Laurent Wauquier, secrétaire d’état chargé de l’emploi, traité de menteur à l’assemblée nationale !

Notes Uncevs 29-35
Nous savons que l’Inspection académique du Finistère est actuellement confrontée à un afflux de demande d’accompagnement scolaire d’enfant porteur de handicap en milieu ordinaire. Le nombre de notifications des MDPH (Maison départementale des Personnes Handicapées) adressées à l’Inspection académique 29 est passé de 800 en septembre 2009 à 1100 en septembre 2010. Environ 200 demandes d’accompagnement se trouvaient en attente de traitement au sein de la MDPH.
L’accroissement de notification MDPH entraine l’obligation pour l’Inspection académique de procéder à un recrutement massif d’Employé de vie scolaire (EVS) affecté à des missions AVS auprès des enfants porteurs de handicap. Ces employés de vie scolaire, sous type de contrat aidé désigné CAE-CUI, sont passés d’un total de 566 en 0ctobre 2009 à à 791 en octobre 2010.
Pourtant…. les besoins de l’Inspection académiques ne sont pas entièrement satisfaits. Ce qui a entrainé le préfet du département de prendre la décision de réserver l’enveloppe disponible actuelle des contrats aidés exclusivement au profit de l’Inspection académique (voir extrait d’article ouest France ci-après).
Nous pouvions imaginer qu’il s’agissait là d’une mesure de bon sens visant à assurer un accompagnement sans faille des enfants porteurs de handicap au sein des établissements scolaires du département et ainsi permettre leur inclusion en milieu ordinaire.
Nous ne pouvions certainement pas imaginé (ou si peu !) que le secrétaire d’Etat chargé de l’emploi, Laurent Wauquier, prendrait prétexte de cette obligation de respect de la loi 2005, relative à l’égalité des chances des personnes porteuses de handicapé, pour justifier une politique globale de l’emploi drastique conduisant à « geler », à « démolir », à « saccager » dans le domaine associatif local tout un dispositif social d’insertion et de réinsertion de personnes les plus fragiles de notre société dans le Finistère.
Monsieur Wauquier, vous semblez singulièrement oublier dans votre tour d’ivoire, que ce dispositif d’insertion et de réinsertion s’adresse, en autre, à des personnes porteurs de handicap et, permettez-nous de le dire publiquement, que vous nous paraissez singulièrement animé par une propension malsaine à la maltraitance sociale envers les personnes les plus fragiles de la société dans le cadre de vos fonctions actuelles de secrétaire d’état chargé de l’emploi.

 

