« L’étrangeté » de Mr Fillon devant son parti UMP : des élections Européennes…. à l’éviction de 42500 précaires evs en juin 2009 vers le Pôle emploi.

  

 

Il n’appartient pas au collectif précaire CAV-CAE 29/Uncevs d’exprimer par respect de ses membres, de ses partenaires syndicaux, politiques, associatifs, sa prise de position sur l’attitude à adopter lors de l’élection Européenne le 07 juin 2009. Nous ne pouvons que nous interroger sur des postures qui se dégagent dans la campagne européenne en cours. Celle de Monsieur Fillon lors du meeting UMP du 21 mai à Lustres (Meurthe et Moselle) nous interpelle d’évidence :

Dans son discours devant ses partenaires du parti UMP, nous avons relevé une « étrangeté » de la part d’un 1er ministre évoquant ces élections européennes :

« Le premier défi à relever, c’est celui des abstentions…(au dernières élections européennes), il y avait moins de 50% de participation…derrière cette attitude, il y a des raisons, il y a des vraies griefs-des griefs connus, et pour une partie légitime….je veux m’adresser aux électeurs que ces impressions ont frappés et qu’elles ont désabusés, pour leur dire simplement : vous n’avez pas toujours tort. Et c’est pour cela qu’il faut aller voter…. ».

Notre interrogation est la suivante :

Comment un premier ministre en charge des affaires d’Etat se permet-il d’inciter des citoyens sur la base de tels arguments à aller voter en faveur du projet Européen de son groupe politique UMP, quand depuis 3 ans, avec l’aide de membres de son gouvernement, du groupe parlementaire majoritaire UMP, il adopte une posture systématique de « « mépris » à l’égard de 42 500 précaires evs en s’abstenant de répondre depuis 3 ans à leurs attentes  ?

 Par ailleurs, nous constatons à ce jour que dans le cadre de la mobilisation unitaire syndicale/Uncevs en cours , Monsieur Fillon, en tant que 1er Ministre, n’a toujours pas répondu à une demande d’audience exprimée pour le 27 mai.

Ses griefs « légitimes »de citoyen que Monsieur Fillon approuve le temps d’une campagne d’élection européenne et méprise depuis 3 ans en appliquant une politique programmée de massacre social à l’égard de 42 500 evs fin juin 2009 , nous les avons exprimés en saisissant Mr Hans Gert-rottering, président du parlement Européen dans un courrier récent  (lecture de ce courrier ci-après).

 

Lettre à Mr Hans Gert-Rottering, Président du Parlement Européen

A l’attention de Mr HANS- GERT ROTTERING

Président du Parlement Européen

A l’attention de Mr Alain Barreau ,

Bureau d’information pour le Parlement Européen

A l’attention de Mme Robert – Besse

Attachée de Presse du Bureau d’Information

Monsieur le Président,

Je me permets de vous solliciter en tant que citoyenne française, mais surtout en tant que Présidente de l’UNION NATIONALE DES COLLECTIFS DES EMPLOYES DE VIE SCOLAIRE.

Pour mieux comprendre ma requête, Monsieur le Président, il me faut développer des contenus informatifs sur l’historique de la situation actuelle en France concernant le sujet des emplois précaires dans l’éducation nationale.

L’association que je représente à pour objectif de lutter contre la précarité dans l’Education Nationale et de défendre la légitimité de cette profession fraîchement créée. Nos partenaires syndicaux nationaux sont un soutien fort dans nos démarches, ainsi que plusieurs acteurs institutionnels.

Le dispositif des Employés de Vie Scolaire (EVS) et des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) a prix une ampleur considérable dans le cadre du système d’emploi français, dans celui de la mise en œuvre sur la direction des écoles françaises et sur la prise en charge des enfants porteurs de handicap. C’est le Ministre, Monsieur Jean-Louis Borloo qui a mis en place cette loi dite de « Cohésion Sociale » qui porte donc son nom.

