Professeur d’école, futur précaire de fait ?

 

Nous transmettons un témoignage d’une correspondante désireuse de faire connaître la situation programmée du professeure d’école tentant de concilier à un moment de leur vie, éducation de leur enfant en bas âge et activité professionnelle.

Nous le publions d’autant plus volontiers que la situation décrite nous paraît caractéristique de la méthode « sournoise » employée par le gouvernement actuel pour « détricoter » le droit du travail aussi bien dans le secteur publique que dans le secteur privé.

 

Salut à tous!

   

Je me fais le relais de ce que vient de vivre ma soeur, PE dans le 35.

Maman de 2 petites filles dont une de moins de 3 ans, elle travaille depuis 2 ans à 80% et a demandé à continuer cette année.

Mercredi 7 mai, peu avant 16h30, l’IEN appelle son école demandant qu’on l’informe qu’elle est convoquée le jeudi 15 mai (jour de grande grève nationale déjà connu!!!) à 16h00 dans le bureau de l’IEN au sujet de sa demande de temps partiel.

Les ponts… difficile de joindre l’IEN…

Elle appelle le 15 au matin pour en savoir plus. L’IEN lui répond: il s’agirait d’un entretien de motivation obligatoire.

"Une simple formalité alors?"

"On ne peut pas vraiment appeler ça comme ça…" répond-il.

Impossible d’en savoir plus. Il reste vague, élude les questions. Elle se rend donc l’après-midi à Châteaubourg (et ce n’est pas à côté  de chez elle!).

Elle attend…

Une PE  avec ses 3 enfants en bas âge dont 1 bébé dans le maxi-cosy sort : son 80% est refusé.

Elle apprend dans les couloirs que tous les 80% sont refusés et qu’il faut se décider sur l’instant pour un 50, 75% ou un 100%!

Elle entre dans le bureau et l’IEN joue la scène qu’il a du répéter un certain nombre de fois: il est vraiment désolé mais il a une mauvaise nouvelle à annoncer…

(On peut se demander le pourquoi d’un tel rituel, isolant les personnes concernées et ne leur laissant aucune possibilité de prise de recul pour prendre leurs décisions!!!)

L’IEN continue… si le temps partiel est de droit pour les mères de famille d’enfants de moins de 3 ans, la quotité, elle, serait fonction des possibilités d’organisation du service.

BOUM !!! ERADICATION DU 80%, obtenu il n’y a pas si longtemps suite à des négociations syndicales !

(L’IA avait du mal à l’organiser. On imagine bien comment les fameuses 60 heures doivent rendre les choses encore plus compliquées!!!)

Ma soeur s’étonne de ne pas en avoir été informée avant l’émission de ses voeux pour le mouvement. Dans le cas d’une reprise à 100%,elle n’aurait pas éludé les postes de remplaçants (auxquels, rappelons-le, ne peuvent prétendre les personnels à temps partiel.)

D’après l’inspecteur, elle l’a "mal joué"… Elle aurait "du demander"… Elle aurait "du consulter la loi" (dont il n’a donné aucune référence précise)… "Vos syndicats n’ont pas rempli leur mission d’information"…

Ma soeur a manifesté son écoeurement devant de telles méthodes. Elle a refusé de prendre une décision sur l’instant. ( Dans sa grande clémence et rien que pour elle, a-t-il précisé, l’IEN lui accorde jusqu’au mercredi 21 dernier délai,  donc 6 jours, pour lui faire parvenir par la poste sa réponse écrite).

Elle a demandé à pouvoir modifier ses voeux pour le mouvement au cas où elle serait contrainte à une reprise à 100%. L’IEN note sa demande mais cela lui paraît difficile…

Depuis ma soeur s’est plongée dans la lecture des textes et n’a rien trouvé d’aussi clair. Il est simplement précisé que la quotité doit respecter l’organisation du temps en demi-journées entières.

Elle va donc demander à son IEN des références précises de ces fameux textes et réitérer sa demande d’accès à ses voeux avec copie aux syndicats.

J’avoue que de tels agissements renforcent le sentiment de manque de considération et de respect dont fait preuve une partie de notre administration à notre égard. Cela nourrit un peu plus la colère mais aussi la grande tristesse et le désespoir qui m’envahissent et que peut-être vous connaissez aussi.

Alors, pour ne pas se laisser piétiner, ne restons pas seul. L’isolement et l’opacité font leur force et me paraissent être une stratégie non acceptable. Véhiculons les informations à tous les collègues et pourquoi ne pas échanger aussi nos idées et nos propositions à grande échelle via internet.

N’hésitez pas à transmettre à ceux que vous connaissez. Ce qui arrive en Bretagne pourrait rapidement se propager à toute la France.  

INFO ou INTOX: Il serait question de diminuer le nombre de jours d’arrêt de travail pour garde d’enfant malade.

Plus rien ne m’étonnerait…  

Je vous souhaite à tous bien du courage!

  (…..)     signature

 

Publicités
Cet article a été publié dans Actualités et politique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.