« Observatoire de l’inégalité » : une enquête édifiante du ressenti des enfants handicapés à l’école

Notes
Lors de ses travaux d’été 2010 sur le référentiel actif de fonctions-d’activités /compétences » Uncevs ,les membres d’étude ressentirent le besoin d’évoquer la notion de bientraitance de l’enfant porteur d’un handicap.  En tenant compte  des expériences vécues de salariés Evs-AVS, il était vite apparu que dans une situation d’inclusion scolaire, l’enfant porteur d’un handicap était bien trop souvent victime de discriminations diverses conscientes ou inconscientes aussi bien de la part de l’accompagnant lui-même, de ses camarades de classe que …du corps éducatif, à commencer l’enseignant de la classe . Il s’était dégagé alors  le constat  prudent  assorti d’une recommandation repris dans la présentation du référentiel de compétences :

(…) les salariés le disent eux-mêmes : accompagner un enfant porteur d’un handicap dans un esprit de « bientraitance »est plus facile à dire qu’à faire.
L’Uncevs suggère dès lors que cet accompagnement par un assistant éducation ou un employé de vie scolaire (à notre sens, également les autres acteurs : enseignants…) nécessite un travail préalable d’être au clair avec l’enfant qui reste en soi, celui  que l’on a été, ou encore celui que l’on croit avoir été. Il nécessite aussi qu’un travail préliminaire sur la perception du handicap de l’enfant permette de dépasser un éventuel affect personnel débouchant sur une conduite professionnelle inadaptée (…)

L’article de  » l’observatoire des inégalités »  que nous vous proposons à lecture, ci-après fait état du ressenti de discrimination éprouvé par des enfants porteurs de handicap en milieu scolaire. Il est tout simplement édifiant !

Les discriminations liées au handicap et à la santé
le 16 novembre 2010
7 % des 10-24 ans et 6 % des 25-54 ans déclarent avoir été victimes d’une discrimination. Mais le taux atteint 41 % pour les jeunes de 10 à 24 ans victimes d’un handicap et 23 % chez les adultes de 25 à 54 ans.
7 % des 10-24 ans et 6 % des 25-54 ans déclarent avoir été victimes d’une discrimination. Mais le taux atteint 41 % parmi les jeunes de 10 à 24 ans souffrants d’un handicap et 23 % parmi les adultes de 25 à 54 ans. Pour ces deux populations, c’est le handicap dit « cognitif » – se mettre en danger, être impulsif, avoir des difficultés à se concentrer, des trous de mémoire notamment – qui est la cause la plus fréquente de la discrimination.
Si l’on examine les formes de discriminations, on relève que l’ordre dans lequel elles sont citées est le même dans les deux populations. Viennent en premier les « insultes et moqueries », puis les « mises à l’écart », les « traitements injustes » et enfin les « refus de droit ».
A l’exception des « insultes et moqueries » auxquelles les personnes ayant un problème de santé, mais sans handicap, sont plus sensibles que les personnes handicapées, les personnes handicapées se disent plus souvent victimes de mises à l’écart, de traitements injustes ou de refus de droits. On remarquera également que les discriminations qui pourraient relever d’une sanction juridique (« traitements injustes », « refus de droit ») apparaissent plus fréquemment dans les réponses des personnes de 25 à 54 ans que dans celles des jeunes de 10 à 24 ans. Ces écarts s’expliquent par des quotidiens et des centres d’intérêt divergents : les enfants passent du temps à l’école, et accordent plus d’importance aux moqueries des autres enfants, tandis que les adultes sont plus sensibles au droit, notamment dans le monde du travail.


Une enquête « déclarative »
La mesure des discriminations est ici faite à partir de réponses à un questionnaire. La part du « ressenti » joue. Que les adultes handicapés déclarent moins de discriminations que les jeunes peut prouver qu’ils en subissent moins, mais cela peut aussi simplement montrer qu’ils y sont moins sensibles, s’étant accommodés de certaines situations. A l’inverse, le fait que les handicapés adultes déclarent plus de « traitements injustes » et de « refus de droits » que les plus jeunes ne prouve pas qu’ils en subissent plus, mais peut indiquer qu’ils y sont plus attentifs.
Il faut enfin noter que près de 9 « jeunes » sur 10 et plus de deux tiers des « adultes » qui déclarent avoir subi des discriminations liées au handicap et à la santé répondent qu’ils ont dû faire face à des insultes et à des moqueries. Au-delà des textes, évidemment utiles, ces chiffres donnent la mesure de l’effort d’éducation à mener pour aller vers une société plus tolérante à la différence.

© auremar – Fotolia.com

Voir aussi article dans son contexte : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1339


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