L’organisation des recrutements s’est déroulée de la façon suivante :

  • L’ANPE (aujourd’hui le Pôle Emploi ) a été chargée de repérer et présélectionner les candidats éligibles à partir des offres et des fiches de postes proposés par les employeurs.
  • Ce sont des contrats dérogatoires sous forme de C.A.E (contrat d’accompagnement à l’emploi, et de droit privé) et de C.AV. (contrat d’avenir, de droit privé), tous les deux en Contrat à durée déterminée (CDD) pour une duré maximale de 18 mois (CAE) et de 36 mois (CAV)

C’est donc aux côtés des enseignants dans les écoles et les collèges que les EVS et AVS et les Assistants d’éducation assurent des missions essentielles, tant dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap que dans l’aide à la direction et fonctionnement de l’école.

Par les tâches qui leurs sont demandées nos missions nécessitent des emplois pérennes, une stabilité des personnes pour ne pas déstabiliser les petits élèves handicapés, un véritable métier reconnu avec un statut spécifique, une formation valide et enfin une rémunération décente et à la hauteur de nos rôles respectifs.

Hors, nous n’avons de cesse de d’implorer au gouvernement français diriger par le Premier Ministre, Monsieur François Fillon, à qui un courrier unitaire (voir photocopie) lui à été envoyé récemment pour une demande d’audience, de mettre un terme de façon urgente à la précarité au sein de cette grande institution qu’est l’Education Nationale, mais pour aussi stopper le « turnover » dramatique instauré par le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy.

La succession de ces personnels est ,vous l’aurez compris, le résultat de la durée limitée de ce type de dispositif soit disant social, et qui met en échec la politique de l’éducation nationale concernant l’intégration des enfants porteurs de handicap dans un cursus ordinaire.

Ces situations ne peuvent plus perdurer. Cela représente un danger réel et sérieux qui favorisera tout espoir d’intégrer des enfants handicapés. Les membres du gouvernement, et notamment le Ministère de l’Education Nationale, représenté par Monsieur Xavier Darcos, n’ont pas respectés leurs engagements et n’assument en rien leurs responsabilités d’hommes d’Etat qui les incombe, en terme de gestion de ce dispositif, de cursus formation et de suivi des personnels qui ont été inexistants depuis le depuis le début de la mise en place de cette Loi Borloo.

Il en est de même au Ministère de l’Emploi, dirigé par Monsieur le Ministre Brice Hortefeux récent successeur de Monsieur Xavier Bertrand.

Cela fait presque 3 ans que nous actionnons la « sonnette d’alarme » à l’ensemble des institutions décisionnelles et par logique aux plus hautes autorités françaises.

En vain, aucun effort, aucune démarche à voir un manque de volonté visible et décider pour prendre en charge le dossier de la précarité et plus particulièrement celui des EVS/AVS.

Nous avons dernièrement saisi la HALDE (Haute Autorité de lutte contre la discrimination et pour l’égalité) et l’ALMA, (association qui lutte contre la maltraitance et négligences envers les personnes vulnérables) pour les alarmer de la dangerosité des procédés épouvantables que nous subissons.

Nous sommes donc 42 500 EVS/AVS menacés de retrouver le Pôle Emploi, le 30 Juin 2009,

et le gouvernement n’entend toujours pas céder sur ses objectifs de « casse » dans la fonction publique et s’apprête même à inversé sa priorité nationale :

  • L’intégration des enfants handicapés en milieu ordinaire (loi du 11/02/05)

 Oui, le Président de la République s’était engagé à faire en sorte que le droit à la scolarisation des enfants handicapés devienne une réalité pour toutes les familles. La croissance très significative du nombre d’inscription de ces petits élèves dans les écoles, va probablement prouver à la prochaine rentrée scolaire 2009/2010, que la carence en personnel existe bien, et au détriment des parents et de leurs enfants.

