L’UNCEVS (Union Nationale des Collectifs EVS : Comment cela fonctionne ?

 

UNCEVS  Union Nationale des Collectifs EVS

UNCEVS

Union Nationale des Collectifs Employés de Vie Scolaire

Le cadre des références de l’UNCEVS

Les éléments qui structurent l’UNCEVS ont été choisis spontanément pour organiser le maximum de relations entre

  • Les collectifs evs regroupés au sein de l’UNCEVS
  • Ces collectifs et les Employés précaires de l’Education Nationale (EVS – AVS)
  • Ces collectifs et l’environnement où ils sont appelés à jouer un rôle.  

Cette multiplicité d’interactions autorise 4 références d’actions

ANIMATION GLOBALE

Il s’agit de mettre chaque partenaire (evs, collectifs, enseignants, parents d’élèves, élus, membres syndicaux…) en situation devenir non seulement acteur de son propre changement mais aussi du changement de son milieu.

A cette fin, l’UNCEVS ne peut miser sur la spontanéité des personnes, ni sur l’émergence des effets attendus d’un changement, par exemple, du statut de précaire en non-précaire par un seul coup de baguette magique. De même, elle ne peut miser sur le seul argument incantatoire, par exemple « pérennisation des postes pour tous les evs » pour obtenir une satisfaction immédiate de la part de l’institution Education Nationale.

Dés lors, il est proposé aux membres qui le souhaitent par l’intermédiaire de l’UNCEVS

  • Une hiérarchie d’objectifs pour définir leur projet d’action
  • Une structure (association loi 1901) pour le mettre en œuvre
  • Un réseau de communication pour les ajustements nécessaires en cours de réalisation des actions

C’est à travers la juste articulation dans ce cadre d’organisation par rapport à chaque situation individuelle, collective que l’animation globale produit un effet de synergie au bénéfice de la personne et de l’environnement où elle vit (école, commune, institutions….).

FLEXIBILITE du dispositif

L’idée de l’UNCEVS est que ses interventions ne se doivent pas être orientées uniquement vers les publics précaires de l’Education Nationale (EVS-AVS) mais vers la VIE.

De fait, l’acceptation de propositions extérieures (membres syndicaux, élus, enseignants, citoyen(ne)s… désireux (ses) de s’impliquer dans une cause de justice sociale et de solidarité) permet

  • D’ajuster les modalités d’intervention de l’UNCEVS à ses possibilités et aux besoins des demandes exprimées.
  • De mesurer le résultat final de ses actions non en termes de participation quantitative mais de participation qualitative

Cette souplesse des interventions de l’UNCEVS est cohérente avec celle de l’animation globale : celle-ci ne privilégie aucune stratégie d’intervention particulière. Son seul mode d’intervention qui est appliqué est celle  de « l’action pragmatique raisonnée » correspondant avant tout aux besoins, attentes, souhaits des evs-avs, collectifs, des membres syndicaux et/ou politiques, citoyens…tous guidés à différents niveaux par le souci de combattre ou l’injustice sociale ou la maltraitance sociale institutionnalisée ou la précarité dans le monde du travail (volontairement restreint à l’Education Nationale à ce jour).

De même, ce sont les apports, les attitudes, les aspirations des personnes impliquées qui constituent la richesse, partant le dynamisme de l’action de l’UNCEVS, pour peu…que ces personnes soient sollicitées, encouragées à s’exprimer, à prendre position et à agir sans exclusions d’aucune sortes.

De fait, l’UNCEVS se considère comme le « passeur » d’une vérité propre à ses membres, ses partenaires déclarés et non en « possesseur » d’une vérité excluant la parole de n’importe quel citoyen et niant ainsi sa capacité à agir sur son environnement.

Le Développement de compétences transférables

Le système d’intervention de l’UNCEVS correspond à une logique d’utilisation en ceci qu’en replaçant l’individu au centre de ses préoccupations, elle met le destinataire de l’intervention visée en demeure de  (au choix)

  • De déterminer un plan d’action même simple
  • D’éprouver par lui-même sa propre capacité à agir, à s’organiser
  • A coopérer, à anticiper, à rechercher les informations
  • A rechercher les concours
  • A mesurer lui-même les résultats et les contraintes
  • A se forger par sa propre pratique une méthode d’action

Si le développement de ses compétences s’appuie sur les potentialités personnelles de l’individu, c’est avant tout à travers le développement de la capacité saine d’écoute des membres et partenaires de l’UNCEVS que chaque individu porteur-initiateur d’une action puisera l’énergie positive pour développer sa propre autonomie d’action dans le milieu qui lui convient.

