La “monstruosité” du rapport autisme 2012 de la sénatrice Valérie Létard,

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Le rapport sur l’autisme de madame Valérie Létard, sénatrice centre, remis le 14 janvier 2012 à madame Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, lors de la journée parlementaire consacrée à l’autisme, était attendu.

Tout d’abord, nous pourrions nous étonner qu’un rapport finalisé en décembre 2011 n’est pas fait l’objet d’une communication préalable auprès des acteurs associatifs, élu(e)s présent(e)s  à cette journée parlementaire. Cela aurait permis très certainement à quelques acteurs attentifs d’attirer l’attention sur  une énormité relevée dans ce rapport.

Page 33, nous pouvons lire, lors d’une 1ère partie du rapport consacrée au bilan Plan autisme 2008-2011:

 » ….Dans le cas précis des enfants atteints de syndrome autistique ou de TED, la majorité des rectorats avait déjà entrepris un effort particulier pour ne pas faire accompagner des enfants dont la psychopathologie et les handicaps sont connus pour être complexes par des personnels insuffisamment formés.… »

Ainsi, le refus d’accompagnement AVS en milieu scolaire ordinaire, notifié par des MDPH, pour des  enfants porteurs d’autisme ou de TED s’appliquerait par  une volonté délibérée des rectorats de ne pas se conformer aux dispositions de la loi du 11 février 2005 sur le handicap, arguant du seul fait de l’incompétence professionnelle supposée des salariés accompagnants EVS/AVS auto-déclarés insuffisamment formés.

C’est tout simplement une posture « monstrueuse » d’inhumanité, de suffisance discriminatoire, de mépris  de la part de décideurs institutionnels de l’Education nationale à l’égard des actuels salariés EVS/AVS, des membres de l’équipe éducative, des enfants porteurs d’un handicap autistique ou TED, de leurs parents.

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17 commentaires pour La “monstruosité” du rapport autisme 2012 de la sénatrice Valérie Létard,

  1. Brogin dit :

    Ah parce que vous pensez que les actuels AVS/EVS sont suffisamment formés vous ? Ce que dit le rapport Létard n’est pas autre chose : que la rigueur budgétaire se fait sur le dos de la formation des enseignants, des AVS/EVS (alors que les parents demandent depuis longtemps la création et la pérennisation de ce métier qui n’est pas reconnu). Les personnels de la MDPH (commission) notifient, l’Éducation Nationale ne suit pas ? A qui en incombe la responsabilité ? Au ministère, à l’Inspection académique ?

    • briand0493 dit :

      A la suite de ce post sur un passage du rapport de Valérie Létard et des réactions diverses et variées, nous avons pris la liberté de différer nos réponses au lecteur laissant un commentaire ou envoyant un mail privé. Une raison à cela: la réflexion au sein de l’UNEAVS est désormais engagée. Par prudence, nous attendons de connaitre les avis des uns et des autres, pour arrêter une position en toute clarté entre ce qu’affirme le rapport sur l’autisme de Valérie Létard et ce qui a été entendu lors de la journée parlementaire du 22 janvier par Muriel Michelin, présidente de l’association.

      Mais je peux vous livrer une partie de cette réflexion en réponse à votre commentaire.

      Ainsi, par exemple,nous faisons ce constat:

      Sur une somme de 200 M€ consacrés à un plan autisme, 185 M€ sont concentrés dans le secteur hospitalier pour développer la recherche, diagnostic et mise en route de structures d’accueil médico-social pour les personnes autistes. Nous ne nous interrogerons pas sur cette nécessité d’investissement permettant un traitement à la hauteur des enjeux de la cause nationale 2012 sur l’autisme si nous n’avions pas en mémoire que la PLF 2012 (loi de finance voté par les parlementaires), crédite 3,8 M€, (dont 1,1 M€ de frais de déplacement) pour la formation de 35 200 auxiliaires de vie scolaire et assistants de scolarisation (base de calcul: 1 agent AVS effectuant 25H/hebdo de travail) en prenant le soin de préciser de surcroit que seul 1/3 des 35 200 agents pourront bénéficier de formation.

