Senat et précaires evs : Monsieur Darcos répond à Evelyne Didier (CRC) et Jean-Marc juilhard (UMP)

 

2 questions précises écrites par une sénatrice de gauche (CRC) et un sénateur de droite (UMP), même réponses similaires de surcroit une nouvelle fois tendancieuses.

Nous sommes admiratifs de la dextérité  de Monsieur le ministre de l’Education Nationale dans sa technique du copier-coller pour se défaire (très mal) des questions embarrassantes  posées par des élus nationaux. Cette technique fait-elle partie des "nouveaux programmes" à enseigner à la rentrée prochaine dans le cadre de l’instruction civique et morale ? 

Nous saluons avec respect le sénateur citoyen UMP Jean-Marc Juilhard qui a le mérite courageux de reconnaitre publiquement au sein du Sénat la compétence des evs assistant administratif à la direction d’école.

 Le silence de ses collègues élus UMP du Finistère et de la région Bretagne (députés et sénateurs), leur indifférence n’en sont que plus qu’étourdissant, et ce, malgré nos sollicitations maintes fois renouvelées.

  

Question écrite n° 04004 de Mme Évelyne Didier (Meurthe-et-Moselle – CRC)

  • publiée dans le JO Sénat du 10/04/2008 – page 699

Mme Évelyne Didier attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur l’avenir des employés de vie scolaire (EVS) sous contrats aidés. En effet, de nombreux établissements scolaires ont recruté du personnel sur des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) ou sur des contrats d’avenir (CAV), dans le but d’apporter notamment une assistance administrative et une aide à la scolarisation des élèves porteurs de handicap. Or, la fin annoncée de contrats aidés en juin 2008 suscite l’inquiétude des personnes concernées alors même que leur présence au sein des établissements reste d’une grande utilité. Ainsi, il serait souhaitable de créer des postes statutaires correspondant aux nouveaux métiers d’assistant administratif des écoles et d’auxiliaires de vie pour les élèves en situation de handicap et offrant des conditions de travail et de salaire nettement améliorées. Des formations qualifiantes pourraient être également envisagées afin d’accéder à ces nouveaux métiers ou à des emplois similaires dans d’autres secteurs d’activité, dans le but d’assurer une évolution professionnelle aux personnes bénéficiant des contrats aidés. C’est pourquoi, face aux inquiétudes et aux revendications soulevées par les personnes concernées, elle lui demande quelles perspectives d’avenir sont envisagées pour ces emplois de vie scolaire.

 

Question écrite n° 04624 de M. Jean-Marc Juilhard (Puy-de-Dôme – UMP)

  • publiée dans le JO Sénat du 29/05/2008 – page 1038

M. Jean-Marc Juilhard attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur les EVS, emplois de vie scolaire et plus précisément les EVS – contrats d’ avenir, assistance administrative aux directeurs d’écoles.

Créés afin d’assister les directeurs dans leurs missions, ils donnent grande satisfaction dans de nombreuses écoles primaires.

A l’approche de la fin d’année scolaire 2007-2008, plusieurs questions se posent sur le terrain : la question du renouvellement souhaité de ces postes : sont-ils confirmés pour l’année 2008-2009, à quelle date : à l’issue des contrats actuels dès fin juin ou à la rentrée de septembre ? la question de la pérennisation pour les personnes bénéficiant en ce moment de ce type de contrat, à mettre en parallèle des difficultés de recrutement dans certains secteurs géographiques, notamment ruraux.

Il souhaiterait que les inspections académiques et les employeurs (principaux de collèges) puissent avoir une réponse rapidement afin de prendre les dispositions nécessaires.

 