L’IRRIGATION sociale, politique, économique, culturelle

L’UNCEVS affirme haut et fort qu’il ne doit pas, qu’il ne peut pas exister d’espace de relégation pour les précaires evs de l’Education Nationale. Dés lors qu’il s’agit de permettre à des précaires de vivre leur autonomie, d’être capable aussi d’intervenir dans le cours des choses, ce n’est pas par des leçons de morale, des vœux pieux, des regards, discours compatissants que ces objectifs seront atteints mais c’est à travers le fonctionnement de l’UNCEVS, avec ses acteurs, et par extension, à travers ses avis consultatifs.

L’autonomie, la responsabilité, le respect des autres se vivent à chaque instant plus qu’ils ne se décrètent. Aussi, en mettant avant tout ses ressources propres à la disposition des citoyens, en toute transparence, l’UNCEVS se veut de participer d’une « intégration à l’envers », où des institutions publiques, syndicales, politiques trop souvent décriées comme étant un domaine réservé à une élite…à des initiés,….à des experts…acceptent de s’ouvrir à d’autres y compris des précaires, des pauvres sans exclusion.

Ce brassage au sein de l’UNCEVS d’acteurs d’origines diverses coopérant à des actions partiellement communes et partiellement divergentes nous apparait favoriser une circulation des valeurs républicaines et des significations enrichissant tous les acteurs.

Fonctionnement au sein de l’UNCEVS

Nota aux lecteurs : par projet, nous entendons tout processus d’action mise en œuvre par une personne evs-avs, un collectif, autre pour satisfaire un manque ……

ACCUEIL

Tout nouveau membre porteur d’un projet est accueilli par une équipe référentielle qui peut être un collectif désigné, de membres désignés par le bureau de l’UNCEVS ou du bureau lui-même.

PHASE EXPLORATOIRE

La première préoccupation de l’équipe référentielle consiste à explorer avec le nouveau membre toutes les voies, les moyens applicables à la demande exprimée ou à défaut, d’en cerner les contours possibles.

A travers cette première exploration, et, éventuellement après avis consultatifs auprès de partenaires de référence (responsable syndical, politique, enseignants, conseillers d’insertion…), le nouveau membre est confronté à ses propres interrogations, ses propres difficultés, et de lui-même peut décider de la suite à donner à son engagement ainsi que l’équipe référentielle.

PHASE VALIDATION

Le projet validé d’un membre comporte un objectif finalisé, une échéance, les conditions de participation des membres de l’équipe référentielle et de ses partenaires de référence (objectifs ponctuels);

  • Un objectif finalisé détermine avant tout l’affectation du projet à un ou des secteurs (syndical, politique, social, autres..). C’est davantage les moyens jugés nécessaires à mobiliser qui justifie cette affectation et non son contenu. Encore que les frontières entre chaque secteur sont parfois minces voire se complémentarisent.
  • L’échéance comporte une date début des opérations, le temps des opérations et une date de fin des opérations. D’apparence banale, cette définition de l’échéance se révèle pourtant cruciale pour le membre porteur du projet et pour l’UNCEVS à la lumière de son expérience accumulée.
  • Les objectifs ponctuels : pour la réalisation du projet, les problèmes à résoudre sont ventilés en autant d’objectifs intermédiaires simples que la situation l’exige (ex ; contacter telle personne, recueillir telle information etc…)

Durant toute cette phase de validation, l’équipe référentielle accompagne le porteur du projet pour éprouver ou consolider ses démarches de résolution de problèmes.

C’est lors de la validation des objectifs ponctuels que l’implication des membres de l’UNCEVS s’élabore selon leur disponibilité, leur compétence, leur motivation pour l’émergence ou la concrétisation du projet.

PHASE OPERATOIRE

Les acteurs sont en place. Chacun connait son rôle. Le projet se vit.

PHASE D’AJUSTEMENT

A échéance convenue ou non, avec le porteur du projet, l’équipe référentielle procède à une vérification destinée à cerner les imperfections, les omissions, les erreurs mais surtout à mettre à jour les méthodes d’action appliquées.

Si l’équipe référentielle convient que l’objectif est atteint, une nouvelle étape du projet peut être négociée, sinon l’équipe et le porteur du projet s’entraide mutuellement à comprendre l’origine de l’écart constaté et redéfinit des mesures appropriées ou non pour réduire cet écart.

