Compte rendu du colloque Uncevs « Précarité : Fatalisme ou stratégie revendicative ?

Colloque Uncevs « Précarité : fatalisme ou stratégie revendicative ?

 

Colloque organisé par 

Union nationale des collectifs employés de vie scolaire (UNCEVS)

Type de colloque 

réflexion-action

Animatrice

Muriel Michelin – Présidente Uncevs

Président d’honneur

Mr Philippe Meirieu

secrétaire de séance

Yves Briand – trésorier Uncevs

Participants-intervenant

Mme Catherine Perret (représentante national CGT), Mr Alain Rael (représentant national SNUDI-FO), Mr Gilles Moindrot (secrétaire national SNUIPP), Mme Michèle Zorman (secrétaire nationale SGEN-CFDT).

Étaient excusés : Phillippe Meirieu (président d’honneur), Roland Gori (Libération)

 30 minutes

Ouverture du colloque

Muriel Michelin Présidente Uncevs

Mot de la présidente  Muriel Michelin   

 

 

 

 

 Mot du Président d’honneur

Philippe Meirieu

professeur sciences de l’education

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lecture du texte de Roland Gori

Psychanalyste

journaliste Libération

membrefondateur de « l’Appel des appels »

« Je refuse de céder à la tentation de ne plus croire… » il est lancé un appel à l’unité nationale et la complémentarité de l’ensemble des forces evs en lutte contre la décision gouvernementale de procéder au retour par la case départ ANPE de 42 500 employés de vie scolaire en contrat aidé (contrat avenir et contrat adaptation à l’emploi) en poste dans l’education nationale sur des périodes de 2 à 3 ans. Le projet de l’Uncevs se révèle ambitieux. Il vise à obtenir la pérennisation des emplois de 42 500 précaires ce, en collaboration avec des partenaires syndicales efficaces, unis dans l’action, des partenaires politiques dépassant leur divergence du moment et désireuses de s’impliquer dans une œuvre de justice sociale. La crise sociale en puissance ne fait que commencer.
 

 

" Je regrette vraiment de ne pouvoir participer à ce rassemblement pour vous dire de vive voix ma solidarité et mon soutien. Le sort qui vous est réservé aujourd’hui est indigne de l’Education nationale. Il est indigne d’un ministère dont le devoir, dans une République, serait de montrer la voie par un comportement exemplaire à l’égard de ceux et celles qu’il emploie. On ne peut travailler à la démocratisation de l’accès aux savoirs et à l’émancipation des élèves, on ne peut prétendre lutter contre tous les handicaps et toutes les injustices si, par ailleurs, on ne permet pas à tous ses personnels de trouver une place digne et de se sentir reconnu et valorisé. Qui dira le scandale d’une administration qui traite des êtres humains comme des objets, quand ce n’est pas comme des déchets ? Qui dira l’incurie d’une administration qui "bouche des trous" sans se préoccuper de l’avenir des personnes ? Qui dira l’incompétence d’un État incapable d’appliquer pour ses propres services les préconisations, comme la Validation des Acquis de l’Expérience, qu’il impose par ailleurs ? Qui dira à quel point l’indifférence ostensible à ceux qui sont dans les situations les plus précaires prépare une société inhumaine, une société de l’exclusion.
Parce que l’UNCEVS exprime avec justesse et dignité les demandes légitimes de milliers de personnes, elle doit être entendue. Parce que ses demandes rejoignent un grand mouvement d’ampleur nationale qui refuse que la loi du marché écrase systématiquement les personnes, elle s’inscrit dans la dynamique que nous avons initiée avec "L’APPEL DES APPELS". Parce que cette dynamique doit être encore amplifiée, il faut poursuivre le travail solidaire, refuser les divisions artificielles, récuser les oppositions factices. Que tous ceux qui croient en l’éducabilité des enfants – même les plus fragiles – comme en la formation des personnes – quelles qu’elles soient -, se mobilisent pour faire triompher la confiance en l’homme. L’éducation est une grande cause nationale et elle doit le rester, même en dehors des périodes de campagne électorale. Le ministère de l’éducation ne peut se gérer avec désinvolture et il ne doit jamais perdre de vue les idéaux républicains. Les citoyens doivent faire entendre leur voix pour que chacun trouve une place dans un monde où nous avons plus que jamais besoin du concours de chacun.
Je suis heureux de soutenir personnellement l’UNCEVS et d’avoir été désigné pour en être son président d’honneur.
Je serai à ses côtés pour exiger un traitement digne des "employés de vie scolaire", une reconnaissance de leurs compétences et une formation leur permettant de s’intégrer pleinement dans l’École de la République."