      Donc, nous confirmons votre réflexion  » la rigueur budgétaire se fait sur le dos de la formation des enseignants (sans doute), des AVS/EVS (très certainement) » sauf que nous ajouterons « oui, mais 200 M€ consacrés à un plan autisme réservé au seul secteur médico-social ont été débloqués sans problème cette année ». Curieux et pas anodin.

      votre seconde réflexion  » Ah parce que vous pensez que les actuels AVS/EVS sont suffisamment formés vous ?  »
      réponse en forme de question en retour:
      vous ne trouvez pas stupéfiant que le rectorat exigerait des acteurs ASH de terrain d’effectuer leur travail avec professionnalisme sans donner les moyens de le faire tout en maintenant la posture que décidemment ces acteurs étant “incompétents”, l’accompagnement scolaire des enfants autistes n’est pas envisageable. Le tout sans que une majorité d’élus parlementaires, de décideurs de secteur médico-social, des responsables « éminents » nationaux d’associations de Handicap présents à cette journée parlementaire de l’autisme y trouvent à redire !!!!!! ????

      Cordialement,

      • jean29 dit :

        Relativisez les 200 millions d’€ : c’est pour l’ensemble du plan autisme, pas par an. Une toute petite partie va à des structures dites expérimentales, 200 ou 300 enfants.

        Principale critique au plan autisme : il est conçu pour le secteur sanitaire, le médico-social, et pas pour l’éducatif. Alors qu’aujourd’hui, la majorité des autistes recensés sont à l’école : 800 en Bretagne dans l’enquête de la DGESCO de l’année dernière, sur la base de ce que connaissent les enseignants référents. Malgré les carences de leur formation, et la précarité du statut (qui s’aggrave et se traduit par des problèmes de recrutement), les AVS font un boulot formidable … avec un coût dérisoire.

        Un vrai plan autisme prendrait en compte la scolarisation en milieu ordinaire, car c’est la solution d ‘avenir pour la majorité des enfants autistes.

        • briand0493 dit :

          Bonsoir,

          C’est exact. Nous n’avons pas effectué une analyse fine de la répartition financière consacrée au plan autisme étalé sur 2 ans. Par contre, nous nous dirigeons dans la réflexion au sein de l’UNEAVS depuis une semaine vers cette conclusion qu’un plan autisme ne prenant pas en compte « l’éducatibilité » de l’enfant autiste ou TED en milieu ordinaire scolaire manque singulièrement de vision de la situation de terrain.merci pour votre hommage au travail des AVS auprès des enfants autistes ou TED. Oui, ils sont formidables…mais tellement tellement peu reconnus.

          cordialement,

  2. REYNAUD dit :

    Bonjour, maman d’un asperger de 13 ans, je me suis battue et continue, malheureusement avec l’Education Nationale, les soi disant professionnels, qui me mettaient en cause, vu le retard sur l’autisme de la France …bref, depuis des années je transmet un guide pédagogique à chaque enseignant, avs et personne aidant Clement, le hic, peu de prof l’ont lu, pourtant ils comprendraient mieux et apprendraient correctement à mon fils…mais ils se déchargent sur l’avs, qui n’est ni prof, ni formée, donc les AVS doivent êtres des « têtes » et calées dans TOUTES les matiéres, et ils sont payés le smic, c’est drôle….la concierge du collège, m’a dit, j’ai lu le guide pédagogique, et oui, les principaux interessés, semblent ne pas avoir besoin de comprendre et apprendre….quelle tristesse…mais ce n’est pas tout, Clement subit le harcèlement et le principal est très très cool…le suicide pour certains gamins, est la libération ….je suis effrayée et j’ai peur pour mon fils….

    • Michelin Muriel dit :