Le système d’intervention de l’UNCEVS

  Le système d’intervention de l’UNCEVS, original dans son canevas et intuitivement mis en place par les membres des collectifs précaires evs-avs durant la période 2007-2008, puis 2008 à ce jour, a permis

  • D’en mesurer les effets des plans d’actions mis en place
  • D’en cerner les contours, les contraintes et les limites
  • D’en révéler les possibles transformations

Une description du système d’intervention de l’UNCEVS serait en effet incomplète, voire trompeuse, si elle ne traçait pas les lignes de son évolution. C’est un système en perpétuel mouvement, appelé à se transformer et à se transposer. L’énergie, qui lui permet de devenir ce qu’il est, ce qu’il représente, puise à deux sources :

  • Les acteurs du système d’abord (précaires evs-avs, collectifs, enseignants, élus politiques, responsables syndicaux, …) qui se rendent bien compte qu’ils ne peuvent pas s’en servir pour eux même sans le modifier, puisqu’il ne se présente pas à eux comme un objet d’usage, mais comme un processus librement accepté à mettre en œuvre.
  • L’environnement ensuite (Education nationale, syndicats, parti politique, …) qui détermine chaque projet, partant le choix des ressources pertinentes que l’UNCEVS souhaite mobiliser à sa réalisation

Mesure des effets

L’impact de la reconduction des contrats aidés CAV-CAE pour l’année 2008-2009 sur la base des principes de loi de cohésion sociale 2005 n’est pas quantifiable pour les acteurs de l’UNCEVS. La mesure des effets des plans d’action mis en place pour atteindre cet objectif de reconduction se passe de commentaires. Elle impose le respect au mieux, négation, ressentiment, rejet, mépris au pire.

Contraintes et limites

L’UNCEVS s’accommode du rapport précarité/non précarité du fait de l’histoire de vie personnelle, professionnelle librement acceptées de chacun de ses membres. Elle s’interroge simplement constamment sur une « pratique institutionnalisée» d’une intégration/insertion réelle des précaires, des « pauvres », des dits-exclus (RMI…) dans la société, et, en premier lieu l’Education Nationale à travers les contrats aidés CAV (contrat d’Avenir) et CAE (Contrat d’Adaptation à l’Emploi). L’UNCEVS a ainsi acquis la conviction que cette « pratique » suppose et provoque depuis 2006 des situations de tension sociale qui ne sont pas engendrées par la précarité de la personne elle-même ou le trouble social présupposé de l’individu mais par l’ensemble des règles ou non règles officialisées par le pouvoir politique dominant qui donne forme, consistance à sa marginalité et l’entretient. L’UNCEVS pose comme principe de base prioritaire de ses interventions qu’un contrat aidé CAV-CAE accepté par un individu a un début, un développement, une fin et non un début, un développement, un retour à la une situation d’origine aggravée.

De fait, en se proposant de transformer les potentialités d’un individu ou de membres d’un collectif en compétences transférables dans des situations d’actions personnelles ou professionnelles, l’UNCEVS pose ses propres limites. Il ne saurait optimiser, suggérer des potentialités inexistantes, ni inventer des situations d’actions originales, ni créer des débouchés inexistants dans le monde de l’Education Nationale ou ailleurs qui ne sont pas de son domaine d’intervention.

Ce qui pose la question de l’échec. Pour une intervention de succès, le critère primordial est le choix de l’objectif qui convient à la personne et à son environnement. C’est cette adéquation qu’il n’est pas toujours possible de réaliser mais l’objectif pertinent une fois défini, le porteur d’un projet mobilisera les ressources appropriées qu’elles soient disponibles immédiatement au sein de l’UNCEVS, ou, comme c’est plus souvent le cas, ailleurs (syndicats, ANPE, association locale d’insertion, service formation continue…) Force aussi est de constater à la lumière de 2 années d’expérience de l’UNCEVS que la souhaitable et meilleure cohérence entre les diverses instances officielles (Services Education Nationale, Services du Ministère du Travail, services du ministère du budget) concourant à la disponibilité des ressources pour un public « précaire » n’a jamais été au rendez-vous, ce, malgré un discours politique dominant se voulant rassurant sur le sujet.

