Communiqué de l’Uncevs -14 juillet 2009 –

 

A propos de ce long silence …. 

« ou l’art de se transmettre un dossier brûlant …»

Nous ne pouvons que constater « l’étrange » silence suite à la communication du positionnement officielle de l’Uncevs vis à vis l’amendement n° 60 du projet de loi « mobilité de loi dans la fonction publique » proposé une deuxième fois à l’assemblée nationale le 2 juillet.

L’Uncevs se devait réagir à cette ahurissante prise de position d’un groupement association s’étant empressé dans la foulée du vote de cet amendement d’exprimer cet avis péremptoire dans un communiqué de presse :

« …cet amendement permet de garantir juridiquement la continuité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap à la rentrée 2009 et le maintien de compétences de leurs accompagnants (quelques 1330 personnels)….. ».

Le titre de ce communiqué « vers une solution pour les AVS en poste depuis 6 ans »  ne laisse la place à aucune ambiguïté pour ces futurs employeurs au demeurant fort honorables : une volonté de se préoccuper avant tout de 1330 assistants de vie scolaire dont le contrat est échu le 30 juin en ignorant 5000 Employés de Vie Scolaire (fonction AVS-I), dont le contrat est arrivé à terme à la même date

Ce silence ayant suivi la publication de notre positionnement officiel n’en est que plus troublant.

Le mode de réflexion analytique institué au sein de l’Uncevs, soucieux de la transparence de ses actions, a toujours conduit à respecter certaines règles de prudence dans ces prises de position. Le souci de faire la distinction entre ce qui est certain, ce qui est probable, ce qui est possible, ce qui est hypothèse peu envisageable, est dictée par une nécessité de rendre « lisible » l’expression de l’association à l’ensemble de ses adhérents (EVS, AVS, acteurs de la communauté éducative, pédagogique de l’Education nationale) et à ses partenaires (organisations syndicales, politiques, associatives et personnalités de la société civile).

Aussi, l’Uncevs est-elle cohérente avec sa ligne de conduite d’action depuis 2 ans en énonçant comme hypothèse peu envisageable de considérer que 30 000 evs dont 5000 evs (sous mission AVS-I) seraient un personnel « sans qualification », sans « compétence ». Des membres de l’Uncevs en ont bien caressé l’idée que nous portions depuis le début cette lourde étiquette de « chômeurs » longue durée faite d’un mélange indistinct de cas sociaux , sans projet de vie et dénués de toute perspective professionnelle . Cette idée folle qui leur ayant traversé l’esprit continue de perdurer. L’Uncevs se doit aujourd’hui rétablir une situation authentique et sérieuse sans a priori .

Les EVS en mission d’accompagnant scolaire d’enfant handicapé ou assistant administratif de direction d’école sont dotés de « savoirs », de « savoirs être » et de « savoirs faire » ponctué d’une grande maturité de vie . Ils ont réinvesti le monde du travail avec professionnalisme. Leur forte motivation personnelle à prouver leurs compétences sont des gages d’efficacité. Soucieux de faire de leur mission une priorité, et ce malgré un engagement exigeant et difficile, les EVS (fonction AVS-I) ont pour la plupart placé au centre de leur préoccupation professionnelle l’intérêt de l’enfant porteur de handicap avant leur propre préoccupation personnelle si fragile parce que précaire .

C’est en toute légitimité que les EVS réclament ce titre tant convoité « accompagnant de l’enfant porteur de handicap » parce qu’ils ont reçu en retour la reconnaissance de la communauté pédagogique, éducative de l’école, de la confiance du parent de l’enfant. C’est ce que révèle les nombreux témoignages à travers plus de 100 000 signatures de la pétition unitaire syndicale (sgen-cfdt, Unsa-éducation, CGT-éducation,,Snuipp-Fsu) et Uncevs, remises officiellement au Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkosy, à l’Elysée le 29 juin. Il est impossible aujourd’hui de contester et nier ces faits .

L’Uncevs considère que les acteurs référents de terrains ont pour fonction de veiller sur la qualité de l’accompagnement et ont mission prioritaire de signaler une situation éducative et pédagogique qui mettrait en péril l’organisation et l’intégration positive de l’enfant. Peut-on imaginer un seul moment, que ces mêmes acteurs auraient laissé des EVS pratiquer n’importe quoi, n’importe comment en mettant en danger l’élève handicapé ? De fait, nous devons le rappeler : nos collègues AVS ont les mêmes interlocuteurs que les EVS. Ce qui a été mis en place pour les AVS ( les règles , la déontologie , le respect) s’applique pour les EVS. Les MDPH seraient probablement intervenues en faveur des parents si la collaboration avec les EVS avait été un échec.

Durant l’année 2008-2009, nous avons maintes fois réitéré notre souhait de rencontrer la députée Anne Marie Montchamp en charge de la commission parlementaire de réflexion sur la définition d’un métier d’accompagnant scolaire d’enfant en situation d’handicap.

Lors de la seule audience accordée le 17 juin (après un premier rejet de son amendement déposé début le 2 juin 09), nous lui avions souligné notre préoccupation que se développe à partir des conclusions des travaux de cette commission, une hypothèse restrictive, inimaginable: la création de besoin d’accompagnant, en fonction d’une valeur sélective (diplôme généraliste BAC) et non de la valeur d’usage (compétences, expériences professionnelles réinvesties, motivations, qualité humaine). Cette préoccupation s’appuie sur des documents que Madame la députée avait transmis aux associations associées aux travaux de la commission.

Depuis le 2 juin 2009, malgré nos interpellations, face au silence entretenu par Mme Montchamp et le gouvernement sur leur intention ou non de retenir exclusivement pour un métier d’accompagnant scolaire en situation d’handicap cette valeur « sélective », notre inquiétude se révèle légitime.

Aux responsables d’associations ayant exprimé le même souhait : si nous comprenons leur souci d’accorder à l’enfant handicapé la meilleure qualité possible d’accompagnement en milieu ordinaire, ils ne sauraient « s’exonérer » d’explications pour justifier leur choix. Ils se doivent éventuellement engagés leur responsabilité à faire partager à leurs adhérents leur choix d’une « posture » collective, associative, les conduisant à assumer l’application de la discrimination sociale et professionnelle à l’encontre des salariés EVS au sein de l’Education nationale à la rentrée scolaire . A notre charge de vérifier ce qui ce diffuse, va se diffuser dans les prochains jours et prochaines semaines.

L’Uncevs attend avec impatience la sortie prochaine du décret d’application résultante de l’amendement n°60 et prendra acte des souhaits des associations intéressées par ce décret, de la « posture » qu’elles adopteront. L »Uncevs fera connaitre sa nouvelle analyse, sa position et les modalités d’action qui en découleront.

Nous souhaitons avant toute chose, rester disponible pour la communauté éducative, pédagogique et les enfants porteurs de handicaps. Tels sont nos choix.

Pour l’UNCEVS

La Présidente , Muriel Michelin  

Le Vice Président, Régis Dévoille

Le Trésorier , Yves Briand

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