Employés de vie scolaire : le Ministère de l’Emploi dans tous ses états

 

Ce qu’il faut savoir

Fin Juin 2008, le département de l’Yonne se distinguait par une décision de l’Inspection Académique (validé par la DDTE et un préfet en mal de prouver sa toute puissance) de ne pas reconduire les contrats de salariés en contrat avenir ayant atteint la limite des 18 mois, en dépit de la règle de base admise que ces contrats pouvaient atteindre 36 mois pour un public –50 ans, jusqu’à 60 mois pour un public + 50 ans et/ou reconnu travailleur handicapé Cotorep.

Nous dévoilons ci-après une partie d’un  document intitulé « enquête bilan sur votre situation professionnelle » envoyé courant janvier 2009 par les services de la direction départementale du travail et de l’emploi (DDTE) de l’Yonne en direction de ces salariés et des ex-salariés en contrat avenir durant la période 2006-2008.

(Ce document nous a été confié par une collègue (52 ans), elle même inscrite à l’Anpe depuis le 2 juillet 2008 après avoir occupé un poste en contrat avenir dans une école durant 18 mois).

Notre analyse

Tout d’abord, nous estimons pour le moins tardif (5 Janvier 2009 !!!) que les services du  ministère de l’emploi se préoccupent  du sort actuel des employés de vie scolaire en poste ou non reconduits en juin 2008.  Demander à des evs de répondre à cette enquête en dit long sur le suivi du dispositif des contrats aidés par des acteurs institutionnels (DDTE, ANPE, préfet, Inspection Académique) chargés de son application depuis septembre 2006.

Mais ce qui nous apparait révoltant (et le mot est vraiment très faible), c’est la partie du questionnaire consacrée à la formation, la validation des acquis de l’expérience, le tutorat, l’accompagnement et …l’opinion (sic) sur le dispositif. Nous avons visiblement des services d’un ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement ou bien autiste complet sur la situation de « scandale avérée » depuis septembre 2006 dans le traitement des salariés en contrat d’avenir dans l’Education Nationale ou bien prend du plaisir à « maltraiter » des personnes humaines qui ont le tort à leurs yeux de vivre la précarité au quotidien et cherchant malgré cela à s’en sortir avec courage, dignité.

De fait, pour s’éviter à répondre individuellement à un tel questionnaire injurieux, le collectif précaire CAV-CAE Finistère publie ci-après l’intégralité de son constat sur l’accompagnement, le tutorat, la validation des acquis de l’expérience commencé en Janvier 2006 et actualisé à ce jour.

Quant à son opinion sur cet accompagnement, il l’exprimera de vives voix dans les jours, les mois qui viennent comme à son habitude depuis septembre 2006 auprès des acteurs institutionnels bretons sensés suivre avec attention et professionnalisme ce dossier.


constat 2006-2009 de l’accompagnement des EVS dans le département du Finistère 

Principe général de l’accompagnement

Chaque EVS en contrat d’avenir doit bénéficier obligatoirement du tutorat, de suivi et de formation pendant et en dehors du temps de travail (dans la limite de la durée légale) de la part de l’Education Nationale et du Service Publique de l’Emploi Régional (SPER) :

D’une part pour s’adapter à son emploi

 et d’autre part, pour être aider dans son projet professionnel

NB/ Pour les EVS en contrat aidé dit CAE (contrat adaptation à l’emploi), la formation n’est pas obligatoire mais fortement conseillée, notamment pour les services d’assistance à la scolarisation des enfants handicaapés.

Les acteurs

Théorie

Pratique

Le tutorat

 

Rôle du tuteur

Dans l’école où exerce l’EVS, c’est le directeur d’école qui assure en principe la fonction de tuteur ou un enseignant en particulier si l’EVS aide à la scolarisation d’élèves handicapés. En collège ou en Lycée un tuteur de proximité est désigné par le chef d’établissement.