Philippe Meirieu


"Je vous adresse juste ces quelques mots pour vous dire que nous sommes de tout cœur avec vous et que j’ai particulièrement apprécié votre intervention juste et pertinente à notre journée du 31 janvier de l’Appel des appels.
La manière dont une société traite la vie scolaire et ceux qui la prennent en charge révèle les valeurs qu’elle veut promouvoir au sein de la culture. Si, comme on le dit depuis des Lustres, l’enfant est le père de l’homme, on peut sérieusement s’inquiéter des mutants que notre civilisation consumériste et anthropotechnique prépare pour la survie de
l’espèce ! Qui osera encore prononcer les borborygmes inquiétants et stigmatisants d’entant tyran sans devoir prendre en compte la manière dont le pouvoir met en place les conditions de vie à l’école et de tous ceux qui en font une œuvre d’existence? A moins que cette destructuration de la vie scolaire et ce mépris pour ceux qui le rendent possible ne fassent partie d’un projet économico-politique visant à confier aux chaînes de télévision privées le soin d’élever
nos enfants. De Baby First à Senior End, le pouvoir déléguerait ainsi aux media qu’il contrôlerait le soin d’un élevage néolibéral de l’espèce pour mieux fabriquer ses opinions, intérioriser ses normes de comportement et apprendre à se soumettre librement à la logique du marché. Votre combat est aussi une résistance à cette normalisation sociale de l’enfant et de la vie scolaire afin de promouvoir des idéaux de dignité, d’égalité et de partage dans une société qui les désavoue tous les jours un peu plus dans les gestes ordinaires de l’existence.
Bon courage et avec toutes mes amitiés,
Roland Gori

 

45 minutes 

interventions représentants syndicaux

Snudi-FO/CGT/SNUIPP/SGEN-CFDT

 

 

Mr Alain Rael

représentant national SNUDI-FO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Mme Catherine Perret

représentante national Education CGT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Mr Gilles Moindrot

secrétaire national SNUIPP

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Michelle Zorman

secrétaire Nationale

SGEN-CFDT

 

   

« …Les syndicats force Ouvrière de l’Enseignement et de la formation défend devant la justice prud’homale les dossiers qui lui sont confiés…elle a obtenu dans toute une série de départements des jugements favorables aux evs, comme la reconnaissance de la non récupération sur le temps de travail des congés scolaires, ou une requalification de CAE en CDI par exemple…..

Ces contrats ont-ils pour objet comme cela a été déclaré par l’État d’être des « tremplins vers l’Emploi » ?

Non. Le non renouvellement des salariés sur leur emploi à l’échéance de leur contrat et le recrutement d’autres salariés pour effectuer les mêmes missions sur le même emploi en est une démonstration criante, une aberration du droit du travail que rien ne peut justifier.

Ces contrats ont-ils pour objectif de permettre aux sans emploi de suivre une formation professionnelle qualifiante et diplômante ?

Non, Puisqu’aucun accès à des formations professionnelles n’a jamais été budgété spécifiquement dans l’Éducation nationale pour les contrats aidés, lé en contradiction avec les articles du code du travail qui définissent la nature des contrats aidés…

Pour quelles raisons les gouvernements quelles que soient leurs orientations politiques ont-ils multiplié depuis les années 80 les contrats précaires ?

Parce que les contrats précaires constituent des variables d’ajustement pour les statistiques du chômage….

…Les missions qu’effectuent les evs dans les écoles et établissements scolaires sont reconnues comme pérennes, que ce soit l’aide administrative à la direction d’école ou l’assistance à enfants handicapés…

Si ces missions sont pérennes les emplois doivent l’être aussi !

