Intervention de l’Uncevs à la journée Appel des appels du 31/01/09

   

                  

Intervention de l’UNCEVS à la journée Appel des Appels le 31 Janvier 2009

Nous sommes 42.500 Employés de Vie Scolaire (EVS) , un ensemble de personnel précaire parmi tant d’autres , recrutés en contrats aidés qui depuis 2006 assistent la direction d’école et accompagnent les enfants porteurs de handicaps . Chiffre imposant et pourtant notre employeur naturel l’Education Nationale ne nous reconnaît pas , nous ignore même . Cela fait bientôt 3 ans que nous dénonçons le traitement réservé aux EVS . Cette iniquité perdure, s’installe même au point de devenir la règle . L’Education Nationale, soucieuse de ses deniers , confie donc aux précaires sous statut de droit privé du travail des petits élèves handicapés dont la prise en charge est complexe .

Force est de constater , que depuis presque 3 ans , nous avons recensé un état des manquements scandaleux, des erreurs abominables et des anomalies terrifiantes dans l’application de la loi Borloo. Le grand volet formation, absent , le grand volet accompagnement , inexistant , et le suivi du binôme employeur /conseiller ANPE, est vide de présence et je n’ose vous parler de la VAE , qui nous était promise.

Ces manques de respect tant humain que législatif interpellent l’ensemble des acteurs et partenaires de l’Uncevs qui désirent tous comme nous la pérennisation de nos contrats.

Les 42.500 EVS verront leurs contrats prendre fin le 30 Juin 2009 , dans un chaos que vous pouvez imaginer. Il y a urgence à nous accompagner pour éviter ce drame social annoncé. IL Y A URGENCE D’OUVRIR LES YEUX SUR LE ROLE PARTICULIER ET INDISPENSABLE DES EVS .

Nous ressentons la nécessité de dire,

  • que nous n’acceptons pas le modèle social inadapté de ce dispositif en place depuis 2006 ,
  • que nous n’acceptons pas que l’on décide à notre place de nos avenirs et de nos projets de vie.
  • Nous n’imaginons pas non plus être remplacés par d’autre collègue à la prochaine rentrée ,

    Cela nous est insupportable .  

Nous avons démontré nos capacités professionnelles , nos compétences .

Nous avons parfaitement « joué le jeu » à moindre coût , et nous méritons un emploi pérenne.

Pour toutes ces raisons et à notre appel , nous organisons un colloque national de réflexion sur les contrats aidés , le Mercredi 4 mars 2009 , 12 rue Cabanis , Paris 13ème et voir tous ensemble la stratégie à mettre en place avant nos départs . Je vous y invite .

Notre président d’honneur est le 5ème intervenant de cette séquence éducation d’aujourd’hui .

Mr Philippe Meirieu .

Merci à toutes et tous

Union Nationale des Collectif d’EVS : Co Madame Muriel Michelin 06 18 99 50 43 – uncevs@yahoo.fr

http://evs-avs-loirebretagne.monforum.fr/ – http://jesigne.fr/sign/list/nonaprecaritedansleducationnationale

 

              

Le compte rendu de cette journée par

 

  

 

L’Appel des appels tente de canaliser une avalanche d’inquiétudes

Par 

Sophie Dufau

Il y eut Nietzsche, Bourdieu, Voltaire, Sartre, Heidegger, Georges Canguilhem, Antoine Vitez, Hannah Arendt, René Char (trois fois)…, mais ce fut Corneille qui obtint les ovations: «Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort/ Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port/Tant, à nous voir marcher avec un tel visage/Les plus épouvantés reprenaient de courage !» «Le Cid, acte IV, scène 3», précisa l’orateur.

A l’AG de l’Appel des appels, les intervenants ont aimé rappeler leurs humanités pour ponctuer leur argumentation. Comme pour souder, de leur culture commune, leur communauté embryonnaire.

Chercheurs, magistrats, enseignants, statisticiens, psychiatres, psychanalystes, producteurs, écrivains, journalistes, travailleurs sociaux, intermittents…, plus de 600 personnes s’étaient rassemblées ce samedi 31 janvier, au CentQuatre à Paris. Il y avait là beaucoup de fonctionnaires, moyenne d’âge 45 ans et plus, venus pour certains de province à l’occasion de la manifestation de jeudi, rassemblés pour faire le diagnostic de ce«grand corps social malade qu’est la France», comme le rappelait le psychanalyste Roland Gori en introduction de la journée. Plus de 600 car la salle fut sans cesse bondée, le personnel de sécurité ne laissant entrer qu’au rythme des sorties la bonne centaine de personnes qui attendaient patiemment dehors.