Son rôle principal vis-à-vis de l’EVS :

faciliter son accueil et veiller à sa bonne intégration dans l’école ou le service : relations (personnels, élèves, parents et partenaires), installation matérielle, emploi du temps, interface avec l’employeur…

conseiller la réalisation de ses tâches : démonstration, observation, essai, méthode ou mise en relation avec une personne compétente…

évaluer et faire évoluer son travail, es compétences et son comportement : entretien courts et réguliers, sollicitation des enseignants, soutien des initiatives…

inciter à sa formation et au développement de son projet professionnel : participation aux formations proposées, orientation vers des services compétents ANPE, GRETA, CIO….

Le principe de désigner le directeur d’école s’effectue généralement dans la plupart des cas sans son consentement explicite

Beaucoup de directeurs d’école n’ont découvert l’étendue de leur rôle à l’égard de leur EVS des EVS eux mêmes, d’autres à l’issu de demandes inopinées à l’Inspecteur académique de leur circonscription, d’autres ne savent toujours pas.

Dans la plupart des cas, les EVS ont du individuellement négocier au petit bonheur de la chance avec le directeur d’école ou l’équipe éducative pour définir (voir parfois l’imposer) le cadre de leur fonction au sein de l’école.

La confusion de genre entretenue par l’IA du tuteur comme aide à l’adaptation au poste de travail et tuteur comme aide à la (ré)-adaptation et/ou orientation professionnelle au sens le plus large est vite apparue intolérable pour les EVS et les directeurs d’Ecole.

Elle sous-entend d’office une primo-représentation négative sociale, professionnelle, citoyenne accolée aux salariés en contrat aidé.

Elle ne tient pas compte que les directeurs d’école n’ont pas été nommés et ni formés pour un rôle de conseiller d’orientation et/ou d’insertion professionnelle.

Le suivi du parcours

en contrat aidé

par l’ANPE

L’agence locale ANPE assure un suivi du salarié en proposant

Des prestations accessibles en cours de contrat : aide à la recherche d’emploi, information sur le marché du travail, offre d’emploi, abonnement et dépôt de profil sur www.anpe.fr

Un entretien de diagnostic professionnel obligatoire si non renouvellement du contrat, optionnel si renouvellement du contrat

Un entretien semestriel de suivi avec le Tuteur de l’EVS

Dans le département du Finistère, suivi du salarié inexistant

Dans la majorité des cas, les EVS ont fait le constat individuel de l’impossibilité de disposer des prestations ANPE personnalisées et adaptées à leur situation professionnelle du moment faute de disponibilité des conseillers ANPE, (voire pour certains EVS de refus de prise en considération dans leur demande de prestation)

L’entretien de diagnostic professionnel à l’ANPE est de règle dés inscription aux Assedic pour tous les salariés privés d’emploi.

L’entretien semestriel de suivi avec le tuteur de l’EVS n’a jamais été mis en application.

Le suivi de l’ANPE a toujours été dominé par la préoccupation purement administrative d’abord d’actualiser en catégorie 5 à chaque fin de mois les salariés EVS en cours d’emploi.

Le chef d’établissement

employeur

 

Le directeur

d’école

Informent le salarié sur la nécessité de s’inscrire et d’actualiser à l’ASSEDIC en catégorie 5, en cours de contrat

Transmettent aux EVS toutes les informations reçues sur les formations qui leur sont proposées et favorisent leur disponibilité pour y participer

Depuis 2006, aucun Evs n’a été informé de cette nécessité de s’inscrire et d’actualiser à l’ASSEDIC en catégorie 5, en cours de contrat par le chef d’établissement employeur et encore moins par le directeur d’école

Favoriser la disponibilité des evs pour participer à des formations à ce jour non proposées, inexistantes, ne se révèle pas être une tâche professionnelle insurmontable.

 

Finalités de l’accompagnement

Le tuteur en concertation avec l’Evs et en lien avec le chef d’établissement établit, en fin de contrat, une « attestation de compétence » remise à l’EVS et à l’agence locale ANPE

L’attestation de compétence n’a aucune valeur sur le marché du travail.

