Pour un pacte de démocratie participative sur l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire (PDPAEH)

 



Pour un PACTE

DE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

SUR L’ACCOMPAGNEMENT DES ENFANTS HANDICAPES EN MILIEU SCOLAIRE

(PDPAEH)

  Pourquoi ?

Savoir opter pour un changement majeur : créer un outil de Nouvelle Cohésion Sociale pour une stratégie d’emplois durables et stables dans l’Education Nationale.

Comment ?

  • Pratiquer à un état des lieux des dispositifs d’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire parce qu’il est temps de voir et de comprendre les failles, les contraintes liées au sujet.
  • Développer une véritable volonté d’inscrire une démarche d’évaluation globale de ce qui existe pour l’améliorer.

Mettre un enfant handicapé en classe ordinaire, c’est pour retrouver le milieu ordinaire en tant qu’adulte. Dire que l’enfant ordinaire est la norme, que l’enfant atypique est extra ordinaire est aussi une vérité ! Il faut gommer ce a priori et préparer la scolarisation en constatant qu’un enfant devenant dysfonctionnel dans une classe, c’est avant tout qu’il est anxieux.

Au « il ne peut pas », nous disons « il faut essayer », d’où cette nécessité d’avoir un étayage individuel pour la production scolaire et le mettre sur la voie de l’apprentissage. Maria Montessori disait : « Aide-moi à faire tout seul ». Nous affirmons que le rôle de l’Education Nationale est de faire de l’enfant handicapé d’abord un élève et lui offrir ainsi une vie dans un milieu ouvert .Nous le constatons, à la lumière de notre expérience, plus il est mis l’enfant handicapé de façon sauvage et parachutée au sein de son école, plus son handicap sera mal vu et interprété d’une manière erronée.

L’accompagnant scolaire de l’enfant handicapé (AVS/EVS) est la « béquille » qui rassure, guide et met en confiance. L’enfant certes y gagne en autonomie si la priorité est basée sur la coopération. Mais nous affirmons une condition primordiale dans cette coopération est que l’AVS/EVS soit en accord avec sa propre personne. Nous disons que le savoir être est mieux que le savoir faire dans les premières phases d’accompagnement d’un enfant handicapé au sein d’un établissement scolaire. Nous le constatons : ces enfants handicapés sont des « éponges » et si l’AVS-EVS est « mal », l’enfant sera mal. Et si les AVS-EVS sont bien des personnes relayant des méthodes pédagogiques, nous affirmons que toutes les dérives constatés dans l’accompagnement scolaire des enfants handicapés sont dues aux personnes et non aux enfants eux-mêmes.

  • Cesser le turn over de personnel et les initiatives pour y remédier (le CTOPIR… !)

    Des chantiers de commissions , de réflexion développés jusqu’ici au sein de l’Education Nationale nous ont montrés qu’il n’était plus souhaitable d’avoir une approche « stigmatisante » à l’égard d’une catégorie de personnel (précaires AVS/EVS) sur la base de dispositifs législatifs , administratif, réglementaires contradictoires et parfois irréalistes ou discrimanantes. Il s’agit de recentrer sur la personne dans son savoir être, son savoir faire développés à travers son cheminement professionnel du moment et non sur de présupposés professionnels induisant une « image » négative sélective induite en postulat de base.

  • Lancer des alliances publiques et privées, entre les acteurs du système éducatif, employeur associatifs, partenaires sociaux et les citoyens.

Que tous les acteurs soient et deviennent réactifs parce que concertés.

La base de travail serait : Anticiper et Ajuster les compétences aux besoins du marché du travail, lancée par l’Union Européenne « des Compétences Nouvelles pour des emplois Nouveaux.

  • Faire du sujet du handicap une priorité nationale ne veux rien dire.

Tous les sujets lourds sont prioritaires (la maladie, la sécurité routière, le chômage, le handicap etc…). Par contre l’idée d’élaborer une stratégie nationale de prévention, de sensibilisation d’intégration du handicap dans le cadre d’une approche participative avec l’ensemble des partenaires ministériels, départements, associations civiles et citoyens handicapés, nous apparait plus appropriée. C’est ce défi que la gouvernance politique se doit de relever pour la France. Nous savons que l’engagement de l’UE est de réduire la pauvreté et promouvoir les droits de l’homme, etc.… . La valorisation de personnes handicapées ne peut être atteinte si la société française les considère uniquement comme des citoyens atteints de handicap. Il faut donc penser et réfléchir autrement : une nouvelle logique d’accompagnement, de nouvelle mesure de bon sens de compensation du handicap.

  • Promouvoir l’égalité des chances en inventant un autre rapport entre l’individu et le collectif.

