Précarité et suicide : Vers une crise sanitaire et humaine sans précédent

 
Le collectif précaire CAV/CAE Finistère a souvent alerté les acteurs institutionnels (Ministère de l’emploi, du budget, de l’Education Nationale) de la nécessité plus qu’urgente d’ouvrir les portes de la négociation à une approche nouvelle des contrats aidés (contrat d’avenir et contrat d’adaptation à l’emploi) tenant compte des carences constatées dans leur mise en oeuvre depuis 3 ans. L’obstination,  la lègèreté de ces acteurs à ne pas en tenir compte ou de refuser une remise en cause de leur dispositif nous apparaissent  jour après jour tout simplement criminel si nous nous en tenons au cri d’alarme lancé par l’Union National de Prévention du Suicide. (voir ci-après article) 
 
 


Avec la crise financière, économique et sociale qui menace l’ordre du monde aujourd’hui, les Français sont confrontés à la montée de la précarité, situation qui se décline tout à la fois dans l’ordre humain (famille et psychologique) que dans l’ordre relationnel et social (travail).

Pour que cette crise socio-économique ne se transforme pas en crise sanitaire, l’Union Nationale de Prévention du Suicide tire la sonnette d’alarme et souhaite alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation.

Alors que l’annonce des plans sociaux se multiplie en France depuis plusieurs mois, alors qu’on nous explique à renfort de commentaires d’experts que l’Homme est la richesse indispensable de l’entreprise, nous voulons rappeler l’impérieuse nécessité de mettre en place un dispositif complet de d’accompagnement et de suivi des personnes qui, cette année, seront confrontées à des situations difficiles liées à la perte de leur emploi, la perte de leur pouvoir d’achat, l’endettement…

Si rien n’est fait des dizaines de milliers de nos concitoyens vont être exposés à la souffrance psychique, à la dépression, au risque suicidaire.

Il y a urgence à réagir. Nous ne pouvons pas assister au délitement du lien social au développement de la souffrance psychique sans réagir à la hauteur de la crise humaine qui s’annonce. C’est pourquoi l’UNPS alerte les pouvoirs publics et tous les acteurs médicaux et sociaux et associatifs de notre pays pour la mise en œuvre d’un plan sanitaire et solidaire qui devra compléter le plan de relance économique et social mise en œuvre par le Gouvernement. Nous ne nous résoudrons jamais, à ce que précarité et suicide soient considérés comme une fatalité.

Professeur Michel DEBOUT
Président de l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide

En conclusion, cette étude révèle que :
• La situation économique et sociale (évaluée par un indicateur synthétique de précarité) influe très fortement sur le degré de souffrance psychique. Le risque suicidaire en est considérablement affecté dans les cas de grande précarité (demande d’aide), et de façon modérée en-deçà de ces cas extrêmes.
• Les salariés ne disposant pas d’un emploi stable en CDI s’avèrent particulièrement fragilisés.
• La précarité et le risque suicidaire sont fortement corrélés au fait d’être victime de violences (physiques ou verbales) ou de harcèlement.

C’est à partir de ces constats irréfutables que le Pr Debout souhaite alerter les pouvoirs publics et tirer la sonnette d’alarme :
« Après la crise financière puis économique, nous risquons d’être confrontés à une véritable crise sanitaire. Tout porte à croire que la forte remontée du chômage dans notre pays, les difficultés financières que vont connaître de nombreux Françaises et Français, les incertitudes de l’avenir, vont engendrer des difficultés personnelles et psychologiques majeures, avec une recrudescence des souffrances psychiques, des états dépressifs et des tentations suicidaires. »

 


 
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