Lettre d’invitation Uncevs Bretagne au colloque « sortir de la sidération, le courage de penser » 18 juin 2011-Brest (29)

 
Monsieur, madame,
Cher-es Amis, amies,
Cher-es collègues,
Cher-es camarades,
Cher-es compagnons de de résistance citoyenne,

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture et de tous les secteurs liés au bien public, avons décidé de nous constituer en collectif national pour résister à la destruction volontaire et systématique de tout ce qui se tisse le lien social » (extrait de la charte de l’Appel des Appels)
 
Début janvier 2011, à la demande de l’Appel des Appels, l’Uncevs région Bretagne a accepté de s’associer à l’organisation d’un colloque régional le 18 juin 2011 à Brest (UBO). L’intitulé de ce colloque est « Sortir de la sidération, le courage de penser ». Son objet est de permettre en un lieu déterminé,le regard croisé de toute personne, quelque soit son statut social, professionnel, politique, associatif, syndical….etc…, de s’interroger sur sa place de sujet humain, de sa parole , de sa culture au sein de notre société.
Les porteurs initiaux de cette action sont ADA, SORB, Comité de vigilance CMPP, Uncevs, Cassandre.
Monsieur le président du Conseil général du Finistère, Pierre Maille, Monsieur le Président de Brest Métropole Océane,François Cuillandre, tout à leur honneur, apportent un soutien d’estime fort apprécié, à la demande de l’Uncevs. Incessamment, nous attendons avec confiance la confirmation du soutien de Monsieur le président du Conseil régional de Bretagne, Jean-Yves le Drian.
Vous trouverez en page « Uncevs en action »  l’encart officiel de présentation de cette journée évènementielle ainsi qu’un bulletin d’inscription.
Au titre de référent Uncevs Bretagne, et de salarié précaire EVS de l’Education nationale, je me permets de profiter de ce courrier pour exprimer le sens de mon invitation à participer à ce colloque.
Depuis septembre 2006, référent Uncevs Bretagne, il m’a été accordé ce privilège de participer à l’élaboration de nombreuses actions locales, régionales, nationales au sein de l’Uncevs. Il m’a été accordé aussi ce privilège de connaitre l’esprit de combativité, de résistance incroyables de mes collègues salariés EVS-AVS et de nombreux partenaires : amis syndicaux, politiques, associatifs, citoyens. Le bilan de ce soutien sans faille à l’action avec, auprès, autour des précaires EVS-AVS est tout simplement impressionnant d’humanité. Le moteur de mon engagement militant contre une précarité devenue norme de société est sans contexte cet esprit de solidarité, de justice sociale que vous avez su manifester ouvertement à ma demande et sans condition. Ce fut toujours un honneur pour moi, et cela le restera, de pouvoir vivre, partager avec vous l’humanité de vos engagements, de vos actions depuis ces 5 dernières années.
 
Fin Juin 2011, salarié EVS-AVS de l’Education nationale, à l’instars de 18 000 collègues EVS-AVS, je serais amené à quitter cette institution et rejoindre, faute d’alternative professionnelle viable, le Pôle emploi. Cette situation prévisible fera que ma « voix » probablement se fera moins entendre sera « différente ». Elle me conduit à envisager une autre forme d’engagement militant contre la précarité dans les mois suivants mon départ de l’institution Education Nationale. Je conserverai cette conviction que la forme de démocratie existante dans notre société actuelle, quelque soit le lieu institutionnel national, régional, local où elle s’exerce, conduit à « écraser » , à écarter, à éliminer tôt ou tard l’expression de citoyens ordinaire, et tout particulièrement les personnes les plus fragilisées de la vie.
La sidération humaine évoquée dans l’intitulé du colloque du 18 juin est celle là : l’acceptation implicite ou explicite de trop nombreux citoyens ordinaires de se « conformer » consciemment/inconsciemment à l’image d’une autorité individuelle, auto proclamée supérieure et s’appuyant sur un cercle retreint de citoyens choisis et complaisants en échange de privilèges. De cette acceptation , le lien social, ciment de notre démocratie, perd toute consistance. Nous nous en rendons compte, nous les 52 5000 salariés précaires EVS-AVS de l’Education Nationale, nous les 470 000 salariés précaires en contrat aidé du secteur marchand comme non marchand, nous les 4, 304 millions de demandeurs d’emploi de France, la déliquescence du lien social est devenue porte ouverte à l’instauration de la normalité banalisée de la discrimination sociale, professionnelle, culturelle dans toutes les couches de la société.

De ces deux constats personnels, je voudrais souligner ainsi que cette journée ADA de 18 juin, sera une proposition en quelque sorte à un dernier défi: Oser, ce jour là, de sortir de « notre plainte » en pensant différemment pour une société plus humaine, plus juste, plus solidaire. J’ose aussi espérer que, ce jour là, des formes nouvelles d’actions collectives de résistance mettant encore plus l’humain au cœur de notre société jailliront. Pour ce défi, je reste confiant et toujours étonné par votre attachement » féroce » en une vie faite d’espoir, de solidarité et de justice sociale, vous saurez le relever comme toujours.
Je vous remercie d’avance de prêter attention à ce courrier et de permettre la diffusion de la journée « Sortir de la sidération, le courage de penser » – colloque régional le 18 juin 2011 à Brest (UBO).
 
Bien amicalement,

Yves Briand
référent Uncevs Bretagne
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