a besoin d une surveillance particulière meme entre 13h et 14h. J aime énormément mon travail et mon école. J’ aide mon élève avec ton mon coeur mais j ai un petit souci avec mon saliare. Je suis payée en acompte depuis deux mois et je n arrive pas a connaitre mon nouveau salaire. Tout le monde me dit que je vais ganner beaucoup moins qu en contrat CUICAE. J ai plus de 50 ans je fais 22.15h par semaine.
    Si c est le cas quelqu un peut me donner la raison de cette différence de salaire entre les deux contrats ?

    • briand0493 dit :

      bonjour,
      Directement à votre préoccupation. Votre salaire devrait correspondre à un montant net mensuel de 608 euros. Pour les contrats ‘assistant éducation), il n’est pas inhabituel que vous perceviez les 2 premiers mois un acompte, la régularisation intervenant les mois suivants. Il faut simplement surveiller que cela ne s’éternise pas au delà du mois de décembre. La raison de ces retards de salaire en fin d’année civile est d’ordre comptable. Le budget de fonctionnement EN est à cheval entre 2 années, dite année scolaire (ex:2012-2013). Or il lui est attribué un budget pour une année (2012).Cela coince toujours en début d’année scolaire le déblocage des crédits, avec ses conséquences sur la salaires…
      la raison de cette différence de salaire entre les deux contrats ? du fait de votre contrat CUI-CAE,votre ancien salaire devait être de 642,69 euros net par mois (base 20h/hebdo modulé ??). La différence avec votre rémunération actuelle s’explique que l’indice majoré de calcul retenu pour votre rémunération et relevant de la fonction public est légèrement inférieur à celui de l’indice smic équivalent dans le privé. L’administration vous expliquera suavement que c’est normal, vous avez une garantie d’emploi de …6 ans. Nous avons une autre explication: elle marche sur le crâne dans ces cas là.
      cordialement,

  5. Anne dit :

    Bonjour je suis auxiliaire de vie scolaire depuis presque un an, en contrat CUI, renouvelable encore une année. Je suis choquée par deux choses dans ce que je viens de lire, la première s’entendre dire que AVS n’est pas un métier : désolée je travaille dans 2 écoles et je m’occupe d’enfants handicapés et croyait moi je n’y vais pas pour faire de la figuration ! je m’investis a fonds pour ces enfants comme s’ils étaient les miens, je les aide dans leur travail scolaire, je les accompagne lors des sorties scolaires, je suis là entièrement pour eux et je fais de mon mieux pour les aider. J’aime mon travail, car pour moi c’en est un !Et c’est loin d’être facile, il faut beaucoup de patience de dévotion et surtout beaucoup d’énergie pour ses enfants. Et les enseignants sont bien contents de nous avoir ce qui leur permet de s’occuper un peu plus des autres élèves. Je m’occupe notamment d’un enfant autiste qui au début de son année scolaire au CP refusait tout travail que lui proposer la maitresse ! A ce jour il écrit presque tout seul et participe autant que les autres, il est devenu plus autonome et il se sent en confiance les jours ou je suis avec lui. Et l’éducation qui nous remercie en nous renvoyant au chômage au bout de 24 mois c’est tout simplement scandaleux ! Ils se servent de nous car prendre un éducateur spécialisé leur reviendrait le double de nos salaires misérables ! Et je voudrais dire juste un mot, au sujet de la formation des AVS qui arrive un an après la prise de fonction, moi je suis passée de secrétaire à auxiliaire sans aucune formation, avec des enfants ayant des handicaps que je ne connaissais pas, je me suis formée sur le tas, j’ai lu des bouquins chercher sur internet comment je pouvais et devais réagir face à ces enfants. Cet été j’ai eu la formation qui par ailleurs m’a beaucoup apporté et appris, je déplore juste de ne pas l’avoir eu avant elle m’aurait été d’une grande utilité ! Par contre dès le premier jour de formation, une responsable de l’IA est venue nous voir pour nous annoncer que les contrats CUI ne seront pas renouvelés au bout de 24 mois, au cas ou on se ferait des illusions ! Et qu’on ne pourrait pas valider nos acquis car il faut 3 ans sur le terrain, par contre elle nous a précisé qu’on pouvait faire du bénévolat pendant un an auprès d’associations pour compenser et ensuite pouvoir valider !! J ‘ai trouvé cela vraiment méprisant, et décourageant, car pour la plupart des auxiliaires femmes ou hommes, nous sommes aussi des parents avec des familles et des enfants à nourrir ! Un peu de considération de la part de l’éducation nationale serait la bienvenue ! Nous sommes rien que dans le département des bouches du rhône plus de 1600 AVS ! Et l’académie ne cesse de recruter pour compenser le départ de celles ou ceux qu’elle va renvoyer au pôle emploi, quitte à prendre n’importe qui ! Alors question que je me pose, puisque nous sommes utiles pour ces enfants et pour les enseignants pourquoi ne pas garder les auxiliaires qui sont formées et motivées plutôt que de prendre des personnes nouvelles qui souvent sont là par hazard ? Et nous donner un statut au sein de l’éducation nationale, statut que nous méritons bien ! Je sais pas que tout cela est un profit financier pour eux, mais l’avenir de ces enfants au sein de notre société doit être une priorité. Il faut qu’elle pense aux familles qui scolarisent leur enfant, en leur faisant confiance, espérant qu’ils soient entre de bonnes mains ce qui n’est pas toujours le cas.
    J’espère pouvoir continuer à exercer mon travail auprès des enfants le plus longtemps possible, alors j’espère que le gouvernement de gauche fera quelque chose pour nous, ce qui me motivera peut-être pour aller voter au prochaine élection, chose que je ne fais plus depuis plusieurs années !

