Xavier Bertrand: quand se dévoile le mépris en pleine crise sociale

 

A l’instar de l’Uncevs, le collectif précaires CAV/CAE Finistère avait décidé de respecter une trêve tacite dans ses demandes de prises en considération de la situation professionnelle des précaires à l’issue de leur fin de contrat dont certain se termine au 31 décembre 2008. La situation de crise financière et économique mondiale justifiait notre prise de position. Nous pensions que le gouvernement en prenant conscience d’une situation se révélant d’évidence de plus en plus désastreuse sur le plan social saurait adopter une meilleure disponibilité d’esprit d’écoute à nos attentes.

La lettre que nous a adressé le 21 octobre 2008 le ministre du travail, Xavier Bertrand, par l’intermédiaire de son chef de cabinet, Samuel Baroukh, nous démontre au contraire le mépris qu’entretient le ministre à l’égard des « précaires » CAV-CAE de l’Éducation Nationale et plus général à l’égard de tous les précaires en contrat aidé sur le territoire nationale. Nous pensons aussi qu’il s’agit là d’une volonté du gouvernement et du plus haut représentant de l’Etat, monsieur le Président de la république, d’appliquer une stratégie délibérée de dissimulation d’une situation sociale dramatique en cours dans le pays.

La réponse du Ministre est claire : je n’ai pas le temps de vous écouter.

Notre réponse sera aussi claire : nous n’avons pas de temps désormais d’accepter votre mépris et nous appelons l’ensemble des précaires et nos partenaires (élus, syndicats, citoyens…) à dénoncer cette forme arrogante de considérer les citoyens « pauvres » de ce pays comme des citoyens de seconde zone.

Monsieur le ministre, vous avez reçu des banquiers, des chefs d’entreprises…

Et…. des « pauvres précaires » ?? c’est indigne de vos fonctions ??

 

Xavier Bertrand  ministre du Travail 

La lettre du ministre Xavier Bertrand par son chef-adjoint de cabinet Samuel Baroukh 

 

lettre du ministère du travail,  Xavier Bertrand - Copie

 

Notre réponse par courrier à Monsieur le Ministre 

 

Monsieur Baroukh,

Je réceptionne ce jour la réponse à mon courrier du 26 Septembre 2008. J’en suis fort aise !
Tout ce temps écoulé, pour lire un contenu très intéressant, puisque Monsieur Xavier Bertrand refuse une nouvelle fois de nous recevoir. Vous transmettez aimablement mon courrier à Monsieur Darcos en sachant pertinemment qu’il fait l’impasse de tous nos courriers, et aussi à Monsieur Laurent Wausquiez, qui ne prend pas plus de temps que Mr Darcos. D’ailleurs à ce propos, je viens d’interpeller Madame Wargon, Chef de Cabinet de Martin Hirsch, pour savoir si ce dernier ne peut pas intervenir en notre faveur pour obtenir une audience de quelqu’un, dans un quelconque Ministère !


Je voulais vous informer de plusieurs choses :
La première : nous lançons une action d’information sur le plan national, pour dénoncer haut et fort l’indifférence et le mépris dont fait preuve Le Ministre du Travail, Monsieur Xavier Bertrand. Nous considérons en effet que son attitude actuelle vis à vis de l’Uncevs est une injure à l’ensemble des précaires de l’Éducation Nationale. Monsieur Xavier Bertrand estime-t-il que sa considération doit d’abord complaire à des banquiers qu’à des citoyens d’évidence pour lui de seconde zone ? Cette action d’information prendra effet lundi 27 octobre 2008. 


La seconde : Nous avons saisi Mr Jean Paul Delavoye, qui essaie de nous obtenir une audience, nous sommes en attente de nouvelles.


En troisième lieu, je saisis Mr Bernard Seillier, Président du CNLE, le Conseil National des Politiques de lutte contre la pauvreté sociale, pour avoir son avis, sur nos litiges.
Je saisis également le comité de suivi de la loi de cohésion sociale, pour également un avis consultatif et explication de toutes les démarches de l’Union.
Nous observons les délais importants de réponse des Ministères, c’est pour cette raison que je me suis permise d’appeler votre secrétariat ce matin pour avoir votre adresse email, qui a pour objectif de gagner du temps, à défaut d’obtenir autre chose de la part de Mr Bertrand.

De surcroît, je vous serai gré de transmettre comme vous savez si bien le faire cet email à votre supérieur hiérarchique, Mr Bertrand lui même.

Dans l’attente d’une réponse un peu plus explicite que la précédente , en vous réitérant ma demande d’audience et  en la  considérant avec plus de sérieux  au regard du trouble social créé auprès des précaires en contrat aidé depuis la mise en relief de l’immensité de la crise financière, économique se dévoilant chaque jour. 

  
Dans cette perspective, je vous prie de recevoir, Monsieur Baroukh, mes salutations distinguées.
Pour l’UNCEVS
La Présidente
Muriel Michelin

 

 

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