Compte rendu question au gouvernement –Assemblée nationale : Séance du 28 -10 -10
(….)
M. le président. La parole est à M. Marcel Rogemont, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
M. Marcel Rogemont. Monsieur le Président, ma question s’adresse au Premier ministre.
L’insertion est une chance donnée à ceux qui n’en ont pas. Je veux ici rendre hommage à la cohorte de femmes et d’hommes, bénévoles ou professionnels, qui s’est donnée pour mission d’aider ceux qui sont éloignés de l’emploi. Donner de l’espoir aux autres est un travail souvent silencieux, mais c’est un travail prodigieux.
Seulement, voilà qu’il y a peu, sans prévenir, vous avez fauché toutes ces initiatives. « Circulez, dites-vous, il n’y a plus d’argent pour finir l’année ! » Ici, ce sont des associations d’insertion qui fermeront leurs chantiers ; là, à Montluçon, me disait notre collègue Bernard Lesterlin, les associations sportives ont supprimé des emplois.
Partout en France, à Lille comme à Grenoble, c’est la même litanie des postes d’insertion destinés à être supprimés par manque d’argent. Ainsi, en Bretagne, plus de huit cents emplois d’insertion sont concernés dont cinquante-quatre chantiers d’insertion pour le seul département d’Ille-et-Vilaine. Pourquoi ?
Vous nous dites qu’il y a la reprise et qu’on a plus besoin de contrats aidés ; vous nous dites : « Attendez 2011, j’ai prévu des crédits ! » Mais les personnes en insertion ne peuvent attendre car, en cas de non renouvellement du contrat, elles devront pointer six mois au chômage avant de pouvoir reprendre un emploi d’insertion. Dur pour la personne en parcours d’insertion !
Bien sûr, il n’y a plus d’argent ! Mais, monsieur le Premier ministre, quand il n’y a plus d’argent, on arrête de le jeter par les fenêtres. La baisse de la TVA sur la restauration, c’est 3 milliards d’euros de perdus. La moitié du chèque remis à Mme Bettencourt (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe UMP) au titre du bouclier fiscal suffirait pour financer pendant un an les huit cents emplois aidés bretons. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
Ma question est simple : quand allez-vous arrêter de transformer l’espoir en désespoir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
M. le président. La parole est à M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi. Monsieur Rogemont, en 2010, plus de 400 000 contrats aidés non-marchands et 120 000 contrats aidés marchands ont été financés par l’État.
Plusieurs députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Menteur !
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État. C’est plus qu’en 2009 ;…
M. Maxime Gremetz. Vous mentez !
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État.c’est surtout plus qu’au cours des dix dernières années. Cela représente un effort de 3 milliards d’euros.
Je me retrouve totalement dans vos propos : oui, les contrats aidés sont utiles ; oui, ils permettent d’aboutir à une insertion dans l’emploi dans six cas sur dix, et, oui, il vaut mieux aider les gens à travailler plutôt que de les voir s’enfermer dans le chômage de longue durée.
Deux éléments importants ressortent de la réunion que nous avons tenue avec Christine Lagarde et l’ensemble des préfets de France pour faire le point sur la consommation des crédits consacrés aux contrats aidés.
Tout d’abord, l’État respectera toute sa parole. Nous nous étions engagés à financer 400 000 contrats aidés ; nous les financerons.
M. Maxime Gremetz. Ce n’est pas vrai !
M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État. Ensuite, depuis une semaine, nous travaillons avec les régions, telle celle de Bretagne, où il y a eu une surconsommation de l’enveloppe des crédits, afin de les aider à flécher les contrats aidés vers les secteurs qui en ont le plus besoin. Je pense aux renouvellements de contrats et aux chantiers d’insertion, que vous avez évoqués, ou encore aux postes d’assistants de vie scolaire, destinés notamment au soutien des personnes en situation de handicap.
Vous le voyez, nous ne désarmons en rien notre politique de l’emploi et nous conservons la totalité de nos outils.
Quant à la TVA sur la restauration, elle a permis de créer plus de 30 000 emplois cette année, sans compter les contrats de professionnalisation.(Vives exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Les restaurateurs et ceux qu’ils emploient apprécieront le ton sur lequel on parle d’eux selon que l’on siège sur tels ou tels bancs de l’hémicycle.(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
M. Jean-Jacques Candelier. C’est honteux !
Malgré la défausse défense du Secrétaire d’Etat, les faits sont là : la signature des contrats a bien été interrompue, pour des raisons exclusivement budgétaires,  et pas seulement en Bretagne, puis une recherche de solutions face aux situations les plus difficiles a été tentée.
Cette décisison aboutit à un paradoxe : les crédits du plan de relance attribués aux Missions locales avaient pour objectif de renforcer leurs équipes en vue d’augmenter la signature des contrats aidés, dans le secteur marchand et le secteur non marchand. L’évaluation prévue portait sur la signature de ces contrats. Comment vont-ils être évalués maintenant qu’il n’est plus possible de signer des contrats ?
Je ne peux que reprendre mon interrogation formulée il y a deux ans« Comment construire dans ces conditions, sans visibilité, des démarches d’insertion ? Comment, dans ce brouillard, concrétiser les exigences de qualité de l’emploi et de l’accompagnement dont, à juste titre, l’Etat est porteur ? »
(…)
Le compte-rendu dans http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110027.asp#P92_4438
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