Proposition Snudi-FO : A l’ensemble des organisations présentes, initiative d’une mobilisation nationale pour exiger de C.lagarde et de X.Darcos des garanties pour le renouvellement de tous les evs sur leur emploi et quelle soit l’échéance de leur contrat.

  Alain Rael


…Les contrats aidés (contrat avenir et contrat adaptation à l’emploi) au sein de l’Éducation nationale sont des emplois de substitution à des emplois statutaires….

….Suite à une rencontre avec le secrétaire d’État de la fonction publique, Mr Santini, nous avons demandé à ce qu’il soit appliqué les droits publics à des salariés en contrat de droit privé travaillant dans l’Éducation nationale. Nous considérons comme mesure discriminatoire des durées de contrat aidés de 10 mois au lieu 12 uniquement basées sur une logique d’économie budgétaire spoliant les salariés en contrat aidé de leur droit au congé scolaire au même titre que leur collègues de l’éducation nationale…

…Notre revendication syndicale porte également sur la mise en place du Pôle emploi dont la fusion ANPE-Assedic difficile à mettre en œuvre risque dans la situation présente d’aggraver très fortement la situation déjà précaire des personnes en insertion…

..nous demandons également au gouvernement de revenir sur sa politique de suppression de 10 000 emplois dans la fonction publique. Au contraire il s’agit de créer des emplois pérennes pour les evs-avs et d’accentuer le droit à des formations qualifiantes (gratuites) pour ce personnel. Ces emplois pérennes sont essentiels notamment dans l’accompagnement scolaire des enfants handicapés. Ces derniers ont droit à une stabilité du personnel qui les entoure.

Proposition CGT : mise en route d’un plan pluriannuel de recrutement d’un personnel compétent à la scolarisation des enfants handicapés

Accord de principe pour la proposition du Snudi-FO d’une journée nationale contre la précarité dans l’éducation nationale 

Catherine Perret


…pour le Snuipp, la reconnaissance de votre emploi d’evs (contrat avenir ou contrat d’adaptation à l’emploi) est une nécessité car votre présence au sein des communautés éducatives des écoles se révèle indispensable. Cette reconnaissance de ce travail passe par la pérennisation des postes evs-avs, clé indispensable à la stabilité du personnel au sein de la communauté éducative d’une école.

…. le développement du contrat aidé au sein de l’education nationale est un véritable défi pour l’organisation syndicale SNUIPP….elle lui impose d’être attentive, au quotidien, aux respects des droits de ce personnel en contrat de droits privés…. En particulier, sur l’exigence de faire imposer par l’employeur, l’education nationale, les actions d’accompagnement et de formation qualifiante (VAE), qui sont la base essentielle d’ouverture vers de nouveaux métiers.

….La question du respect de ces droits est fondamentale. Comme rien n’est fixée dans le marbre, elle impose d’établir un « mémo » détaillé de ses droits afin que dans la multiplication des actions envisagée par le SNUIPP, dans la mobilisation aussi à long terme contre la précarité galopante (dixit les 5000 médiateurs en contrat aidé), nous arrivons à être une force solide, pertinente de contre-proposition au sujet des contrats aidés.

L’appel intersyndical de mobilisation du 19 mars fait parti de ces actions contre cette précarité galopante…

…Sur la question de l’accompagnement et de la formation des evs, il est scandaleux que l’Education nationale ne soit pas capable d’assurer ces formations en fonction de l’histoire différente de chacun des employés de vie scolaires.

…Il est exact de le dire : la précarité est à réfléchir pour une organisation syndicale et lui pose un défi réel. Une piste : la formation ? Vous avez bien sur le soutien plein et entier de notre organisation. Je vous demanderai une chose en échange : que vous arriviez à vous mobiliser encore plus nombreux.