      Chère Madame,
      Oui je vous le confirme la France à un retard considérable sur la prise en compte de l’autisme. Cette journée parlementaire ,  » ces rencontres » où j’étais présente, où bon nombre de professionnel étaient présents, semble avoir enfin ouvert les yeux…. mais ce sont juste les yeux ! Plein de promesses évidement, « la grande cause nationale » , il faut que cela en « jette » …. Ceci dit , nous sortirons Lundi prochain, un papier précisant le positionnement de l ‘UNEAVS sur ces rencontres et sur le rapport de Madame Létard.
      Oui je confirme que sur le plan formatif , l’autisme ( et tous les handicaps d’ailleurs) ne fait pas parti des formations spécifiques que nous recevons. Nous en expliquerons les raisons de ce fait dans le papier « public » qui sortira.
      AVSi , moi même prenant en compte un enfant autiste dans une clis , c’est un élan d’espoir que je voudrais vous apporter. Très concernée et engagée; l’enfant est débordant de volonté d’entrer dans les apprentisssages cognitifs, il est « sociabilisé » et ce grâce à une équipe soudée et motivée . Et oui c’est vrai , ce n’est pas la majorité des cas lors d’une prise en compte positive, pour les raisons aussi que nous expliquons dans notre papier.
      Oui , vous avez peur pour votre enfant. Beaucoup de parents sont comme vous. Il n’y a rien de pire que l’ignorance…. surtout dans le domaine de l’éducabilité des enfants porteurs d’autisme. Vous avez le droit , Chère Madame , d’exprimer vos craintes en tant que parent, à l’Inspection d’académie , à la MDPH , pour qu’il reste une trace écrite de vos angoisses concernant Clément. Si vous estimez que Clément n’est pas en sécurité et/ou dès lors qu’il existe une suspicion, vous devez le signaler. C’est le droit en tant que parent que vous possédez.
      Je vous souhaite bon courage , Madame, et suis à votre disposition pour ce que vous jugerez utile.
      Très cordialement
      Muriel Michelin – AVSi
      Présidente de l’UNEAVS

  3. Nathalie R dit :

    Parent d’une jeune autiste de 14 ans, je me heurte à la question suivante : le niveau bas des élèves de l’ULIS (TED) ne permet pas à ma fille de trouver sa place, voire, elle est considérée comme le moteur de sa classe, mais on ne lui pardonne pas les troubles de son comportement, qui pourtant on fait qu’elle est reconnue pour cette raison dans son handicap ! Si c’était juste une géniale spécificité, on n’aurait pas eu de souci (en principe) pour la scolariser ! Sauf que parce qu’elle a des troubles du comportement et parce qu’elle imite les autres, je n’ai pas voulu la mettre dans une ULIS non TED (donc seulement troubles cognitifs divers et variés, parce que justement elle copie toute la panoplie des troubles divers et variés ! et j’ai déjà tenté l’expérience en CLIS justement et ce fut l’horreur !)…en ULIS TED, elle copie de plus en plus les gamins, mais c’est elle qui menace de se faire exclure pour mauvais comportement ? Se pose la question pour le lycée, de pire en pire…les handicaps cognitifs vont être mélangés et les autistes et autres profils vont se côtoyer chaleureusement ou non. Et on attribuera l’échec de la scolarisation à qui ou à quoi ? Nos enfants sont malheureux et non scolarisable, donc, institution ? Ou domicile ? Ben oui, parce que si nos enfants ne peuvent pas être scolarisés en classe de 30 à 40 élèves…faut bien trouver une solution, non ? Il se trouve que ma fille a un profil atypique et qu’on ne veut d’elle nulle part…ou si en hôpital ! Merci bien ! Quel avenir pour elle et ceux qui sont dans sa situation ? Doit on quitter la France pour cesser de la maltraiter ?

    • briand0493 dit :

      Dans le cas de la situation présente de votre enfant, je dirai qu’il serait nécessaire pour l’institution scolaire l’accueillant de modifier sa perspective pédagogique/éducative. Au lieu que votre enfant soit amené à s’adapter à l’institution scolaire en temps et espace donné, cette dernière se doit s’adapter en temps et espace négocié à votre enfant et ses besoins particuliers. Ainsi à vous lire je n’ai pas le sentiment que votre enfant est atypique mais plutôt l’impression que l’institution scolaire jusqu’à présent n’a pas su lui présenter autre chose à « copier » que des comportements atypiques.
      Cela est la « pensée » mais la pratique montre qu’un renversement de perspective pédagogique/éducative pour l’institution scolaire se révèle dans la plupart des cas impossible car suscitant pour les différents acteurs en lien avec votre enfant une nécessité de « réinventer » un cadre et un fonctionnement institutionnel qui n’ont pas été conçus pour se faire. Votre souffrance, la souffrance de nombreux autres parents, naît de cette impossibilité. J’ai fait le choix avec des collègues EVS-AVS de me battre dans et hors l’institution scolaire pour dénoncer cette souffrance. il y a une raison à cela: parce que cette souffrance là, nous la vivons, nous la connaissons quotidiennement à travers notre vie professionnelle, sociale et personnelle, elle est inacceptable.