Réponse du Ministère de l’éducation nationale

  • publiée dans le JO Sénat du 19/06/2008 – page 1224

La croissance très significative du nombre d’enfants et de jeunes handicapés scolarisés en milieu ordinaire (89 000 en 2002 et 155 000 en 2006) a été permise, en grande partie par la possibilité pour certains de ces élèves de bénéficier d’un accompagnement individualisé. Prolongeant la volonté du législateur en tirant toutes les conséquences de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, le Président de la République s’est engagé à faire en sorte que le droit à la scolarisation des enfants handicapés devienne une réalité pour toutes les familles. Si les efforts importants déjà accomplis ont permis d’augmenter le nombre d’élèves handicapés scolarisés individuellement, il est toutefois nécessaire de poursuivre cette mobilisation pour faire en sorte qu’aucune famille n’ait à faire intervenir un juge pour assurer la scolarisation de son enfant. Pour cette dernière rentrée scolaire, le Gouvernement a décidé que 2 700 nouveaux emplois d’assistants d’éducation-AVS.i pourraient être recrutés, ce qui porte leur nombre total à près de 7 500 équivalents temps plein. Ce recrutement de grande ampleur à l’éducation nationale complète également l’ouverture de 200 unités pédagogiques d’intégration (UPI) supplémentaires. Ces créations portent le total de ces UPI à 1 243 à la rentrée 2007. L’objectif fixé est l’ouverture de 2 000 UPI à l’horizon 2010, ce qui permettra la couverture de tout le territoire par des structures collectives spécialement adaptées à la scolarisation des enfants handicapés. Pour compléter leur intervention, les responsables académiques ont pu, dès la rentrée 2005, faire appel à des personnels recrutés sur des contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) ou sur des contrats d’avenir (CAV) pour assurer l’aide à la scolarisation des élèves handicapés (ASEH) plus particulièrement dans les écoles maternelles. Plus de 8 980 équivalents temps plein ont été recrutés à cet effet. Afin d’éviter tout phénomène de rupture dans l’accompagnement, le renouvellement de la convention a été proposé aux bénéficiaires de CAE et CAV exerçant les missions d’AVS.i jusqu’à la fin de l’année scolaire 2007/2008, dans la limite de la durée maximale prévue (24 mois pour les CAE et 36 mois pour les CAV). De plus, les départs de personnes sur ces mêmes contrats mobilisées pour l’accompagnement scolaire des élèves handicapés ont pu être remplacés dans la limite des besoins effectifs sur l’année scolaire 2007/2008. Pour occuper ces postes, les autorités académiques ont été invitées à privilégier le recrutement de personnels titulaires de diplômes des filières sanitaires et sociales (CAP petite enfance, BEP carrières sanitaires et sociales) qui ont trouvé ainsi l’occasion d’une expérience professionnelle, leur permettant de mobiliser leurs connaissances et compétences, dans une perspective d’accès à un emploi durable dans les métiers de la petite enfance ou du travail social. Ainsi le potentiel d’accompagnement créé et mobilisable en décembre 2007 est de 18 558 équivalents temps plein dont 16 720 peuvent se consacrer aux mesures d’accompagnement individuel décidées par les commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Au-delà de l’année 2007, les possibilités de recrutements de ces personnels sont soumises à l’autorisation parlementaire donnée dans le cadre du vote de la loi de finances. Pour tout élève présentant un handicap, l’ensemble des dispositifs de scolarisation, collectifs ou individuels, permet, dans l’esprit de la loi du 11 février 2005, la construction de parcours de formation au sein desquels les personnels, assistants d’éducation ou emplois vie scolaire, exercent les fonctions d’auxiliaires de vie scolaire. Les modalités d’intervention de tous ces personnels sont similaires à celles des assistants d’éducation – AVS.i et ils peuvent d’ailleurs bénéficier des mêmes formations. À cette occasion, un nouveau cahier des charges, élaboré au niveau national, en partenariat avec des représentants des grandes associations de parents d’enfants handicapés, permet d’être au plus près des besoins de ces personnels et des ressources locales. Au cours de leur expérience professionnelle dans les écoles et les établissements scolaires, tous ces personnels (assistants d’éducation ou emplois vie scolaire) vont développer les compétences nécessaires pour exercer dans les meilleures conditions les missions d’AVS-i. Ils pourront donc s’engager vers des procédures de validation d’acquis de l’expérience qui leur permettront de valoriser les compétences qu’ils auront mobilisées auprès des élèves handicapés. Sur tous ces aspects le rapport remis par le député Guy Geoffroy propose des améliorations pour offrir de réelles perspectives de professionnalisation et une meilleure coordination avec les maisons départementales des personnes handicapées et les associations de parents d’enfants handicapés. Les ministères concernés travaillent à la mise en oeuvre de ces préconisations et, d’ores et déjà, une convention relative à la formation des AVS.i a été signée par les principales associations de personnes handicapées et le ministère de l’éducation nationale. Par ailleurs, depuis le 27 août 2007, un numéro Azur « Aide Handicap École » (08 10 55 55 00) mis en place par le ministère de l’éducation nationale permet aux familles d’obtenir des réponses rapides, des aides concrètes et efficaces dans la gestion des dossiers concernés. Cette opération s’inscrit dans la lignée de la loi du 11 février 2005 qui considère que tout enfant est de droit un élève et vient en complément des mesures déjà prises.

 

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