Gilles Moindrot


….Ce colloque constitue un moment important de votre association pour la défense au quotidien des evs-avs. Par ce rôle de défense quotidienne de chercher à améliorer les conditions d’exercice de votre travail au sein de la communauté éducative des écoles depuis 3 ans, le syndicat sgen-cfdt vous reconnait pleinement la capacité et la compétence à « jouer » auprès de nous un rôle d’aiguillon de réflexion sur la place des employés de vie scolaire (evs) et assistant de vie scolaire (avs) dans l’éducation nationale…

…Pour le sgen-cfdt, l’accompagnement des enfants handicapées par des acteurs salariés tels que les evs-avs constituent un « vrai métier ». Cet accompagnement se doit être tributaire d’une valorisation professionnelle passant par la Validation d’Acquis de l’Expérience (VAE), gage indispensable d’une reconnaissance professionnelle incontestable….

…Nous ne pouvons accepter que perdurent indéfiniment des situations de précarité de salariés sans un minimum de salaire décent pour vivre….

…Il faut aussi pour le personnel evs de contrat de droit privé souhaitant rester dans le « métier » que l’Education Nationale leur offre la possibilité de faire passer les concours en reconnaissance de leur travail accompli à ce jour, ceci au même titre que les salariés exerçant dans la fonction publique.

…Actuellement, 5000 emplois précaires (des médiateurs scolaires) en contrat aidé de même nature que les vôtres sont créés. Il n’est pas imaginable pour le Sgen-cfdt que les erreurs, les anomalies constatées par votre association depuis 3 ans puissent perdurer…

Je tiens à remercier de nous avoir invité à ce colloque.

Michelle Zorman 

 

 

 

10 minutes

Intervention diverse

« Sauvons Lala Recherche »

Cyril Catelain

responsable national

"sauvons la recherche" 

 

A l’inverse de votre association, nous n’arrivons pas à nous mobiliser, nous les doctorants, post-doctorants sur le sujet qui pourtant nous préoccupent tous : la précarité.

…un seul chiffre : nous sommes actuellement 10 000 chercheurs précaires en contrat à durée déterminée (CDD). A nous tous seul, nous pourrions créer un centre de recherche à l’mage du CNRS…..A force, 47 % d’entre nous ne font plus de recherche, ils deviennent des commerciaux dans des laboratoires privés…Il faut le reconnaitre, notre problème n’est pas tellement la hauteur de notre rémunération en comparaison de la votre, employés de vie scolaire. Notre problème est la durée des contrats à durée déterminée nous obligeant à une course permanente après des sources de financement pour conduire à bon port nos recherches. Il nous faut attendre la quarantaine pour pouvoir espérer acquérir peut être un peu de stabilité professionnelle….Dans les laboratoires de recherche, cela ne va pas en s’améliorant, tout le personnel (de la femme de service si indispensable aux collègues chercheurs perdus dans ses pensées et expériences de laboratoire) est précaire. …et de surcroit, on nous annonce une baisse future de l’enveloppe budgétaire consacrée à la recherche : – 20% dans le budget !!!

Le 11 mars, nous organisons une manifestation nationale des chercheurs à Paris. Nous vous invitons. Ce qui nous rapproche dans nos différences, c’est la Précarité.

J’écoutais les syndicats s’exprimer tout à l’heure. Je ne suis pas syndiqué. …je voudrais leur dire : C’est au syndicat de venir vers les gens, et non l’inverse. J’en appelle à vous pour nous aider à réfléchir ensemble sur le thème de la recherche.

Cyrille Catelain

 

30 minutes

Questions aux intervenants

UNCEVS-participants

Questions de la salle

 

 

 

Comment obtenir la pérennisation des postes actuellement dans des délais aussi court ?

Ne peut-on pas essayer de négocier une transformation des contrats aidés en contrat à durée indéterminée ?

Pourquoi avez-vous accepté de laisser se développer autant de contrats précaires dans l’Education Nationale ?

Les syndicats ne sont-ils pas préoccupés de s’occuper d’abord de défendre les fonctionnaires titulaires avant de songer à nous ?   

La diversité, la nature des questions posées aux représentants nationaux syndicaux a fait apparaitre des divergences d’appréciation entre syndicats que nous n’avons pas jugé utile de relever dans ce compte rendu. Il appartenait à chaque représentant national d’apporter les réponses en un lieu ou espace plus approprié.