  6. laurent dit :

    Je souhaite simplement signaler que selon l’Inspection académique de La Rochelle les contrats CUI des AVS ne peuvent excéder 24 mois, soit un contrat de 12 mois reconduit une fois. Donc pas deux fois trois ans mais c’est peut-être fonction des régions.

    Même pour les « séniors » ayant été chômeurs de longue durée. C’est mon cas. J’ai été recrutée en tant qu’AVS sur deux établissements (bonjour les frais de déplacement non indemnisés), le 7 avril 2011. Mon contrat a été renouvelé pour 12 mois, jusqu’au 6 avril 2013.

    Toujours selon les informations fournies par l’Inspection académique de la Rochelle (lors d’une « pseudo » formation pour les AVS, en mai 2011), il n’est plus possible de postuler pour un emploi similaire à l’issue des 24 mois de contrat et, je cite la responsable du recrutement des AVS « de toute façon AVS ce n’est pas un métier ».

    Je précise également que la rémunération n’est pas celle annoncée dans vos articles. Le salaire brut pour 24 heures de travail hebdomadaire (payées 20 heures pour « compenser » les vacances scolaires), est de 798.45 Euros, net imposable 679.79 Euros, soit un salaire net de 657,04 Euros à fin mai 2012.

    Pour ce qui est de la formation et du prétendu « tutorat », je
    me permets de dire qu’en Charente Maritime on « peut se brosser ». Et quand les soit-disant formateurs appellent les enfants handicapés des « clients », se gaussent, entre autres des autistes, ça fait froid dans le dos.

    Je suis prête à témoigner si vous le jugez sinon nécessaire, du moins utile. N’hésitez pas à me contacter.

    • briand0493 dit :

      En évoquant les contrats AVS de durée 2 fois 3 ans, c’est à dire nos collègues disposant le statut d’assistant éducation, Le ministre de l’education, Vincent Peillon cultive une bien belle ambiguïté bien connue et pratiquée depuis 2006 avec les prédécesseurs ministre : Darcos et Chatel. Ces derniers étaient passés maître dans l’art d’ignorer systématiquement les collègues de statut EVS exerçant des missions AVS. Pour Darcos et Chatel, cette pratique discriminatoire entre salarié AVS disposant de statut différent était délibéré. Nous pourrions penser qu’un ministre de l’Education nationale, fidèle à des valeurs de justice et de solidarité de gauche, saura ne pas se laisser emporter par cette dérive discriminatoire que nous dénoncerons toujours systématiquement avec force.
      Vous avez raison de souligner, la durée légale des missions AVS disposant d’un contrat CUI ne peuvent dépasser 24 mois, sauf… s’agissant les salariés AVS ayant plus de 50 ans et/ou travailleur handicapé reconnu COTOREP pouvant aller jusqu’à 60 mois. De fait, l’interprétation de votre correspondant IA de La Rochelle sur cette durée de contrat est inexacte.
      Pour la rémunération indiquée, vos chiffres sont rigoureusement exacts.

      S’agissant la formation et le tutorat, nous sommes toujours preneurs de témoignages de salariés EVS, AVS quelque soit leur statut. Rassemblés, ils sont ensuite systématiquement présentés dans les audiences IA, rectorat, MEN au titre de démonstration de la situation réelle du terrain, vécue par les salariés EVS/AVS et non celle imaginée par des acteurs institutionnels.

      administrateur/modérateur de site,
      yves Briand

    • Je me reconnais bien dans ce témoignage et ce que je viens de lire concernant la coordinatrice AVS de La Rochelle me donne froid dans le dos, je suis recruté par cette personne sur deux écoles moi aussi et elle devrait venir sur le terrain pour voir si AVS n’est pas un métier, c’est inadmissible un tel commentaire.
      Bon courage à vous tous et allons nous battre.

      • ANNIE dit :

        Bonjour,
        Je suis AVS dans un collège en CUI donc 24 mois maximum. Je ne travaille pas avec des enfants handicapés, mais je fais exactement le même travail que les assistants de vie scolaire (poste auquel je n’ai pas accès car je n’ai pas le BAC) plus une assistance administrative auprès du directeur SEGPA. Ce n’est pas un métier mais bien une fonction ; c’est le chef d’établissement qui le dit. Je n’ai pas de tuteur et ne fait aucune formation. Au terme des 24 mois je ne peux rien valider et je repars à la case départ. Ce qui a été dit précédemment est tout à fait exact et c’est scandaleux.
        J’ai 50 ans, je suis titulaire d’un BEP Secrétariat qui n’existe plus. Le poste que j’ai occupé pendant 15 ans avant de m’arrêter afin d’éduquer mon enfant, nécessite aujourd’hui un BTS.
        Aucun avenir pour ces contrats même pour les jeunes.
        Gardons le moral !

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