L’Appel des appels, lancé début janvier et fort de plus de 57.000 signataires à ce jour, vise à fédérer toutes les pétitions telles «Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans»«Non à EDVIGE»«Sauvons la recherche»,«Réseau éducation sans frontières»«Non à la perpétuité sur ordonnance»… pour déterminer l’ensemble des actions à mettre en œuvre pour alerter sur «les conséquences sociales désastreuses des réformes hâtivement mises en place ces derniers temps tant à l’université qu’à l’école, ou dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture».

Des actions, ce samedi, il n’en fut pas vraiment question même si la désobéissance (aux réformes de l’éducation nationale, aux publications des statistiques, aux protocoles administratifs dans les hôpitaux…) fut largement invoquée. Car cette initiative est «un appel à la réflexion, à l’analyse critique», «il nous faut prendre le temps de réfléchir ensemble», prévint d’emblée Roland Gori. «Sur les valeurs cyniques d’un capitalisme financier où l’on voit aujourd’hui où il nous mène», précisa-t-il par ailleurs.

Inquiétudes  

Cette journée ne fut pas celle des revendications mais celle de la parole. «Chacun parle, parle à sa façon, pour mettre en commun des valeurs dont il faut se souvenir qu’elles font communauté», analysa le psychiatre Franck Chaumon, initiateur de la pétition «la nuit sécuritaire». Des valeurs qui fondaient autrefois les missions du service public et que ces serviteurs de l’Etat ne retrouvent plus dans les intentions qui en animent les réformes.

Le matin, au fil des huit tables rondes (information, culture, justice, travail médico-social, éducation, université, hôpital et soin "somatique", soin psychique et santé mentale), chacun fit part de son inquiétude.

Très concrètement pour certains qui, citant leur expérience, rappelèrent que «des enfants partent le matin seuls à l’école quand leurs parents, sans papiers, sont en garde à vue»; qu’«un adolescent un peu turbulent fut un mois durant abandonné par le système éducatif, exclu de collège le temps que le conseil de discipline statue sur son sort»; que «42.000 emplois vie scolaire, contrats aidés à 808 euros par mois, sont menacés au 30 juin 2009».

Plus globalement pour d’autres, tel le sociologue Laurent Mucchielli qui fustige «la bonne vieille recette sécuritaire qui nous habitue à l’idée du dépistage de la délinquance plutôt qu’à sa prévention. Or on sait que le plus grand facteur de délinquance, c’est l’échec scolaire. Enfin… autrefois, nous le savions».

«Sans indépendance, la statistique n’est plus publique mais de propagande», prévient pour sa part Cécile Brousse, au nom des signataires de «Sauvons la statistique publique». «Nous nous sommes affranchis de l’hospitalité, analyse Didier Dreyfuss, médecin hospitalier. Ce sont avec les mots productivité et performance que l’on est censé soigner les maux de l’hôpital. Et la tarification à l’acte remplace le prix de séjour, ce prix qui était auparavant celui de l’hospitalité.» Inquiétude aussi du côté de la création culturelle quand Robert Cantarella du CentQuatre, prédit «de nouveau, dès février, des mouvements violents sur le statut des intermittents techniciens».

«Nous sommes tous sarkozystes, provoque de son côté Philippe Meirieu, professeur des universités en sciences de l’éducation. Sarkozyste, au sens où le Président s’adresse sans cesse à chacun de nous, individuellement. Il flatte notre propre intérêt, et ne s’adresse jamais au citoyen capable de prendre en compte l’intérêt collectif. S’il y a une idée neuve à faire valoir, c’est la notion de service public, les problèmes éducatifs ne seront résolus qu’avec la rénovation du service public.»

Si l’on devait faire une synthèse de toutes ces inquiétudes (dont les textes seront prochainement mis en ligne sur le site de l’Appel des appels), elle se ferait autour des mots «concurrence», «valeurs» et «dignité».

Joyeux bordel

Toutes ces interventions fustigèrent les systèmes d’évaluation qui conduisent à «mettre en concurrence les individus, les équipes, les établissements», d’autant plus aisément que la généralisation de la précarité des statuts conduit à une «servilité volontaire». Toutes refusent les valeurs de «rentabilité», «productivité», «efficacité» qui pervertissent celles qui fondaient leur mission d’«éducation», d‘«hospitalité», d’«innovation», de«création», d’«accueil». Ces nouveaux paradigmes du travail amènent les intervenants à constater non seulement la déqualification de leur emploi, mais surtout la dévalorisation de leur savoir, quand ce n’est pas carrément le mépris.