Seulement, quelques grains de sable viennent enrayer ce « projet ambitieux ». En effet, pour développer un tel projet, il fallait aussi un service public de qualité, c’est-à-dire, se donner les moyens financiers et surtout des moyens humains. Nos petits salaires parlent d’eux-mêmes, 600 euros (CAE) et 800 euros (CAV), avec des temps partiels ou des mi-temps imposés sans convention collective, sans droit particulier (type de contrat bien choisis) sans aucune perspective professionnelle. Et nous sommes bien des moyens humains à collaborer avec les directeurs (trices) d’écoles, et pour accompagner les enfants handicapés. De fait la priorité nationale de Monsieur le Président de la République, Mr Nicolas Sarkozy était de construire une société qui se donne les moyens entre autre de faire progresser la places des jeunes handicapés. Le gouvernement français dit vouloir s’inscrire dans la lignée de la Loi du 11 Février 2005, mais il n’en est rien, absolument rien.

Nous ne pouvons plus laisser perdurer cette situation sociale désastreuse que nous subissons depuis 3 années consécutives. Nous allons soulever ce tabou et oser l’exprimer à qui de droit puisque manifestement personne en haut lieu n’est capable de prendre des décisions favorables et positives nous concernant.

C’est ainsi qu’à la fin du Mois de JUIN 2009, 42 500 EVS /AVS vont être remerciés après 3 années de travail exemplaire, et nous considérons avoir été une génération contrats aidés sacrifiée pour le malheur de toutes et tous, les salariés que nous sommes, les enfants handicapés et leurs familles, les enseignants, les directeurs d’écoles, et associations divers.

Nous voulions dénoncer le fait que la précarité dans l’éducation nationale est une norme de travail quasi traditionnelles, que l’Etat français valide assurément.

Nous voulions dénoncer le fait que les engagements du gouvernement de Monsieur Fillon concernant les contrats aidés et liés aux EVS/AVS n’ont pas été respectés (aucune formation et pas d’accompagnement, ni de tutorat ).

Nous voulions dénoncer le fait que les hautes instances gouvernementales pratiquent la discrimination au milieu même de cette catégorie professionnelle,

Nous voulions dénoncer le fait que la pratique de la maltraitance sociale aggravée que nous subissons est absolument aberrante et inacceptable.

Nous voudrions que le Parlement Européen nomme un médiateur qui traite les griefs des individus ou groupe de personnes à l’encontre des institutions ou organes communautaires afin de trouver très rapidement un dénouement à l’amiable avant une catastrophe sociale annoncée, celle de la sortie gravissime des 42 500 EVS /AVS en juin 2009.

Nous voudrions puisque le FSE contribue notamment aux actions de formation dans le cadre des contrats aidés connaître précisément d’une part les répartitions de ce cofinancement au sujet de l’organisation des formations et des parcours d’accompagnements, deux critères obligatoires qui n’ont pas été respectés dans le dispositif contrats aidés et d’autre part, de se poser la question suivante : si aucune formation et accompagnement n’ont été mis en place , quel rôle à votre cofinancement, puisque les CAV sont vides de ces actions ? A quoi et à qui ont servis vos fonds ?

Une certitude tout de même, cela n’a pas servi à la génération des contrats aidés 2006/2009

 Nous voudrions que soit nommée une commission d’enquête qui évalue et constate les infractions et les carences à l’application de la loi dite «de Cohésion Sociale», mise en place par M. Jean Louis Borloo.

Dans l’espoir que la lecture de ce courrier ne vous laissera pas indifférent, à l’instar du gouvernement français, je pose en vous, Monsieur le Président, la perspective que vous interpelliez très vite les dirigeants français précités qui refusent obstinément de nous accorder une ombre d’intention et d’attention.

Pour l’UNCEVS

La Présidente

Muriel Michelin

 

Et pour tout savoir du mode d’emploi des élections européennes: www.letelegramme.com

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