 

30 minutes

Interventions des représentants Politiques

Parti de Gauche- parti Socialiste

 

François Coq

représentant national

Education

 

parti de gauche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Laurent Touzet

Représentant national

Parti Socialiste Francais 

   

 

  

Le parti de Gauche (PG) tient avant toute chose à remercier l’Union nationale des collectifs d’employés de vie scolaire pour l’invitation qui lui a été faite à participer au colloque de ce jour. Croyez bien que ce sont les seules contraintes matérielles et d’agenda qui nous empêchent d’être présents à vos côté. La situation singulière des EVS, si elle nécessite une réponse forte sur cette question spécifique, nous interpelle en effet également plus largement sur de nombreuses questions relatives tant au salariat qu’à l’éducation nationale. Par cette modeste contribution, nous souhaitons donc alimenter le riche débat que, nous n’en doutons pas, vous êtes en train de mener.

Mais avant d’aller plus avant, nous ne pouvons nous soustraire à la période que nous connaissons. J’entends par là cette crise financière, puis économique mais surtout sociale que nous traversons, dont nous ne sommes malheureusement pas près de sortir, et dont les plus fragiles sont comme toujours les premières victimes. C’est aussi à l’aune de ce moment de l’histoire qu’il faut lire le non-renouvellement de contrat pour les EVS. Quand de l’argent est trouvé du jour au lendemain pour alimenter les banques, les salariés se contentent des miettes. Le libéralisme, du moins celui auquel nous sommes confrontés depuis une trentaine d’années, précarise l’ensemble du salariat pour mieux pouvoir le contrôler. Alors que 90 200 demandeurs d’emplois supplémentaires ont été recensés en janvier, que rien n’est fait par le gouvernement actuel pour aider ceux qui en ont pourtant le plus besoin, il faudrait à notre sens bien sûr aller vers un nouveau statut du salarié.. Un statut du salarié qui inclurait avec une sécurité sociale professionnelle financé par un fonds patronal et garantissant la continuité des droits en cas de perte d’emploi ou de chômage partiel. C’est l’une des mesures que propose le Parti de Gauche.

Plus spécifiquement, la situation qui sera réservée dans quelques mois aux EVS est choquante pour plusieurs raisons. Il est tout d’abord toujours inadmissible de se séparer de la sorte de salariés qui ont rendu des services reconnus et appréciés pendant 3 ans. D’autre part, force est de constater que l’Etat n’a pas rempli les obligations auxquelles il était tenu selon les termes des contrats signés (des obligations de formation, d’insertion professionnelle, d’accompagnement vers un emploi stable et durable). Nous tenons également à réaffirmer ici que les fonctions remplies par les EVS correspondent à des besoins réels qui devraient servir de support à des emplois statutaires pérennes. Enfin, ces EVS 1° génération seront remplacés par une autre génération d’EVS : c’est institutionnaliser une « précarité tournante » (il est prévu qu’il sera fait appel à des d’autres titulaires de minima sociaux avec des contrats encore plus précaires !).

Au-delà des EVS, il s’agit surtout d’un projet plus global de société. Le cas des EVS n’est malheureusement pas isolé. On assiste en effet à une volonté sourde de précariser les différents niveaux du secteur de l’Education. Le cas des enseignants vacataires en est une illustration : recrutés pour un contrat ne pouvant pas dépasser au cours de l’année 200 heures, privés de nombreux droits, sous-payés, ils symbolisent la précarisation poussée à son paroxysme. La suppression des MISE (maître d’internat et surveillant d’externat) s’est faite dans une logique identique : ils ont été remplacés par des AE (assistants d’éducation) au statut plus fragile. Alors que les premiers étaient recrutés principalement parmi des étudiants sur critères sociaux, les AE le sont sur entretien avec le chef d’établissement. Si le contournement de règles claires et affirmées pouvait être de mise (ne le nions pas !), cela restait l’exception. Avec ces nouvelles modalités l’arbitraire peut devenir la règle !