  4. Val Oche dit :

    ” ….Dans le cas précis des enfants atteints de syndrome autistique ou de TED, la majorité des rectorats avait déjà entrepris un effort particulier pour ne pas faire accompagner des enfants dont la psychopathologie et les handicaps sont connus pour être complexes PAR DES PERSONNELS INSUFFISAMMENT FORMÉS.…”
    J’ai mis en majuscule ce que j’ai compris. Elle demande à ce que nos enfants ne puissent plus être avec des AVS qui ne sont pas formés ! Et dieu sait qu’il y a en a beaucoup quand je lis les commentaires à gauche et à droite sur les différents murs FB ou blog de parents qui râlent que l’AVS de leur enfant est d’une incompétence notoire !

    • briand0493 dit :

      Pour mémoire, le terme de personnel accompagnant des enfants ne se réduit pas aux AVS. Il concerne aussi les enseignants, le médecin scolaire, le psychologue scolaire,le référent IA ASH….et il n’existe pas de plan de formation académique spécifique à l’autisme ou TED mis en place par les rectorats, sauf ici ou là, quelques IA ASH départementaux prenant l’initiative d’organiser des formations de sensibilisation à l’autisme ou TED (globalement, entre 20h et 40H par an de sensibilisation). Pour le reste, à charge au personnel accompagnant de se « débrouiller »….

  5. karine dit :

    dans ce cas aucun enfant handicapé n’a sa^place à l’école…aucun AVS n’est formé à quelque handicap que ce soit !!!qu’elle hypocrisie

  6. Laur dit :

    Certaines MDPH ont recruté dans le vivier de l’EN et là, même les décisions des CDAPH sont influencées par la stratégie locale de sabotage des dispositifs d’inclusion. Même si une ESS prévoit un quotité d’accompagnement adéquate, la CDAPH va dans le sens des saboteurs de l’inclusion. Et généralement c’est quand le clientélisme règne en maitre dans ces départements où on voit les présidents d’association ou participants à la CDAPH se faire acheter contre avantage pour leur enfant.

    Dans ces départements, il apparait clairement que l’ AC et la MDPH roulent pour les intérêts économiques du médico-social et pas pour l’intérêt premier des enfants.

    • Nathalie R dit :

      Je suis d’accord, il y a un réel sabotage des inclusions ! On ne sait jamais qui sabote totalement ou partiellement…comme chacun communique avec le reste de l’équipe, on peut penser qu’ils se renvoient la balle mais qu’à la finale, il n’y pas qu’un seul saboteur, mais qu’ils se font des passes avec la vie de nos enfants ! Je trouve cela particulièrement préjudiciable, d’autant que d’un coté on lit qu’il n’y a pas assez de place dans les hôpitaux…et autres types d’institutions…et de l’autre on parle de mauvaise inclusion car pas de personnel formé…Je dirais même que ça se complique de plus en plus avec l’entrée au collège ! Trop de jeunes par classes, si l’enfant ne peut pas suivre en 6ème, c’est soit l’ULIS, soit l’institution et entre les deux ? rien !

  7. jean29 dit :

    je pense que le rapport veut dire le contraire : la majorité des rectorats réservent les personnels formés à des enfants autistes

    • briand0493 dit :

      Il est possible de lire de cette façon aussi….alors il faudrait se poser la question pourquoi le rectorat s’empresserait de se séparer du personnel précaire accompagnant AVS ou EVS formé à des enfants autistes au plus vite.

  8. mariekin dit :

    dois_je en conclure que moi qui accompagne un autiste 24 heures par semaine , je suis considérée comme un assistant de haute technicité ,suffisamment fiable et formé? fort probablement !
    alors à quand la fin de nos statuts de précaire?
    La loi existe , la MDPH décide de la dotation d’assistance et au nom de quelle jurice prudence un recteur aurait le droit de passer outre la loi?
    Les autistes ont beaucoup à apprendre et à nous apprendre !

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