Aujourd’hui, on insère des enfants porteurs de handicap en collaboration avec les MDPH, qui fixent le nombre d’heures de prise en charge de l’enfant ? Une fourchette entre 6 et 24 heures ? Pourquoi ? Un enfant qui va en classe ordinaire 6 heures dans la semaine a t-il les mêmes chances d’intégration que celui ou celle qui va en classe 24 heures ? Il faut donc évaluer, connaître les possibilités de l’enfant. Comme tous les autres enfants ordinaires, des possibilités sommeillent sans aucun doute et demandent à émerger. Mais tout seul ou 6 heures par semaine c’est insuffisant. Au fur et à mesure de l’avancement d’intégration, la prise en charge doit être modulable, pour ne pas provoquer de frustration dans la cellule familiale et chez l’enfant. L’accompagnement réduit au minimum laisse l’enfant avec ses possibilités, mais ne développe pas celles que l’on ne connaît pas, que l’on ne soupçonne pas. On ne perçoit que celles qui sont visibles en laissant celles qui sont enfouies. Imposer un nombre d’heures systématiques à minima , c’est déjà fausser l’intégration et minimiser le travail pédagogique, imposer un strict cadre éducatif s’opposant à la notion même d’autonomie qui est cadre d’ouverture, de découverte, de partage, de créativité ; .

  • Œuvrer vers une nouvelle philosophie en vue de l’optimisation de l’intégration, en repensant au concept de l’intégration scolaire des enfants handicapés.

Aujourd’hui, les portes sont semi ouvertes, mais le problème de fond n’est pas réglé. Tant que le handicap sera stigmatisé par nature, par possibilité de , etc.… l’intégration stagnera aussi. Le concept d’intégration c’est-à-dire « opération par laquelle un individu ou un groupe s’incorpore à une collectivité, à un milieu » ne doit pas préjuger d’une solution unique. Le concept intégration se doit évoluer à partir d’une approche quasiment statique (celle de la présence en milieu ordinaire) vers une approche plus dynamique impliquant la prise en en compte de l’évolution de la personne par la recherche de la solution optimale à un moment donné. Le concept d’intégration scolaire irait donc au delà d’une simple présence physique en milieu ordinaire, il implique une recherche dans l’environnement scolaire, de solutions adaptées aux besoins de l’enfant, l’objectif « étant de maintenir sa place sur le continuum éducatif au point le plus proche possible de l’intégration totale » Auteur Garou.

  • Intégrer d’urgence la notion de l’acceptation du handicap.

Partout nous lisons que l’enfant doit d’abord être un enfant avant d’être une handicapé .Il faut donc réfléchir sur le projet d’intégration pour l’individu , du petit citoyen , et pas le voir comme le handicapé de la classe comme nous le constatons bien trop souvent dans les établissements scolaires.

  • Travailler sur les seuils d’acceptation du handicap en réduisant autant que possible ces effets de seuils par des moyens humains de proximité immédiate dans et hors scolaires, et ce, en une recherche constante de modes évolutifs.

Nous pressentons que l’enfant porteur de handicap ressent sa différence. Nous affirmons qu’une intégration se doit permettre à l’enfant de poursuivre son développement au contact d’enfants ordinaires et à la famille d’atténuer la violence de la reconnaissance du handicap en s’appuyant sur la représentation sociale de l’école et ses effets rituels. Au regard de ces différences, nous pouvons dire que l’intégration ne doit pas être un fait constaté, mais bien un processus constant à mettre en œuvre.

  • Généralisation de traitement homogène de tous les citoyens handicapés dans la société.     

L’Europe s’ouvre à priori à l’ombudsman, il faudrait donc qu’en France il puisse en être créé un, ce, pour veiller aux normes antidiscriminatoires, au respect des droits liés au handicap, à l’application d’une politique d’intégration solidaire et sociale. Une cogestion avec les parents serait la bienvenue. Cela limiterait des inégalités de traitements soutenu par l’ensemble des acteurs pour un même droit pour tous, les mêmes possibilités de participer à la vie de la collectivité.

L’ombudsman, s’appuierait sur des enquêtes, des aménagements humains pour vérifier l’application des règles, des valeurs, du respect et proposer des moyens d’actions positives s’il considérerait que l’accessibilité de vie et de société n’était pas respecter pour tous. Nous nous inspirons pour cela du modèle institué en Suède par la Loi N° 749 de 1994.

Le Groupe de réflexion Handicap Uncevs

Muriel Michelin – animatrice-coordinatrice des travaux :

Yves Briand – correspondant en charge de la diffusion 

Publicités
Cet article a été publié dans UNCEVS (union nationale des collectifs EVS. Ajoutez ce permalien à vos favoris.