C’est qu’en filigrane se dessine un mode de gestion fondé sur les fondamentaux du libéralisme que l’on veut appliquer au secteur de l’Education nationale en particulier, à l’ensemble des Services publics en général : gestion managériale, assimilation de l’école à une entreprise, introduction des modalités de recrutement en vigueur dans le privé, lutte contre les statuts des personnels, souhait d’une plus grande autonomie dont sait qu’elle est le vecteur d’une gestion libérale etc…

Face à cela, nous tenons au Parti de Gauche à réaffirmer quelques grands principes. Nous ne pouvons cautionner des processus qui tendent à généraliser insidieusement (au fur et à mesure de moins en moins insidieusement étant donné que les esprits ont été progressivement habitués à cet état de fait…) la précarité dans le système éducatif. Pour autant, une fois que des personnels précaires ont été recrutés, ils deviennent des salariés à part entière (avec une capacité à faire valoir les droits de tout salarié amoindrie, faut-il préciser) : pour cela, ils méritent d’être défendus avec force et conviction. La fin de leur contrat peut s’apparenter à une forme de licenciement déguisé.

Des solutions sont à trouver très rapidement, tout en cherchant à éviter deux écueils symétriques tout aussi dommageables. Le premier consisterait, au motif de refuser toute forme de précarité, à abandonner les EVS à leur sort. Le second serait, par un effet inverse, de contribuer (contre son gré) à donner droit de cité à des formes nouvelles de précarité accrue en cassant les statuts de la fonction publique fondés, notamment, sur des modalités de recrutement précises accordant la primauté au concours anonyme. Souplesse adaptée et réaffirmation de principes doivent pour l’occasion cohabiter.

Il convient également de les inscrire dans un projet plus global de lutte contre les tentatives de précarisation touchant l’ensemble du secteur de l’éducation (enseignants vacataires, assistants d’éducation, personnels TOS etc…). Cela passe par la création d’emplois publics statutaires, à rebours de la vulgate libérale stigmatisant cette forme d’emploi.

La question est de savoir comment les titulariser. La titularisation au titre des seuls états de service même d’une durée de 3 ans pose le problème du statut. Pour autant ils peuvent et doivent être pris en considération dans le processus. L’obligation de formation inscrite dans la loi Borloo et les contrats signés doit intégrer la perspective d’une préparation à un concours en vue d’une titularisation dans la fonction (sans négliger la préparation à d’autres concours dans d’autres secteurs).

On s’aperçoit qu’il est nécessaire de construire un projet équilibré. Se pose en filigrane la possibilité d’un échec au processus de titularisation qui, si elle ne doit pas servir de justification commode à une séparation avec ces personnels au motif d’une méritocratie dévoyée, ne doit pas être non plus écarté au nom d’une part nécessaire de mérite.

On le voit donc bien, la question des EVS et la juste lutte qu’ils ont entreprise dépasse largement le seul cadre de ces salariés. Des réponses plus globales doivent être apportées rapidement et, dans l’attente de la mise en œuvre de celles-ci, des solutions doivent être proposées pour les personnels dont le contrat arrive à échéance fin juin.

Francois COQ


 Mr Laurent Touzet précise qu’il travaille aux espaces verts de la Ville de Paris et s’excuse de fait de ne pas avoir pu se libérer pour la matinée consacrée aux interventions des organisations syndicales. Il est secrétaire fédéral de la commission Education de la section Parti Socialiste de Paris.

…C’est à la demande de Bruno Juillard, secrétaire national à l’Education que je représente le Parti Socialiste et ma présence ici sera de lui rendre compte aussi des travaux du colloque de l’Uncevs.

…votre situation n’est pas le fruit du hasard. Je pense que vous en êtes parfaitement conscient. Cette situation de précarité que vous vivez est du fait d’un gouvernement obéissant d’abord à une logique budgétaire comptable et une logique idéologique : esprit individualiste de la droite, recherche de la performance individuelle au détriment de valeur de solidarité et de justice sociale.

…outre, le scandale d’une rémunération insuffisante des salariés en contrat aidé se double du scandale de déboucher sur…rien !

…La volonté du gouvernement de droite de « casser le service publique » se double d’une volonté d’Etat de se désengager de ses responsabilités au détriment des collectivités territoriales….

…Le Parti Socialiste engagé actuellement dans un travail de reconstruction interne a beaucoup à faire, à apprendre des attentes des salariés de l’Education nationale.