De même, l’UNCEVS se doit se soucier plus que jamais de la lisibilité de ses actions par les acteurs ; Il ne faudrait pas en effet que les acteurs impliqués consacrent plus de temps au mode d’emploi des interventions de l’UNCEVS qu’à leur mise en œuvre. Entre la phase exploratoire et la phase Validation s’intercale désormais une phase dite de traduction ayant pour objet d’orienter rapidement le porteur de projet vers les services plus compétents dont la légitimité représentative est incontestable. Pour l’UNCEVS, sa seule légitimité à défendre l’intérêt collectif des evs-avs repose uniquement

  • sur sa capacité à fonder des propositions, en rendant compte de la perception commune de la réalité vécue des evs sur un territoire donné (ville, département, région.), à partir des pratiques concrètes des Collectifs et de leur proximité avec les précaires evs-avs.
  • sur le nombre et la notabilité des personnes qui la composent et la soutiennent
  • sur sa capacité à porter la parole des evs dépassant la seule sphère de ses seuls membres;
  • de son aptitude à relayer ses positions auprès du plus grand nombre.
  • sur la qualité de la participation de ses membres, partenaires déclarés et de l’adhésion de ces derniers à l’expression de l’association.

Les possibles transformations

L’UNCEVS affirme que l’intégration/insertion des evs-avs, et par extension, des dits-exclus de la société (Rmistes, handicapés….) se doit être un processus avant tout de restructuration permanente de la personne autour d’un manque. Ce ne sont pas les mesures d’aujourd’hui (contrat aidés-CAV/CAE/CIE), ni même les mesures à venir (RSA.) qui l’accomplissent. Ces mesures au mieux peuvent la (ou l’ont) favoriser, parfois l’entraver comme nous l’avons constatée au sein de l’Education Nationale. En posant l’interrogation de la pérennisation des postes occupés par les evs-avs, l’UNCEVS tirent normalement et sainement les conclusions d’un processus intégration/insertion réussi. Que l’Institution politique dominante n’accepte, refuse, nie les conséquences normales de ce processus intégration/insertion réussi arrivé à son terme signifie simplement que la mesure RSA (Revenu de Solidarité Active), appelée à remplacer le CAV/CAE/CIE, porte d’elle-même les germes de l échec programmé.

L’UNCEVS affirme également que la politique de traitement des contrats avenir (CAV) assistance administrative à la direction d’école et des contrats adaptation à l’Emploi (CAE) assistant à la scolarisation des enfants handicapés appliquée depuis leur introduction en septembre 2006 dans l’Education Nationale relève désormais d’une culture de la mal-traitance sociale institutionnelle aggravée envers un public des plus fragiles, vulnérables sur le plan humain et matériel de la société française.. Déstabilisation mentale et physique, stress post-traumatique, démotivation, troubles mémoriels, déni de réalité, dépression nerveuse, souffrance morale et physique en sont les symptômes constatés par l’UNCEVS sur ce public mais aussi plus grave auprès d’acteurs institutionnels tenus par procuration subie de l’application de cette maltraitance.

A travers ces deux affirmations, c’est le mérite des membres et partenaires de l’UNCEVS que de tenter par ses actions de dénoncer une situation de déstructuration des individus les plus fragilisés au sein de l’Education Nationale et d’ouvrir un espace d’écoute où s’expriment des personnes vulnérables avec leurs interrogations, leurs doutes, leurs angoisses, leurs colères, leurs désirs et leurs envies.

Par cette espace d’écoute, l’UNCEVS dévoile aussi son enjeu politique et social. Son système d’intervention se réduirait à une simulation artificielle si elle ne s’ouvrait pas au milieu syndical, politique, autres…pour dénoncer avec force le trouble social occasionné et objet d’un déni, d’un silence méprisant de la part des hautes autorités de l’Etat se réfugiant derrière l’alibi actuel « réduction des dépenses budgétaires » pour justifier la poursuite d’un massacre social programmé indigne des valeurs républicaines françaises.

Pour cela, l’UNCEVS dispose des solides atouts : une méthodologie d’action sans cesse renouvelée, des acteurs syndicaux, politiques, citoyens ayant perçu la « logique » du système de fonctionnement de l’UNCEVS c’est-à-dire une « pratique interactive » où il n’existe que des partenaires guidés par le souci de la justice sociale et de la solidarité et non les couples : assistant/assisté, oppresseurs/opprimés, agresseur/victime, animés par le souci de trouver une solution viable, acceptable au devenir des précaires CAV/CAE de l’Education Nationale en 2009. 


 

………….. Ce texte ne comporte pas de conclusion, il est destiné à être critiqué, modifié, adapté, contesté, amélioré.

Il est à l’image de l’UNCEVS, précaire……..

 

Synthèse pour l’UNCEVS

 Yves Briand


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