Outil sensé de récapituler les compétences et les performances attendues du salarié à son poste tout le long de son contrat, il se révèle à l’usage inadapté car bien souvent rédigé dans l’improvisation ou la précipitation.

 


Constat 2006-2009 sur  la formation des EVS dans le département du Finistère

Les prestataires

Contenus théoriques retenus

Pratique

Les formations d’adaptation à l’emploi

 

Celles-ci peuvent être

-intégrées à l’exercice des tâches dans l’école ou le service avec l’appui du tuteur ou d’autres personnels (aide aux apprentissages en situation de travail

– proposées par le GRETA, autres structures de l’Éducation nationale

 

Assistance administrative à la direction d’école

-connaissance générale de l’institution scolaire et de son fonctionnement

-bases de secrétariat et d’organisation des tâches administratives

Initiation ou perfectionnement, bureautique et internet

Aide à la scolarisation des élèves handicapées

-instances, acteurs, dispositifs et procédures pour scolarisation des élèves handicapées

-rôle de l’EVS auprès de l’élève, de la classe, des enseignants, des parents et des partenaires

-modalités d’intervention auprès de l’élève handicapé

 

?

« très insuffisant »

comme dirait 

 Le Secrétaire d’Etat à l’Emploi Mr Wauquiez (dixit audience avec l’Uncevs le 7 janvier 2009) 

 

 

Dés janvier 2007, le GRETA annonçait aux evs désireux de suivre une formation qu’elle n’était pas en mesure de satisfaire leur demande, faute de financement suffisant réservé à leur intention.

 

 

La VAE a un coût qui varie selon les organismes certificateurs le type de diplôme que le candidat evs souhaite valider.

Frais d’inscription, frais d’accompagnement, frais de validation pris en charge partiellement ou pas du tout ont dissuadé bien des potentiels candidats evs.

La durée cumulée des contrats aidés (10 mois à 32 mois) ajoutée à une activité à temps partiel (20h à 26H hebdo) ne permet pas à certains evs d’envisager de s’engager dans un processus de VAE qui nécessite de remplir la condition 3 ans de pratiques professionnelles à temps plein

Non dit de l’Inspection académique: un evs annoncant sa volonté de suivre une démarche de VAE la dispense de fournir des prestations de formation obligatoire.Conséquence: bien des evs ont été incité à s’inscrire à une VAE sans en comprendre l’utilité ni les aboutissements.

Les formations liées au projet professionnel

 

Proposées par le GRETA

 

 

Entretien conseil, atelier en lien avec le projet professionnel

Bilan personnel et professionnel, analyse des besoins

Poursuite du parcours dans un autre emploi ou une formation professionnelle

Aide à la recherche d’emploi

Formation générale, pré-qualifiante ou qualifiante de 20h ou 120h :

-informatique, bureautique, internet (B2i, certificat de navigation internet…)

Formation liées aux métiers d’aide à la personne

-formations liées aux métiers d’auxiliaire de vie

-préparation au CAP petite enfance

Préparation aux concours de la Fonction publique (administratif, enseignants, autres…)

Un parcours de formation diplômante plus long peut être étudié au cas par cas sous réserve de la compatibilité horaire avec l’exercice de l’emploi de l’EVS et de la recherche de financement complémentaire

La validation des acquis de l’expérience ou VAE

Les bénéficiaires qui cumulent plus de 3 ans d’expérience professionnelle à temps complets (dans et hors l’emploi d’EVS) sur des activités en rapport avec un diplôme, une certification ou un titre peuvent être orientés vers les dispositifs de VAE

La VAE a un coût qui varie selon les organismes certificateurs le type de diplôme que le candidat evs souhaite valider.

 


Et,  nous rappelons aux acteurs institutionnels ANPE, DDTE, Préfecture, Inspection académique rémunérés pour ce faire que ces constats ont été effectués sur la base d’enquêtes, d’entretiens, d’informations  recueillis auprès et par des evs eux mêmes, déposés et validés auprès de nos partenaires de références syndicaux, associatifs, politiques du département.

 

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