Personnels précaires dans l’Education nationale :les ministères communiquent, Assistant d’Education à vos calculettes !

La situation des personnels précaires dans la fonction publique et dans l’éducation nationale ont fait l’objet de plusieurs communications ministérielles.

Dans la logique de l’ouverture des discussions avec les organisations syndicales de la fonction publique en bilatérale à la fin de l’année 2010, le ministère de l’Education nationale a rencontré les syndicats enseignants. Ainsi, ils apprennent l’information suivante :
« création d’une épreuve d’admissibilité aux concours internes d’enseignant sous forme de dossier. Il faudra avoir travaillé trois ans (comme contractuel, comme assistant d’éducation ou comme vacataires) sur les six dernières années pour pouvoir « bénéficier » de ce dispositif, les autres candidats passant les épreuves écrites « traditionnelles ».

Ce qu’oublie le ministère dans son annonce, c’est  « avoir travaillé trois ans comme assistant d’Educationà temps plein (soit 39 heures40 en moyenne par semaine) ». Pour tous les assistants d’Education Avs-i ou AVS-co connaissant  à une écrasante majorité des quotités de temps de travail faisant le yo-yo chaque année (ou pire en cours d’année), il sera nécessaire de sortir la calculette et comptabiliser un total temps de travail effectif et effectué supérieur à 4821 heures à compter de 3 ans en poste avant d’envisager de passer une épreuve d’admissibilité aux concours internes d’enseignants sous forme de dossier. Nous sommes d’accord avec le ministre de l’Education nationale: « l’espoir fait vivre, à défaut de toucher son salaire en fin de mois comme constaté dans des académies récemment fin décembre ».

Après avoir écarté les précaires EVS pour motif rédhibitoire d’être sous contrat de droit privé (et le non dit toujours tenace comme une bernique sur son rocher: personnel contrat aidé= personnel incompétent et asocial), le ministère de l’Education nationale, l’espace d’une proposition, fait des discussions sur la précarité dans la fonction publique, une mascarade indigeste.
Tout ceci, pour le bon plaisir de satisfaire le président-candidat 2012, Nicolas Sarkosy, pressé d’endosser un manteau de sauveteur du bas peuple ces derniers temps.
Sauvegarder son trône vaut bien une aumône au passage à quelques précaires de l’Education nationale pour espérer une messe triomphale au Fouquet’s en compagnie de people et privilégiés de droite.

Les assistants d’éducation sont aujourd’hui plus de 84 000.
Dans le premier degré, 77 % des assistants d’éducation remplissent les fonctions d’auxiliaire de vie scolaire (AVS). Cette mission essentielle d’intégration des élèves handicapés peut être effectuée soit en faveur d’une intégration individualisée d’élèves handicapés, en apportant une aide individuelle à un ou deux enfants, soit dans le cadre d’une assistance collective dans une classe d’intégration scolaire dans une école.
Dans le second degré, les assistants d’éducation exercent majoritairement des fonctions de surveillance (78 % des postes) puisqu’ils ont été mis en place pour remplacer progressivement les maîtres d’internat et surveillants d’externat, au fur et à mesure du départ de ces derniers.
Par ailleurs, un soutien scolaire permettant d’améliorer la maîtrise des programmes enseignés est proposé, depuis 2005, aux élèves en difficulté dans certains lycées. Un peu plus de 6 100 assistants pédagogiques ont été recrutés dans le second degré à cet effet.
Globalement, les assistants d’éducation sont âgés de moins de trente ans ; ce sont des femmes à 68 %. Ils se présentent aux concours de l’enseignement puisqu’à la session 2009, 8 967 assistants d’éducation étaient présents aux épreuves des concours enseignants du premier degré. Parmi eux, 762 ont été admis, soit un taux de réussite de 8,5 %. En ce qui concerne les concours enseignants du second degré, 8 138 assistants d’éducation se sont présentés et 553 d’entre eux ont été reçus. Tous concours confondus (premier et second degrés), le taux de réussite des assistants d’éducation à ces concours est de 7,7 %. (source: Ministère de l’Education nationale Schéma stratégique de GPRH 2010)
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