….parce que le rôle des équipes pédagogiques est fondamentales pour l’éducation nationale, nous estimons que les employés de vie scolaire (evs –avs) ont largement prouvé leur compétence au sein de l’Education Nationale et se doivent être pérennisés à leur poste.

…Nous assurons à l’Uncevs notre entier soutien à leur combat pour plus de justice sociale dans ce Pays.

Laurent Touzet 

 

45 minutes

Interventions Spontanées suite questionnement salle

Divers

 

David  Taieb  

responsable site

"touteduc.fr"

 

 

 

 

  Pierre Margerie secrétaire fédéral Sgen-CFDT

 

  Yves Briand Trésorier Uncevs

 

 

 

  Fabienne

Référente evs

 

 

 

  X

 

 

Les questions posées par l’assemblée révèlent un conflit entre deux préoccupations contradictoires:

1) Comment obtenir la reconnaissance de ces trois années d’expérience, dans le cadre de la VAE (Validation des acquis de l’expérience), pour l’obtention d’un diplôme ou l’entrée dans un autre corps de métier (médico-social ou autre)?

2) Comment obtenir la pérennisation des postes d’EVS/AVS au sein de l’institution scolaire, par la définition de métiers et la possibilité d’une titularisation?

L’Urgence vous dicte de préparer votre sortie et votre souhait justifié vous dicte de trouver les moyens de rester.

Et c’est là que réside toute la difficulté de votre situation.


La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est un élément essentiel de la formation du salarié très mal pratiqué. Pour permettre une reconnaissance de professionnalisation de l’assistance à la direction d’école ou d’enfants handicapés, il est nécessaire d’établir un référentiel métier. Dans le cas de l’assistance à enfants handicapés, ce référentiel métier a été élaboré par l’Unaisse, association d’avs, similaire à l’association Uncevs. Il serait judicieux de s’en inspirer pour les evs.


Les actions prud’homales relevées ici ou là dans des départements sont avant tout le fait de salariés evs qui, avec l’aide ou le soutien d’un syndicat de référence, ont obtenu dans la majorité des cas satisfaction.

Toutefois, si dans un tribunal administratif donnant raison à un salarie en litige avec son administration, ces attendus s’appliquent bien de fait à l’ensemble des salariés de l’administration concernée, dans le cadre d’une procédure prud’homale, les attendus de jugement s’appliquent au seul salarié. L’action prud’homale collective demeure possible toutefois.


…pour continuer à défendre les précaires evs-avs même après juin 2009, il nous faut être « dedans » pour combattre …l’Etat avait les moyens pour financer les contrats aidés …il peut continuer à le faire. Actuellement, en Aquitaine, nous n’avons plus de référent syndical. Celui qui nous soutenait jusqu’à présent a pour des raisons personnelles décidé de ne plus suivre notre dossier. Pourtant, nous nous battons… Nous avons envoyé un questionnaire aux parents, aux directeurs d’école pour savoir ce qu’ils pensent de notre situation, de notre « métier ». …Nous avons des retours positifs…au lieu de cela, les syndicats nous lâchent…nous avons vraiment un sentiment d’abandon.


…Ne serait-il pas possible de transformer les postes evs en Atsem ? Dans plusieurs départements, des mairies ont accepté fin juin 2008 de prendre à leur charge financièrement les evs des établissements scolaires de leur commune quand leur contrat n’a pas été renouvelé par l’Education nationale…

Le transfert de compétence de la prise en charge budgétaire des postes evs de l’Etat vers les collectivités territoriales doit-il être vraiment un sujet tabou face à la crise sociale actuelle ?

 
 

Observateurs 

Régis Metzger (responsable national Snuipp), Pierre Marjerie (secrétaire fédéral Sgen-cfdt), André (Handispeed), David Taieb (touteduc) et tous ceux ou celles dont les noms n’ont pas été relevés.

Les remerciements à l’ensemble des référents evs de l’Uncevs qui, par leur envoi de compte rendu personnel, aura permis aussi de réaliser ce compte rendu.

Le 09/03/2009 20:27:01

Yves Briand

Trésorier Uncevs

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Cet article a été publié dans Colloque Uncevs - Mercredi 4 mars 2009. Ajoutez ce permalien à vos favoris.