Ainsi, Isabelle This Saint-Jean, de «Sauvons la recherche», annonce qu’en riposte au discours de Nicolas Sarkozy parlant de chercheurs installés dans un bureau «où ils ont vu de la lumière et senti qu’il y faisait chaud», les chercheurs vont envoyer dès la semaine prochaine à l’Elysée une enveloppe contenant les résultats de leur recherche pour qu’il «sache au moins ce que nous faisons».

Avec ces discours là, «nous touchons au fond, à la question de la culture, poursuit le psychiatre Franck Chaumon. Avec le discours d’Antony du président de la République [où, en décembre dernier, Nicolas Sarkozy résuma le soin psychiatrique à une série de mesures d’enfermement et de surveillance], c’est notre dignité de médecin qui est remise en cause».

Dans l’après-midi, devant une salle toujours comble, les participants étaient invités à prendre la parole. Au gré des témoignages qui reprirent largement les constats du matin, on y entendit un vibrant appel à «ne pas rentrer chez soi», un désir de ne «plus être séparés, divisés» et, dans ce joyeux bordel, un Allemand «fils de résistant»lut un poème, un Américain appela à la «lutte internationale», un simple citoyen à «la grève générale» et un autre à «la désobéissance».

«Au risque d’être décevant», Roland Gori acheva la soirée en annonçant qu’il ne suivrait pas sur ce terrain là.«Nous ne sommes ni un syndicat, ni un mouvement politique. Cet appel vise simplement à analyser, de manière transversale, ce qui se passe. Il doit être relayé par des comités d’initiative citoyenne locale.»

«Nous partimes cinq cents…» et ils se séparèrent, vers 20h, promettant de se réunir à nouveau le 21 mars sous une forme que les organisateurs tentaient de définir ce dimanche 1er février.

le communiqué

    Epilogue:

En fin de journée, dimanche, un communiqué était publié. Il se termine ainsi:

«Soucieux de poursuivre la mobilisation en cours, de répondre aux attentes manifestées le 31 janvier, l’appel des appels a décidé de :

-se constituer en collectif apte à se donner les moyens de rassembler, de mutualiser et de donner écho à tous les phénomènes de résistance qui se développent  ici et là contre cette normalisation sociale,

-poursuivre la mobilisation  des 58 000 signataires en portant le débat éthique dans l’opinion,

-soutenir la création de Comités Locaux d’échanges, de réflexions et d’actions transversales aux secteurs socio-professionnels qui se sont exprimés le 31 janvier pour permettre une mutualisation des analyses et des moyens,

-réorganiser progressivement le site de l’Appel des appels afin d’en faire tout autant une base de données et de témoignages qu’un lieu d’échanges et de dialogues (Forum),

-programmer une nouvelle journée de rencontre, de travail et de partage des expériences  le 21 mars 2009 dont le lieu et le programme seront précisés ultérieurement.»

 

URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/010209/l-appel-des-appels-tente-de-canaliser-une-avalanche-d-inquietudes

Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/sophie-dufau
[2] http://www.appeldesappels.org/
[3] http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/
[4] http://nonaedvige.ras.eu.org/
[5] http://www.sauvonslarecherche..fr/
[6] http://www.educationsansfrontieres.org/
[7] http://www.raidh.org/Petition-Non-a-la-perpetuite-sur.html
[8] http://www.mediapart.fr/journal/france/100109/l-appel-des-appels-vise-a-la-convergence-des-coleres-sociales
[9] http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1
[10] http://laurent.mucchielli.free.fr/Sociologie.html
[11] http://sauvonslastatistiquepublique.org/
[12] http://www.meirieu.com/
[13] http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?auteur5915

 
Et en réponse
 
La note de service de l’Inspection académique 22 (Côtes d’Armor) en date du 02/02/09
 
Original Message —–

Sent: Monday, February 02, 2009 2:08 PM
Subject: réunion du 23 février 2009

Mesdames, Monsieur, les directeurs d’école
 
je vous prie de trouver ci-joint, une invitation à une réunion concernant l’après-contrat des EVS.
 
Si l’EVS de votre établissement figure dans la liste jointe à ce mèl, cette personne est alors invitée à se rendre
le 23 février 2009, à cette réunion.
  
Merci de l’excuser de son absence, ce jour.
 
xx    xxxxxx
Division des Elèves
IA 22
 
note du webmaster: pour des raisons de sécurité, les liens identifiants des écoles ont été rendus inopérants.
 

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